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4,4 sur 5 étoiles
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le 11 août 2012
Quoi de neuf sous le soleil ? Bach... les cantates... Herreweghe ? Mouais. Faut voir. En plus, en collection économique... Rien de bien neuf, dira-t-on.

Et pourtant ! Ce disque est exceptionnel à bien des égards. Petit tour d'horizon.

D'abord, le programme.

BWV 73 - Herr, wie du willt, so schicks mit mir (SEIGNEUR, dispose de moi selon ta volonté), superbe cantate (très belle version aussi, chez Gardiner période Archiv Cantates BWV 72, 73, 111 & 156).
BWV 107 - Was willst du dich betrüben (Pourquoi t’affliger), un joyau, rayon de lumière sorti du néant des origines. Cette cantate est fort peu enregistrée, de surcroît, et on se demande bien pourquoi...
BWV 105 - Herr, gehe nicht ins Gericht mit deinem Knecht (SEIGNEUR, n'entre pas en jugement avec ton serviteur) qui est peut-être la plus belle cantate composée par Bach.
BWV 131 - Aus der Tief Rufe ich, Herr, zu dir (Du fond de l’abîme je t’invoque), première cantate sacrée composée par Bach selon plusieurs auteurs, qui laisse sans voix par son intensité dramatique.

Ensuite, le Collegium Vocale du début des années 90 : extraordinaire de délié et de raffinement. La sensibilité de Barbara Schlick, le hautbois de Marcel Ponseele, la classe de Peter Kooij. Rien ne manque. Tout frise l'essentiel. Tout est ciselé, précis, doux. En un mot, spirituel.

Pour finir, le prix. Dérisoire est un mot faible si on le rapporte à la qualité du contenu : l'ensemble est moins cher qu'une place de cinéma pour des heures de bonheur.

Alors, que dire ?

Certes, la qualité d'enregistrement n'est pas toujours au top, si on la compare aux derniers enregistrements BIS ou Alpha.
Certes, il n'y a pas le texte des cantates dans le livret (mais vous pouvez le trouver aisément sur bach-cantatas).
Certes BWV 105 est plus belle chez un Suzuki (vol. 10), en pleine crise de mysticisme (une fois n'est pas coutume) : Cantatas-Vol. 10.

Mais tout cela ne compte guère : voilà une lecture exceptionnelle à laquelle on revient souvent, sans même s'en rendre compte. Je conseille particulièrement ce disque à tout curieux un peu désargenté (ou pas) qui souhaite aborder les cantates.

Œuvrez pour le bien commun : écoutez Bach !
11 commentaire| 37 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 4 juillet 2014
N'étant pas musicologue ni critique de disque, je me contenterai de dire que vu le prix de cet album et le plaisir qu'il procure au coeur et aux oreilles, c'est vraiment cadeau ! Subsidiairement, après avoir lu les commentaires présents sur ce site, je me réjouis d'avoir fait confiance à mon détecteur de mauvaise foi.
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le 10 janvier 2014
Le point fort de ce double album, c'est bien sur le choeur et, en général, la direction claire et précise d'Herreweghe. Les chanteurs sont également très bons, en particulier les voix de femme. Je garde une petite réserve sur la voix de Richard Lesne qui manque un peu de chaleur. C'est très dommage de ne pas avoir le texte des cantates -puisque c'est au coeur de l'esprit de JS Bach de lier parole et musique- mais le livret donne un lien pour les télécharger.
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Je ne suis pas un passionné des querelles d’intégristes baroqueux. Est-ce que l’on trahit réellement la pansée et la musicalité de Bach en employant un hautbois moderne en lieu et place d’un hautbois baroque dans telle ou telle sinfonia ou telle ou telle aria ? Sincèrement, je ne le pense pas. Plus important me paraît la réflexion sur l’épaisseur du son, à savoir le nombre de choristes et de cordes. Je dirai que cette version de Philippe Herreweghe pour ces cinq cantates me paraît parfaitement limpide, bien équilibrée et non empesée, faisant montre d’une sensibilité certaine mais loin de la sensiblerie ou de l’exhibitionnisme. Pour moi, c’est une excellente version qui, jointe à la haute musicalité de ces cantates, vaut ces 5 étoiles.

Brich dem Hungrigen dein Brot BWV 39

Brich dem Hungrigen dein Brot (Partage ton pain avec celui qui a faim) (BWV 39), a été composée à Leipzig en 1726. Bach a écrit cette cantate pour le premier dimanche après la Trinité qui tombait cette année le 23 juin, date de la première interprétation

Le thème de la cantate est de partager les dons de Dieu avec les nécessiteux et d'être reconnaissant, ce qui s'exprime dans le premier mouvement par les paroles tirées de l'Ancien testament, Isaïe 58:7-8 et dans le quatrième mouvement par des paroles du Nouveau Testament, Épître aux Hébreux 13:16. Le thème du choral est Freu dich sehr, o meine Seele, codifié par Louis Bourgeois quand il a inséré le psaume 42 de Genève dans sa collection « Pseaumes octante trios de David » (Genève, 1551). Bourgeois semble avoir été influencé par la chanson profane Ne l’oseray je dire contenue dans le « Manuscrit de Bayeux » publié vers 1510.

La cantate est écrite pour deux flûtes à bec, deux hautbois, deux violons, alto et basse continue, avec trois voix solistes (soprano, alto, basse) et chœur à quatre voix. Les flûtes à bec décrivent l'humilité et la faim.
Il y a sept mouvements en deux parties; les mouvements 1 à 3 doivent être joués avant le sermon, les autres après :
1. chœur : Brich dem Hungrigen dein Brot
2. récitatif (basse) : Der reiche Gott
3. aria (alt) : Seinem Schöpfer noch auf Erden
4. (basse) : Wohlzutun und mitzuteilen vergesset nicht
5. aria (soprano) : Höchster, was ich habe
6. récitatif (alto) : Wie soll ich dir, o Herr
7. choral : Selig sind, die aus Erbarmen

La cantate fait partie du troisième cycle annuel de cantates de Leipzig. Elle est symétriquement centrée autour du quatrième mouvement. Les mouvements 1 et 7 sont des chorals, les mouvements 2 et 6 des récitatifs, les mouvements 3 et 5 des arias, chacune en deux sections mais aucune sous la forme da capo.

Le chœur d'ouverture suit le texte en une architecture complexe en trois sections, la première et la troisième d'entre elles étant elles-mêmes divisées en trois parties. Seth Lachterman l'explique en détail : Le texte de ce mouvement est une paraphrase de Isaïe 58:7-8 dans laquelle le don de nourriture, d'un abri et de vêtements aux nécessiteux est considéré comme un acte de charité divine. Ce long et complexe mouvement est distribué en deux sections principales séparées par un court passage de transition. La première section, elle-même divisée en trois sous-sections (A-B-A’), dépeint littéralement la distribution du pain aux affamés en “distribuant” des accords staccato aux différentes forces musicales (flûtes à bec, hautbois, puis les cordes). Les « misérables » se reconnaissent dans les plaintes harmoniques chromatiques descendantes qui contrastent avec les régulières ponctuations de la distribution de la nourriture. Après cette exposition, Bach engage le même texte dans une organisation fuguée entièrement différente (B) avec le même motif de distribution staccato en toile de fond. Une récapitulation (A') reprenant le matériel d'ouverture conclut cette première section.

Après un court passage de transition, la deuxième section principale - musicalement et métriquement distincte de ce qui a été entendu jusqu'à présent - consiste en deux fugues utilisant presque les mêmes sujets mais adaptées à des textes différents. L'arrangement de textes différents sur la même musique équilibre l'arrangement d'une musique différente sur les mêmes textes présenté auparavant, et indique plus avant la façon dont un thème jusqu'alors contraint peut être délié et redistribué.

Le quatrième mouvement est chanté par une basse, la Vox Christi, comme si Jésus disait lui-même les mots que Paul écrivit aux Hébreux. Le style est typique du traitement de Bach pour ce genre d'exercice, entre arioso et aria.

Herr, wie du willt, so schicks mit mir BWV 73

Herr, wie du willt, so schick's mit mir (Seigneur, dispose de moi selon ta volonté), (BWV 73), a été composée à Leipzig en 1724 à l'occasion du troisième dimanche après l'Épiphanie et la dirigea le 23 janvier 1724.

Le thème en est la guérison du lépreux. Le poète inconnu prend les paroles du lépreux, Herr, wenn du willst, kannst du mich reinigen pour point de départ et recommande son attitude de confiance lorsqu'il s'agit d'affronter la mort. Dans le premier mouvement il met en opposition les paroles du choral de Kaspar Bienemann Herr, wie du willst, so schick's mit mir avec trois récitatifs. Le troisième mouvement paraphrase Jérémie 17:9. Les paroles du quatrième mouvement sont elles du lépreux tirées de l'Évangile. Le choral final est la dernière strophe du choral de Ludwig Helmbold, Von Gott will ich nicht lassen.

La cantate est écrite pour cor d'harmonie (remplacé par l'orgue dans la version révisée), deux hautbois, deux violons, alto, basse continue, avec trois voix solistes (soprano, ténor, basse) et chœur à quatre voix.

Il y a cinq mouvements :
1. choral et récitatif (ténor, basse, soprano) : Herr, wie du willst, so schick's mit mir
2. aria (ténor) : Ach senke doch den Geist der Freuden
3. récitatif (basse) : Ach, unser Wille bleibt verkehrt,
4. aria (basse) : Herr, so du willst
5. choral : Das ist des Vaters Wille

Le chœur d'introduction est basé sur la première strophe du choral Herr, wie du willst, so schick's mit mir, qui est développée par des récitatifs des trois voix solo. Le cor d'harmonie introduit un motif de quatre notes sur les mots Herr, wie du willst qui est répété durant tout le mouvement.

Les récitatifs des trois solistes sont accompagnés par les hautbois avec des éléments de la ritournelle, pendant que le cor et les cordes entretiennent le motif. Dans la dernière reprise de la ritournelle, le chœur l'entonne et la répète dans une cadence finale.

Dans le troisième mouvement, la volonté des hommes est décrite comme étant contradictoire, « bald trotzig, bald verzagt » (tantôt défiante, tantôt accablée), ce qu'illustre la mélodie dans une aspiration ascendante suivie d'une rapide descente. Le quatrième mouvement débute immédiatement, sans ritournelle. Comme dans le premier mouvement, un motif sur Herr, so du willst ouvre ce mouvement et est répété en variations libres tout du long, se terminant en coda. Ce motif est le début de la célèbre aria Bist du bei mir, des Clavier-Büchlein d'Anna Magdalena Bach, livres de pièces pour clavier, longtemps attribués à Bach, mais écrits en fait par Gottfried Heinrich Stölzel
.
Le choral final est arrangé en quatre sections.

Herr, gehe nicht ins Gericht mit deinem Knecht BWV 105

Herr, gehe nicht ins Gericht mit deinem Knecht (Seigneur, n’entre pas en jugement avec ton serviteur), (BWV 105), est une cantate religieuse de Johann Sebastian Bach composée à Leipzig en 1723. Bach écrivit cette cantate du premier cycle annuel de Leipzig à l'occasion du neuvième dimanche après la Trinité et la dirigea le 25 juillet 1723 dans une des deux principales églises de la ville.

Les premiers vers de la cantate, repris par un poète inconnu, proviennent du psaume 143, une prière de repentance de David. L'aria de soprano ultérieure montre que le salut du péché n'est pas encore en vue.

Le texte de cette aria est suivi d'un passage de l'épître de Paul aux Romains, où il est question d'aller en justice ou de se pardonner mutuellement Rom. 2: 15. Ce n'est que dans le second récitatif qui renvoie à une lettre de l'apôtre Paul aux Col. 2.13 à 14, qu'il est question du pardon des péchés. L'aria pour ténor qui suit met un terme aux considérations relatives au commerce Luc. 16.9. L'avant-dernière strophe de l'hymne Jesu, der du meine Seele de Johann Rist (1641) indique la fin de la détresse morale.

Les trois premiers mouvements n'ont aucun rapport avec l'Évangile mais le thème de la cantate est dérivé de l'Évangile : Puisque l'humanité ne peut s'opposer au jugement de Dieu, elle devrait renoncer aux plaisirs mondains et aux richesses injustement acquises pour la seule amitié de Jésus, car sa mort a racheté la culpabilité de l'humanité, permettant l'éternelle béatitude.

La cantate est écrite pour quatre solistes (soprano, alto, ténor, basse) et chœur à quatre voix avec cor d'harmonie, deux hautbois, deux violons, alto et basse continue.
Il y a six mouvements :
1. chœur : Herr, gehe nicht ins Gericht
2. récitatif (alto) : Mein Gott, verwirf ich nicht
3. aria (soprano, hautbois et cordes sans continuo) : Wie zittern und wanken, der Sünder Gedanken
4. récitatif (basse, cordes) : Wohl aber dem, der seinen Bürgen weiß
5. aria (ténor, cor, cordes) : Kann ich nur Jesum mir zum Freunde machen
6. choral : Nun, ich weiß, du wirst mir stillen

La cantate s'ouvre avec un sombre prélude orchestral d'une complexe harmonie (adagio), avec des modulations chromatiques torturées, des septièmes suspendues et un motif soupirant et lugubre des violons et des hautbois. Bach a déjà utilisé le chromatisme en d'autres occasions comme un efficace moyen d'illustrer la crucifixion, par exemple la section de la crucifixion dans le Crédo de la Messe en si mineur et dans la dernière strophe « trug uns'rer Sünden schwere Bürd' wohl an dem Kreuze lange » dans le prélude choral O Mensch, bewein dein Sünde groß BWV 622 du petit livre d'orgue.

Le chœur entre indépendamment dans un motet de style polyphonique sur cette riche texture orchestrale. Suit une mesurée permutation de fugue (allegro), originellement conçue pour les seuls chanteurs concertants et le continuo mais reprise ensuite par tout le chœur ripieno doublé par l'orchestre. Le court mais expressif récitatif est suivi d'une des plus originales et marquantes arias de Bach (Wie zittern und wanken der Sünder Gedanken), exprimant en termes musicaux l'angoisse et le désespoir sans fin du pécheur. Sur un fond de tremolos répétés dans les cordes du haut, le hautbois obligé puis la soprano tissent deux lignes mélodiques richement ornées mais tortueuses, leurs mélismes et dérangeantes dissonances représentant l'âme troublée.

L'ambiance devient plus imprégnée d'espoir dans le récitatif accompagné pour la basse qui suit, le mouvement doux et harmonieux des cordes inspirant le sentiment de sécurité et de confiance qui mène à une aria extatique et animée pour ténor, cor d'harmonie et cordes, semblable à un concerto avec de rapides passages des premiers violons. Le motif en trémolos des cordes revient dans le choral final. Avec chaque stance successive, le trémolo ralentit progressivement faisant écho à l'apaisement de l'homme après concertation avec son créateur et mettant un terme à ce que le musicologue Alfred Dürr décrit comme « une des plus sublimes descriptions de l'âme dans l'art baroque et chrétien ».

Was willst du dich betrüben BWV 107

Was willst du dich betrüben (Pourquoi veux-tu t’affliger ?) (BWV 107) a été composée à Leipzig en 1724. C’est la la septième de son deuxième cycle annuel, pour le septième dimanche après la Trinité Bach la dirigea le 23 juillet 1724.

La cantate est basée sur le texte inchangé du choral en sept strophes Was willst du dich betrüben (1630) de Johann Heermann qui se concentre sur la confiance en Dieu, même en face d'adversaires, y compris le diable2. La confiance en Dieu est aussi un thème de l'Évangile. Le fait que le texte ne soit pas modifié dans les mouvements centraux mais gardés « per omnes versus » est inhabituel pour une cantate chorale du deuxième cycle.

Les mouvements du milieu sont cependant composés d'un récitatif et de quatre arias ce qui était déjà un traitement « à l'ancienne » du temps de Bach. Il avait déjà ainsi procédé beaucoup plus tôt dans Christ lag in Todes Banden, BWV 4 (1707) et plus tard comme dans Gelobet sei der Herr, mein Gott, BWV 129 (1726), bien que cela ne se soit pas reproduit dans le deuxième cycle.

Le choral provient d'une collection que Heermann publia en 1630 sous le titre « Devoti musica cordis » qui comprenait également Herzliebster Jesu, was hast du verbrochen (en), le premier choral de la Passion selon saint Matthieu de Bach. Ces chants étaient les premiers à mettre en pratique les recommandations de Martin Opitz sur l'usage de thèmes religieux dans la poésie allemande.

La cantate est écrite pour trois solistes (soprano, ténor, basse), un chœur à quatre voix, cor da caccia, deux flûtes traversières, deux hautbois d'amour, deux violons, alto et basse continue1.
1. chœur : Was willst du dich betrüben
2. récitatif (basse) : Denn Gott verlässet keinen
3. aria (basse) : Auf ihn magst du es wagen
4. aria (ténor) : Wenn auch gleich aus der Höllen
5. aria (soprano) : Er richts zu seinen Ehren
6. aria (ténor) : Drum ich mich ihm ergebe
7. choral : Herr, gib, daß ich dein Ehre

Le chœur d'ouverture est une fantaisie chorale avec la partie vocale insérée dans un concerto instrumental indépendant. Le cantus firmus, sur la mélodie de Von Gott will ich nicht lassen5, est rendu en longues notes partiellement embellies de la soprano et du cor tandis que les voix plus basses sont écrites en homophonie. Les vers du choral ne sont pas restitués séparément mais, accentuant la « forme mesure » (Bar form (en)) du texte, les 1e et 2e vont de pair ainsi que les 3e et 4e, le 5e est seul et les 6e et 8e vont de pair. La partition est riche en bois.

L'unique récitatif, accompagné des hautbois d'amour, expose un mélisme étendu sur le mot « Freuden » et culmine en un arioso dans le dernier vers avec un mélisme sur « retten » (secourir). Les quatre strophes suivantes sont composées sous forme d'arias, non pas l'Aria da capo typique, mais essentiellement en deux parties du fait de la « forme mesure » du poème1. Bach réalise des variations en changeant les voix, la tonalité et le tempo. Il varie également les modes, alternant les tonalités majeure et mineure, exprimant ainsi des affects différents..

La première aria décrit une scène de chasse pour basse et cordes. La deuxième aria pour ténor et continuo commence avec des mots forts sur Satan en tant qu'ennemi : « Wenn auch gleich aus der Höllen / der Satan wollte sich / dir selbst entgegenstellen / und toben wider dich ». Gardiner parle de cette musique comme « un vif portrait de Satan et de ses ruses, décrit avec une délectation typiquement luthérienne ». Le rythme alterne entre 6/8 et 3/4 d'une mesure à l'autre mais le changement est irrégulier et imprévisible. La ligne de basse (marquée « organo e continuo ») animée et anguleuse de façon extravagante est comparée par Albert Schweitzer aux contorsions d'une énorme dragon.

La troisième aria pour soprano et les deux hautbois d'amour commence avec une version embellie de la mélodie du choral et le dernier vers cite exactement cette mélodie sur les mots « was Gott will, das geschicht ». La quatrième aria est écrite pour ténor, les flûtes à l'unisson et un violon en sourdine.

Le choral de clôture est disposé en quatre parties pour les voix mais inséré dans un riche concerto instrumental sicilien. Les vers du choral sont groupés comme dans la première strophe, mettant de nouveau en valeur le cinquième vers, « O Vater, Sohn und Geist » (Oh Père, Fils et Esprit) comme une doxologie miniature.

Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir BWV 131

Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir (Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur), (BWV 131), est une cantate religieuse de Johann Sebastian Bach composée à Mühlhausen en 1707. C’est donc la seule du CD à ne pas appartenir aux cycles composés à Leipzig.

Le texte ne contient pas de poésie libre mais est tiré du Psaume 130 (129) et des versets 2 et 5 du choral « Herr Jesu Christ, du höchstes Gut » de Bartholomäus Ringwaldt (1588). Ces deux textes sont des suppliques pour le pardon des péchés. On en a donc inféré que Bach a écrit cette cantate comme une actions de grâces, peut-être en relation avec un incendie qui détruisit une grande partie du centre ville de Mülhausen peu avant son arrivée dans la ville. Quoi qu'il en soit, aucune documentation d'époque ne mentionne ce service. Il n'est pas exclu qu'il s'agisse d'une composition pour des funérailles comme dans le cas de l'« Actus Tragicus » (BWV 106).
Cette cantate est l'une des toutes premières que Bach ait écrites, sinon la première.

Une note manuscrite du compositeur indique que l’œuvre a été commissionnée en 1707 ou 1708 durant son séjour à Mühlhausen par Georg Christian Eilmar, pasteur de la Marienkirche. Albert Schweitzer écrit dans sa biographie « Johann Sebastian Bach » que ce pasteur doit avoir été « un grand admirateur de la musique religieuse et un ami personnel de Bach ». Le fait que Bach ne travaillait pas dans cette église fait penser aux spécialistes que le commanditaire de Bach n'était pas intéressé par le travail du jeune organiste.
Le style et l'étendue de la composition suggèrent une origine en 1707, c'est-à-dire au début du séjour de Bach à Muhlhausen.

La cantate est écrite pour violon, hautbois, basson, deux altos et basse continue avec quatre solistes (soprano, contralto, ténor, basse), chœur à quatre voix.

Il y a cinq mouvements :
1. chœur : Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir
2. arioso et choral (basse, soprano) : So du willst, Herr, Sünde zurechnen, Herr
3. chœur : Ich harre des Herrn, meine Seele harret
4. aria et choral (ténor, contralto) : Meine Seele wartet auf den Herrn von einer Morgenwache
5. choral : Israel hoffe auf den Herrn

Dans la ligne mélodique qui forme le début, un madrigalisme traduit l'idée de profondeur du texte « Des profondeurs »… :
D'un point de vue formel, la cantate montre de nombreuses similarités avec la cantate Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (BWV 106) composée peu auparavant. Comme d'habitude dans les premières cantates de Bach il n'y a ni récitatif ni da capo, les phrases se fondent les unes dans les autres avec des tempos contrastés. La séquence suivante montre une structure symétrique :
• sinfonia/tutti (adagio–vivace)
• solo (basse) avec choral et Cantus firmus à la soprano (andante)
• tutti (adagio–largo–adagio)
• solo (ténor) avec choral et Cantus firmus à l'alto (lento)
• tutti (adagio–un poc' allegro–adagio–allegro–adagio)

La thématique du deuil et de la supplication est décrite de façon expressive par les instruments et le chant . L'ouvrage révèle déjà la grande maîtrise du jeune compositeur.
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le 15 octobre 2013
Herreweghe est pour moi un musicien de tout premier plan.
Et ce disque est comme d'habitude à la hauteur (je ne dis pas parfait, mais tout simplement incontournable quand on aime les oeuvres de Bach) quels que soient les mérites d'autres approches.
Et une très bonne affaire en termes de qualité-prix, quand on n'a pas, comme moi, acheté ces enregistrements à l'époque de leur sortie (il faut bien faire des choix quand on a des moyens limités etqu'on ne pirate pas) .
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Jean Sebastien Bach (1685-1750) Cantates BWV 39, 73, 93, 105, 107, 131/Philippe Herreweghe /2CD
La cantate d’église forme le cœur de la musique vocale de Bach qui en a composé près de 300 dont une partie a été perdue au cours des siècles.
C’est à Leipzig que furent interprétées ces cantates pour la plupart.
Dès l’âge de 22 ans Bach tint les orgues de la Blasiuskirche de Leipzig. C’est à cette époque (1707) qu’il composa la cantate BWV 131 qui était chantée le jour de Pâques. C’est une des plus célèbres.
La cantate BWV 73 par contre est une œuvre de la maturité qui fut jouée la première fois en 1724. Il en est de même pour la cantate BWV105 et 39, cette dernière créée en 1732.
Un coffret en tout point remarquable, la direction de Philippe Herreweghe étant une garantie.
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le 26 décembre 2016
Les voix sont belles mais la lecture de direction est sans construction, c'est lourd, instable avec un phrasé maniéré et à la limite du "mauvais gout " Un plédoyé contre les mauvais "baroqueux "
Cherchez une autre version....je n'ai pas réussi à l'écouter jusqu'au bout et ne sera plus jamais inséré dans ma platine !
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le 19 janvier 2014
N'hesitez pas! Ca fera la joie des fans de Bach !C'est l'un des meilleurs albums de cantates de Bach, à mon avis. La deuxieme cantate du CD est magique. Ecoutez les instruments accompagnant le chant. Magique, intemporel, sans frontiere!
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le 3 juillet 2015
UN double album plutot agréable a écouter mais pas dénué de défauts . Certains passages restent assez routiniers , et on trouvera plus de ferveur chez d autres interpretes , suzuki et gardiner notamment beaucoup moins " austères " avec des plateaux vocaux souvent supérieurs , ou chez Rifkin pour la 131 par exemple . L engagement du Collégium n 'est pas a remettre en question . De plus , je reste malgré tout trés attaché aux interpretations pré baroqueuses de Richter qui ont des qualités que je ne retrouve pas ici . j ' écoute ce disque néanmoins avec beaucoup de plaisir , il y a une plénitude que j apprécie , du moins une bonne demi heure d 'affilé ....Et puis quand on apprécie les cantates de Bach , il faut selon moi passer un peu par herreweghe , qui nous offre , sinon une perfection constante , au moins une atmosphère qui n appartient qu ' a lui .
Pas un sommet , mais a connaitre
chercher les cantates enregistrées pour Harmonia mundi avec la chapelle Royale....
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le 25 mars 2014
Comment n'ai-je pas déjà écrit: FORMIDABLE!!! dès réception de ce C D??? Je n'en reviens pas! quel manque de reconnaissance!
En effet, un CD à garder sur soi, quelques soient les circonstances!! merci!
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