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Il s'agit d'un essai sur le journalisme et les informations en 1 tome, en bandes dessinées, récit indépendant de tout autre, paru initialement en 2011. Le scénario est de Brooke Gladstone (une journaliste américaine animant une émission de radio régulière), et les illustrations de Josh Neufeld.

L'ouvrage se compose de 15 chapitres, précédés d'une introduction d'une vingtaine de pages dans laquelle l'auteure se présente, explique la soif d'objectivité et précise le sens du titre. Ce dernier point permet d'introduire la notion qui donne son titre à l'ouvrage : la croyance qu'il existe une force extérieure capable d'influencer l'individu au point de lui dicter sa conduite (par exemple les médias). Puis Brooke Gladstone introduit quelques éléments historiques en partant de la civilisation maya, en passant par la diffusion des décisions du sénat romain par Jules César pour unifier l'empire, jusqu'à l'invention de l'imprimerie. À partir de là, elle aborde la question de la liberté de la presse, essentiellement au travers des l'histoire des États-Unis avec un développement conséquent sur les différents revirements au vingtième siècle. Elle passe ensuite à un profil du journaliste, à une analyse de son métier, et des collusions, des conflits d'intérêt. Au fil des pages, elle contraste la notion d'information objective, avec les convictions personnelles des journalistes, les intérêts des groupes de presse, la perception d'une information par le lecteur ou l'auditeur, la crédibilité qu'il lui accorde, et pour terminer les conséquences des nouvelles technologies de l'information.

Dans l'introduction, Brooke Gladstone indique clairement qui elle est, son parcours professionnel et son intérêt dans les médias. La dernière page de l'introduction propose une vision très éclairante de la fonction de journaliste (une citation de 1922 de Walter Lippman), ainsi que le rappel d'un aphorisme cher à un journaliste de fiction (With great powers, comme great responsability", Peter Parker, alias Spider-Man). Son essai se décompose en 16 chapitres clairement identifiés. Les dessins de Josh Neufeld sont uniquement là pour illustrer de manière fonctionnelle les développements, sans effet de style. Il effectue son travail dans un style réaliste, un peu simplifié. Dans les deux tiers des pages, Brooke Gladstone est dessinée comme si elle donnait une conférence pour apporter un personnage vivant dans ces pages, désignant des représentations historiques, des graphiques, des journalistes célèbres et leurs citations. De page en page, il est possible d'apprécier la capacité de Neufeld à trouver les caractéristiques graphiques qui évoqueront avec conviction telle figure historique, ou telle époque. Du fait de la nature de l'ouvrage, il est souvent amené à représenter le buste d'individus en train de parler, qu'il s'agisse d'un dialogue entre hommes politiques, de facsimilé de journal télévisé, ou de Gladstone elle-même en train d'énoncer une idée, ou d'effectuer une transition entre 2 idées.

De part la fonction attribuée aux dessins, il est possible de ne voir en Neufeld, qu'un simple exécutant dessinant servilement des images qui ne forment une bande dessinée parce qu'elles sont juxtaposées et qu'il existe un lien temporel ou logique entre elles. Néanmoins, en y prêtant attention, le lecteur constate qu'il a trouvé des solutions graphiques pour représenter des concepts qui n'ont rien de visuel. Bien que Gladstone ait tendance à souvent répéter dans ces cellules de texte des informations qui sont déjà représentées visuellement, il est indéniable que Neufeld réussit à rendre la narration plus fluide, à représenter le stéréotype évoqué dans l'analyse, et à trouver quelques images saisissantes, telles les âmes des journalistes errant dans le Purgatoire décrit par Dante. L'usage de la couleur est limité à l'emploi d'une seule teinte bleu-vert assez pâle.

Au fil de la lecture, le choix de la bande dessinée s'impose comme une solution logique. Elle permet à l'auteure d'évoquer tous les individus réels de manière visuelle, sans avoir à gérer un stock de photographies, de reproduction de tableaux historiques, ou d'instantanés extraits d'émissions de télévision (et les questions de propriété intellectuelle qui vont avec). Pour un lecteur n'étant pas journaliste, cette forme est également beaucoup plus attractive qu'un essai d'une pagination équivalente. La narration de Brooke Gladstone alterne citations piquantes, faits historiques et arguments pour développer sa thèse. Il est probable que la majeure partie des points développés semblera classique pour un journaliste, il est sûr que pour un néophyte la réflexion de Gladstone ne se contente pas d'enfiler les idées superficielles et prédigérées.

La lecture de cet essai est plutôt facile et même distrayante de part sa forme (bande dessinée) et la verve de Gladstone qui entrelace ses interventions avec des points d'humour qui font mouche. De manière tout à fait logique, après une brève évocation historique qui passe par l'Europe, son propos se cantonne aux États-Unis. Dans la mesure où elle prend soin de contextualiser chacune de ses idées, cet aspect n'a pas d'incidence sur la validité de sa thèse. Tout au plus le lecteur pourra ne pas reconnaître certains journalistes dont la notoriété est cantonné à ce pays. Par rapport à une sensibilité européenne, il est également possible que Gladstone accorde plus de valeur à la notion de vérité absolue et objective qu'un européen. Il est d'ailleurs étonnant qu'elle ne parle pas d'Hunter Thompson et de son concept de journalisme subjectif. Pour le reste, son propos met habilement en évidence l'absence d'absolu au fil des siècles (pas de liberté de la presse assurée), l'incidence de la subjectivité du journaliste, et de la subjectivité du consommateur d'informations (avec des études universitaires aussi pointues que pragmatiques et édifiantes), les conséquences économiques du modèle capitaliste sur la vente d'informations (quel que soit le support), les diverses formes d'utilisation des canaux d'information pour un intérêt, et l'absence de complot mondial de maîtrise de l'information. Elle met également en évidence l'incidence des avancées technologiques sur le métier de journaliste et sur la nature de l'information, sur la demande et l'attente des lecteurs. Ce dernier point décortique le phénomène de chambre d'écho généré par les tribus se développant par internet, et le changement même de mode de lecture (préférence de lecture d'articles brefs et concis, à des lectures plus longues et plus ardues, une analyse sous l'angle de la lecture superficielle opposée à la lecture en profondeur).

Alors que le lecteur peut s'interroger sur la pertinence d'un essai sur le journalisme sous la forme d'une bande dessinée, la lecture de "La machine à influencer" permet de découvrir 2 auteurs qui ont utilisé au mieux les capacités de ce média pour réaliser un essai plutôt vivant, bien documenté, et très intéressant.
22 commentaires| 20 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 14 mars 2016
Le livre est beau, la préface est alléchante. Le parcours des moyens de "diffusion d'information" de ses origines à aujourd'hui est astucieux et très instructif. Cependant, assez déçu au final : le fond du problème des médias d'aujourd'hui n'est pas traité, moi qui m'attendais à plus d'éléments sur les médias post-2000, au vu du nom du livre.
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A la simple lecture du titre, on pourrait s’attendre à un démontage en règle du système médiatique. Rien de tout cela, et ceux qui aiment à conspuer le quatrième pouvoir et les « journalistes à la solde des puissants » en seront pour leurs frais. Journaliste de profession, Brooke Gladstone a pour le coup effectué ici un vrai travail de journaliste, se bornant à produire une analyse fouillée à partir de faits concrets. Et pour que les choses soient bien claires, elle envoie d’emblée les complotistes de tous poils dans les cordes en cassant le mythe, affirmant que les journalistes des médias grand public ne sont pas des conspirateurs, mais, et « c’est déjà moins drôle, des lâches. » Selon elle, « les médias n’ont pas peur du gouvernement. Ils ont peur de leur public et de leurs annonceurs. Les médias ne vous contrôlent pas. Ils se plient à vos envies. »

En introduction, l’auteur revient sur cette fameuse « machine à influencer » en rappelant qu’avec l’ère industrielle est né ce fantasme récurrent selon lequel nos esprits seraient contrôlés par des machines. Rien à voir ici avec les médias, Brooke Gladstone se contente de souligner la paranoïa naturelle de l’être humain.

Elle retrace ensuite l’histoire de ces médias depuis l’Antiquité à nos jours, expliquant que l’information est née avec l’invention de l’écriture et le besoin des puissants de communiquer avec le peuple via leurs scribes, puis s’est muée en propagande dès que certains empereurs romains comprirent l’intérêt d’une actualité manipulée, ne serait-ce que pour cimenter un empire aux régions éparpillées. Puis au XVIIe siècle fut inventée l’imprimerie qui facilita la diffusion de l’information et des premiers journaux, suscitant parallèlement la méfiance des puissants qui n’hésitaient pas à fermer les imprimeries. C’est ainsi que naquit en Angleterre le concept de liberté de la presse et d’expression, repris un siècle et demi plus tard dans le Premier Amendement de la Constitution américaine…

De nos jours, avec Internet, l’information est passée à un stade supérieur, évoluant de façon radicale par rapport à tout ce qui s’est fait auparavant. Aujourd’hui, tout citoyen disposant d’un ordinateur est capable à son tour de communiquer à des milliers de personnes sur tout le globe. Ce faisant, il devient à son tour une sorte de journaliste, communiquant, transférant et disséminant l’information, la contestant ou l’approuvant, susceptible d’influencer autrui autant que d’être influencé lui-même. Car c’est bien à une telle question que nous sommes amenés à nous poser par cette lecture. En effet, au final, qui influence qui, qui manipule qui ? Si nous disposons grâce à la technologie actuelle de tant de pouvoir, alors dans ce cas nous avons médias que nous méritons, comme l’affirme hardiment Gladstone en conclusion. Autrement dit, si nous déplorons la qualité de l’information dans notre pays, peut-être ne devons-nous nous en prendre à nous-mêmes.

Quant à l’avenir, que nous réserve-t-il ? Nos cerveaux seront-ils truffés de nano-implants nous transformant en êtres hybrides dans un monde où réel et virtuel ne feront plus qu’un ? Des perspectives inquiétantes pour l’homme d’aujourd’hui redoutant la perte des aspects vitaux de notre humanité. Ce à quoi répond l’inventeur visionnaire Ray Kurzweil : « Pour moi, l’essence de notre humanité ne réside pas dans nos limites. C’est notre capacité à dépasser nos limites… »

Pour renforcer le poids des propos de l’ouvrage, l’auteure s’est adjoint les services et le talent de Josh Neufeld, qui semble avoir parfaitement potassé son petit McCloud illustré. Son trait schématique sait servir le contenu efficacement, sans ostentation. Et il fallait bien ça pour donner une tournure ludique à un ouvrage, très dense textuellement parlant, qui sinon aurait pu en décourager plus d’un. Cela aurait été bien dommage, tant cet essai est passionnant non seulement parce qu’il est richement documenté mais parce qu’il soulève beaucoup de questions, sans pour autant essayer d’orienter le lecteur. Et à tous les pessimistes, Brooke Gladstone rappelle que de tous temps, chaque découverte technologique a suscité peur et méfiance, et conclut que « c’est aux hommes de décider si leurs machines font plus de mal que de bien. ». En somme, nous dit-elle, nos vrais ennemis sont nous-mêmes, lorsque nous laissons libre cours à « ces pulsions neuronales animant nos cerveaux reptiliens », des cerveaux avides de sensationnalisme.

Une lecture enthousiasmante et enrichissante qui tente à sa manière d’éclairer notre époque déboussolée avec une certaine objectivité teintée d’un optimisme bienvenu.
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le 23 janvier 2015
Une critique du trvail des médias très orientés relation ou psycho. On pourrait espérer une analyse un peu plus sociologique. dessins sympa et bouquin globalement intéressant.
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