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le 29 juin 2016
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd.

Happy raconte en moins de quatre épisodes la chute et la rédemption de Nick Sax, ancien flic reconverti dans la tuerie à gages. Misanthrope, cynique, impitoyable et surtout très c**, Sax a des tueurs de la mafia aux trousses et va devoir faire équipe avec un cheval ailé imaginaire pour sauver le soir de noël des enfants victimes de pornographie. Tout un programme...

On se sera assez plaint que l'auteur d'Arkham Asylum multiplie les récits surréalistes où peu entendent de-quoi-qu'y-cause-, pour ne pas se réjouir que, pour une fois, il ait choisi la voie de la simplicité pour un scénario très linéaire. Avec WE 3, c'est d'ailleurs son récit le plus accessible avec un sous-texte analogue: sous fond de poursuite sanglantes, il s'agit de préserver les symboles de l'innocence victime de la perversion adulte : les animaux domestiques transformés en machines de guerre pour We3 et les enfants utilisés en esclaves sexuels.

Le récit est construit de manière très professionnelle avec un prologue, un épilogue efficace, un flashback expliquant la déchéance de Nick Sax et même un deuxième épisode entièrement construit sur une partie de poker. Mais très vite, le lecteur sent que quelque chose cloche (et pas forcément celle de noël). Tout d'abord, il est évident que Morrison a construit son scénario autour de scènes chocs, une par épisode, et qu'il a brodé par la suite : le poker avec la pègre donc, mais aussi un massacre dans un hôpital et la scène d'ouverture avec fellation d'un gars déguisé en cafard et éjaculation faciale.

Happy s'inscrit typiquement dans les récits potaches auxquels Warren Ellis, Mark Millar et Garth Ennis nous ont habitués. Rien de choquant à ça donc. Sauf que jamais les moments Morrison n'égalent les moments Ennis, ceux-ci servant toujours de contrepoint à des histoires tragicomiques avec une vraie fibre sociale et un sens de la dramaturgie faisant que, même dans une grosse farce comme The Pro, il y a toujours un minimum de consistance.

Ici, le seul élément Morissonesque (= écriture chimique influencé par autre chose que par un régime sans gluten) reste la présence dans un récit à la Sin City d'un cheval volant imaginaire censé remettre notre antihéros sur la voie de la rédemption.
Dans les faits, c'est très embarrassant; le résultat n'étant ni comique, ni poétique. Morrison tente de trouver la synergie des Buddy Movies façon Arme Fatale sans jamais y arriver. Car la réaction devant Happy reste plutôt celle de n'importe quel quidam face à Jar Jar Binks : ce qui devait être une créature mignonne et rigolote devient rapidement matière à fantasme d'extermination impitoyable...

Pour le reste, on se demande ce qu'est la légendaire originalité de Morrison devenue... Tout se passe comme s'il voulait se détendre entre deux séries en écrivant une histoire à la Frank Miller où un gros dur à la résistance physique invraisemblable affronte plus pourri que lui, à la Warren Ellis pour mettre en scène un homme imprégné de mépris envers lui même et à l'hygiène corporelle douteuse, à la Garth Ennis pour les jurons .

Mais en disposant de tous ces ingrédients et d'un éditeur prêt à imprimer cette pochade, Morrison ne parvient jamais à faire gicler la mayonnaise... Nick Sax n'a l'étrange poésie du laid de Marv', le bagout et l'ambivalence de John Constantine ou la science du juron de Garth Ennis. Ce n'est qu'un pauvre con vulgaire au sens Berlusconni, antipathique et dont la mort est attendue avec ferveur. Sa logorrhée d'insultes et de jurons tombent à plat et donnent plus dans un pathétique syndrome de Tourette que dans le génie de l'argot de Ennis, d'Hergé ou de San Antonio.

Enfin, comme son copain Millar jamais en retard pour utiliser le viol féminin comme ressort dramatique paresseux, on attendait plus de finesse de Morrison sur la traitement de la pornographie infantile utilisé ici comme un ressort dramatique bidon histoire de changer de la sempiternelle demoiselle en détresse.
Happy est donc un immense gâchis, peut être le Nemesis de Morrison et c'est d'autant plus dommageable que Darick Robertson est en forme: sont trait gras et sale colle parfaitement à la crasse médiocrité des personnages, leur méchanceté et leur idiotie. Robertson arrive à faire passer la pilule graphique de la coexistence d'une brute épaisse tout en muscles et sparadrap avec un cheval volant, ce qui n'est pas le moindre de ses mérites.
Il s'est rarement autant appliqué sur les décors et on aurait tellement préféré qu'il consacre cette énergie à 4 épisodes de The Boys supplémentaires plutôt qu'à...cette ânerie ! Restent les personnages féminins qui semblent toujours frappées de calvitie frontale...
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le 6 février 2014
Forcément, lorsque je vois une nouveauté estampillée Grant Morrison, je ne me pose jamais la question : « Je l’achète ou non ? » C’est achat obligatoire d’entrée, et seulement une fois à la maison, je regarde de quoi cela parle, de quoi cela à l’air. Et on est de suite frappé par l’énorme titre « Happy » coloré qui s’oppose à cet homme qui semble au bout du rouleau sur cette couverture blanche immaculée.

Nick Sax est un ex-flic ripou, qui a sombré dans l’alcool et s’est reconverti en tueur à gages. Lorsqu’un de ses contrats, tourne mal, il se retrouve avec une balle dans le bras, les flics et la mafia sur le dos… et il doit poursuivre un horrible tueur d’enfants grimé en Père Noël ! Il pensait que son monde avait viré au cauchemar, jusqu’au moment où une licorne bleue lui apparaît. Et c’est là que les ennuis commencent vraiment pour lui…

Nous suivons donc Nick Sax, ex-flic, devenu tueur à gage, alcoolique, drogué, désabusé, avec un look de clodo, mal rasé, mal coiffé, un poil enrobé. Bref, le genre de mec que la vie a fait sombrer et qui sent le caniveau. L’histoire commence sur un de ses contrats. Trois types à descendre, mais tout ne va pas se passer comme prévu. Malgré le fait qu’il va apprendre le mot de passe d’un coffre-fort de la pègre, il va être blessé et se retrouver dans un hôpital de la pègre, sur le point de se faire torturer, car le grand mafieux de l’histoire veut le voir souffrir avant de le faire tuer !

C’est à ce moment qu’apparaît… Happy ! Licorne miniature et bleue qui parle…Happy est l’ami imaginaire d’une petite fille, Hailey, et Nick Sax est le seul autre humain à pouvoir le voir également. Happy a besoin de Nick pour sauver Hailey. La petite fille est aux mains d’un Père Noël pédophile, et Happy sait que Nick est la seule personne qui peut accomplir cette tâche. Le souci c’est que Nick pense être trop bourré, ou d’avoir une tumeur au cerveau pour expliquer l’apparition de cette excentrique animal. Cependant, Happy va permettre à Nick de s’enfuir de l’hôpital, puis va l’aider à tricher au poker en échange de son aide. Mais qui dit ami imaginaire, dit personnage crédule ne croyant qu’à la bonté et aux bons sentiments. Et Nick ne croyant toujours pas en lui, décide de le planter sur place et de quitter la ville pour sauver sa peau. Happy va alors, au détour d’un wagon de train, découvrir toute la médiocrité de la vie humaine et va en rajouter une couche sur les épaules de Nick en lui faisant une révélation des plus surprenantes avant de disparaître…

Graphiquement c’est très ombre, collant au mieux à l’ambiance sale, vulgaire (très vulgaire) et très noire mise en place par Grant Morrison. Si l’ambiance est là, les décors aussi, je suis moins fan des personnages, hormis quelques exceptions, ils font lisses. En opposition à cette noirceur plutôt réaliste, on a Happy dans un style purement cartoony et coloré ! Vraiment une belle façon pour Darick Robertson pour nous montrer que Happy diffère du monde réel et provient de l’imagination. Enfin, peut-être…

Belle histoire, bien qu’un peu trop vulgaire par moment, ce n’est pas toujours nécessaire. Les personnages sont touchants dans leur médiocrité, chacun lutte comme il peut pour se sortir de la merde. Et il suffit, des fois, d’une simple petite révélation pour que tout d’un coup la vie prenne une autre direction, un autre chemin. Happy est un merveilleux petit personnage, drôle, plein de joie, toujours à causer, il me rappelle un peu l’Âne dans Shrek.
Quelques raccourcis, quelques facilités, mais rien qui n’entache la lecture de cette histoire. Un méchant qui cache le haut de son visage comme dans Inspecteur Gadget, une inspectrice prise à la gorge, un bourreau fan de son métier et sadique à souhait, un tordu fan d’insectes et de prostitués, un Père Noël dépeint comme le grand méchant qui n’est au final qu’un feu de paille. Les personnages, comme souvent avec Morrison, sont d’une grande réussite, avec leur caractère, leur passé, même sur un titre comme Happy avec seulement quatre chapitres.
Beau travail aussi que les quelques pages flasback avec des scènes et des répliques pêlemêle pour, en un cours instant, mais de façon très réussis à nous expliquer le pourquoi du comment de cette vie pour Nick Sax.

Bref, Happy est plaisant à lire, on est vite enveloppé par la noirceur qui entoure Nick Sax, mais comme lui, nous sommes captivés peu à peu par la gentillesse, l’humour et l’attachement de Happy. Et comme Nick Sax on finit par y croire et à être… happy !
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Il s'agit d'une histoire complète et indépendante, initialement parue sous la forme de 4 épisodes en 2012/2013, avec un scénario de Grant Morrison, et des dessins de Darick Robertson.

2 ou 3 jours avant Noël à New York, Nick Sax (ancien flic) remplit un contrat : un assassinat de sang froid (la victime était déguisée en cafard, en train de téter un joint, en se faisant faire une petite gâterie par une professionnelle, un marteau de charpentier à la main). Dans le même temps, les frères Fratelli (Gerry et Mikey) se rendent dans un appartement où ils pensent que Sax est piégé. La confrontation a bien lieu et Sax se retrouve à l'hôpital sous le regard moqueur de Maireadh McCarthy (inspectrice de police ripou, ex-collègue de Sax) qui lui conseille de lui confier le mot de passe permettant d'accéder au magot des frères Fratelli, avant que la famille ne profite de sa situation de faiblesse dans un lit d'hôpital où il est particulièrement vulnérable. Nick Sax éprouve des difficultés à retrouver ses esprits car il semble être le seul à percevoir un petit cheval bleu, avec des ailes et une corne de licorne qui s'adresse directement à lui et qui prétend s'appeler Happy. D'un autre coté, Mister Smoothie (expert en tortures) est déjà dans le couloir menant à la chambre de Sax, en train de revêtir ses gants en latex pour se mettre à l'ouvrage, avec ses assistants.

Régulièrement, Grant Morrison s'offre des respirations entre des projets plus ambitieux, à l'aide d'une histoire courte. Le début de cette histoire fait immédiatement penser à l'ambiance des récits de Garth Ennis, et plus particulièrement au personnage de Billy Butcher de la série "The Boys", initialement dessinées par Darick Robertson. Au vu du niveau élevé de violence sadique, le lecteur pourra également penser à Sin City de Frank Miller, en particulier en ce qui concerne la résistance à la douleur de Nick Sax qui fait penser à celle de Marv. Les jurons utilisés par Sax font également penser au langage fleuri et ordurier des personnages d'Ennis, mais rapidement il apparaît que Morrison n'a pas le même goût qu'Ennis pour ces expressions, et qu'il se limite essentiellement à un mot qui commence par cu (en VO), et qui finit par nt (en français le traducteur a opté pour un terme légèrement moins ordurier).

Donc c'est parti pour un gros défouloir, très violent, avec des criminels sadiques, et un pédophile angoissant. Darick Robertson est le dessinateur de la situation, avec son style réaliste, sa capacité à croquer des trognes pas commodes, et son approche premier degré dans les blessures et les comportements à risque. Au fil des pages, les dessins de Nick Sax permettent au lecteur de se faire une idée plus précise de son caractère, par le biais de ses actions, mais aussi des expressions de son visage, de sa façon de se tenir, de son regard haineux, etc. Son dégoût de lui-même transparaît petit à petit, venant apporter une crédibilité indéniable au récit. Nick Sax existe vraiment grâce au talent de Robertson. Il sait rendre tout le sordide d'une situation, que ce soit Sax ramassant un joint par terre pour le fumer après avoir liquidé son propriétaire initial, ou une criminel se faisant une injection dans la cuisse, sur la cuvette des toilettes. Robertson semble s'être particulièrement impliqué dans ces 4 épisodes, puisqu'il a également soigné les décors du début jusqu'à la fin (ce qui n'est pas toujours dans son habitude). Il reste quand même une page ou deux sans arrière-plan, mais c'est minime.

Grant Morrison propose donc un polar bien noir et bien violent, assez bref (4 épisodes), et assez dense. Il a choisi une structure presque chronologique (une brève évocation du passé de Nick Sax dans l'épisode 3), sans bifurcation, avec un unique personnage principal, et 2 personnages secondaires (une intrigue simpliste selon les standards de ce scénariste). En refermant le tome, le lecteur a eu droit à une histoire complète, avec une fin claire, nette et compréhensible, classique même. Le récit est assez dense, Morrison n'ayant pas d'appétence particulière pour la décompression narrative. C'est ainsi qu'il peut consacrer la moitié d'un épisode à une partie de poker mémorable, et une autre à un voyage dans le train pour une discussion compliquée en Sax et Happy. Effectivement, cette histoire est celle de Nick Sax et de son évolution. Morrison ne souhaite pas se conformer au schéma des psychologique du dur à cuire revenu de tout et insensible à toute épreuve aussi bien physique que psychologique. Il y a donc la présence décalée de cet ami imaginaire ayant l'apparence d'un doudou de jeune enfant. En fonction de la sensibilité du lecteur, il pourra y voir différentes interprétations, et même différents niveaux de lectures. Par opposition à Ennis ou Miller, Morrison ne limite pas son histoire à un récit dérivatif où le gagnant est celui qui se montre l'alpha-mâle le plus impitoyable, le plus sadique, le plus cruel (mais avec un sens moral quand même). À partir de cliché d'antihéros à destination d'un public masculin en mal de virilité, et refusant toute trace de faiblesse, Morrison décortique ce genre de personnage, pour en donner sa vision. Le lecteur pourra s'agacer de la présence de l'élément surnaturel que constitue Happy, pourra trouver que son apparence est outrée et trop sucrée, que ses mimiques n'ont pas leur place dans un comics, que sa simple existence met à bas toute l'ambiance et détruit tout l'intérêt de l'histoire. Ou il peut accepter ces visions absurdes et enfantines, et les prendre comme une métaphore. À cette condition, il devient possible de jouir du divertissement procuré par ces scènes de violence sadiques et cathartiques, et de prendre du recul sur ce type de divertissement en regardant ce personnage avec un autre point de vue, celui que développe Morrison au fur et à mesure du récit.

Grant Morrison et Darick Robertson ont créé un polar bien noir et bien glauque qui fonctionne à la fois comme un récit de genre au premier degré, mais aussi comme une réflexion sur l'attrait de ce genre et sur les causes du désespoir du personnage principal.
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