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Comment s'attaquer à Duke Ellington, ce monument de la musique du XXème siècle, tous styles confondus ? En disant simplement qu'il né avec son siècle (1899), que sa carrière professionnelle couvre plus de cinquante années, qu'il a été un créateur infatigable, précurseur, qu'il a écrit des thèmes intemporels (des tubes dirait-on aujourd'hui), traversant tous les courants du jazz, jouant avec des musiciens venus de différentes générations (Coltrane, Mingus, Armstrong...), qu'il a donné ces lettres de noblesse au jazz, au Big band, au swing. Le « Duke » c'était aussi un homme d'une incroyable élégance, digne, charmeur, que le cinéma n'a pas manqué de courtiser.

THIS ONES' FOR BLANTON est un album très original. Un des derniers, enregistré en 1972. Duke Ellington y joue du piano, seulement accompagné par Ray Brown à la contre basse. Voilà encore un musicien exceptionnel, plus jeune (1926) marié un temps à Ella Fitzgerald, qui débuta dans le Be Bop avec Dizzy Gillespie, et qui est resté célèbre pour avoir joué au côté d'Oscar Peterson. Au menu, quelques thèmes d'Ellington, dont les célèbres « Do nothin' till you hear from me » (si si, vous connaissez, Armstrong l'a chanté), « Things ain't what they used to be », et encore « Sophisticated Lady » et sa longue intro à la basse. Dès les premières notes du disque, le style Ellington explose. Tout dans l'économie, le clavier comme des percussions, des notes sèches, frappées, légères dissonances, dans les aigus. La contre basse répond au piano, le dialogue s'installe, le thème arrive... et c'est parti ! Du swing, du blues, du très agréable. Ce qui correspond à la face B du disque, et une suite écrite en quatre mouvements, qu'on aurait du mal à situer dans la chronologie du jazz, tant elle semble actuelle, et encore cette économie de note, jouées comme sur un xylophone. On entend l'influence d'Elligton sur un Petrucciani, ou sur un Thélonius Monk, pourtant plus radical dans son approche.

Le jazz est fait de rencontre. Ellington a croisé tout le monde en studio. Il a joué en orchestre (ne vous privez pas du classieux NEWPORT 56 ressorti récemment At Newport 1956 Complete) en quintet, en trio (l'incroyable et sublime MONEY JUNGLE Money Jungle), et ici, il joue en duo. Une très belle rencontre entre deux immenses musiciens, deux solistes, juste pour le plaisir. Le leur, à n'en pas douter, et le notre !

durée : 40 minutes
44 commentaires| 5 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 26 février 2017
Bonjour ,une nouvelle fois on constate que tout Duke est fabuleux ! Les années passent mais cette musique n'a pas une ride.SI vous ne possédez pas ce C D ,achat urgent...
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