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le 23 avril 2017
« On veut que la terre, cette créature maudite de Dieu à la chute d'Adam, redevienne un Paradis de volupté désormais arrosé, non plus des quatre fleuves de l'Éden, mais des deux torrents de la concupiscence moderne : le Pactole et... le Rubicon. Pour concourir à cette désirée irrigation, toutes les forces vives, toutes les facultés supérieures de l'homme sont brutalement frappées de réquisition et forcées de s'immoler elles-mêmes sur les autels brûlants du Moloch nouveau dont l'effroyable masque antique s'est légèrement adouci et qui s'appelle maintenant le Progrès indéfini. », p.23.

Bloy développe deux réflexions. L'une, sur la réception de l'apparition de la Vierge à la Salette par « l'opinion ». L'autre, sur ce qu'Elle est venue dire au monde. La Vierge ne parle que six fois dans l'Evangile. Six paroles suffisantes. Six paroles qui répondent aux six paroles du Christ en sa Passion. Bloy nous alerte par conséquent, bien que ce soit une manière de tocsin sonné bien après le désastre : Marie a dit dans l'Evangile tout ce qu'Elle avait à dire, or voilà qu'Elle revient parler aux hommes, par l'intermédiaire de deux petits paysans, « deux imperceptibles cailloux humains roulés sur le flanc [d'une] montagne inconnue ». Tout d'abord une affirmation : Qu'est-ce qui peut expliquer cette apparition, sinon l'urgence ?

« Découronner Marie de sa souveraineté universelle, c'est attenter à la gloire de Dieu, c'est interrompre autant qu'on le peut, le courant de la grâce, en destituant la nature humaine de toute participation à la vie divine. C'est le crime de Satan mesuré à la taille de l'homme et le refus de soumission qui nous est reproché à la Salette n'est pas autre chose que l'aliénation plus ou moins complète de notre liberté. », p. 105.

Ensuite les craintes : Qui donc a entendu ? Qui donc s'en est ému ? Que faisaient les puissants de ce monde tandis que la Vierge Marie apparaissait à la Salette ? Surtout, qu'ont-ils faits après et, plus encore, qu'ont-ils faits depuis ? Trente-trois ans séparent l'apparition du moment où Bloy rédige son texte. Très peu en ont parlé, plus rares encore sont ceux qui en ont tenté une analyse. Y a-t-il eu remise en question ? Et puisqu'il semble bien que non, quel sera le prix de ce mépris ? Que devrons-nous payer pour avoir encore une fois repoussé la main de Dieu, pour L'avoir de nouveau humilié ? Faut-il penser à ce que Bloy ne verra pas et qu'il prophétise :

« J'ai pensé qu'il pouvait être utile, aux approches évidentes des derniers temps du monde et sous la menace des exterminations universelles, de tenter un effort nouveau pour attirer à la lumineuse méditation des Textes Sacrés les âmes égarées dans le labyrinthe pestilentiel des littératures simplement humaines... », p. 201.

Ce texte, écrit 35 ans avant la Grande Guerre qui acheva Bloy, et en laquelle il a de toute évidence cru contempler les exterminations universelles, Bloy le garda toute sa vie sous le coude, sans pouvoir l'achever, pour la raison simple qu'un tel travail d'exégèse ne pouvait être épuisé.

« Entre l'homme revêtu involontairement de sa liberté et Dieu volontairement dépouillé de sa puissance, l'antagonisme est normal, l'attaque et la résistance s'équilibrent raisonnablement et ce perpétuel combat de la nature humaine contre Dieu est la fontaine jaillissante de l'inépuisable Douleur. », p.27.

A la Grande Guerre a succédé un cataclysme qui dépasse les superlatifs. La Première a eu des noms : la Grande ou la Der des Ders (la dernière, promis, juré, craché, et cette promesse à qui était-elle faite, sinon à Dieu ?) ; on peut nommer ce que l'on reconnait, ce qui appartient encore à l'échelle humaine. La Seconde n'a pas eu de nom, elle est restée l'innommable. La Première Guerre Mondiale était la Grande, la Seconde fut au-delà, elle n'a pu être qualifiée. Nous vivons donc au-delà de cet au-delà. Mais où sommes-nous donc ?

Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon fils.

« Ainsi le mépris pour la Mère de Dieu, depuis Salomon jusqu'à Saint Paul, chemine à travers trente générations, de la Mort au Néant, et c'est, dans le sens effroyable des repentirs divins, le progrès du Bras de Son Fils. Aucun artifice de langage ne traduirait convenablement la quantité de menaces contenue dans cette expression si étrangement redoublée : La lourdeur et la pesanteur du Bras de Mon Fils ! Et il semble que la terreur doive monter à son comble quand la Gloire de Dieu vient nous dire en pleurant qu'Elle ne pèse plus assez lourd et que ce Bras va tomber sur nous ! », p.120-121.

A-t-elle finalement pesé encore assez pour qu'il restât quelque chose des enfants de Dieu à l'issue de la Première Guerre ? Lors de la Seconde, c'est tout le bras de Jésus Christ, sans plus rien pour le retenir qui s'est abattu ? La seconde n'a pas d'autre nom, l'homme s'y est dépassé, il n'a pas tenu sa promesse, ce n'était pas la Der des Ders, et l'homme a renoncé à sa liberté pour écraser la Mère de Dieu, pour écraser tout.

La deuxième partie du livre, Paraphrase du Discours, est d'une approche plus délicate.
Bloy corrèle les dernières mots des sept martyrs du second livre des Maccabées avec les sept douleurs de la Vierge. Difficile de se faire une idée sur une telle interprétation, sinon qu'elle rejoint la principale cause de l'insoumission du peuple sur laquelle le bras de Jésus Christ s'abattra. Ce ne sera pas par manque de sentiment :

« Au contraire, il n'y eut jamais de siècle plus sentimental. Depuis le Directoire où commença la grande ère du sentiment, jusqu'à notre charmante époque d'oligarchie municipale qui va remplacer définitivement la charité chrétienne par le sentiment supérieur d'une philanthropie administrative et républicaine, on peut dire si le sentiment, dans tous ses genres de manifestation, nous a jamais manqué. », p.107.

Ni par manque d'intelligence :
« N'avons-nous pas avalé toutes les formules et dépassé tous les systèmes ? Depuis l'enthymème cartésien jusqu'à la singerie de M. Littré, quel chemin ! », p. 109.

Ce que la Vierge identifie à la Salette et qui est cause de la chute de son peuple, c'est l'absence de volonté :
« Les goujats escaladent de toutes parts la civilisation. Les aristocraties s'éteignent comme des flambeaux épuisés autour du catafalque solitaire de la Noblesse humaine décédée. Les rois n'ont plus la force de soutenir leur diadème et s'évanouissent sous le fardeau de leur dérisoire Majesté. », p.111.
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le 2 mars 2011
L'apparition de la Vierge à la Salette a fait couler beaucoup d'encre. Le débat persiste sur une possible supercherie bien que l'Eglise l'ait validée. Pour Léon Bloy, toutefois, il n'y a aucun doute sur la vérité de la venue de la Mère du Christ. En pleurs, elle confia une longue prophétie à deux bergers.

Léon Bloy analyse ici une poignée de phrases et surtout son attitude et ses mouvements. Et il en tire plus de 200 pages ! Du pur ésotérisme chrétien avec une relecture de toute la Bible dans laquelle Marie aurait été cachée jusque là et que la Salette permettrait de révéler.

C'est magnifiquement écrit, fort émouvant et lyrique au possible. Un chef d'oeuvre d'apologétique chrétienne dont on ne sort pas indemne.
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le 2 novembre 2008
Saisissante éxégèse sur le sens des larmes de la Vierge et plus largement la symbolique de l'Espérance dans un monde qui rouvre les plaies plus qu'il ne les cautérise. Brilllant et inspirant
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le 22 octobre 2009
Il y a dans cet ouvrage une ferveur qui manque actuellement. Ce livre est donc salutaire car il propose autre chose.
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le 24 mai 2012
Cet ouvrage nous donne un aperçu de l'univers intellectuel de Léon Bloy : un style admirable au service d'une foi sans faille.

Le message de La Salette, décrypté par Bloy à la lumière des Ecritures Saintes et du magistère de l'Eglise, est saisissant d'actualité : "Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forçée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je me puis le maintenir"

Outre le plaisir littéraire procuré par la plume de l'auteur, Le Symbolisme de l'Apparition m'a donné envie d'aller d'effectuer un pélerinage à la Salette !
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