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Klaus Mann (1906 - 1949), fils de l'écrivain Thomas Mann, allemand, a très rapidement pris conscience de la bestialité nazie. Il fut l'un des premiers résistants à cete barbarie immonde, prenant la décision dès 1933, de fuir son pays. Il ne cessa d'alerter l'opinion mondiale sur la méchanceté abjecte de Hitler, ses vélléités guerrières, l'immonde esprit nazi de destruction de toute société.

L'ouvrage "Contre la Barbarie" regroupe 70 lettres et textes de conférences de 1925 à 1948. Le lecteur passera rapidement sur la préface de Michel Crépu qui est fausse sur le plan historique de la compréhension politique de Hitler en France avant guerre.

L'intensité, la clairvoyance, la culture de Klaus Mann est étonnante. Il est rare de pouvoir lire autant d'intelligence en oeuvre, autant de clairvoyance, autant de profondeur sous la même plume, dans un style littéraire élégant qui m'a fait penser à celui d'un Ernest Hemingway dont il était proche. Situé à gauche, progressiste, dans ses idées politiques, Klaus Mann délivre une qualité d'analyse qui est le pendant, à droite, de celle de Léon Daudet dans son ouvrage Connaissance de l'Allemagne. Identique rigueur intellectuelle dans la compréhension du germanisme, des nazis : politique, histoire, littérature, philosophie, musique concourent à saisir le profond nihilisme radical de la clique à Hitler.

Comprendre le pourquoi de l'aveuglement tant français que britannique pendant cette période est un travail d'historien qui prend jour. Idéologie pacifiste (dans la lignée, représentative, d'un Jaurès et d'un Briand) d'un côté (cf. les remarquables analyses de Histoire de la diplomatie française : Tome 2, De 1815 à nos jours et de Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance de Simon Epstein), bourgeoisie conservatrice méprisant le peuple dont elle oublie qu'elle est issue (cf. L'Etrange Défaite de Marc Bloch), droite musclée qui ne rechignait pas aux coups de main (Action Française, les camelots; la Cagoule, les Croix de Feu) : difficile d'y voir clair à ce jour.

Klaus Mann écrit en 1937 puis en février 1939 une analyse très fine, à laquelle parviendront après guerre de nombreux intellectuels, ici, tout particulièrement, sur le christianisme bête noire des nazis :

"Personne ne devrait oublier un fait capital et décisif : les nazis ne combattent pas des groupes politiques, religieux ou raciaux spécifiques. Ils sont et resteront toujours les ennemis mortels de notre civilisation dans sa totalité. C'est en effet la dignité de l'homme qu'ils veulent détruire. Ils méprisent le grand héritage intellectuel des anciens Grecs et Romains tout comme celui du christianisme. Bref, ils refusent les traditions qui fondent véritablement la culture de la race blanche [je précise entendre l'acception "civilisation" / Latour]. La conception grecque de la dignité de l'homme inclut la liberté et la culture. Seuls les êtres libres et pensants méritent le nom d'"êtres humains". Le christianisme, pour sa part, nous a apporté les notions de compassion et d'amour du prochain. "Nous sommes tous égaux devant Dieu", enseigne le christianisme. "L'humanité forme une seule famille. Car tous les êtres humains sont les enfants de Dieu et le sauveur Jésus-Christ est mort pour tous". Quelles sont donc les idées que les nazis détestent le plus ? Celles de liberté, de compassion et d'amour du prochain. L'idée grecque et l'idée chrétienne - les deux grandes pensées européennes par excellence. Le concept de démocratie est un héritage de l'Antiquité grecque et romaine et il s'accorde avec les idéaux chrétiens. En fait, la démocratie n'est rien d'autre que la manifestation politique logique du christianisme. L'Etat de race pure que prêchent les nazis, la notion de race choisie et élue, en l'occurrence la soi-disant race nordique, tout cela est aussi bien antichrétien qu'anti-européen."

Aussi, écrivant sur le nécessaire esprit de tolérance opposé aux nazis, dénonce-t-il avec constance leur antisémitisme :

"L'antisémitisme répugnant des nazis n'est ni une éruption spontanée de sentiments nationaux, ni juste une idée fixe ou obsession personnelle d'Adolf Hitler. L'antisémitisme des nazis n'est rien d'autre que l'expression la plus primaire et la plus brutale d'une haine et d'une intolérance barbares".

Derrière la haine du Juif s'exprime la haine de l'intellectuel.

Ce livre est d'une densité extraordinaire. Klaus Mann s'est engagé dans la résistance contre les nazis. Il choisit la nationalité américaine pendant la guerre et s'enrôla dans l'US Army en 1943. Il travailla dans le service psychologique pour lequel il rédigea des tracts incitant les soldats allemands à se rendre.

La sensibilité, l'élégance de cet intellectuel, son déchirement (il était allemand, opposant et constatait la culpabilité et l'abrutissement du peuple allemand), son humanisme s'expriment avec force et actualité dans cet ouvrage d'exception.

Il se suicida à Cannes en 1949. "Ecce homo". Quel grand homme ! Lu en parallèle avec l'ouvrage d'histoire de l'engagement des adolescents européens dans la Résistance " La Rose et l'Edelweiss : Ces ados qui combattaient le nazisme 1933-1945, j'ai été ébranlé.
66 commentaires| 20 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 7 décembre 2014
... Klaus Mann! Plus que jamais, la lecture de ce magnifique journaliste écrivain est une urgence. Dans "Contre la barbarie", tout y est : combat contre le fascisme, le racisme et l'antisémitisme; sans cesse, alertant les Allemands de l'irrésistible ascension d'Hitler et de sa clique d'assassins. Jeune journaliste, dès la fin des années 20, il mettait en gardes ses compatriotes du cataclysme se profilant à l'horizon . Nous sommes en 2014, de graves dangers nous menacent sans que ni les Français (enfin certains) n'y prennent garde. Parallèlement, relisons Brecht « Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. »
Persip
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le 21 juillet 2012
Contre la Barbarie fait partie de ces très rares livres qui vous marquent, par leur intelligence, leur clairvoyance et leur style. Je connaissais le père, Thomas Mann, je vous conseille le fils Klaus, impressionnant de modernité et de maturité, dès 1933 et à à peine 18 ans. Il y eut heureusement face à la barbarie nazie des voix comme celle de Klaus Mann qui s'élevèrent. Extraordinaire bouquin et extraordinaire bonhomme.
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