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"Birth and Rebirth" (=naissance et renaissance) est un disque surprenant, en tout cas un de ces disques indispensables quand on est fan de ce batteur légendaire que fut Max Roach (1924-2007). Ce musicien pour musiciens aura été de tous les grands rendez-vous, jouant inlassablement auprès des grands du jazz, de Charlie Parker à Clark Terry en passant par Thad Jones,Sonny Rollins,Clifford Brown, ou encore Odean Pope et dans tous les contextes inimaginables (bop, hardbop, jazz modal, free jazz et même hip hop). Cf. ma listmania.

Cet enregistrement studio date de septembre 1978, à une époque où les musiciens de jazz étaient dans une putain de galère. Baisse d'intérêt pour la musique de Duke Ellington (qui venait de s'éteindre) et de Miles (qui venait de prendre sa première retraite...), labels américains refusant de prendre des risques avec des artistes expérimentaux, etc... Finalement, un grand nombre de musiciens de jazz finit par choisir l'exil, destination l'Europe (Steve Lacy, Lucky Thompson, Mal Waldron et bien d'autres encore). Résultat, bon nombre de musiciens s'installèrent en France (Steve Lacy), au Danemark (Dexter Gordon), en Allemagne fédérale (Oscar Peterson) ou encore en Italie (comme l'atteste cet enregistrement pour le label Soul Note). De toute évidence, en Europe, on avait plus de respect pour la musique de Louis Armstrong et Sydney Beichet.

Premier enregistrement d'un diptyque (le suivant est le génial One in Two, Two in One), "Birth & rebirth" met en valeur le batteur bop de façon inouïe. Je ne crois pas avoir le souvenir d'un enregistrement aussi beau et aussi imprévisible que celui-ci, comme si on assistait du début à la fin à la création d'une musique sur le fil du rasoir. Ce duo avec le saxophoniste issu de la scène "free" de Chicago, Anthony Braxton (l'un des saxophonistes les plus influents de la stratosphère du jazz, qui a apporté énormément sur le plan de la création, comme l'avaient fait avant lui Charlie Parker et Eric Dolphy...)

Chaque morceau est de l'improvisation totale et ça ne tombe jamais dans les clichés, le non-sens ou l'esbroufe. Pas de ça avec ces deux géants. D'ailleurs, le disque commence doucement, comme la douce plainte d'un oiseau (Braxton), mais vite ça s'envole, ça s'enflamme pour atteindre des paroxysmes inouïs ! Plus un disque de Max Roach que du saxophoniste (bien que celui-ci soit excellent), "Birth and Rebirth" donne à écouter le meilleur du batteur. L'intensité dès le premier morceau ("Birth") prend tout son sens dans les trente premières secondes lorsqu'intervient Max pour ne jamais se relâcher par la suite. Sept morceaux aussi incandescents les uns que les autres, tout de subtilité (avec ses moments de rupture). Chaque morceau a son propre langage, sa propre stucture, ses propres variations ("Birth" pour la mise en perspective des paroxysmes qui traverseront tout l'album, "Magic and Music" une douce valse, "Tropical Forest" avec cette façon de jouer en faisant "résonner" les toms aigus, le swinguant et fringant "Dance Griot", les rythmes africains sur "Spirit Possession", la beauté et ce sens de la danse sur "Soft Shoe", l'avant-garde du jazz et ce plaisir de se provoquer dans "Rebirth"...)

Amoureux de batterie, mais aussi de Steve Lacy (Braxton joue du sopranino sur trois thèmes qui ne sont pas sans rappeler le jeu du sopraniste : "Magic and Music", "Tropical Forest" et "Soft Shoe") et de John Coltrane (pour la puissance de l'improvisation telle qu'on l'a connue sur "Interstellar Space", le fameux duo avec Rashied Ali), allez-y les yeux fermés.
22 commentaires| 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 3 mai 2010
L'excellent Mr. Ralingue ayant tout dit ou presque, je me retrouve comme la cigale, fort dépourvu. L'exploit artistique ici présent sera effectivement renouvelé un an plus tard avec One in Two dans un autre festival, à Willisau. L'Allemagne après l'Italie. Nul n'est prophète en son pays. Les deux enregistrements brillent du même éclat, aveuglant. Plus animal (côté oiseau) à Alassio, plus minéral à Willisau. Plus afro, plus roots aussi dans le premier, plus asiatique, voire tibétain dans le second. Ne lésinez pas, prenez les deux. Deux très grands moments du jazz, toutes périodes, tous styles confondus, deux jalons en or massif, deux leçons de musique, deux duos d'anthologie. Bien sûr, il y a la virtuosité. Le jazz ne saurait s'en passer, le jazz est spectacle, le jazz est vivant. Mais quelle science également, quelle profondeur d'invention, quelle vivacité, quelle humanité. Qu'on ne s'y trompe pas: on est aux racines, on ne peut faire plus jazz, et en même temps plus moderne. La splendeur, la réussite inouïe de ce duo, c'est à la fois son osmose et sa totale dichotomie. Ils sont deux ensemble, et deux en complète liberté. De tels exemples sont infiniment rares, en musique "classique" également. Roach surprend sans surprendre: le plus grand batteur de l'histoire du jazz montre simplement ici qu'il est également l'un de ses plus musiciens les plus inspirés. La rigueur de Braxton indispose parfois, je sais. Mais c'est un tremplin, une rampe de lancement. L'émotion se gagne plus haut, quand on le suit au large, sur ses ailes d'albatros. Et il y en a des émotions, dans la nuit étoilée.
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