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Voici un saxophoniste pour lequel j'ai beaucoup d'affection et de tendresse. Jackie McLean (1932-2006), c'est simple, c'est un écorché vif, une boule de nerf, un passionné, un mec qui a toujours eu une putain de dose d'énergie. Un gars qui en a vu de toutes les couleurs, qui en a bavé comme on dit, parfaitement conscient de la fragilité de la Vie avec son lot de dégringolades et de désillusions. Sa musique est intrépide, ravageuse et vous laisse des traces. "JackieMack" (comme on le surnommait) est un musicien pour musiciens. Un phénomène à lui tout seul. Parce qu'il jouait du saxophone alto, on l'a très vite comparé, à tort, au "Bird" (Charlie Parker, le roi du bop). Mais qui ne l'était pas ? Bien sûr, le jeu de Jackie est résolument bop et hardbop. Mais pas seulement. Il n'a surtout eu de cesse de repousser les limites du genre. Il est en fait l'un des meilleurs ambassadeurs du jazz d'avant-garde des années 60 (un jazz qui essaie de se libérer de ses repères harmoniques et rythmiques). McLean, c'est enfin et surtout une voix singulière brûlante : un son identifiable dès les premières mesures, une intensité dans son jeu. Son engagement musical et artistique m'a toujours impressionné. Et on n'a pas fini d'explorer sa riche discographie! Très pote avec Monk, Bud Powell et Sonny Rollins (le Colosse), Jackie avait débuté sa carrière discographique aux côtés de Miles Davis (Dig, en 1951, au cours duquel il prend déjà de sacrés risques!). Mais, c'est à partir de 1956-57 que sa carrière a véritablement décollé, quand il enregistre aux côtés du génial Mal Waldron.

Cette session de 1962, qui trouve le saxophoniste au sommet de sa forme, est importante à plus d'un titre. Il marque une rupture nette avec les années hard-bop (qui ont dominé les années 50 grâce, entre autres, au succès du Clifford Brown/Max Roach Quintet... ). Le répertoire est constitué de quatre pièces seulement, mais la qualité de l'écriture, la flamboyance du quartette mené par McLean brûle tout sur son passage. Ruptures de tempo, complexité des lignes mélodiques, harmonies de toute beauté, liberté exceptionnelle au niveau du ton et des compositions (sur les quatre, il en signe trois). Dans ce quartette tout acoustique, McLean n'a sans doute jamais été aussi loin. Mais à cette époque très créatrice, McLean allait une kyrille d'albums tout aussi essentiels (que l'on songe à It's Time,Destination Out ou encore Action, action, action). Let Freedom Ring, c'était aussi dans le contexte de l'époque (1963-1964), un vent de liberté. Les mouvements civiques aux Etats-Unis prenaient une importance capitale pour la suite des événements politiques. Et là, c'est franchement bien vu comme titre, parce qu'effectivement, un souffle de liberté parcourait tout le pays. L'opus reste encore à ce jour une borne dans l'histoire du jazz, musique d'émancipation par excellence.

Entouré du pianiste Walter Davis, du contrebassiste Herbie Lewis et de ce batteur phénoménal que fut Billy Higgins (celui-ci avait contribué à l'enregistrement d'albums majeurs aux côtés d'un autre saxophoniste alto, le génial et non moins fougueux Ornette Coleman). Bref, inutile d'en raconter davantage, le saxophoniste grave ici l'un de ses disques les plus passionnants et des plus attachants. Le premier thème "Melody for Melonae" de par sa structure modale amène McLean à explorer la mélodie de façon unique, prenant le temps d'explorer toutes les facettes brûlantes de son instrument (le morceau ne tombant jamais dans la redite, notamment grâce au solo magnifique du pianiste, qui trouve là des digressions hallucinatoires, s'étend sur près de quinze minutes). Le sens de la dramaturgie est palpable au cours de ce titre. Ecouter la coda (le final) : comment rester insensible? Presque envie de verser des larmes, on a le coeur serré, on souffre avec JackieMac. Du moins, on comprend sa musique. On souffre avec la communauté jazz d'alors. Puis on retrouve son calme. Faut savoir aussi raison garder. Le thème suivant signé Bud Powell, "I'll Keep Loving You", est une balade d'un écorché vif, d'une esthétique tout aussi avant-gardiste que le thème précédent. Elle démontre là encore la puissance de jeu, puis la maîtrise des émotions comme on l'a rarement entendu sur disque. Ces contrastes sont carrément bouleversants. Les deux derniers thèmes sont tout aussi jouissifs, plein de sève et de surprises : "René", qu'il a composé pour son fils (le bambin deviendra plus tard saxophoniste lui-aussi), et "Omega" qu'il a dédié à sa mère. Bref, un disque culte, sans aucun doute, que l'on appréciera essentiellement au crépuscule. A se procurer de toute urgence.

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PS. On veillera toutefois à bien choisir son édition... En effet, la politique de réédition de Blue Note avec la série des RVG series (débutée en 1999) ne m'apparaît pas toujours une bonne idée et si les prix sont relativement bas, la qualité sonore, elle, laisse parfois à désirer... Mieux vaut alors se tourner vers les imports japonais (un peu plus chers, certes) ou la Connoisseur Series (beaucoup plus rare, mais bénéficiant d'une remastérisation parfaite, et de superbes photos illustrant les sessions)...
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