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le 14 septembre 2017
Je crois qu'il n'y a plus de mot pour décrire cet album. Il s'agit tout simplement du meilleur album de Radiohead et même le meilleur album des années 90.
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le 1 juillet 2017
CHRONIQUE DE BASILE FARKAS MAGAZINE ROCK&FOLK
555 DISQUES, 1954-2014 SOIXANTE ANS DE ROCK'N'ROLL (Rock & Folk HS n° 30 décembre 2014-janvier 2015) - Page 160
Tout le monde n'a pas réagi pareil à la bacchanale britpop. Oasis a voulu continuer la fête en faisant des clips avec des hélicoptères, Blur a ouvert son horizon musical, mais Radiohead ? A bien y regarder, la formation oxfordienne a toujours été à part, inadaptée à ses mondanités et tout de suite très cafardeuse. Ses premiers simples se nomment "Pop Is Dead", "Creep" ("Je suis un naze, je suis bizarre")." Le deuxième album, l'impérial "The Bends" (1995), fait du quintette un groupe passionnant, qui tente des choses mais écrit surtout des chansons tétanisantes, interprétées par un drôle de type malingre coiffé comme une serpillière mais doté d'une voix fabuleuse. Pour la suite, Thom Yorke désire emmener le groupe encore plus loin. Le rôle de "groupe de rock" qui passe à Top Of The Pops et met de la musique dans les tuyaux, Radiohead souhaite abstraitement s'en échapper. La bande part s'enfermer dans un manoir Tudor près de Bath en compagnie du jeune Nigel Godrich le producteur ne les quittera plus). Le groupe a testé sur la route des morceaux particulièrement ambitieux, aux accords et structures tarabiscotés. Le premier single fait six minutes et s'intitule "Paranoid Android", on y comptabilise quatre parties distinctes, certaines construites sur des mesures à sept temps et agrémentées d'un solo très Queen. Du prog rock pour l'âge des ordinateurs ? Pas vraiment non plus.
La tristesse, le glauque, le consumérisme d'une société déjà déshumanisée sont magnifiés dans un cadre qui reste pop. "Karma Police" évoque "Sexy Sache" ; "No Surprises" parle de suicide avec une mélodie divine ; "Exit Music (For A Film)" demeure une grande ballade qui décolle. Outre ces choses, ce qui fit le triomphe d' "OK Computer" est peut-être ce saupoudrage de sonorités froides, désincarnées, chœurs glauques, voix de Macintosh ("Fitter Happier"), cordes bizarres, etc. Nigel Godrich trouve d'emblée son style, et Jonny Greenwood est une force de l'ombre, arrangeur brillant, compositeur doué (le final somptueux "The Tourist"). Comme tous les disques marquants, "D'accord Ordinateur" a eu une considérable influence. Beaucoup de groupes ont tenté d'obtenir cette ambiance fin de siècle, mais aucun n'était dans un tel état de grâce. Triomphe critique et commercial (7 millions de ventes) pour Thom Yorke et ses hommes. Des "rock stars", mais qui avaient l'air de ne pas vouloir l'être.

Dans ce numéro de R&F nous aurions aimé lire la (les) chronique(s) de (1997) :
Bob Dylan - Time Out Of Mind
John Fogerty - Blue Moon Swamp
Rolling Stones (The) - Bridges To Babylon
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le 1 septembre 2016
Ecouter la musique des années 90, c'est un peu comme se promener dans un cimetière. En regardant derrière soi, c'est fou le nombre de morts précoces et violentes qu'on peut constater parmi les musiciens de cette génération, et malheureusement, ces disparus furent souvent les plus doués du lot. Certes, Cobain avait donné le ton dès 94' Suivirent Jeff Buckley (noyé), Mark Sandman (crise cardiaque), Layne Stayley (overdose) et un peu plus tard Vic Chesnut (suicide), Mark Linkous (suicide) et Elliott Smith (suicide ou peut-être meurtre non élucidé).

Quant à Radiohead, fort heureusement, aucun des musiciens du groupe n'a été victime de telles tragédies. Pourtant, à écouter leurs disques, on dirait que leur musique ne parle que de ça. (Le batteur fait d'ailleurs partie d'une association de bénévoles qui conversent anonymement au téléphone avec les gens tentés de mettre fin à leur vie pour essayer de les en dissuader.) Avec OK Computer, ils accouchent d'un disque majeur, complètement hypnotique et hanté par les nombreux fantômes de la pop : les fous, les disparus et les suicidés'

Yep, voilà un des meilleurs albums des années 90, atteint de ce qu'on pourrait appeler « le syndrome Dark side of the moon » : gros son, importance prépondérante de la production, concept fumeux, mais dans l'ensemble, une bien belle collection de chansons. D'autres groupes ont été frappés des mêmes symptômes au cours de leur carrière (les Cure de Disintegration, par exemple) mais Radiohead est sans doute l'un des derniers chez qui cela aura abouti à une telle réussite. Et tout comme chez Pink Floyd, le succès de l'album s'articule sur un gigantesque malentendu : alors que le groupe a construit son œuvre en illustrant les différentes modalités de l'aliénation dans la société moderne, la majeure partie du public préfèrera y voir une sorte de film pour les oreilles, une invitation au voyage onirique ou lysergique, où la « musique planante » tient lieu de toile de fond à l'imaginaire de l'auditeur. Et pourtant, ce disque, l'un des plus lugubres qui soit, tient facilement la comparaison avec ceux de Nico ou de Joy Division'

Qu'on en juge sur pièces. Voici comment on pourrait synthétiser les thématiques des différents morceaux :

' Airbag : J'ai failli mourir.
' Paranoid Android : Je suis fou.
' Subterranean Homesick Alien : Je suis fou.
' Exit Music (For a film) : On s'aime. On meurt. On espère que vous allez tous crever.
' Let Down : Je suis aliéné. Ma vie n'a pas de sens.
' Karma Police : Nous sommes fous. Nous allons vous tuer.
' Fitter Happier : Je suis de plus en plus aliéné.
' Electionneering : Je suis fou. Vous êtes fous. Votez pour moi.
' Climbing up the walls : Je suis complètement cinglé.
' No surprises : Je veux mourir.
' Lucky : Je suis mort. Tuez-moi encore.
' The Tourist : Je suis fou et je parle aux morts, ou bien je suis mort et je parle aux vivants.

Bref, on aperçoit bien quelques motifs macabres assez récurrents, non ? Cependant, comme chez le Velvet de White Light/White Heat, comme chez Jane's Addiction sur Ritual de lo Habitual, le génie de ce disque, c'est que la musique arrive à transcender et conjurer l'horreur, la folie et la paranoïa qui suppurent désespérément des paroles. Après cet album, Radiohead tournera peu à peu le dos au format chanson et, n'en déplaise aux fans, ne fera plus que décliner lentement mais sûrement vers une sorte d'autisme musical où l'on fera de moins en moins la part entre la pose artistique, la véritable audace et la franche imposture. En attendant et espérant que le groupe revienne un jour à un tel niveau d'inspiration, on continuera d'écouter ce disque qui n'a pas pris une ride. Et pour ceux qui le trouvent vraiment trop lugubre, on indiquera à toutes fins utiles que les Easy-Star All Stars ont enregistré l'intégralité de l'album en une version reggae aussi impressionnante qu'hilarante.
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Ha ! Que voici une galette intouchable (ou presque, parce que, disons-le tout de go, rien ne l'est, pas même Bach, Mozart, Coltrane..). Un album qui louvoie entre progressisme non assumé (faut voir/lire la réaction de Yorke and co quand un outrecuidant journaliste osa leur évoquer Queen, Marillion ou Genesis comme improbable et pourtant bienvenue parrainage), à la fibre pop supérieure, l'album où la chrysalide Radiohead dévoile enfin son magnifique papillon : Ok Computer.

Pourtant, on avait été prévenus. The Bends recelait déjà des germes de cette évolution et stratosphérisait l'aimable brit-rock d'un album inaugural, Pablo Honey, accessoire outre quelques salutaires saillies (Creep, Anyone Can Play Guitar). Prévenus certes mais pas à encaisser le choc tellurique d'un album frôlant la perfection avec, en particulier, un trio de chansons absolument inattaquables : Paranoid Android, Exit Music (for a film) et Karma Police. Trois titres qui passeront à la postérité via deux singles et un emprunt à la bande-son du Roméo et Juliette revu et corrigé par Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Australia) pour Exit Music, aussi poignant en contexte album que sur support cellulosé. Evidemment, Karma Police est le single irrésistible que nous connaissons tous, pas besoin d'en faire des tonnes, le son parle de lui même. Il n'est pas inutile, par contre, de développer l'argument quand on aborde Paranoid Android, épopée musicale à ce jour inégalé dans le répertoire du groupe. Ici Radiohead rock-progresse comme jamais avant et plus depuis. De fait, chanson "à tiroirs" - un format comparable au Day in the Life des Fab Four, au Bohemian Rhapsody de la Reine, à One Night in Paris de 10cc, etc. - dotée d'envolées tant guitaristiques que vocales (voir le splendide choeur central), d'un vocabulaire mélodique riche et étendu, et retombant magnifiquement sur ses pieds telle la féline œuvre d'art qu'elle est, cette pièce fait plus que séduire, elle chavire l'auditeur, l'entraîne dans un trip toujours trop court (refaimelemele) et ô combien (émotionnellement) gratifiant. Oui, tout ça !

Forcément, après pareil tour de force, on se dit que le reste de la galette ne peut que s'affadir. Et puis non. Parce que TOUTES les chansons sont bonnes (11 au total plus l'intermède Filter Happier), parce que le groupe et son néo-producteur (Nigel Goldrich, qu'on retrouvera ensuite aux côtés de U2, R.E.M., Air et même Paul McCartney) ont fomenté un parfait équilibre entre expérimentations sonores et classicisme mélodique. Si l'électronique s'infuse pour la première fois dans le répertoire d'un groupe alors fermement électroacoustique, elle n'est nullement envahissante et, au contraire, tisse des climats, des ambiances qui bénéficient autant à chaque titre qu'à la cohérence de l'ensemble.

Et à sa grâce! Parce que, constatons-le, en 1997, Radiohead est sur le toit du monde musical, unité créative (avant-gardiste, presque) et cependant fédératrice, la formation se met, se faisant, une énorme pression quand à la suite d'évènements qui ne pourront que minorer le capital acquis avec pareil opus. C'était le prix à payer pour un coup de génie longue-durée et l'établissement, à long terme, dans la caste très fermée des groupes qui comptent vraiment et n'en font, hallelujah !, qu'à leur tête.
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le 20 mars 2006
OK Computer tisse une toile sublime de mélodies et d’instrumentations, qui donne parfois le frisson. De cascades de notes échevelées en plaintes quasiment gutturales, la voix de Thom Yorke tout en maîtrise, est magnifique de bout en bout. Il emmène ce disque à des altitudes inédites tout en sérénité.
Entre psychédélisme tempéré et guitare tranchantes, la troisième voie inaugurée par cet album est lumineuse et mélancolique. Le chant se dissout joliment dans les instruments, il emprunte parfois des accents mystiques. Au rock traditionnel, viennent se greffer des sons synthétiques surprenants sur certains morceaux, dont la fameuse voix d’androïde utilisée au cours de l’album, qui coupe le disque nettement en deux moitiés égales. Deux faces d’un même joyau rock des années 90.
Mon conseil : ne passez pas à côté de ce disque, il est exceptionnel.
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le 28 juin 2017
Le plus bel album de Radiohead et probablement l'un des plus grands albums de tout les temps. Des chansons à couper le souffle !
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le 16 décembre 2004
On se souviendra de cette époque. On se souviendra des premiers riffs de 'Airbag' qui entament l'album, et qui font savoir que cet album n'est pas comme les autres. Un peu plus de 40 minutes plus tard. quand la dernière cloche de "the tourist" raisonne, c'est la fin d'un tour dans des montagnes Russes qui épatent ou désespèrent, mais qui en tout cas ne laissent pas indifférentes.
Dans 20 ans, nous n'aurez pas à expliquer à vos enfants qui est Radiohead. Ils sauront.
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le 14 juillet 2002
Cet album procure des sensations perdues depuis Dark Side Of The Moon .Une musique subtile et harmonique qui veut oublier parfois le rock basique en 4/4 pour lui préférer le 3/4(The Tourist) ou le 7/4 (Paranoïd Androïd) .Des magnifiques arpèges de guitare et de clavier dans tout l'album ,c'est un véritable rêve éveillé .Mais la puissance n'est pas en reste avec des chansons comme Electoneering qui provoque des déflagrations de neurones.Paranoïd Androïd est instrumentalement un vrai chef d'oeuvre impossible à reproduire tellement elle est travaillée .Exit Music nous transporte dans une mélancolie paradoxalement agréable et Let Down donne une merveilleuse sensation de bonheur retrouvé c'est divin ! L'ambiance de cet album est sombre et aquatique mais il y a quand même la place pour une jolie berçeuse (No Surprises) .Les 2 dernières sont surement les meilleures : Lucky avec sa guitare qui pleure litteralement et The Tourist la dépression triomphante .Nul doute le groupe a atteint le sommet ici .Ce qu'ils ont fait après est peut être courageux mais en aucun cas ça ne vaut OK Computer.
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le 8 septembre 2003
On dit souvent que les bonnes critiques de Ok Computer sont encore plus débiles que les mauvaises .
Je n' essaierai pas de vous prouver le contraire .
J' écoute ce disque pratiquement tous les jours . Oui . Depuis sa sortie . Et je redoute fébrilement le momment où j'en serais lassé . Mais après tout ce temps , j' ai fini par croire que ca n' arriverait jamais .
Pourtant , je n' ai pas le sentiment d' y être particulièrement attaché à ce disque . C'est juste qu'il finit toujours par atérrir dans mon lecteur . Je n' ai vraiment pas la sensation de le faire exprès . Un peu comme si j'en étais devenu dépendant .
Aaaah , la batterie d' Airbag ... le solo de Paranoid ... le "tac-tactactactactac bliiiiiimmmp" du quatrième verset d' Exit Music ... Let Down ... le "tacccccccc" avant l' envolée de Karma Police ... le (...) bordel de Climbing Up ... NO SURPRISE ... NO SURPRISE , les gars ... le moment où Tom change de ton sur Lucky ... tous ces moments appartiennent désormais à l'histoire .
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le 18 décembre 2013
Album mythique.

Je ne suis pas objectif car fan. Et je le suis devenu à cause de cet album.

Avant d'écouter Ok Computer, je savais que Radiohead était un groupe anglais, et non une chaîne musicale... Mais c'était tout.
J'ai eu la curiosité d'écouter Karma Police, titre phare de l'album. Et, quel surprise d'être aussi ému par de la musique. L’étonnement, pour moi, fut qu'une chanson puisse à ce point prendre aux tripes. Quel talent dans d'écriture, de composition et d'interprétation !
Tout l'album est une agréable surprise. Première fois que des chansons et des musiques me transportent.

Une fois de plus, la Collector's Edition s'adresse avant tout aux fans : le "disque 2" contenant des inédits et des live. Le choix des titres n'est pas cohérent. Dommage.
Mais, Parlophone a perdu Radiohead. Ils essayent de faire du neuf avec du vieux...
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