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Camille Saint-Saëns, "Les Cinq Symphonies", Orchestre National de l'ORTF, Jean Martinon, 1975, 2CD EMI 2003, notice français, anglais et allemand.

Contrairement à une légende tenace, la France a produit des symphonistes : César Franck, Saint-Saëns, Vincent d'Indy, Charles Tournemire, le grand oublié (huit symphonies)*, Alberich Magnard, Albert Roussel, Paul Le Flem ( chacun quatre symphonies et pas des moindres), sans oublier le grand négligé qu'est Maurice Emmanuel.

J'avoue qu'à la première écoute de cette intégrale des symphonies de Camille Saint-Saëns, j'ai ressenti une déception semblable à celle exprimée par une commentatrice : à part la célébrissime 3ème ou 5ème (cela dépend comment on les compte, puisqu'il y en a bel et bien 5, mais trois d'officiellement numérotées), rien qui ne me semblait mériter une grande attention : oeuvres agréables, mais de peu poids, entre redondances et joliesses, dont l'académisme touchait au conventionnel. Rien d'étonnant d'ailleurs puisque les quatre premières symphonies furent composées par Saint-Saëns entre sa 15ème et 24ème année. Seule la symphonie avec orgue date de sa pleine maturité.
Et puis, -mea culpa !- j'ai pris la peine d'écouter; pas d'entendre, d'être à l'écoute ! Comme on prend la peine de lire ! Comme on s'arrête un peu plus longuement devant un tableau, pour "voir" ce qu'il aurait à nous dire au-delà de son apparence... Et cela ne demande aucun effort, simplement de la disponibilité. Alors là oui ! Saint-Saëns m'a parlé, suivant cette détestable expression de psy amateur, mais que j'emploie à dessein, car elle exprime ma sensation. Je l'ai entendu, parce que j'écoutais ce qu'il avait à me dire. Oh, pas dupe ! J'ai entendu la musique d'un jeune musicien doué, surdoué même, maîtrisant déjà étonnamment son métier, mais rien qui rivalise avec Beethoven, ou Brahms; non,mais de la belle ouvrage, bien française, claire, fraîche, enjouée quelquefois, solennelle souvent, aimant à s'ouvrir sur de larges horizons... C'est déjà pas mal!

Et j'ai vu en Camille Saint-Saëns, une sorte d'Anatole France de la musique. Ce genre de comparaisons ou plutôt d'assimilations valent ce qu'elles valent, je le sais, pas grand chose dans l'absolu, mais elles permettent de mettre l'artiste dans une autre perspective tout en le conservant dans son époque; ces presque parfaits contemporains, Saint-Saëns (1835-1921) et Anatole France (1844-1924), aussi célèbres et honorés de leur vivant qu'on peut l'être, ayant eu droit tous deux, si je ne me trompe, à des funérailles nationales, ne furent pas des génies; ils n'ont pas bouleversé l'histoire de l'art, ni même ne l'ont enrichi extrêmement, et il semble qu'on pourrait se passer d'eux. Mais, une fois qu'on les connait, ces artistes, moins corsetés qu'on ne le croit par leur art suranné, touchent à l'esprit et au coeur, deviennent des intimes, sortes de compagnons de route; on voit en eux les fleurons, les derniers fleurons d'une esthétique, d'une culture qui après eux se perdra définitivement. Sans doute devait-elle se perdre, de par la loi de la "place au jeune!", du "faites du neuf!", du " C'est ça ! Plus de pères, rien que des fils !" comme Saint-Saëns lui-même le lança à un de ses élèves qui déclarait : "Nous ne voulons plus de maîtres !" Ce qui arriva d'ailleurs. Il n'y eut plus, il n'y a plus, de maîtres, et personne ne sait plus où est l'Art, cet Art auquel on donnait la majuscule majestative !

Alors ayons-leur de la gratitude -c'est mon cas- d'avoir tenu le flambeau de la tradition (comme le délicieux Delibes, comme Gérôme en peinture, Girault en architecture, Antonin Mercié en sculpture... entre tant d'autres), jusqu'au raz-de-marée final, inévitable, juste et profitable, sans aucune doute, mais provisoire aussi, puisque les "artistes pompiers" retrouvent leur place dans l'histoire de la musique, de la peinture, de l'architecture, de la sculpture, après des décennies de condescendance, pas au premier rang, puisque ce n'est pas le leur... Mais que serait l'histoire de l'Art sans les petits ou moyens maîtres?

Donc, si vous ne connaissez pas les quatre premières symphonies de Saint-Saëns, prenez la peine de découvrir le beau métier d'un jeune artisan de haut mérite qui fait honneur à l'art français, à son goût autant qu'à son besoin de clarté, de fraîcheur, d'élégance, de flamme... et d'esprit, un art magnifiquement servi par Jean Martinon et l'Orchestre de l'ORTF.

* On trouve encore quelques unes des symphonies de Tournemire enregistrées, magistralement d'ailleurs, par Antonio de Alméida dans la collection "Naxos Patrimoine" (évitez les versions de Pierre Bartholomée chez Valois, tellement sages et propres qu'elles en deviennent insipides). On trouve dans la même collection Naxos, Le Flem, Emmanuel, Aubert, Roger-Ducasse et bien d'autres négligés.
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...dont la n°3 reste la plus populaire et la plus abondamment enregistrée. Mais sa contribution au genre fut plus vaste, et très précoce : outre des pages inachevées ou fragmentaires, on lui en accorde cinq. Les quatre premières écrites avant ses trente-cinq ans. Après un silence d'un quart de siècle viendra celle « avec orgue », chronologiquement la cinquième.
En 1973, une thèse de Daniel Martin Fallon, docteur de l'Université d'Indiana, a analysé cette production.
Plus récemment, Sabrina Teller Ratner l'a exhaustivement recensée (Oxford university Press, New York 2002) et prête désormais son patronyme pour l'indexage des oeuvres du compositeur.
Rédigée à quinze ans, la Symphonie en la majeur (Ratner 159) répond à une structure et un style classiques où s'assimile l'héritage de Haydn, Schubert et Mozart. Rien de très personnel mais un talent de synthèse par celui « qui sait le mieux la musique du monde entier » selon une perméable érudition que raillaient ces mots de Debussy.
L'Allegro initial, le Scherzo pourraient sortir de la plume d'un jeune Beethoven un peu frivole. Dans l'Andantino, on observera en revanche le sensible pathos de la seconde section, en mineur, entre les mesures 47 et 87, (2'14-4'10).
Cet opus ne fut jamais joué avant 1974, quand Jean Martinon le fit transcrire en partition d'après le manuscrit, le révéla au concert et l'enregistra pour Emi (18-23 septembre, salle Wagram).

Lors de la même session fut captée la Symphonie "Urbs Roma", qui venait aussi d'être éditée la même année 1974 car Saint-Saëns la désavoua -quoiqu'elle fut couronnée du premier prix d'un concours organisé par la Société sainte Cécile de Bordeaux où elle avait été jouée en juin 1857.
L'on ne dispose d'aucun programme ou intention descriptive qui expliquerait ce titre pittoresque (« la ville de Rome »), ce qui n'empêche pas d'imaginer quelques correspondances picturales.
On remarquera la noblesse un rien nonchalante du thème de cors qui féconde le Largo introductif, comme une architecture antique qui vous sourit dans un soleil d'aurore.
Scandé à 2/2 (alla breve), le Scherzo en la mineur convoque quelque cortège bachique, avec des trilles qui résonnent comme l'agitation des tambourins autour du dieu de la vigne.
Le Moderato assaï serioso défile comme une lente procession endeuillée. Un souvenir de la Marcia funebre de "L'Eroïca" ? Une lugubre méditation sur la gloire passée de la cité éternelle ? La sombre tonalité de fa mineur s'éclaire d'une brève modulation en majeur, qu'immisce la clarinette à la mesure 59 (3'09-).
En guise d'apothéose ? Saint-Saëns nous étonne par un Finale à variations, qui nous plonge incongrument dans un univers de ballet élégant et serein. On notera le dynamisme de la quatrième variation (mesure 155, 4'44-) qui bondit en rythmes pointés.
Près de trois quarts d'heure : une oeuvre majestueuse mais un peu longuette, qui se soupçonne parfois d'académisme et aurait pu faire l'économie de quelques tournures banales.

Datant de juin-juillet 1853, la n°1 s'inaugura le dimanche 18 décembre face au public parisien, sous couvert d'anonymat : on la présenta comme celle d'un compositeur allemand.
Sa tonalité, sa facture, son caractère héroïco-légendaire peuvent rappeler la "Rhénane" de Schumann. L'instrumentation élargie requiert un piccolo, un cor anglais, une clarinette basse, deux cornets, cymbales et quatre harpes.
Allegro véhément, Allegretto mélodieux et subtil. Puis un Adagio langoureux et passionné (hommage à la Scène d'amour de "Roméo et Juliette" de Berlioz ?) -Martinon en maîtrise ici la frémissante sensualité.
Structuré en marche & fugue, le Finale peut sembler pompeux, trop cuivré. « Bruyant, réactionnaire » selon un critique de l'époque (Paul Scudo dans la Revue des deux mondes) qui salua en tout cas l'inspiration des deux mouvements centraux.
Tout comme Charles Gounod qui félicita chaleureusement le jeune auteur de dix-sept ans.

Fluide, svelte, incisive, concise : la Symphonie n°2 (Ratner 164) courtise l'esprit mendelssohnien. Elle commence en la mineur, pour s'achever en la majeur : inversant donc le schéma tonal de "L'Italienne" avec laquelle elle partage pourtant quelques similitudes de langage et d'entrain. Notamment le sautillant Finale, qui peut rappeler la saltarelle conclusive de sa cousine allemande. Un critique d'alors, Julien Tiersot, estima qu'elle se retourne un peu trop vers le passé et affecte une préférence pour les formes scolaires.

Dédiée à Franz Liszt, commandée par la Société Royale Philharmonique de Londres : la Symphonie n°3 y fut créée le 19 mai 1886 et reçut un fervent accueil. Sauf l'emphatique Finale qui lui vaut pourtant aujourd'hui encore une bonne part de son succès. Saint-Saëns la considérait comme un chef d'oeuvre et abandonna le genre symphonique pendant les trois décennies qu'il lui restait à vivre.
Captée le 09-10 janvier 1975 en l'église Saint-Louis des invalides, cet enregistrement concluait l'exemplaire intégrale gravée par Jean Martinon.
En tant que cycle complet, elle reste un modèle et ne rencontra qu'une seule concurrence : Georges Prêtre avec le Wiener Symphoniker pour les micros d'Erato. Warner ferait bien de rééditer cette alternative !
Le chef « dirige de splendides exécutions du cycle complet, bien préparées et vivantes » selon le Penguin Guide. Il privilégie la légèreté, laisse fleurir l'invention mélodique qui anime les idées les plus quelconques. Il fait sentir les multiples influences germaniques sans alourdir la trame instrumentale, que l'orchestre de l'ORTF aère avec clarté et une recherche de la couleur juste.
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Il est heureux de voir une parution consacrée à l'art de chef d'orchestre de Jean Martinon qui toute sa vie fut un défenseur dans le monde entier de la musique française. Prisonnier pendant la guerre, il compose au Stalag IX A les oeuvres qui vont le rendre célèbre. A savoir : le Psaume CXXXVI ou Chant des Captifs qui obtint le prix de la ville de Paris en 1943 sous l'occupation allemande.
Cette intégrale des symphonies de Saint Saëns est intéressante à plus d'un titre. En effet, la "star", la symphonie numéro 3 avec orgue est bien sur un des moments forts de ce double CD, et malgré la concurrence pléthorique au disque connait ici une version majeure.Cette Troisième Symphonie marque l'apogée du genre : elle constitue le point de liaison entre la Symphonie fantastique de Berlioz (1830) et la Symphonie Turangalîla de Messiaen pour les critiques.
Véritable prouesse technique faisant dialoguer l'orgue, l'orchestre et le piano, ce colosse musical créé en 1886 connut un succès phénoménal dès sa création en 1886 et est un hommage à la grandeur et à l'esprit de l'Eglise catholique. Le dernier mouvement est d'ailleurs une gigantesque fugue triomphale où les trompettes se mêlent à l'orgue dans une véritable ascenssion céleste de l'orchestre.
Mais surtout on découvre les autres symphonies beaucoup moins connues et jouées en particuliers sa symphonie numéro un de jeunesse qui présente un surprenant clacissisme viennois à la Haydn et développe des mélodies charmantes, loin de la rigueur du Saint Saens sévère de la fin de sa vie.
La 2 ème symphonie développe un doux balancement de l'Adagio, la fougue du Scherzo et le Finale post-Symphonie italienne influencé par le style de Mendelhson.
On aurait tort de se priver de ce double CD à prix doux, à compléter selon par la version de la symphonie pour orgue de Myung Wun Chung.
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le 24 juin 2011
C'est à ma connaissance le seul chef d'orchestre à avoir enregistré ces œuvres intégralement.

Les quatre premières symphonies sont des œuvres de jeunesse:

-la symphonie en la majeur----- 15 ans
-la première------------------- 18 ans
-l"'Urbs Roma"----------------- 22 ans
-la deuxième------------------- 24 ans.

La dernière des ces symphonies, la troisième avec orgue[on devrait dire la cinquième], à été écrite dans la maturité de l'auteur à cinquante et un ans. Quand on est capable d'écrire aussi bien pour l'orchestre dans sa jeunesse, on comprend mieux les facilités qu'il avait pour la composition en général.

C'est le premier CD que j'ai acheté lorsqu'il a fallu quitter les 33 tours. Pour passer du VHS au DVD j'ai choisi Henri VIII de Saint-Saëns avec le Théâtre Impérial de Compiègne (voir mon commentaire).

En terme clair, c'est Camille Saint-Saëns qui m'a donné envi de m'adapter à ma propre époque.

André
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le 5 décembre 2013
Un excellent enregistrement de symphonies parfois injustement trop méconnues. On retrouve la passion du Saint-Saëns des concertos pour piano; exécution fine, sans pathos et romantique pourtant à souhait.
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le 7 octobre 2013
Acheté parce-que je ne connaissais que la troisième comme tout le monde et que j'aime beaucoup St Saëns
Oeuvres de jeunesse intéresantes sans plus , deuxième symphonie originale . interprétation top par le grand Martinon
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le 29 novembre 2015
Voilà plusieurs semaines que je voulais acheter ces enregistrements des symphonies de Saint-Saëns et pour plusieurs raisons.
A commencer pour dire que nous avons tous dans les oreilles et dans notre mémoire auditive la troisième avec orgue. Malheureusement et comme souvent l'écoute des grands musiciens ne doivent pas se cantonner à une voire deux œuvres.
De plus Jean Martinon est un grand chef qu'il ne faut pas oublier car son travail avec l'orchestre de l'ORTF (une époque !) pour défendre le répertoire symphonique national est et reste remarquable et toujours de "bon" gout.
Donc elles sont là ces symphonies.
Si on écoute chronologiquement ces deux CD, on constate que le géni de Saint-Saëns s'impose dès la première œuvre orchestrale (15 ans, sans opus). Par ailleurs d'une œuvre à l'autre, toute la maturité de la maitrise de l'orchestration s'impose à nous, sans parler des choix esthétiques sur lesquels je ne reviens pas. Du coup cette Troisième avec orgue s'écoute de manière différente. Pour l'ensemble donc, une interprétation d'une justesse, voire sans doute moins "romantique", mais d'une beauté sans faille, des tempos justes et un vrai charme sonore.
Plus de deux heures de "vraie" musique donc.
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le 5 octobre 2013
J'apprécie ces 5 symphonies de Saint Saëns. C'est jeune, voluptueux, plein de fraicheur, plein de maturité comme un champ de blé en été à la moisson ou un champ de coquelicot impressionniste.
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le 25 octobre 2013
et Jean Martinon , alors ! Nous voilà devant une aubaine à convoiter sans aucun problème . Rien que Jean Martinon est une assurance de gage de qualité au sommet et même presque seul .
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le 10 octobre 2015
Deux symphonies qu'on peut qualifier de chefs d'oeuvre (la 4° et la 5°),trois autres qui sont loin de manquer d'intérêt,une interprétation vivante et claire,une prise de son qui n'a rien à envier aux enregistrements modernes,trois raisons qui devraient rendre l'acquisition de ces disques pratiquement indispensable à tout amoureux de notre belle musique française.
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