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le 10 janvier 2011
Parce qu'Hubert (Meunier) a fait une superbe analyse complète sur cet album, je dirais simplement que cette musique est celle de mes 18 ans et que j'ai donc redécouvert cette ambiance et ce tempo presque 30 ans après, avec ce plaisir teinté de nostalgie, de celle qui fausse peut-être un peu le jugement? Malgré tout, je me permets une comparaison avec le présent en me risquant de dire que le morceau "Wild saxophone" me fait penser à du Charlie Winston bien actuel. Je souhaite à tous les jeunes de 18 ans d'aujourd'hui de rencontrer des groupes comme ça pour se faire des repères musicaux à venir revisiter avec plaisir des années plus tard...Enjoy it!!
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Le premier album de Stray Cats, album éponyme, est sorti en février 1981.
Je crois pouvoir dire que ce disque a d'une certaine manière changé le cours de ma vie. C'est en tout cas un album que tout honnête homme se doit d'avoir chez lui.
On démarre avec Runaway Boys et sa rythmique tendue où la contrebasse fait le boulot et inscrit d'emblée le trio à l'écart du reste du monde de 1980. Le titre sort en premier single peu avant l'album, histoire d'annoncer clairement la couleur. Petit bémol, il est flanqué d'une face B un peu en deçà qui tempère, voire édulcore, un peu le propos initial.
On enchaîne avec ce qu'il est convenu d'appeler un standard : Fishnet Stockings. Reprise d'un Rockabilly de Lew Williams sans grande originalité, Brian Setzer réhabille érotiquement le propos et lui colle deux solos de guitare tout en sauvagerie, le tout en 2 minutes 24 secondes chrono... Il est rare, aujourd'hui encore, qu'un concert de Brian Setzer se déroule sans qu'on y entende ce petit bijou (même dans les tournées Xmas du BSO !!)
Vient ensuite Ubangi Stomp, un classique du grand Warren Smith décédé peu avant l'enregistrement (un tribute ?). Reprise serait un mot malheureux car ici Stray Cats dynamite le schéma initial et transgresse toutes les règles, jusqu'à modifier les paroles. Le résultat est un missile Punk-A-Billy dont on ne peut faire l'impasse.
Avec Jeannie, Jeannie, Jeannie, Stray Cats brandit un étendard ; en effet, même si le morceau n'a pas été écrit par Eddie Cochran, c'est sa version qui est ici visée et rejouée quasiment à l'identique. Premier hommage. Il y en aura beaucoup d'autres, le plus souvent mieux inspirés.
Le 5ème morceau, Storm The Embassy, est un ovni sur la forme comme sur le fond. La forme d'abord : une intro très Trust, un thème musical de l'époque Bloodless Pharaohs. Pas de Rockabilly ici. Le fond ensuite : une chanson engagée, une prise de position claire et radicale contre l'Iran (Brian & Slim Jim visionnaires ?) et un appel aux armes. Essai réussi... Mais jamais transformé !
La première face de l'album cloture les débats sur Rock This Town. Que dire ici qui ne l'ait déjà été ? Second single et "morceau parfait" comme je l'ai lu quelque part. Parfait d'abord parce que formidablement fertile et modulable. Jamais de concert de Brian sans Rock This Town, qu'il soit en trio, avec un clavier ou en big band. Morceau fétiche aussi puisqu'il est présent sur les trois albums les plus vendus de la carrière de Setzer (Stray 1, Built For Speed, Dirty Boogie). Sur scène, Rock This Town est souvent le grand moment du concert, le dernier avant les rappels.
La seconde face de l'album débute par Rumble In Brighton. Attention standard. Un Rockabilly résolument moderne, secondé par une rythmique "urbaine", et porté par un texte violent et terriblement Rock N' Roll. Le morceau avec lequel Stray Cats débute la plupart des concerts. Un bijou.
Piste n° 8, attention chef d'oeuvre au sens littéral du terme. Aux armes, c'est l'heure de l'hymne avec Le Strut, le Stray Cat Strut. Troisième et dernier single de la session. Morceau emblématique du trio. On n'est pourtant pas sur du Rockabilly "lambda" ici, il y a un son, une ambiance, un climat où la patte du Gallois Dave Edmunds est probablement moins innocente que partout ailleurs.
Crawl Up & Die est d'après moi le morceau le plus méconnu de la session. Reprise d'un titre (Please Give Me Somethin') que l'on retrouve sur le même catalogue, Imperial Rockabillies, que le morceau de Lew Williams évoqué plus haut et qui conduira à Fishnet Stockings. Du White Rock pur sucre, avec un texte une nouvelle fois très Rock N' Roll et une production parfaite. Jamais joué sur scène à ma connaissance et je le déplore. Ce titre aurait pu donner plus de force encore au premier single Runaway Boys.
Vient ensuite un second étendard avec Double Talkin' Baby, reprise du mythique second album de Gene Vincent. Brian Setzer s'attaque à Cliff Gallup, LA référence en matière de guitare Rockabilly. Le résultat est à couper le souffle avec une chanson reboostée, survitaminée et un second solo de guitare qui est probablement la perle d'un disque qui pourtant regorge de trésors...
Le 11ème morceau, My One Desire, est probablement, au vu du niveau et de la qualité de l'album, le petit bémol de l'ensemble. Reprise de Dorsey Burnette, mâtinée de relents forcément Country... On ne pouvait décemment pas se quitter là-dessus.
Et ça tombe bien parce qu'on se quittera sur Wild Saxophone. Irréel à nouveau. Un sax, une rythmique quasi Mambo et, à l'arrivée, une sorte de Swing-A-Billy d'anthologie que Brian aura la bonne idée de pousser plus loin encore quinze ans plus tard avec son orchestre.
Une dernière face B de single carrément Blues (Drink That Bottle Down), un album se finissant sur un morceau carrément cuivré, on sent poindre la suite des aventures de Stray Cats en terre plus bluesy, voire R & B. Mais ceci est une autre histoire...
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A la fin des années 70, début 80, il y avait beaucoups de groupe de Rockabilly. Ils étaient vraiment sympa avec un super son, un look Teddy boy et j'adorais les écouter.
En Angleterre, il y avait bien sur "Crazy Cavan", "Matchbox", "The Flying Saucers", "the riot Rockers" et un groupe génial, un peu à part qui s'appelait "Whirlwind".
En France nous avions "Les Alligators", "Jezebel rock", "Chris Evans" et bien d'autres.
Pour moi, Brian Setzer et les Stray cats "Américains donc patrie du rock n'roll" étaient complètement différents.
Bien que jouant avec une slap bass et une caisse claire, c'était grâce au son de guitare et à la voix de Setzer, le prolongement d'Eddie Cochran, de Gene Vincent et du Punk.
J'ai vue une vidéo de 90 "live in Tokyo" ou Brian Setzer se révèle être un fabuleux guitariste.
Réécoutez "Rock this town", "Runaway boys" ou "stray cats strut".
Pour ceux qui aime le rock ou ceux qui le découvre, c'est géant.
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le 4 juillet 2017
CHRONIQUE DE NIKOLA ACIN MAGAZINE ROCK&FOLK
555 DISQUES, 1954-2014 SOIXANTE ANS DE ROCK'N'ROLL (Rock & Folk HS n° 30 décembre 2014-janvier 2015) - Page 110
Après quelques années passées à écumer les bars louches de la côte Est, les Stray Cats ont débarqué de leur New York natal à la conquête de l'Angleterre sans trop savoir à quoi s'attendre. Installés à Londres, leurs shows commencent à faire bopper une Albion encore sous le choc punk, à l'affût des vagues successives qui se percutent. New wave, ska, mod, cold, gothique, funk, Oi!, coupes de cheveux et panoplies se succèdent à ne plus savoir qu'en faire. En un album bardé de chefs-d'œuvre, les Stray Cats font redécouvrir au monde entier le rockabilly. Mené par Runaway Boys, furieux moment de rock'n'roll traité comme de la pop années 80 par un Dave Edmunds impérial, le disque n'est ni rétro, ni revivaliste mais, grâce aux époustouflants talents de compositeur de Brian Setzer, Lee Rocker et Slim Jim Phantom, un fantastique rajeunissement musical d'un genre oublié. Les teddy boys, brutes racistes emplies de bière qui ont mené la vie dure aux punks en 1977 se trouvent d'un coup évincés par une génération de rockies plus au fait des choses tandis que, dans les cœurs des minettes, le blond Brian et ses acolytes prennent une place comparable à celle des boy bands... L'Europe suit le mouvement et le bruissement collectif de millions de chevelures huilées en pompadours devient assourdissant. En un coup de manche, les Chats provoquent un véritable raz de marée, relancent la côte des Gretsch et, créant le business de rééditions fifties, sortent du placard Carl Perkins, passent un coup de brosse sur les tombes de Gene Vincent et Eddie Cochran. Setzer dévoile une virtuosité d'autant plus fascinante qu'elle ne doit rien aux habituelles références guitaristiques. En effet, ni la ronflante cascade de Rock This Town ni le bop swing de Stray Cat Strut pas plus que la furie de Rumble In Brighton (racontant les bagarres entre rockers et skinheads) ne doivent quoi que ce soit aux Hendrix, Clapton ou Page de la décennie précédente. Malins, Mick Jagger et Keith Richards les prennent en première partie et leur font un pont d'or pour qu'ils signent sur Rolling Stones Records — ils refuseront. Un an plus tard, sous une forme modifiée et un autre titre (Built For Speed), il permettra aux Chats de griffer le Billboard américain avec plus d'un million d'exemplaires vendus, exploit que Setzer n'égalera qu'en 1998 avec son orchestre swing. Tout cela en un album. Pas mal.

Dans ce numéro de R&F nous aurions aimé lire la (les) chronique(s) de (1981) :
AC/DC - For Those About To Rock (We Salute You)
Alice Cooper - Special Forces
Def Leppard - High 'n'Dry
Doc Holliday - Rides Again
Foreigner - 4
Iron Maiden - Killers
Thin Lizzy - Black Rose
UFO - Strangers In The Night
Whitesnake - Live...In The Heart Of The City
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le 13 avril 2004
Menés par un certain Brian Setzer à la guitare, les Stray Cats sont un pur produit du rock'n roll anglo-saxon. Ce premier album sorti en 1981 a résisté à la New Wave of British Heavy Metal, malgré quelques penchants pour la musique punk, dans des chansons manifestements inspirées des maîtres en la matière : les Clash.
Mais les Stray Cats ont toutefois un son bien à eux et une énergie qui rend leur rock'n roll bien plus puissant que celui des années 50-60. Il n'y a qu'à voir la chanson principale de l'album, Runaway Boys! Bref, sur un fond d'ensemble très rock, les Stray Cats ne font pas pour autant dans la répétition, on retrouve notre quota de morceaux bluesy en rythme shuffle, et la voix de crooner de Setzer quand il ne s'égosille pas - il chante des deux façons dans presque toutes les chansons.
Enfin, je vous recommande de lire les paroles de Storm the Embassy (ma chanson préférée), un cri contre la prise d'otages de Téhéran en 1979.
Conclusion, à la même époque, il n'y avait pas que les Clash qui assuraient! Voici un autre groupe tout de cuir vêtu et portant la touffe de cheveux règlementaire!
Recommandé aux adeptes de bon rock des années 80.
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le 19 août 2017
C'est un très bon album de rockabilly pour ceux qui ne connaissent pas. Pour ma part, j'ai une préférence pour "Fishnet Stockings" et "Wild saxophone". Le trio déborde d'énergie et nous, on a juste envie de danser ! Un vrai bonheur pour les oreilles !
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Le doux anachronisme de jouer du rockabilly dans les naissantes années 80, une vraie énergie et un vrai talent (d'écriture comme d'interprétation), ce sont les Stray Cats et leur éponyme de 1981, le début de l'histoire...
Mais pas exactement le début de l'histoire d'un revival lancé quelques années plus tôt par l'intérêt britannique pour une musique typiquement américaine qui verra, par exemple, sa concrétisation dans les œuvres de jeunesse de Dave Edmunds (Rockpile l'album, Seconds of Pleasure, le groupe) d'ailleurs producteur de la moitié du premier album de ces trois chats errants.
Et donc, bien mis en son par un spécialiste, armés de peu, une Gretsch, une contrebasse, un drumkit ô combien sommaire, mais de beaucoup de foi, les Stray Cats déboulent avec un premier opus qui fera date. Rien de bien compliqué, en fait, du rock'n'roll plein de fun et d'allant porté, évidemment, par la voix et la guitare d'un Brian Setzer taillé pour l'exercice, une moitié habitée par des reprise bien senties, l'autre par des compositions qui n'ont pas à rougir de leur glorieux voisinage, un petit coup de saxophone par un vrai pro (Gary Barnacle sur Wild Saxophone qui, la même année, jouera aussi avec Rick Wakeman, Kim Wilde, les Ruts, Simple Minds ou Level 42... Bonjour le grand écart !), et puis c'est tout, et c'est très bien comme ça, que la viande sur l'os, pas un pet' de gras, bluffant de simplicité et de conviction mais pas, pour autant, dénué de quelques délicates finesses instrumentales parce que ces trois-là savent y faire, Setzer en particulier dont on ne vantera jamais assez les capacités de soliste qui font souvent la différence ici.
Toute la carrière du trio ne sera pas du même tonneau que cette première salve héroïque qui demeure l'album le plus immédiatement recommandable (quoique Built for Speed  82, leur troisième opus, n'est pas loin derrière) d'une carrière en dents de scie dont le premier "run", jusqu'en 1984, reste le seul vraiment intéressant. Reste à dire que, si vous aimez le rock'n'roll des origines, ces Stray Cats ont la clé du paradis.

1. Runaway Boys 3:03
2. Fishnet Stockings 2:25
3. Ubangi Stomp 3:14
4. Jeanie, Jeanie, Jeanie 2:21
5. Storm The Embassy 4:08
6. Rock This Town 3:28
7. Rumble in Brighton 3:16
8. Stray Cat Strut 3:16
9. Crawl Up and Die 3:13
10. Double Talkin' Baby 3:05
11. My One Desire 2:57
12. Wild Saxaphone 3:01

Brian Setzer - guitar, vocals
Slim Jim Phantom - drums
Lee Rocker - bass
&
Gary Barnacle - saxophone
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Les Stray Cats, c’est la success story la plus improbable qui soit. Personne n’avait vu venir ça, personne n’y croyait. Même pas les Américains. Pourtant, plus américains que les Stray Cats et la musique qu’ils jouent, y’a pas. C’est le conte de fées de trois minots new-yorkais fans de rockabilly, qui en l’espace de quelques mois passent de l’anonymat total au statut de superstars en Europe et à la tournée des stades US en première partie des Stones.
Les Stray Cats procèdent de la même démarche que les punks. Halte à la sophistication, la surenchère technique, et aux budgets exponentiels de studio. Le truc des Stray Cats, c’est le retour-revival aux années 50 dans leur versant rock’n’roll. Ils ne proposent guère mieux que des gens comme Robert Gordon à New York (pourtant associé à l’ébouriffant guitar-hero Link Wray), ou Crazy Cavan en Angleterre, dont l’audience est confinée à une poignée de nostalgiques. Les têtes d’affiche punk elles-mêmes ont remis au goût du jour les classiques des pionniers, les Pistols reprennent Chuck Berry, Sid Vicious maltraite Eddie Cochran, le Clash revisite Vince Taylor, tout cela ne va pas plus loin que la citation, l’hommage référencé, et puis dans la plage suivante de leurs disques, ils passent à autre chose … Les Stray Cats, eux, vont sortir un disque totalement vintage dans l’esprit, entièrement dédié à la « cause » 50’s.
Les Stray Cats sont à fond dans le truc, pas un groupe formaté et préfabriqué. Leur leader évident, c’est le mignon guitariste ( il joue sur une Grestch, presque une évidence) Brian Setzer, que les plus érudits avaient remarqué sur une cassette-compilation « 5 X 2 » (allusion à un des premiers disques des Stones) publiée sur le petit label Red Star de Marty Thau (manager et patron de label de la fin de parcours des New York Dolls et du premier Suicide, on reste dans la « famille ») avec son groupe les Bloodless Pharaohs. Un groupe éphémère, mais qui sera la matrice après moult changements de noms et de line-ups des Stray Cats. Feront partie de l’aventure deux copains d’enfance de Setzer le batteur Slim Jim Phantom (kit minimaliste, il joue debout, non pas comme Moe Tucker du Velvet, mais comme le batteur des Blue Caps de Gene Vincent), et le contrebassiste (toujours le souci de l’instrumentation originelle du rock) Lee Rocker.
Chez eux à New York les Stray Cats jouent dans les bouges « historiques » du punk (CBGB, Max’s Kansas City), enchaînant les bides. Sur la foi de rumeurs (infondées) qui présentent l’Angleterre mûre pour un revival teddy boy, ils traversent l’Atlantique. Un parcours étrangement voisin de celui de Hendrix. L’homme de la situation à Londres pour le gaucher de Seatlle avait été Chas Chandler, bassiste des Animals devenu son manager et qui lui avait ouvert les portes des clubs du Swingin’ London. Pour les Cats, ce sera Dave Edmunds, guitariste des classic rockeux Rockpile. C’est lui qui produira en partie ce « Stray Cats ».
Le succès dépassera les espoirs les plus fous. Pas forcément grâce à la musique. Les Stray Cats bénéficieront essentiellement d’un look totalement inédit à cette époque où se multiplient en Europe les émissions télévisées sur le rock (par ici, Chorus présenté par Antoine de Caunes). Difficile de ne pas se faire remarquer quand on arbore bananes démesurées, Perfectos ou fringues vintage 50’s, creepers, … Toute une panoplie visuelle forte à une époque où l’image et l’apparence sont essentielles, et ce n’est pas pour rien que la mignonne frimousse de Setzer est souvent mise en avant. Les Stray Cats sont photogéniques, télégéniques. On les remarque, on parle d’eux, ils deviennent en Angleterre et en France une attraction branchée. Certains vont même écouter leur disque. Et s’apercevoir qu’il est très bon.
Savant mélange de reprises et de compositions originales qu’on a du mal à distinguer, et ça c’est déjà un exploit (mettez une reprise d’un oldies dans un skeud, il y a de bonnes chances qu’on ne retienne qu’elle). Mieux, les titres les plus connus de ce disque, ceux qui grimperont dans les hit parades européens (« Stray Cats » sera un bide colossal aux States) sont tous des originaux, qu’il s’agisse des deux locomotives du revival rockabilly (« Runaway boys » et « Rock this town ») ou de la ballade doo-wop jazzy « Stray Cat strut ». « Stray Cats » est un disque courageux, entièrement tourné vers la célébration de temps et de rythmes à la mode alors que Setzer et sa bande n’étaient pas encore ou tout juste nés. Douze titres, douze hymnes fifties. Pas de demi-mesure, aucun compromis, ça passe ou ça casse.
Setzer est un passionné de cette époque-là, un fonceur avec toute sa candeur quasi-adolescente. Il trouve en Edmunds un alter ego plus posé, plus méthodique. L’énergie débordante du groupe est superbement canalisée, le son n’est pas archaïque, ne copie pas Eddie Cochran, Carl Perkins ou le Johnny Burnette Trio. Les reprises ne sont pas des standards incontournables ( « Ubangi stomp » du second couteau de chez Sun Warren Smith doit être la plus « connue »). Mieux, les deux dernières présentes à la fin du disque ouvrent grand les portes vers d’autres espaces sonores. « My own desire » est une ballade up-tempo, qui permettra plus tard à Setzer d’exprimer ses talents de crooner. « Wild saxophone » annonce elle l’armada instrumentale swing du Brian Setzer Orchestra dans les années 90. Un Brian Setzer qui se révèle d’entrée comme un grand chanteur et qui laisse par moments filtrer tout son potentiel guitaristique dans des solos concis mais marquants.
Il y a juste dans ce disque une bêtise qu’on ne peut décemment pas passer sous silence, les paroles crétines, militaristes et réacs de « Storm the Embassy », titre inspiré à Setzer par l’affaire de la prise de l’Ambassade des Etats-Unis en Iran par une foule d’intégristes religieux (l’événement qui sert aussi de point de départ à l’excellent film « Argo » de et avec Ben Affleck).
Les Stray Cats vont très vite devenir un phénomène, entraînant dans leur sillage une multitude de groupes les copiant. Tous ces suiveurs disparaîtront aussi vite qu’ils étaient apparus. Les Stray Cats, eux, resteront. Même si l’existence du groupe sera brève (deux-trois ans), chacune de ses nombreuses reformations sera un succès populaire, preuve qu’ils avaient du talent et étaient bien plus qu’un phénomène de mode …
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le 3 mai 2007
Posture punk, riffs sixties et énergie à faire pâlir les pires "mettaleux" actuels, les Stray Cats débarquaient dans le paysage rock du début des années 80 avec un anachronisme arrogant. Cet album, le premier et meilleur du groupe, propose un voyage dans le temps, sent la gomina et la sueur et parait paradoxalement très moderne. Il faut dire que les reprises sont triés sur le volet et que les compositions originales tirent vers le génie. Rumble in Brighton reste sans doute la perle de l'album. A consommer sans modération.
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le 13 mars 2014
C'est sans doute le premier disque qui m'a fait aimer le rock and roll. Magnifiquement produit par Dave Edmunds en 1981, il aligne classique sur classique. Comme beaucoup de grands albums, il recèle potentiellement 12 singles : de la reprise d'Eddie COCHRAN, "Jeanie, Jeanie, Jeanie" à "STORM THE AMBASSY" (sublime composition dont le coeur du sujet est la prise d'otages en Iran des membres de l'ambassade américaine en 1980 par les gardiens de la révolution, affidés de KHOMEINI) en passant par "ROCK THIS TOWN", "RUNAWAY BOY", "STRAY CAT STRUT" etc..., toute la verve rock and rollienne est ici présente.

Ces mecs en trio faisaient autant de boucan qu'un big band ! Et SETZER, quel guitariste, doué, inspiré et imprévisible. Les deux autres n'étaient pas en reste et se signalèrent par des talents d'instrumentiste avérés. Les CATS commettront leur chef d'oeuvre à l'issue de ce premier jet, haut la main ! Le second essai (GONNA BALL) paru à la fin de 1981 sera pas mal, mais plus orienté rythme and blues et moins foudroyant et inspiré que cet opus lumineux. Le reste sera malheureusement assez décevant et ils se sépareront en 1984 avant de se reformer ensuite, sans jamais atteindre un tel niveau de qualité et de cohérence. Normal, c'est le genre de disque qu'on peine à réaliser une fois dans sa vie. Eux l'ont fait. Inoubliable !
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