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L'auteur, juif, Edgar Hilsenrath est né en Allemagne en 1926. Il a vécu dans un ghetto en Ukraine pendant la seconde guerre mondiale, avant de partir pour Israël et les Etats-Unis. "Le nazi et le barbier" fut conseillé à mon fils par son professeur de philosophie en classe de première. Il ne le lut pas. J'ai mis le temps pour le faire. Quel chef d'oeuvre !

Ecrit en allemand, il fut boycotté par tous les éditeurs allemands pendant des années, alors que son succès, via sa traduction en anglais, était mesuré au million d'exemplaires vendus dans le monde.
Il y a un philosémitisme qui est en réalité une expression de l'antisémitisme. Refuser à l'Autre le droit d'exprimer ce qu'il ressent et pense de la Shoah, sous couvert d'une dette dont le terme sera un jour fixé, pour être quittes après de l'annihilation de 6 millions de Juifs, est schématique, intolérable sur le plan de l'Histoire, injustifiable sur le plan moral, inadmissible dans le fond. Un philosémitisme qui se conçoit comme une dette est donc bien un montage hypocrite, bien largement vécu par l'Allemagne d'après-guerre, jusque dans les années 1970. 1970 : date de publication du roman "Le nazi et le barbier". 1977 : première édition en Allemagne. Cette Allemagne qui a intégré tant de génocidaires nazis; si peu firent de longues peines de prison, presque tous reprirent leurs activités professionnelles avec l'estime de tous, les droits à la retraite garantis d'anciens soldats (SS) jusqu'à un chancelier courageusement et justement giflé par Beate Klarsfeld.

Edgar Hilsenrath étudie cette société allemande raciste d'avant-guerre, militariste, qui ne laisse à personne le droit de penser librement. Penser différemment, c'est entrer en opposition, en résistance. Aussi est-ce tout naturellement que le héros de l'histoire, bâtard né d'une prostituée allemande, et dont le père, parmi les 5 amants - clients de sa mère, étaient tous d'ascendance aryenne certifiée, versa dans la SS, puis la guerre venue, dans l'assassinat ds Juifs en Europe centrale.

Cynisme, absence de référent moral, en quelque sorte, toutes les valeurs se valent qui dans le fond ne valent rien (l'ultra-libéralisme actuel présente le même fond de sauce) vont contribuer, par opportunisme roi, le héros à changer d'identité après-guerre, à devenir Juif. Du génocidaire qu'il fut, cet homme devient sioniste avec conviction.

La conclusion du jugement dernier est d'une grande profondeur philosophique, amenant à repenser l'analyse de Hannah Arendt dans son ouvrage "Eichmann à Jérusalem" : l'obéissance à l'ordre quand il n'y a plus aucun référent moral, est un signe du totalitarisme. Totalitarisme du régime politique qui impose sa Vérité - totalitarisme vécu en communion par le Peuple qui se refuse à penser autrement : la destruction de l'Humain est alors machinalement programmée.

Et où est Dieu dans tout cela ?
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La sortie du détonnant Fuck America marquait le début de la réédition par Attila des œuvres iconoclastes d'Edgar Hilsenrath. Ce fantastique 'Le Nazi et Le Barbier' lui fait suite.

Longtemps l'Allemagne a boudé ce roman, jugeant inappropriée et incongrue la manière de l'auteur de traiter l'Holocauste. Il a ainsi été d'abord été publié aux Etats-Unis, bien qu'écrit en allemand.

Hilsenrath n'y va il est vrai pas de main morte avec l'ironie grinçante, la distanciation et l'humour noir, se jouant des convenances et de la bienséance, réussissant le tour de force de nous faire rire (jaune, noir, vert, bleu) d'évènements tragiques.

Jugez plutôt : le roman est essentiellement raconté à la première personne par le génocidaire Max Schulz, aryen pur souche, alias Itzig Finkelstein, coiffeur et barbier juif. Schulz, enfant battu et violé, puis adolescent bourreau de rats, devient en 1933 nazi par opportunisme. Exterminateur de juifs en camp de concentration, allant même jusqu'à tuer son ami d'enfance Itzig Finkelstein avec qui il a grandi et appris le métier de coiffeur, il profite après la guerre de son apparence similaire à celle des caricatures antisémites de juif (nez crochu, yeux de grenouille) pour prendre l'identité d'Itzig et, pris de passion pour l'histoire du peuple juif, migrer en Palestine alors encore sous mandat britannique. Devenu sioniste convaincu, il participe à l'édification de l'Etat d'Israël et s'installe comme coiffeur à Beth David...

Sous ses airs trompeurs de farce, ce roman protéiforme à la langue extrêmement inventive laisse le soin à l'intelligence du lecteur de se poser les questions qu'il ne cesse de soulever, sans jamais avoir recours au moindre didactisme.

Ce roman est dérangeant, parce qu'il faut finalement lutter pour ne pas éprouver une sympathie déplacée pour ce meurtrier de masse truculent qui nous narre avec brio son histoire, et expédie l'évocation de ses terrifiantes exactions en quelques lignes, comme s'il s'agissait d'une simple péripétie parmi d'autres.

Mariant avec habileté les styles, bruissant d'une multitude de dialogues/monologues brillants et jubilatoires, poétique et méditatif à ses heures, passionnant de bout en bout, ce roman marquant est à n'en pas douter (Fuck America nous le disait déjà) l'œuvre d'un écrivain majeur, dont j'attends maintenant avec une impatience non dissimulée la parution de Nacht, pavé controversé (évidemment) sur la (sur)vie des juifs du ghetto pendant la seconde guerre mondiale.
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un bon livre ! un livre qui fait réfélchir ! qui secoue ! qui aide aussi à comprendre autrement....
je le conseille vivement
vous ne pourrez vous en défaire !
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le 23 avril 2010
J'ai lu ce livre d'une seule traite c'est un roman jubilatoire, cynique ,lucide et amoral dans sa forme mais il ne nous laisse jamais oublier le génocide et illustre parfaitement la "banalité du mal",toutes les questions sont posées et les réponses bien sûr impossibles.
J'ai lu beaucoup de livres sur la Shoa,je n'ai jamais rien lu de pareil je suis étonnée par sa modernité sa liberté de ton et ce désespoir sous-jacent qu'on devine à chaque page.A lire absolument!
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le 25 octobre 2013
Après la guerre, un ancien criminel de guerre SS se fait passer pour un déporte juif pour échapper à tout jugement.
Phénomène de librairie à sa sortie, ce roman a eté censuré en Allemagne, ce qui l'a rendu célèbre.
Le style est burlesque et faussement naïf. L'écriture est directe, sans fioritures. Le parti pris est d'exprimer l'indiscible avec le regard cynique et finalement assez cohérent du bourreau. Un bon roman, qui prend à rebrousse poil et dérange, et où transparaît clairement la colère de l'auteur, lui même authentique rescapé de la Shoah.
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le 11 novembre 2015
Je viens de refermer le "nazi et le barbier" et la découverte de cet auteur a été pour moi une véritable révélation.
J'ai été profondément troublée par le style et l'originalité de l'histoire qu'il nous raconte, inscrite dans l'Histoire avec un grand H d'une des périodes les plus sombres et les plus effroyables du 20ème siècle.
Comment prendre le recul nécessaire pour raconter la Shoa sur le ton de la fable, de la farce, frôlant l'obscénité, l'absurde, la vulgarité, l'horreur sans jamais y sombrer avec, somme toute, un humour très "ashkénase". Il nous renvoie à la notion de "banalité du mal" que défendait Hannah Arendt. C'est avant tout l'histoire de la bêtise, de l'opportunisme, de la convoitise, de la distanciation totale avec la réalité. Son héro est un être veule , dénué de toute trace de conscience qui traverse l'histoire, tour à tour SA, SS, génocidaire, puis juif ardent défenseur de l'état d'Israēl avec pour uniques préoccupations sa survie, son enrichissement, sa reconnaissance par autrui. Histoire que l'on peut trouver tout à fait immorale car elle ne laisse aucune place au repentir, au remord. Ce livre n'en reste pas moins un petit chef d'oeuvre d'humour, et c'est ce qui fait de l'auteur un très grand écrivain. J'ai hâte de poursuivre la découverte de ses romans.
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Les commentaires précédents sont élogieux mais je ne partage pas vraiment cet enthousiasme - tout en devant reconnaître les mérites et l'orginalité de ce roman de l'écrivain allemand Edgar Hilsenrath (né en 1926).
Commençons par préciser ce que n'est pas "Le nazi et le barbier" :
- Ce n'est pas un roman sur la Shoah : notre héros Max Schulz/Itzig Finkelstein est d'ailleurs relativement discret sur ses activités, d'abord dans les Einsatsgruppen puis, après son accident cardiaque, dans un camp d'extermination. On est donc loin de l'approche de Littel dans Les Bienveillantes.
- Ce n'est pas davantage le portrait psychologique d'un génocidaire avec recherche des facteurs explicatifs dans son environnement, sa famille, ses gènes - même si la première partie du roman comporte quelques uns de ces aspects. Hilsenrath s'éloigne donc largement de la démarche d'un Merle avec La mort est mon métier.
La majeure partie du roman se place en fait avant-guerre (la formation) et après-guerre (la transformation). Le "nazi et le barbier" est avant tout le portrait d'un enfant martyr, victime de violences et de mauvais traitements, et de la manière dont il s'est sorti d'affaire par le travestissement et le déguisement. Max va apprendre son métier, acquérir un vernis de culture et se polir en imitant son meilleur copain Itzig ; il se fera nazi pour être parmi les hommes forts de la nouvelle Allemagne ; il se fera juif pour échapper aux Américains et à la justice ; il se fera combattant de l'indépendance de l'Etat d'Israël pour se faire une place au soleil dans son nouveau pays. Max/Itzig est un caméléon, un Janus.
Le style du roman est celui de la farce, de la bouffonerie. Il comporte donc quelques épisodes abjects mais traités sur le ton de la légereté ; il en comporte d'autres, plus réussis je trouve, où l'irréalité des situations touche imperceptiblement au fantastique (l'épisode de la forêt polonaise) ; il en compte enfin de moins convaincants (les 200 dernières pages, après la fuite du kibboutz).
La vraie limite du roman tient... aux limites de l'écrivain Hilsenrath. Le style parlé, gouailleur et populot, qu'il a adopté, tombe fréquemment à plat et n'atteint jamais la verve et la folie d'un Céline ou d'un Bukowski. Surtout, Hilsenrath n'a pas épuisé les opportunités que lui fournissait cette histoire saisissante d'un nazi caché en Israël dans la peau d'un coiffeur de quartier : l'analyse reste pauvre et Max/Itzig dépourvu de profondeur et d'ambiguïté.
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L'histoire d'un allemand qui bien que grandissant avec un ami juif, et etant initié aux pratiques judéenes, devient un génocidaire SS, puis à la défaite allemande profite de sa culture juive, usurpe l'identité de son defunt ami et se fait passer pour un réscapé des camps avant de devenir un sioniste prosélyte.
Voilà un grand écart qui semblait prometteur...
Première remarque, ce livre n'est pas un roman sur la Shoah. En effet, 90% du livre se passe avant et après la seconde guerre mondiale...
Mais au delà de ce constat, le roman, ne tient pas vraiment ses promesses..

Tout d'abord par ses personages. Peut être à cause de la volonté de traiter l'histoire dans un style loufoque, les personnages de ce roman n'arrivent pas à trouver de la profondeur, ils sont tous aussi improbables les uns que les autres... Même Max/Itzig reste très superficiel... plus suiveur un peu malin qu'emprûnt de réelles motivations...
Les événements sont improbables mais à la limite, on peut faire abstraction de cela au vu du ton général..
Plus gênant, même les références historiques semblent fausses... Par exemple, Max/Itzig aborde la Palestine sur le bateau "Exodus", hors ce bateau qui a réellement existé a été apprehendé par les forces britanniques durant son trajet....

Mais ce qui rend la lecture le plus difficile dans ce roman, c'est le style d'écriture... Tellement peu fluide que cela en devient pénible à lire par moment...
Les dialogues sont lourds, souvent creux... et le style narratif plutôt répétitif et ennuyeux.. voire parfois indigeste...
Un chapitre au milieu du livre, vient même ne faire qu'un résumé de tout ce qui a précédé sans apporter le moindre élément....

Bref, si on retire des personnages guère attachants, des enchainements peu crédibles, des libertés avec des réalités historiques et une narration lourde , que reste-t-il à ce roman ? Une bonne idée de départ... mais ca fait peu pour faire un bon résultat.....
En tout cas, j'ai eu bien du mal à en venir à bout.....
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Edgar Hilsenrath est lui-même un juif qui a échappé à la barbarie nazie, ce qui nous permet d'apprècier pleinement l'humour noir de ce roman outrancier : un aryen Max Schulz -bâtard, ressemblant physiquement à une caricature antisémite d'un juif qui fleurissait dans les journaux des années 30, violé pendant toute son enfance par son répugnant beau-père- ami d'un juif brillant -Itzig Finkelstein- ressemblant à l'image rêvée d'un aryen -blond, fin, aux yeux bleus- qui va devenir un épigone acharné du nouveau messie Adolphe Hitler, SA puis SS, participant activement au génocide en massacrant allégrement des juifs... puis après avoir survécu à la défaite -parcours picaresque- va revêtir l'identité de son ami qu'il a assassiné -après s'être fait circoncire et tatouer un numéro de camps de concentration- il va rejoindre la Palestine sous protectorat anglais et devenir un héros -terroriste juif, sergent de la Haganah, etc- du nouvel état qui va prendre naissance -Israël- avec le même enthousiasme qu'il était devenu nazi... la force de ce roman c'est que Hilsenrath met-en-scène un personnage parfaitement odieux -un simple suiveur !- cynique et opportuniste, qui s'en sortira s''en véritables remords -un soupçon tout de même!- et prendra sans sourciller l'identité de celui qu'il a massacré avec toute sa famille... une satire osée, violente et profondément révoltante, en fait elle met le doute sur tous ceux qui ont prétendu ne rien savoir et qui se sont laver les mains en prétendant qu'eux n'y étaient pour rien dans l'installation et la perpétuation du régime hitlérien et surtout il nous présente en héros un suiveur, un simple pékin qui a profité de ce régime infâme pour se laisser aller à ses bas-instincts. Brillant. (ce roman a été mal reçu à sa sortie en Allemagne...).
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le 22 mai 2013
Traiter du génocide juif et du sionisme avec autant de férocité, de cynisme froid, de loufoquerie - une farce burlesque -... il fallait oser...
Un livre remarquablement bien écrit, édifiant, à lire...
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