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Voila sans doute parmi d'autres très bonnes versions de cet célébrissime mais paradoxalement mal connu opéra de Verdi, la référence discographique.

Le grand khédive d'Égypte Ismaïl Pacha commanda l'oeuvre lyrique à Giuseppe Verdi pour l'achèvement des travaux du canal de Suez, en 1870.

Mais l'opéra n'étant pas prêt pour l'occasion, il fut interprété pour la première fois lors de l'inauguration du théâtre royal du Caire, le 24 décembre 1871.

L'intrigue se déroule en Égypte antique, à Memphis et à Thèbes. C'est l'histoire d'une esclave éthiopienne, Aïda, vivant à la cour de Ramsès III, servant sa fille Amneris.
Toutes les deux sont amoureuses du général égyptien Rhadamès, épris d'Aïda.
Au retour d'une campagne militaire contre les Éthiopien, il ramène comme prisonnier le père de celle-ci, le roi éthiopien Amonastro.
Pour le remercier, Pharaon lui offre sa fille en mariage.
Amonastro obligera le général à trahir le pharaon.
Le complot sera découvert et les deux amants mourront ensemble.

Cet opéra dramatique connaît à l'image de "Roméo et Juliette" un succès sans limite à Vérone, puisque l'on compte aujourd'hui pas moins de 400 représentations de l'oeuvre de Verdi dans la ville.

Aïda reste encore aujourd'hui une oeuvre contemporaine incontournable, les décors les plus grandioses se succédant pour accueillir les diverses représentations : le plateau de Guisèh en 1987 ou le temple de Deir-el-Bahari en 1994 donnèrent au lyrisme une dimension "pharaonique" intemporelle.

Une version de Aida domine la discographie: La présente dirigée par Solti à la tête des choeurs et de l'orchestre de l'Opéra de Rome .

Le plateau vocal réunit les remarquables prestations de :
Jon Vickers, le ténor héroïque le plus demandé des années 1960 avec sa voix particulièrement puissante et aux nuances infinies,

Leontyne Price, la première interprète noire à chanter un grand rôle dans la maison historique de l'opéra italien,

Rita Gorr, l'une des plus grandes mezzo-sopranos de l'histoire,

Georg Solti, pour qui une interprétation passait d'abord par une reproduction aussi proche que possible des intentions du compositeur telles qu'elles sont indiquées dans la partition. L'exactitude, notamment rythmique, était primordiale pour lui.

Son oreille exceptionnelle ainsi que sa connaissance des possibilités de chaque instrument et son sens de l'équilibre de la masse orchestrale font qu'il était particulièrement à l'aise dans les grandes fresques romantiques comme cet opéra à grand spectacle.

Son souci de la précision n'en faisait pas pour autant un musicien froid car il avait une âme profondément lyrique dont il a montré l'étendue dans ses anthologies wagnériennes.

Alors certes l'orchestre de l'opéra de Rome n'est peut être pas aussi inspiré que le chef ou les solistes, certes le son est parfois un peu en limite, mais cette reparution de Aida est une bénédiction pour les amoureux de Verdi, loin des enregistrements ou le peplum prend le pas sur le génie de Verdi et ou les paillettes dissimulent les talents des solistes.

Une superbe acquisition !
44 commentaires| 7 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 21 juin 2013
Peut-être est-ce le preneur de son qui n'a pas su régler ses potentiomètres,mais je trouve que Price et Gorr crient bien fort,avec une prise de son acide et bruyante...tout ça est bien désagréable ,n'en déplaise à un certain Kaminski qui encense cette version dans le numéro de l'Avant-Scène consacré à Aïda.Je possède l'enregistrement d'Abbado qui a sans doute ses défauts (comme tous les enregistrements) mais qui est,à mon avis,bien supérieur car,certes, les chanteurs y sont tous acceptables sans plus,mais quel orchestre, quelle direction et quelle atmosphère !
77 commentaires| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 25 avril 2014
Il n'y a que 2 ou 3 versions d'Aida qui tiennent le haut du pavé et en voici une. Une marche triomphale d'Aida de toute beauté. Georg Solti au sommet de son art avec Leontyne Price qui nous livre comme très souvent dans ses rôles de Verdi une très belle Aida. Il est rare d'avoir une telle homogénéité. Pour ceux qui voudraient acheter une version d'Aida, il est certain que je recommanderais celle-ci
11 commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
"O terra addio, addio valle di pianti... Sogno di gaudio que in dolo svani... A noi si schiude il ciel, et l'alme erranti volano al raggio dell'eterno di".
(Ô terre adieu, adieu vallée de pleurs... rêve de bonheur qui s'est dissipé dans la douleur... le ciel s'ouvre à nous, et nos âmes errantes s'envolent vers la lumière de l'éternité).
C'est sur ces mots écrits par Verdi lui-même que Radamès et Aïda, ensevelis vivants, scellent dans la mort leur union immortelle, leur chant est pur, suave, élégiaque, serein, la spiritualité et l'érotisme s'y fondent, chant frôlé par un orchestre arachnéen, cependant qu'Amnéris, jalouse repentie et désespérée, implore la paix, le rideau tombe sur un souffle lent, pianissimo.
Cette fin admirable d'Aïda dit à elle seule les contresens et les malentendus dont un chef d'œuvre fut et est encore l'objet.
Chef d'œuvre paradoxal, certes, puisqu'il expose le drame intime vécu par trois êtres enfermés dans la passion sur le théâtre d'apparat et d'apparences de la vie publique, la guerre, le vacarme, le gigantisme vertigineux d'un décor vertical où se dressent portiques, colonnes, palmiers, les héros sont calfeutrés dans leur histoire.
L'horizontalité, c'est le Nil et c'est aux abords du Nil que le drame se cristallise, de duo splendide en duo splendide, Amonasro et Aïda, Aïda et Radamès, Radamès et Amnéris, il atteint son acmé dans la sublime scène du jugement de Radamès et il se dénoue dans le tombeau nuptial des amants.
Victime du succès planétaire des trompettes du triomphe et de la grandeur ostentatoire du deuxième acte qui en font une oeuvre populaire, Aïda est pourtant une œuvre intimiste, sa puissance lyrique se déploie dans le clair-obscur d'une inspiration subtile et poétique.
Verdi a lui-même ironisé sur le luxe de moyens "grand opéra" réunis dans Aïda, ce qu'il a nommé "tutto il bataclan" (en français dans le texte) !, mais il a été peiné par les contresens et les malentendus qui sont hélas encore prospères aujourd'hui, avec un exemple caricatural de notre temps, après les arènes antiques : le Stade de France n'est pas une scène pour Aïda.
Mais il y a cette version discographique, une version indispensable, sans égale, "la" version.
Un commentateur a très bien parlé avant moi de la direction de Sir Georg Solti, je n'ajoute rien.
Quant aux trois chanteurs héros, on tient là la distribution idéale, tous trois sont à la même altitude, c'est si rare.
Léontyne Price est la plus grande Aïda d'après guerre, elle "occupera" ce rôle pendant quelque trente ans, rôle somptueux pour une cantatrice somptueuse, et dans ce disque, son Aïda est un miracle de beauté sonore et d'intelligence musicale, un pur miracle.
Rita Gorr, fabuleuse mezzo-soprano, nous donne une Amnéris anthologique, gloire du timbre, onctuosité du legato, autorité princière, son extraordinaire incarnation culmine dans la scène du jugement qu'elle clôt par un fulgurant anathème jeté sur le roi et les prêtres après l'arrêt de mort prononcé contre Radamès, d'une beauté pétrifiante.
Le Radamès de Jon Vickers... que dire de cet artiste lyrique immense qui parvient à insuffler une dimension tragique à un héros dont le caractère est pourtant conventionnel, qu'il s'agisse du guerrier adulé ou de l'amoureux persécuté.
Ténor héroïque exemplaire de vaillance mais jamais monolithique, Jon Vickers donne à Radamès une envergure et une aura bouleversantes d'humanité déchirée, entendre Jon Vickers refuser la vie sauve offerte à Radamès par Amnéris à condition qu'il renonce à Aïda qu'il croyait morte mais dont il apprend alors qu'elle est vivante, est un moment qui suspend le vol du temps.
Ovation.
1414 commentaires| 8 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 17 juin 2009
On trouvera ça et là des prestations exceptionnelles, mais ici c'est l'ensemble qui prime: une énergie exceptionnelle, un sens du grandiose qui préparent l'auditeur aux nombreux passages plus lyriques et à un final d'une infinie douceur. Et puis il y a Jon Vickers, et Rita Gorr!
A ce prix-là, il ne faut pas se priver...
22 commentaires| 17 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 9 octobre 2012
Le plus bel enregistrement d'Aïda... Price et Gorr : la plus grande Aïda face à une Amnéris de légende !
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MEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 16 décembre 2011
dans cet opéra, je n'ai entendu aucun Radames aussi boulversant que John Vickers, et une aussi extraordinaire maitrise des nuances.
Leontyne price était, elle aussi la meilleure Aïda possible, égalée par Zinka Milanov quelques années auparavant.
Rita gorr n' pas été égalée dans le rôle d'Amnéris.
Bref c'est une interprétation historique et indispensable. De faire un enregistrement qui n'aurait pas le niveau serait non seulement inutile, mais nuisible.
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le 3 mai 2013
Une version indigente, non par son interprétation mais par la qualité de l'enregistrement qui est simplement scandaleuse. Un son juste POURRI. Disque inaudible. Ne vous faites pas berner comme moi et choisissez une autre version.
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le 28 avril 2012
rien de spécial à dire , si ce n'est que c'est une version de référence. et que cela le vaut
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le 15 juillet 2015
L'ensemble est inégal. Il s'agit d'un ancien enregistrement, datant de 1962, digitalisé dans les années 1990, présenté sous forme d'un petit coffret de 2 CD. Le son n'est pas "pourri". Il reste très acceptable, en dépit de son ancienneté. Le premier CD nous a bouleversé jusqu'aux larmes. Le second nous a ennuyé (sauf n° 4, avec la conclusion flamboyante des fameuses trompettes) : dans ce second CD, il n'y a pour ainsi dire aucun thème, aucune mélodie : n'importe qui aurait pu composer cela. Aïda n'en finit pas d'agoniser. Les interprètes, excellents, n'y sont pour rien. C'est la partition, qui est ennuyeuse. Il n'en reste pas moins que le premier CD vaut vraiment la peine: c'est du grand Verdi, transfiguré par la baguette magique de G. Solti. Une critique : Decca n'a pas joint le livret en italien de l'opéra, ce qui ne permet pas de le comprendre. Il n'y a qu'un petit résumé, en anglais, et en allemand ! C'est très dommage. Bref : un disque correct, sans plus, pour un prix modique. On ne peut en dire plus...
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