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le 13 juillet 2017
CHRONIQUE DE STAN CUESTA MAGAZINE ROCK&FOLK
555 DISQUES, 1954-2014 SOIXANTE ANS DE ROCK'N'ROLL (Rock & Folk HS n° 30 décembre 2014-janvier 2015) - Page 023
PINK FLOYD
"Piper at the Gates of Dawn"
[1967]
Ce premier Pink Floyd ne contient pas les premiers simples du groupe, comme c'était d'usage à l'époque. C'est bien dommage car des morceaux comme "Arnold Layne", "See Emily Play" ou "Apples And Oranges" sont de pures merveilles, supérieures à bien des morceaux de cet album... On les retrouvait en vinyle sur des compilations laides (par le look) et bancales (par le choix des titres) comme "Relies" ou (mieux) "Masters Of Rock". En CD, espérons seulement qu'il ne faut pas se payer un coffret de dix albums pour les récupérer... Cela dit, ne crachons pas dans la soupe, ce "Piper..." vaut le coup d'oreille, bien sûr. Il fut pourtant assez mal accueilli lors de sa sortie par les branchés londoniens qui avaient l'habitude de voir le groupe livrer de longues improvisations complètement "freak out" dans les clubs de l'underground psychédélique d'alors, et qui trouvaient le disque trop "propre" (Pete Townshend dira lui-même que cet album était "une honte"). On retrouve en deux occasions ce type de morceaux, instrumentaux, signés collectivement : "Pow R Toc H" et "Interstellar Overdrive" et, ma foi... On aurait plutôt tendance à penser l'inverse : ce qui subsiste aujourd'hui de meilleur, ce sont les "petites chansons". Pas si petites que ça quand même, toutes à une exception mineure (signée Waters, pas encore maître du monde) griffées de la plume du mythique Syd Barrett, qui quittera le groupe peu après la sortie de cet album. Génie cintré, leader irresponsable, il imprime à celui-ci un esprit et un son qu'on ne retrouvera jamais par la suite : comme si le Floyd post-Barrett était un autre groupe.
Des changements harmoniques pour le moins surprenants ("Astronomy Domine", "Lucifer Sam"), une façon de chanter inimitable et une poésie terriblement personnelle font de ces compositions des espèces d'ovnis dans le monde du rock. Certaines nous entraînent vers ce que produira Barrett ultérieurement en solo sur ses deux albums hantés et magnifiques que sont "The Madcap Laughs" et "Barrett", ainsi "The Gnome" ou "Flaming". D'autres, comme "Chapter 24" et surtout "Matilda Mother", sont de petits miracles pop pleins de ruptures et de surprises, rappelant parfois les Beatles, les Who ou les Beach Boys, mais avec ce petit quelque chose en plus. La folie, peut-être.

Vous avez aimé ce disque ? Ce titre pourrait vous intéresser.
Pink Floyd - A Saucerful Of Secrets (1968)
Pink Floyd - Meddley (1971)
Pink Floyd - Dark Side of the Moon (1971)
Pink Floyd - Wish You Were Here (1975)
Pink Floyd - Animals (1977)
Pink Floyd - The Wall (1979)

Dans ce numéro de R&F nous aurions aimé lire la (les) chronique(s) de (1967) :
Alan Wilson - The Blind Owl
Amboy Dukes (The) - The Amboy Dukes
Beau Brummels (The) - Triangle
Byrds (The) - Younger Than Yesterday
Canned Heat - Rollin' And Tumblin'
Chocolate Watchband (The) - No Way Out
Country Joe & The Fish - Fixin' to Die
Country Joe & The Fish - Electric Music For The Mind & Body
Doors (The) - Strange Days
Electric Prunes (The) - Underground
Hollies (The) - Butterfly
Incredible String Band (The) - The 5000 Spirits Or The Layers Of The Onion
Jefferson Airplane - After Bathing at Baxters
Jimi Hendrix - Axis : Bold As Love
John Hammond - I Can Tell
John Mayall & the Bluesbreakers - A Hard Road
Kinks (The) - Something Else By the Kinks
Left Banke - Walk Away Renée / Pretty Ballerina
Mississippi John Hurt - The Immortal
Monkees (The) - Headquarters
Monkees (The) - Pisces Aquarius Camricorn & Jo
Monkees (The) - More Of The Monkees
Moody Blues (The) - Days Of Future Passed
Nice (The) - The Thoughts of Emerlist Davjack
Nico - Chelsea Girl
Phil Ochs - Pleasures Of The Harbor
Serpent Power (The) - Serpent Power
Strawberry Window - Strawberry Window
Ten Years After - Ten Years After (1st LP)
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le 14 juin 2006
Ce disque, qui n'a absolument rien à voir avec la deuxième partie de la carrière des Pink Floyd (celle que l'on retient et connait le plus), est l'un des plus grand disque Psychédélique de l'histoire.

La voix de Syd Barret rayonne de bonheur dans certaines chansons ("The Gnome", "Flaming") mais elle peut aussi se trouver inquiétante ("Astronomy Domine"). Cet album est un pur produit Barrett, qui sombra dans les méandres du LSD suite au succès du disque.
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le 28 juin 2015
Cette album est bon, on sent l'influence de Syd Barrett. L'album est différent de ce que vont faire les Pink Floyd à partir de 1968 avec Waters et Gilmour. Si vous aimez Syd écoutez ses albums solos (fait avec l'aide des Pink Floyd): "the madcap laughs" (1969) et "Barrett"(1970). Après Syd n'enregistrera plus. Pour compléter ce premier album, il y a la compilation "relics" avec les premiers 45 t.
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Je découvre avec étonnement, pour ne pas dire consternation, qu'aucun commentaire n'a été écrit sur cette dernière édition en date de The Piper at the Gates of Dawn. À l'heure où j'écris, on en est à 38 pour Wish You Were Here, 24 pour Animals - mais il est vrai que la comparaison a ses limites puisqu'il n'y a à peu près aucun rapport entre ce premier album et les suivants, excepté le deuxième : A Saucerful of Secrets.
Cette première formation de Pink Floyd est dominée par la personnalité de Syd Barrett, seul véritable auteur-compositeur du groupe. Cela ne veut pas dire qu'on entende un chanteur et des accompagnateurs : il y a bien une cohérence et une dynamique de groupe, les instrumentations des chansons et les morceaux sans paroles sont des créations collectives, mais l'univers de ce disque, c'est d'abord celui de Syd Barrett. Cet univers est d'abord poétique, à l'image du mouvement hippie anglais, assez différent de son homologue américain, faits de chansons écrites suivant des formes très régulières ouvrant les portes de l'imagination, à l'intense pouvoir d'évocation atmosphérique qui fonctionne dans deux sens : à la fois dépaysant et tellement ancré dans un territoire à la fois géographique (l'insulaire Angleterre, du Swingin' London avec Lucifer Sam aux mystérieux countryside de la face 2) et culturel (la filiation du romantisme anglais est toujours palpable).
Mais ce qui fait le pouvoir de facination de ce disque, c'est à dire de Syd Barrett à son meilleur, c'est la fusion entre trois entre trois aspects antinomiques : la poétique de barde dont il vient d'être question, le rôle de pionnier du rock électronique et un charme de faune épicène qui en fait un précurseur du glam rock (son influence sur Marc Bolan et David Bowie crève les yeux).
Pour moi, ce disque possède quelque chose de très rare, qu'il ne partage qu'avec quelques-uns (Are You Experienced de The Jimi Hendrix Experience, le premier Roxy Music, Ziggy Stardust de David Bowie, Unknown Pleasures de Joy Division) : à chaque fois que je l'écoute, j'ai la sensation d'une nouveauté, d'une fraîcheur qui ressemble à un jaillissement.
Les singles ne sont toujours pas ajoutés en bonus (pour cela vous pouvez choisir ce joli coffret). Si vous avez déjà la très bonne édition de 1994, il est inutile de la remplacer par celle-ci.
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le 15 janvier 2016
Les insultes vont pleuvoir je le sais. Je m'en doutais à l'instant même où j'écrirais ce billet.

Mais ce premier album de Floyd... tout simplement incapable pour mes pauvres oreilles sensibles éprises d'évolution musicale et non de régression... et c'est cela que l'on ose appeler du progressif? Les Beatles vers la fin de leur carrière faisaient du progressif. Miles Davis explorait le jazz électrique en le mêlant avec la musique progressive (ce qui donnera naissance au jazz-rock ou plus précisément jazz-fusion), King Crimson en était les précurseurs. Mais avec ce disque... où est la surprise musicale? Nulle part. On m'a pourtant vendu ce disque (dont j'avais écouté quelques extraits sans m'y intéresser quelques années auparavant) comme une tuerie à écouter et réécouter. Loin d'être dupe, je me suis dit qu'un Floyd surtout le premier ce pouvait être que du tout bon. Et bien j'avais tout faux.

Ce premier album est plat, les morceaux sont sans intérêt (même le fameux ''Astronomy Domine'' mis à part peut-être ''The gnome'' (et encore...))... je vais me repasser ''A Saucerful of Secrets'' premier album du Floyd qui représente un réel intérêt pour moi (avant ''Ummaguma'' (qui cela dit est très intéressant) et ''Atom Heart Mother'' notamment).

Mais ce Gates of Dawn est probablement le disque le plus ennuyeux du Floyd qu'il m'ait été donné d'écouter. Heureusement que Gilmour est arrivé à la rescousse par la suite!
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Un des plus grands monuments de la musique psychédélique! Attention : rien à voir avec le Pink Floyd d'après Meddle. Celui qui s'attend à cela prend une grosse claque dans les dents ! On est en 1967, mes gaillards, en plein Summer Of Love et les Pink Floyd enregistrent cet opus très influent de la scène psychédélique, dans le même studio que les Beatles ! Et il arrive dans les bacs notre Piper. Déroutant, il n'en connaît pas moins un grand succès. Déroutant comme son leader à la facilité d'écriture déconcertante et à la voix envoûtante (car les Pink Floyd, c'est lui) Syd Barrett et son fameux instrumental Interstellar Overdrive, The Scrarecrow ou The Gnome. Le Syd, c'était un visionnaire, un génie à la gueule d'ange qui s'est trop vite brûler les ailes au LSD. Le Piper est donc tantôt coloré, tantôt sombre comme un trip sous acid. Je vous conseille le tourmenté Astronomy Domine, Interstellar Overdrive, Pow R Toc H...et puis non, je vous conseille de l'écouter sans pause, mais ne vous attendez pas à du Floyd de Wish You Were Here ou autre. Rien à voir ! C'est un album culte et Barrett ne s'en est jamais relevé, c'est dire... « Je suis plein de poussières et de guitares » disait-il. Il est parti mais laissons lui la paternité entière de cet album. C'était le sien avant d'être celui des Floyd. Ah oui, j'allais oublier Pink Floyd n'a rien à voir avec Flamand Rose, mais fait référence à Pink Anderson et Floyd Council (deux grands bluesmen), qu'on se le dise une fois pour toutes !
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Ce commentaire est à destination des acheteurs potentiels ayant déjà entendu parler du groupe Pink Floyd et qui se disent "Tiens, je me lance. Je vais essayer leur premier album : vu les commentaires, il a l'air bien".

Ce qu'on ne vous dit pas assez, parce que cela va de soi certainement, c'est qu'il s'agit de musique bizarre, psychédélique, un peu à l'image d'Ummagumma, autre album où l'on sent clairement l'abus de stupéfiants.

J'ai personnellement trouvé ce disque horrible, au point de ne l'écouter qu'une seule fois avant de le revendre. Ses musiques sont aussi discordantes que l'est mon avis, au coeur du concert de louanges ici présent. Je le donne néanmoins, en misant sur la grande tolérance des puristes.
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En 1964, trois amis, George Roger Waters (guitare), Richard Wright (claviers) et Nick Mason (batterie), tous étudiants au Regent Street School Of Polytechnics, formèrent un groupe appelé Sigma 6. Ce groupe fut un flop total et ses différents successeurs (The Abdads, Screaming Abdads ou même Architectural Abdads... !) rencontrèrent le même destin jusqu'au jour où George abandonna son nom (au profit de Roger) au même titre que sa guitare pour devenir bassiste. Il décida donc de recruter deux guitaristes : Bob Close et un certain Roger Syd Barrett. Close quitta le groupe avant même que celui-ci ne devienne Pink Floyd, en référence aux grands bluesmen Pink Anderson et Floyd Council et c'est sous ce nom que les désormais quatre musiciens enregistrèrent le célèbre « Arnold Layne », narrant les aventures déjantées d'un travesti volant les vêtements de femme sur les fils à linge ! Ce titre réapparaîtra plus tard dans "Relics" et, malgré son succès, ne figurera pas sur le premier album.
L'enregistrement de "The Piper At The Gates Of Dawn" en 1967, eu lieu dans les mêmes studios où les Beatles enregistraient "Sgt Pepper". On était alors en pleine vague psychédélique mais le « Piper » allait alors très vite reléguer le « Sergent Poivre » au rang de simple comptine pour enfant trop sage ! Syd Barrett, véritable ange maudit, vole presque naturellement la direction du groupe à Roger Waters pour guider ses camarades dans une excursion musicale et sonore sans précédent. Construit comme une suite de petites histoires plus hallucinées les unes que les autres, "The Piper At The Gates Of Dawn" navigue dans un univers à la fois coloré, bigarré et chatoyant, mais tourmenté et fiévreux comme un rêve sous acide. On y rencontre, ça et là, des extra-terrestres explorateurs (« Astronomy Domine ») au cours d'un voyage interstellaire (« Interstellar Overdrive ») mais aussi un chat à la Lewis Caroll (« Lucifer Sam »), un curieux gnome à la Tolkien (« The Gnome »), un épouvantail à moineaux plus dépressif que véritablement effrayant (« Scarecrow ») le tout au cours d'une balade à bicyclette (« Bike ») prétexte à une chanson d'amour aussi inquiétante que faussement naïve.
Seul « Take Up Thy Stethoscope And Walk » (unique morceau du disque signé par Waters) dénote par sa banalité dans cet univers génial et visionnaire. Barrett ne supportera pas la pression qui suivit le succès fulgurant de ce disque et l'acide qui lui inspira cette collection de pépites le mènera doucement à la schizophrénie. Ecarté progressivement du groupe, il vit aujourd'hui reclus dans la région de Cambridge où certains lui vouent toujours un véritable culte. Waters pourra enfin reprendre son rôle de leader avant de devenir le despote que l'on sait...Pour beaucoup, Pink Floyd ne se releva pas de cette défection et sombra dans le « planant » à bas prix, facile voire même médiocre. C'est exagéré mais force est de constater que la destinée du groupe aurait certainement été toute autre sans l'impulsion créative de Barrett. "Piper At The Gates Of Dawn", déjà révolutionnaire dans sa production à l'époque, est un album culte, incomparable, génial et incontournable.
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Issu d’une scène underground londonienne en attente perpétuelle d’innovations, Pink Floyd est l’association de trois étudiants en architecture et d’un quatrième en art. C’est ce dernier (Syd Barrett) qui en est le fondateur, le moteur créatif et le principal compositeur. Son histoire a déjà été souvent racontée (une santé mentale fragile, réduite à néant par la prise à outrance de LSD) et son épilogue connu. Son parcours de martyr du rock (qui en est friand) a beaucoup joué dans le jugement et la perception de cet album par le public autant que la critique.
S’il est vrai que l’homme était doué pour la chansonnette pop à l’imagerie de contes de fées, il faut bien avouer que ses textes passent moins bien la rampe aujourd’hui qu’en 1967. Reste que les ambiances fonctionnent toujours et que les immenses qualités musicales du groupe se déroulent tout au long de ce disque en forme de voyage spatial (les sidérants et intersidéraux ASTRONOMY DOMINE et INTERSTELLAR OVERDRIVE), entrecoupé de comptines au charme enfantin (MATILDA MOTHER, THE GNOME, BIKE). Le morceau le plus rock étant ce LUCIFER SAM au riff malin. Un album considéré comme un chef-d’œuvre depuis ce temps-là, mais qu’il est permis de réévaluer avec le recul, au risque de lui trouver certains contemporains largement supérieurs (les Kinks, la même année, sortaient le merveilleux SOMETHING ELSE, entre autres). Mais le Floyd, par ses capacités à créer des ambiances de science-fiction (en 3D) - en utilisant des artifices inédits pour l'époque - allait associer son nom à celui de modernité de pointe, et son arrivée sur le marché, avec ce premier album, donnait le ton nouveau à ceux qui désiraient "Etre dans le coup". Pink Floyd ou comment passer de l'Underground à Off the Ground !
Tops : ASTRONOMY DOMINE, LUCIFER SAM, MATILDA MOTHER, INTERSTELLAR OVERDRIVE, THE SCARECROW, BIKE
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Le flamand rose se nourrit de crevettes, ce qui est bon pour sa couleur, mais doit éviter l'ergot de seigle qui est mauvais à sa santé.

Qui peut dire ce que serait devenu Pink Floyd si Barrett était resté? Avec son goût pour les comptines et un surréalisme enfantin, Syd aurait fini par nous écrire une belle comédie musico-lysergique pour la jeunesse: "See Emily Jolly Play".

Rouvrons les portes de l'aurore: pour certains le premier album du Floyd est un chef-d'oeuvre (les plus extrémistes disent même que c'est le seul!). Pour d'autres c'était une voie sans issue où Barrett se serait immanquablement pris le mur en pleine face à la fin de l'ère psychédélique.

A mon goût "The Piper At The Gates Of Dawn" a assez mal vieilli, mais il reste un jalon important dans l'histoire de la rock-music. Est-il le précurseur de ce que l'on a appelé le "Space Rock"? Comme le son ne se propage pas dans l'espace, j'ai toujours trouvé que ce terme était un non-sens et de toutes façons il y a eu les Spotnicks bien avant eux...

"Astronomy Domine" est la grande réussite de l'album, même si je goûte peu la descente chromatique du choeur de vierges effarouchées qui plombe la fin de chaque couplet. L'intro ( séquence de basse et de morse) à été reprise dans le "Radio activity" de Kraftwerk (hommage ou pompage?). On retrouve déja la propension de Nick Mason à jouer des toms et des cymbales plutôt que du triolisme Grosse caisse-caisse claire-charley.

"Lucifer Sam" est un genre de James Bondieuserie psychédélique. Syd Barrett y montre une belle énergie mais le morceau tourne un peu en rond. J'aime bien "Matilda Mother" et son intro majestueuse et incantatoire. Le morceau est un peu gâché par certains choeurs un poil chochottes. Rick Wright orientalise déjà sur son Farfisa.

"Flaming" est une petite comptine acidulée assez moche, on aurait préféré à la place "Arnold Layne" ou "See Emily Play", mais à l'époque les singles ne paraissaient pas en album (voir "Strawberry field for ever" et "Penny Lane" avec Sgt Pepper).

"Pow R.Toc H." est le premier instrumental de l'album: Rick Wright y montre son goût pour le jazz. Le début ressemble au passage central de solo de piano et de batterie du "Take Five" de Brubeck, mais ici en seulement 4/4 et techniquement assez hésitant. La suite bruitiste évoque assez bien l'atterrissage raté d'un ptéranodon géant mâle sur un lit de stalagmites.

"Take Up Thy Stethoscope And Walk" est une composition de Roger Waters. Ca commence avec un pattern de batterie digne d'un débutant (ou d'un punk, au choix). Dans le chant et les paroles, Roger cherche à singer Syd, mais n'y arrive pas. La suite n'est qu'une mauvaise jam-session sous acide style garage-Doors.

Le mythique "Interstellar Overdrive" est à mon avis très surestimé, voire surfait. On y remarque surtout la médiocrité du jeu de guitare de Syd Barrett. Le riff du début n'a rien d'exceptionnel et le morceau se transforme vite en une douloureuse séance bruitiste qui ferait sourire si c'était du Soft Machine, mais comme c'est du Floyd...

"The Gnome" démontre une nouvelle fois le talent de Barrett pour la musique enfantine (ça n'a rien de péjoratif!). Chapter 24 sent bon le patchouli, l'encens et les Indes lointaines (mais George Harrison enregistre dans le studio voisin). Moins insupportable que le "Within You, Without You" du Beatle au sitar finalement.

"The Scarecrow" (l'épouvantail) est une autre gentille mignardise acidulée et "Bike" est un joyeux foutoir à la Kurt Weil qui se conclut sur une pendeloquerie horlogère qui préfigure le gimmick de "Time" dans Dark Side Of The Moon.

Si The Piper At The Gates Of Dawn a accédé au rang de chef-d'oeuvre, c'est surtout parce que c'est le seul album avec Syd Barrett. On ne refera pas l'histoire et ce premier album reste un fourre-tout néanmoins sympathique, mais difficile à écouter sans un certain agacement dû à son manque d'homogénéité et un avant-gardisme aujourd'hui très daté.
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