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L'Octuor en fa majeur D. 803 fut commandé à Schubert en 1824 par le Comte Ferdinand Troyer (Intendant de l'Archiduc Rodolphe et excellent clarinettiste à ses heures) et s'inscrit dans le sillage des Sérénades et Divertimenti de Mozart, et plus directement du Septuor opus 20 de Beethoven, dont il reprend l'instrumentarium (quatuor à cordes, clarinette, basson et cor) complété d'un second violon, et se déploie comme lui en six mouvements qui se jouent en près d'une heure.

Cette ampleur fut jugée excessive lors de la publication des partitions en 1853, qui oblitéra les 4° et 5° parties alors que ce sont sans doute les plus délicieuses.

Heureusement, les éditions ultérieures rétablirent le format original de ce chef d'oeuvre à la fois chambriste et concertant, dont l'allegro vivace et le finale briguent un élan quasiment orchestral, qui annonce l'ultime Neuvième symphonie.

Très célèbre et apprécié de son vivant, Louis Spohr (1784-1859) fut un compositeur prolifique et un violoniste virtuose, qui légua 17 Concertos pour son instrument, ainsi qu'un nombre appréciable de pages pour formations élargies, notamment un Nonett, un Septuor, et un Octuor en mi majeur opus 32 que nous entendons ici.

L'emploi de deux altos confère au violon solo un rôle proéminent, à égal avec la clarinette, alors que les deux cors, le violoncelle et la contrebasse renforcent la tessiture grave.

L'écriture espiègle de cet opus structuré en quatre parties se manifeste dans les figures proliférantes du violon, ainsi que dans les aimables variations autour du thème du "joyeux forgeron" de Haendel (andante con variazioni), alors que les chromatismes du menuet, inquiet et élégiaque, anticipent les humeurs brahmsiennes.

L'ensemble "Wiener Oktett" fut formé en 1947 autour de Willy et Alfred Boskovsky, avec des comparses de la Philharmonie de Vienne.

Leur premier 78 tours (1948) pour Decca incluait déjà l'Octuor de Schubert, qu'ils réenregistreront quelques années plus tard pour le 33 tours, et une nouvelle fois en mars 1958, profitant de la stéréophonie.

L'Octuor de Spohr, préalablement gravé en mono, fut lui aussi réenregistré l'année suivante.

Le présent CD reproduit les moutures de 1958 et 1959.

L'interprétation se caractérise par un moelleux incomparable, une douceur de tous les instants, un charme séducteur qui n'exclue pas un certain piquant. De telles vertus ne se trouvaient à l'époque que dans la version qu'avait alors gravée pour Westminster le Konzerthausquartett, aîné fondé en 1934, lui aussi émané des rangs de la Philharmonie.

Les Amadeus & co (Deutsche Grammophon), Gidon Kremer & co (DG également), l'Academy of Ancient Music (Oiseau Lyre), Bylsma & l'Archibudelli (Sony) ont chacun à leur manière remis à l'heure les pendules de la discographie, mais rien n'est venu menacer les témoignages du Wiener Oktett.

Des témoignages datés qui portent l'âge d'une esthétique perdue, d'une tradition désormais révolue, que l'on écoutera avec la seule nostalgie d'entendre un style impérissable qui vieillit moins vite que nous.
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L'Octuor de Schubert par l'Octuor de Vienne est ici accompagné par un autre de Louis Spohr. Je ne'ai pas été passionné par cette œuvre, aussi je n'en dirai rien. D'ailleurs, je n'en ai connais aucune autre version. Je parlerai donc exclusivement de l'Octuor de Schubert.

L'Octuor de Vienne, avec exactement les mêmes interprètes, l'avait enregistré en 1954 Octets [Vienna Octet]. La stéréo a imposé ce nouvel enregistrement. Mais, sans même parler de celle-ci, la technique d'enregistrement s'était considérablement affinée en quelques petites années et, de plus, les musiciens en avaient profité pour revoir complètement leur interprétation. Les lenteurs appuyées, langoureuses et caressantes, "viennoises" à l'excès, ont été atténuées, la souplesse n'a pas disparu, mais s'est au contraire approfondie et plusieurs passages lents avaient gagné en mystère. C'est ce mystère qui contribue à rendre cette version encore actuelle. Comme concurrents, il y a bien sûr des enregistrements sur instruments anciens, mais aussi un disque rayonnant de l'Academy Chamber Ensemble Schubert -Octuor d 803, publié chez Philips.

J'entre un peu dans les détails. Le mystère nocturne de l'Allegro introductif, résultat du recueillement et d'un admirable legato, n'a été égalé par aucune des versions que je connais. Ensuite l'onctuosité viennoise n'est pas exagérée, le tempo est alerte et le discours avance, dans une atmosphère de spontanéité apparente. Le deuxième mouvement, Adagio, relativement rapide, n'évoque plus guère Vienne. Le scherzo, Allegro vivace, est vraiment plein de charme et de grâce, même si le trio est assez neutre. L'Andante qui suit ne dépasse les 11 mn qu'à cause des reprises diverses dans les variations. Il est pourtant assez rapide, mais d'une articulation admirablement légère et pleine de naturel. C'est un bonheur !

Le mouvement suivant, Menuetto-Allegretto, garde sa "bonhomie" (François-René Tranchefort) mais, pris assez vite, perd beaucoup de la mélancolie que lui accordent beaucoup d'interprétations. La surprise de l'introduction Andante molto du Finale n'est alors que plus grande. Dans son naturel, là non plus je n'en connais pas de plus mystérieuse et de plus profonde. Dans le courant de la vie, l'inquiétude ou l'angoisse succèdent sans transition à l'insouciance. C'est ainsi qu'on ressent cette introduction et plus encore dans cette interprétation. Schubert l'a placée en la faisant fonctionner comme introduction, prétexte inspiré par la prudence dans une œuvre à destination mondaine, mais bien supérieure à son modèle, le Septuor de Beethoven (on la réentend ensuite brièvement dans le cours de l'Allegro, mais dans un contexte instrumental qui éclaircit son humeur sombre). Le naturel, le legato et l'évidence de cette interprétation lui ouvrent toutes les portes de la sensibilité.
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