undrgrnd Cliquez ici RentreeLitteraire nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos nav_WSHT16 Cliquez ici Acheter Fire Achetez Kindle Paperwhite cliquez_ici Bijoux en or rose

Commentaires client

5,0 sur 5 étoiles
3
5,0 sur 5 étoiles
5 étoiles
3
4 étoiles
0
3 étoiles
0
2 étoiles
0
1 étoile
0
Format: CD|Modifier
Prix:14,47 €+ Livraison gratuite avec Amazon Premium

Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article
Partagez votre opinion avec les autres clients

Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

le 2 juillet 2006
Les enregistrements des variations Goldberg par des pianistes réputés mondialement ou qui sont en phase de l'être se sont multipliés à une vitesse déconcertante au cours des dix dernières années. L'allongement de la liste des prétendants au titre du ou de la meilleure interprète vivant de Bach peut avoir un effet désorientant sur quiconque entend mettre la main sur LA nouvelle référence. La meilleure attitude à adopter consiste sans doute à comparer le plus grand nombre d'interprétations possible (toutes dates et tout instrument confondus) pour éclairer l'oeuvre sous ses diverses facettes et pour mieux apprécier les accents singuliers des interprètes lorsqu'il y en a vraiment (ce qui exclu à mon avis Angela Hewitt). Mais si l'on avait à restreindre le choix à Andras Schiff, Andrei Gavrilov, Vladimir Feltsman, Murray Perahia, Sergei Chepkin et Evgeny Koroliov, la palme irait incontestablement à ce dernier. Et une des raisons en est qu'il réussit à allier de façon équilibrée des qualités que les autres pianistes possèdent seulement partiellement et en fonction de préférences trop marquées et trop unilatérales. C'est ainsi que l'on peut entendre toute une gamme de petites ornementations subtiles et de changements de caractères soudains et imprévisibles qui ne contreviennent pas, mais qui au contraire contribuent à l'instauration d'un climat caractérisé par un naturel et une grâce criants d'évidence. Il est généralement reconnu que Koroliov combine le Bach poétique, fluide et chopinesque de Richter, le sens du "moment présent" des interprétations de Maria Yudina (qui consiste en des passages à l'acte immédiats du "comment cela sonnerait-il si on le jouait ainsi..."), et un peu de la dextérité et du panache légendaires de Gould. La liste d'inspirations réelles ou supposées à laquelle il convient de le référer est une question relativement secondaire puisque avec cet enregistrement, Koroliov a gravi un nouveau sommet où il loge seul.
44 commentaires| 16 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Le 11 octobre 2015, Evgeni Koroliov, qu'on ne présente plus, a donné un récital tout entier consacré à Jean-Sébastien Bach (Eisenach, 1685- Leipzig, 1750). Le programme comportait la première moitié du Livre I du Clavier bien tempéré, suivi de plusieurs extraits de l'Art de la Fugue. En bis, il a joué comme récréation du public un fragment des Variations Goldberg et il était impossible d'écouter le résultat sans être pris d'une furieuse envie,si on ignorait encore son enregistrement de cette œuvre, de l'entendre jouer cette partition dans son entièreté et d'acquérir en conséquence ce disque Hänssler.

Dans une célèbre lettre à Christian Goldbach, Gottfried Wilhelm Leibniz (Leipzig, 1646, Hanovre, 1716) a défini la musique comme « une pratique occulte de l'arithmétique dans laquelle l'esprit ignore qu'il compte » : écouter un accord ou une séquence de sons, ce serait calculer les rapports entre les hauteurs, mesurer les intervalles entre les notes sans en prendre conscience (on peut percevoir ces rapports sans apercevoir qu'on les perçoit).

C'est à une telle arithmétique occulte que nous convie Koroliov lorsqu'il joue cette œuvre, une arithmétique où la lisibilité du jeu permet à l'oreille de ne perdre aucun élément des rapports. Une arithmétique souvent joyeuse aussi, car la verve du pianiste fait perdre à l'oeuvre ce qu'elle a d'intimidant et lui permet de l'animer de l'intérieur.

En écoutant la virtuosité grisante du pianiste, on imagine souvent comment il jouerait les Etudes de Ligeti (Ligeti, un compositeur qui a exprimé toute son admiration pour Koroliov), Etudes auquelles Bach, dans l'inventivité confondante de ces variations, semble soudain tendre la main.

S'il observe les reprises, Koroliov ne distend pas les phrases à plaisir (on précise tout de même que la 25ème Variation prend ici onze minutes sept secondes, et non pas une minute neuf secondes comme le prétend la notice). On appréciera aussi comment Koroliov rend sensible un cheminement qui mène au retour poignant de l'aria du début : la seconde partie de l'œuvre voit plusieurs fois poindre une mélancolie qui n'habite pas à ce point la première.

On peut aimer dans cette musique le récital salzbourgeois du jeune Gould (25 août 1959, un temps édité par Sony) bien supérieur à mon sens, pour exprimer un avis minoritaire, à la version tardive distillée en studio par le même pianiste), la version gravée par Maria Yudina, dont Koroliov a été l'élève, le disque récent de Zhu Xiao-Mei, où la variété du jeu est admirable. Il n'empêche : Koroliov fait redécouvrir l'œuvre et manifestement, comme on dit dans le Lotus Bleu, il a trouvé la voie. En un sens, ce disque lumineux et énigmatique, à l'image de son interprète, peut à lui seul suffire à une vie en compagnie de cette œuvre.
11 commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
===== Erreur Amazon
Ce commentaire fait référence à l'édition Vanguard des Goldberg par Gustav Leonhardt. Il a été arbitrairement et automatiquement lié par Amazon avec une édition des Goldberg par Koroliov.
L'expérience montre que ce genre d'erreur dépend d'une mise-à-jour sur le site américain et est quasi impossible à faire corriger (comme d'autres amazonautes j'ai déjà essayé de contacter Amazon sur d'autres cas similaires, sans aucun effet).
Merci de ne pas tenir l'auteur de ce commentaire pour responsable de cette incohérence...
Note : pour un commentaire sur la version Koroliov, voir l'édition Piano Classic.
=====

Gustav Leonhardt s'est éteint ce 16 janvier 2012, à son domicile d'Amsterdam. Miné par le cancer, au bout de ses forces vives, il avait donné son dernier concert le 12 décembre 2011 à Paris, à l'âge de 83 ans. Ses dernières notes en public furent celles de la 25ème Variation Goldberg...

Né en 1928 en Hollande dans une famille de musiciens, il a une dizaine d'années lorsqu'il découvre le clavecin; une histoire d'amour et une fascination qui seront les piliers de sa vie entière. Il n'a pas vingt ans lorsqu'il part à Bâle étudier avec Eduard Müller; trois ans plus tard il part enseigner à Vienne, tout en développant son érudition musicologique, dévorant tous les ouvrages qu'il peut sur la période baroque.

En 1953 il grave ses premières Variations Goldberg; l'année suivante il enregistre un disque légendaire avec Nikolaus Harnoncourt et Alfred Deller, le mythique contre-ténor dont la rencontre va profondément influer sur son parcours musical. En 1955, de retour aux Pays-Bas, il fonde (aux côtés de son épouse) le Leonhardt-Consort, avec lequel il va contribuer activemment au renouveau de la musique baroque, commençant par explorer la musique anglaise et française (peu défendue à l'époque). Quelques années plus tard il se lance dans un pari qui semble fou : enregistrer pour la première fois l'intégrale des cantates de Bach, sur instruments anciens, avec son complice Harnoncourt (chez Teldec); un projet qui durera vingt ans (de 1967 à 1988). Parallèlement, il fonde La Petite Bande avec les frères Kuijken (en 1972, pour Deutsche Harmonia Mundi), tire de l'oubli les oeuvres du compositeur néérlandais Jan Sweelinck, et comme soliste ou comme chef il multiplie les enregistrements majeurs (Bach, Couperin, Rameau, Scarlatti...), s'inscrivant comme une autorité absolument incontournable en matière de musique ancienne.

En juin 1953, au Konzerthaus de Vienne, Gustav Leonhardt a donc 25 ans lorsqu'il enregistre ces Variations Goldberg pour Vanguard (il enregistrera deux autres versions par la suite : pour Teldec en 1965, et pour DHM en 1976). Une version au clavecin bien sûr, presqu'une provocation à l'époque dominée par Bach au piano; un instrument de facture moderne (bien qu'il ne soit pas explicitement identifié), et une prise de son mono (même si ce n'est pas indiqué dans cette édition Artémis) ici bien remastérisée, pour cette relecture déjà innovante, annonciatrice de la révolution baroqueuse en marche.

Encore saupoudré d'influences romantiques, Leonhardt se veut ouvertement audacieux, sacrifiant des répétitions, travaillant les ornementations pour les faire reluire des usages baroques d'origine. Le claveciniste néérlandais se montre sans doute plus raide et plus agressif que dans ses captations ultérieures, mais déjà on savoure une élégance innée, une articulation intrinsèquement éloquente, et une maîtrise qui ne fera que se parfaire de ce statisme naturellement mouvant qui inerve la musique pour clavier de Bach.

Parmi les autres références des Goldberg au clavecin, on citera Pinnock, Ross, ou l'incontournable Hantaï. Certains diront que les versions suivantes de Leonhardt sont supérieures à celle-ci, et sans doute il auront raison. Mais cette première vision a quelque chose de spécial, de puissant et en même temps d'émouvant : une version inspirée, une sorte de vision prémonitoire, d'une stature exceptionnelle, et aussi d'une valeur historique, qui en font un document quasi indispensable. Finalement, et dans un tout autre style, c'est un peu comme devoir choisir entre les deux versions Gould : il n'y a pas à choisir l'une ou l'autre version, il faut les connaitre toutes.

Gustav Leonhardt fut de ceux dont l'impulsion essentielle a rendu la vie à la musique baroque; formant et influençant profondément plusieurs générations d'interprêtes (Hogwood, Koopman, Hantaï, van Asperen, pour n'en citer que quelques uns), il nous laisse une discographie pléthorique (plus de 200 références, à la disponibilité toutefois très variable) qui témoigne de son indéfectible volonté d'améliorer la restitution de la musique d'avant Mozart.

Musicien hors pair, érudit, pionnier, il ne jouait pas la musique baroque : il discutait avec les compositeurs. Il les a désormais rejoint au paradis des baroqueux. Nul doute qu'il se délecte de partager avec eux d'éternels moments de musique...
44 commentaires| 7 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

Les client ont également visualisé ces articles

6,99 €
7,59 €

Avez-vous besoin du service clients? Cliquez ici

Liens Sponsorisés

  (De quoi s'agit-il?)