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4,5 sur 5 étoiles
23
Nebraska
Format: CD|Modifier
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le 14 mai 2017
un album que j'ai découvert récemment au regard de sa date de parution (1982) mais que j'écoute avec plaisir aujourd'hui. La qualité d'enregistrement et le mixage minimaliste donne un charme supplémentaire à l'album.
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MEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 4 janvier 2006
Et si ce machin, à la pochette austère et blafarde, était le meilleur disque de Springsteen ?
Entre deux déferlantes électriques (« The River » et « Born in the USA »), Springsteen, seul avec sa guitare et son harmonica, se prend en même temps pour Dylan et Neil Young, et nous livre un disque de folk-rock plein d’histoires tristes et désabusées de l’Amérique profonde, celles des petites gens.
Ceux qui ne voyaient en Springsteen que le Boss, maître des cérémonies électriques de son E Street Band, oublient qu’à la base, c’est un conteur d’histoires et qu’il est autant influencé par les folk-singers que par les pionniers rock’n’roll.
Il nous livre là des merveilles : la ballade « Mansion on the hill », le rock’n’roll minimaliste de « Johnny 99 », « State Trooper » (son électricité discrète et menaçante, son phrasé proche de l’Alan Vega de Suicide), la rythmée « Open all night » que Mark Knopfler de Dire Straits a dû écouter avant d’écrire « Walk of life », …
Avant la mode lancée par MTV, Springsteen faisait de l’ « Unplugged », et rien n’est à jeter de ces quarante minutes magiques.
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TEMPLE DE LA RENOMMEE500 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 4 juillet 2015
Bruce Springsteen sans le E Street Band, Bruce qui raconte des histoires comme lui seul sait le faire mais seul, jouant de tout souvent à l'économie, c'est non seulement une première mais surtout une légendaire galette, Nebraska.
Mais pourquoi sans le E Street Band, au fait ? Parce que les démos originelles du Boss avaient une saveur que les sessions entreprises par le groupe ne retranscrivait pas et que, du coup, la décision fut prise de ne pas l'employer laissant Bruce seul aux commandes d'une version légèrement amendée de ses propres démos et une aeuvre, à ce moment, atypique de son répertoire, toujours une de ses plus belles réussites, aussi.
De fait, on imagine mal ces chansons autrement que dans leur habits minimalistes, la viande sur l'os, l'essence même de l'art de Springsteen comme nous le découvrirons plus tard (cf. le coffret Tracks). Sans rentrer dans le détail, parce qu'il n'est rien de plus marquant que de vivre ces chansons soi-même, on y retrouve un boss encore plus désillusionné narrant les histoires de gens comme vous et moi de l'incroyable force de sa poésie du quotidien, de ses mélodies et leurs présentes instrumentations évoquant souvent les débuts d'une des influences ici les plus évidentes du Boss, Bob Dylan, sans la voix nasillarde et les atours sarcastiques cependant. Parce que Bruce, présentement, n'est pas un rigolo, ça non !, et les 10 chansons Nebraska tout sauf d'aimables blagues, de remarquables vignettes d'une Amérique blue-collar qui arpente les highways en recherche d'un possible ailleurs, où l'herbe est toujours plus verte, c'est connu.
Immense classique de son auteur, disque quintessentiel s'il en fut, Nebraska, plus de 30 ans après sa sortie, n'a toujours pas pris une ride et demeure, à n'en pas douter, de ces albums qu'on écoute quand tout est un peu bleu mais qu'on ne veut pas que ça change, une merveille !

1. Nebraska 4:32
2. Atlantic City 4:00
3. Mansion on the Hill 4:08
4. Johnny 99 3:44
5. Highway Patrolman 5:40
6. State Trooper 3:17
7. Used Cars 3:11
8. Open All Night 2:58
9. My Father's House 5:07
10. Reason to Believe 4:11

Bruce Springsteen - vocals, guitar, harmonica, mandolin, glockenspiel, tambourine, organ, synthesizer
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le 7 novembre 2016
je n' étais pas du tout, mais pas du tout fan de Springsteen, je ne comprenais même pas ce que les gens lui trouvaient, jusqu'à ce que quelqu'un me fasse découvrir cet album (et 2 autres) qui n'a rien à voir avec les standards habituels que nous passent les radio, et là, oui ce Mr Springsteen
est un Grand bonhomme !
Comme quoi, il n'est jamais trop tard!
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le 23 juillet 2007
C'est vrai que NEBRASKA est considéré comme le meilleur album de Springsteen, celui que les fans (et les autres) adulent. Sans doute parce que l'ambiance du disque, cette musique folk acoustique, permet de mettre les textes en avant. Parmi les admirateurs de Springsteen, un certain nombre - aller savoir pourquoi ? - ont toujours préféré le chanteur à textes, que le rocker endiablé. Alors que le personnage se compose de ces deux facettes (Dylan + Elvis comme il le dit lui même !).

Et bien NEBRASKA aurait pu être un grand disque de rock. Car ce que l'on entend, ce sont des documents de travail, une cassette enregistrée sur un magnéto 4 pistes qui sert à Springsteen pour expliquer ces nouveaux morceaux aux musiciens du E Street Band. Il a toujours procédé comme cela, jusqu'au jour où Jon Laudau (ami et producteur) lui a suggéré de sortir cet enregistrement tel quel, sans retouche. Depuis, sur scène, Springsteen interprète "Atlantic City" dans une version très rock, tel qu'elle devait l'être à l'origine. Comme la chanson "Born in the USA" qui avait été composée à l'origine pour figurer sur NEBRASKA.

Voilà l'histoire de ce disque, où on entend Springsteen jouer de la guitare et chanter sur une piste, et rajouter un choeur ou de l'harmonica sur les autres. On entend aussi sa chaise grincer sur le parquet de sa cuisine, écoutez bien ! C'est un magnifique album, violent, noir, désespéré, où on croise des meurtriers, des violeurs, et tous les laissers pour compte de l'Amérique. C'est un disque en hommage à Woody Guthrie, Dylan, Johnny Cash ou Pete Seeger. Parmi les titres proposés, "Johnny 99" est une des plus poignantes, comme "Reason to believe" ou "Atlantic City" qui me touche particulièrement. Sur la version vinyle, les textes étaient imprimés en anglais et traduits en français... merci de l'intention, c'est une démarche rare.

Quelques années plus tard, Springsteen sortira THE GHOST OF TOM JOAD, considéré par les mêmes comme son second meilleur album ! Puis DEVIL & DUST (nettement moins bon). Aucun de ces deux albums n'a la rugosité ni la densité tragique de NEBRASKA.

PS : Sean Penn s'est inspiré de la chanson " Highway patrolman" pour réaliser son premier film, avec Tim Robbins.
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le 10 décembre 2010
Tel aurait pu être le nom de cet album d'un boss alors en pleine ascension depuis la parution de "Darkness" et "The River" et surtout avant "Born in the USA" qui le consacrera définitivement aux yeux du grand public
Mais avant ça, Bruce Springsteen, fuyant sa popularité naissante, se retire un certain temps et enregistre en solo et en 3 jours sur un vieux enregistreur cassette un album aux paroles ainsi qu'aux sonorités glaciales, à l'opposée des textes chauds et dansant des albums précédent. Car dans tout cet album, le Boss chante pour ceux que l'Amérique renaissante sous l'impulsion de Reagan oublie, les laissés pour compte, les voleurs, les pauvres, les solitaires, bref tout ce que Springsteen voit au jour le jour et qu'il dépeint dans cet album d'une tristesse qui ne peux laisser indifférent, il faut prendre la peine de déchiffrer l'accent à couper à la hache du boss ou aller chercher les paroles sur le net pour se rendre compte de la portée de ses paroles.
L'album est également fait d'une sonorité assez mauvaise, ceci venant de l'enregistrement sur le vieux Tascam que Springsteen a utilisé et que les cassettes ont été baladées un peu partout dans ses poches, altérant d'avantage le son. Cependant, celà ne vient pas altérer l'écoute puisque l'ambiance de l'album est encore plus intimiste, seule se fait entendre la voix du boss accompagnée d'une guitare ou d'un harmonica, et parfois quelques craquements de planchers.
Nebraska est donc un album hors du commun et d'un autre temps car la maison de disque a laissé Springsteen et Landau sortir l'album en l'état, sans y ajouter autre chose, bien leur en as pris, car aujourd'hui encore, cet album reste un monument dans la carrière du boss, à classer parmi ces meilleures galettes. Incontournable.
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le 30 juillet 2009
Difficile d'édifier une bonne chronique après de si complète comme celle de Luc B. Pour autant, je m'étais promis de réaliser une chronique sur chaque album du Boss et par conséquent, je me dois de respecter ma parole. « Nebraska » est un album solo et acoustique qui est sorti en Septembre 1982, deux ans après son incontournable "The River". Réussissant, par le même coup, le difficile passage de son exceptionnel chef d'œuvre "Darkness On The Edge Of Town". Notre "Boss" va alors s'enfermer et rester à l'écart de l'activité incessante du monde. Bruce Springsteen, fuyant le succès et ses fans, s'enferme dans son chez soi, chez lui pour retrouver sa créativité originelle. Comme un bain de jouvence, il prend son stylo et commence à griffonner et composer. Trouve un vieux magnéto 4 pistes et se met à jouer en solo muni uniquement de sa guitare acoustique, de son harmonica et de ses cordes vocales. Les chansons seront intégralement reprises par le E Street Band. Rock Springtinien alors ? Non... cet album est et sonne acoustique pour la raison que The Boss, n'aimant pas l'effet rendu par les reprises avec son groupe, les éditera une bonne fois pour toute sous sa première version. Choix judicieux puisque cette méthode met en avant les paroles de notre artiste. Paroles captivantes qui vous laissera sur le carreau. Subjugué par la forces et la puissance implacable du lyrisme de Bruce Springsteen qui persiste et signe avec justesse de décrire l'autre visage de l'Amérique. Celle des délaissés, des laissées pour comptes, des vies brisés par les conséquences économiques de la guerre froide... et oui, nous sommes dans les années 80, fin du mandat du Président Carter et l'Inflation galopante en 80 fera qu'il perdra son poste au profit d'un Reagan. On en arrive alors à des histoires de tueurs "Johnny 99" et des flics, des conducteurs de camions, de gens qui se retrouvent face à un mur et qui prennent de mauvais choix pour s'en sortir découvrant des personnages avec un côté à la fois pitoyable que héroïque. Musique populaire pourrait-on dire... mais musique au trait de la folk country Amérique. D'ailleurs, j'ai fortement envie de faire un rapprochement avec l'album des Jesse Sykes & the Sweet hereafter "Reckless Burning", qui bien que totalement différent tant au niveau du son que du style, danse sur la mélancolie indescriptible que l'on décèle dans « Nebraska ». Cette Folk Country où l'acoustique et le doigté de Bruce y aidant à la déprime et à sa noirceur. Mes favorites se trouvent être la chanson éponyme de l'album, « State Trooper » à la fois sauvage et poétique et « My Father's House » ainsi que « Altantic City » et son harmonica ronronnant à souhait. Pour autant, chacunes possèdent sa propres spécificités, un son distinct et une rythmique propre. .. une expérience solo, un album à part avant le mythe de « Born In The U.S.A. », chanson qui devait initialement figurer dans ce même album dont on la retrouve, dans sa version original, dans le fameux coffret « Tracks - inclus 56 masters inédits».

Durée : 40minutes - 10chansons

Ps: Merci à Luc.B pour m'avoir su me convaincre du talent de Bruce Springteen. Spécial dédicace à sa passion qui m'a envahi.
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le 4 novembre 2014
Certains, sur ce site, l'ont déjà divinement chroniqué. Par conséquent, je m'attellerais à dire dans quelles conditions j'ai fait l'acquisition de ce manifeste et le contexte qui y a présidé. Au retour de vacances, en août 1982, je suis tombé sur une critique panégyrique publiée dans ROCK AND FOLK. Sous la plume pertinente de Laurent CHALUMEAU (merci de me corriger si je me trompe), il était dit que cet album était super, qu'il n'avait rien à voir avec le précédent que le chroniqueur considérait telle une flaque d'eau ! Interloqué, je ne comprenais pas d'autant que j'avais usé jusqu'à la corde THE RIVER, double album qui est passé certainement le plus sur ma platine (avec SANDINISTA ! de CLASH) à cette période. Ca tombait bien, puisque les deux avaient été désignés meilleur album rock de l'exercice 1981 par l'ensemble des critiques de l'hexagone, 1) SANDINISTA ! 2) THE RIVER ! Avais-je à ce point bon goût ? Alors, comment pouvait-on disqualifier un album du calibre de THE RIVER ? Je cherche encore, bien que les goûts et les couleurs...

NEBRASKA était décrit comme un LP recelant 10 vignettes sociales de l'Amérique des laissés pour compte, lesquels ne trouvaient pas grâce aux yeux de la politique libérale menée par R. REEGAN, tenant d'une politique fiscale favorisant les plus riches. De plus, il était acoustique et enregistré dans des conditions "artisanales" sur un simple magnétophone, SPRINGSTEEN ayant renoncé à l'électrifier. Remarquez, mon ami Alain, fan du Boss, ne l'appréciait pas et seul ATLANTIQUE CITY remportait son adhésion. CHALUMEAU parlait avec maestria de HIGHWAY PATROLMAN, morceau dont il faisait un parallèle avec le feuilleton TV américain débile aux relents patriotiques à deux balles diffusé sur les écrans français, le summum de l'héros populiste alors que dans son texte Bruce met en exergue la difficulté de la concorde familiale. Ce récit met en scène deux frères aux activités antagonistes : l'un déviant et délinquant, l'autre flic. Comment faire son boulot sans mêler les liens du sang qui ont forcément une influence sur les décisions prises par un représentant de la loi ? Les autres titres étaient mis également à l'honneur par ce journaliste talentueux qui a eu l'intelligence de les situer dans un contexte économique lourd et annonçant une ère nouvelle, celle du libéralisme à outrance ceint du rouleau compresseur du capitalisme. Nous étions au début des années 80.

J'ai donc été l'acheté à la FNAC et l'ai payé 40,00 francs, prix orange nouveauté, les plus anciens s'en souviendront : la FNAC ramenait la TVA à 7% au lieu de 33,33% sur les nouveautés. Posé sur la platine, les premiers passages m'ont dérouté, voire déçu. Pas de single potentiel, pas d'orchestration rock au sens classique du terme, tout le contraire de ce qu'avait fait Bruce jusqu'à présent. Néanmoins, après plusieurs écoutes, il ne m'a plus quitté. J'ai été ébranlé par cette oeuvre qui a constitué une révélation. JOHNNY 99 narre cette histoire improbable de ce type licencié de chez FORD. Criblé de dettes qu'il ne pouvait plus honorer, il a pété les plombs et flingué un veilleur de nuit. Conséquence, il a été condamné à 98 ans de prison et demande à subir la peine capitale. Ce titre eut un impact énorme, une dimension considérable sur mon état d'esprit alors que j'étais très jeune. STATE TROPPER n'a cessé de trotter dans ma tête et m'a bouleversé : cette histoire m'a hanté. Elle évoque un type qui conduit au petit matin sur une autoroute du NEW JERSEY blême, morne et déserte dont les reflets de la voûte du ciel sombre se réfléchissent sur le pare brise. Sa supplique est de ne pas se faire arrêter par les flics, lui qui file vers sa nana. Il tempête contre les émissions diffusées par la radio qui n'ont de cesse de causer et implore le bon Dieu que la marée chaussée du coin ne vienne pas lui chercher des carabistouilles... Il a cette saillie en fin de chanson : "Hiho Silver, délivre-moi de ce nulle part !" Elle est restée ancrée définitivement dans ma mémoire. Dans le film DE ROUILLE ET D'OS de Jacques AUDIARD, j'ai entendu ce titre électrifié pour la première fois et l'ai trouvé également sublime. Où pourrais-je le dégotter dans cette version ? OPEN ALL NIGHT m'a également touché. Pour cette chanson, BRUCE a utilisé une guitare électrique puisqu'il s'agit du morceau le plus enlevé de l'album. Il relate la relation conflictuelle d'un salarié lambda avec son employeur, lequel prend un malin plaisir à lui mettre des bâtons dans les roues, destiné à lui pourrir son quotidien. A telle enseigne qu'il n'hésite pas à le changer d'équipe et lui faire intégrer celle de nuit par pur sadisme. Je pourrais évidemment citer toutes les chansons tant elles sont fortes et distillent des textes sertis de ces histoires quotidiennes souvent vécues par les "déclassés" (quel mot ignoble), à la véracité ancrée dans la réalité, celle de l'ère REEGAN. Même la pochette est sublime. Elle est gatefold (version vinyle) et comporte la traduction française de tous les textes. Bon, s'il y a un reproche à faire à ce disque, ce serait de ne pouvoir l'écouter dans toutes les circonstances de la vie. C'est un opus fort, prenant et il demande une écoute quasi religieuse.

Ce LP prouve que la noirceur peut être empreinte d'une beauté similaire à une mine d'or éclairée à la bougie. IMMANQUABLE.
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le 4 juillet 2017
CHRONIQUE DE FRANÇOIS DUCRAY MAGAZINE ROCK&FOLK
555 DISQUES, 1954-2014 SOIXANTE ANS DE ROCK'N'ROLL (Rock & Folk HS n° 30 décembre 2014-janvier 2015) - Page 113
BRUCE SPINGSTEEN
"Nebraska"
[1982]
Premier album "unplugged" de l'histoire récente — et gloutonnement avalée par la télé — du rock, "Nebraska" est le "road record" du Dernier des Mohicans de l'âge électrique. Quand il en subodore la nécessité cathartique, Springsteen raccroche les gants après les deux ans de tournée consécutifs à "The River".
Gavé, sursaturé, le Boss met le E Street Band en vacances. Et se paie incontinent une fiction de virée en Thunderbird décapotable : à lui les autoroutes enneigées et les motels crades de l'Amérique "ordinaire" ! Armé en réalité d'une paire de guitares, de ses souvenirs, de son imagination et d'un gros besoin de solitude en noir et blanc, l'admirateur de Steinbeck et de Hawks accouche de dix mini-nouvelles dont un Robert Altman aurait pu se nourrir en vue d’un scénario à la "Short Cuts". Chroniques autant que portraits, ces chansons rugueuses ne sont jamais froides : les personnages qui s'y meuvent, ou plutôt s'y débattent face à leur destin, Bruce a su les camper prestement, à vif dans leurs très (trop) humaines contradictions. S'y cherche-t-il ? Du moins y retrouvons-nous ses thèmes favoris — pas de bol, la vie ! — mais débarrassés du pathos "héroïque" et des traces enfin nettes de lui-même et des siens, son père en tête, figure emblématique de l'Américain moyen naïf, grugé, croyant au mythe jusqu'au dernier soupir. Et ce sont ces soupirs, ces fractures, ces non-dits troubles et diffus qui émeuvent : pas l'ombre d'une explication rassurante, d'une théorie à l'horizon. Poignant mais pas plaintif, aigu mais pas strident, "Nebraska" paraîtra déprimant à certains, indigeste à beaucoup... Tous pourtant acclameront le maousse "Born In The USA" deux ans plus tard, sans se douter que les plages douces qu'il recèle proviennent de cette veine qui ne se cachera plus désormais... Et puis Johnny Cash s'est approprié "Johnny 99" et "Highway Patrolman", ça console.

Vous avez aimé ce disque ? Ce(s) titre(s) pourrai(en)t vous intéresser :
Bruce Spingsteen - Born to Run (1975)
Bruce Spingsteen - Born In The USA (1984)
Bruce Spingsteen - The Ghost Of Tom Joad (1995)
Bruce Spingsteen - We Shall Overcome the Seeger Sessions (2006)

Dans ce numéro de R&F nous aurions aimé lire la (les) chronique(s) de (1982) :
Hubert Félix Thiéfaine - Soleil Cherche Futur
Van Halen – Diver Down
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1000 PREMIERS REDACTEURS D'AVISMEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 24 janvier 2010
Columbia n'y tenait pas du tout à ce Nebraska de 1982. Bruce Springsteen n'en a que faire et, seul comme un grand, chez lui, muni de sa guitare sèche, d'un harmonica et d'un quatre pistes, il va enregistrer 10 titres y compris le célèbre Born In The U.S.A., qui ne sera pas retenu dans Nebraska (sixième disque du Boss) mais qui figurera finalement sur l'album suivant (sur l'album du même nom). Album acoustique, audacieux, Nebraska est un coup de poker de Bruce, héritier de Dylan. Il prend son monde à contre-pied. La maison de disque s'arrache les cheveux jugeant que Springsteen signe son arrêt de mort. Loin s'en faut, la critique et les fans lui réservent un accueil du genre de ceux que l'on réserve aux meilleurs albums. Si l'ambiance est pesante et les titres noirs. Cet album à l'instrumentation réduite à sa plus simple expression (guitare sèche, harmonica et chant) est très intimiste, folk avec une écriture lyrique inspirée (Highway Patrolman, Johnny 99, Atlantic City, Mansion On The Hill, Used Cars). Mansion Hill est vraiment sublime et Atlantic City vaut le détour. Idem pour Nebraska qui évoque la cavale du serial killer Stark-Weather dans les années 50. Nebraska est un très bon disque pour le mec qui a le bourdon et qui veut s'isoler pour ressasser son malheur (avec un suicidaire State Trooper) mais, personnellement, quoi que je trouve ce folk-rock qu'est Nebraska, très agréable, plein d'émotion, violent, noir et désespéré (autant d'ingrédients pour faire un très bon cocktail blues), j'ai un faible pour le rocker invétéré qu'est le Boss. Mais Dieu, que cet album est une merveille les jours de « pas bien ».
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