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  • Grace
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4,6 sur 5 étoiles
75
4,6 sur 5 étoiles
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le 16 mars 2006
Au grand classique "quel disque emmèneriez-vous sur une île déserte", on est souvent bien embarassé pour répondre. Comment peut-on décemment faire un choix entre "Nevermind", "Sgt Pepper", "IV", "A Night at the Opera" et tant d'autres ? Impossible de se décider la plupart du temps, tout dépendant tellement de l'humeur du moment, de l'avancée de notre culture musicale ou de ce que l'on a mangé la veille au soir...
Mais pour moi, et depuis maintenant bientôt 8 ans, la réponse est invariablement la même : s'il ne devait en rester qu'un, cela serait sans l'ombre d'un doute ce chef d'oeuvre qu'est "Grace", de Jeff Buckley. Un ami a pris pour habitude d'offrir, très souvent, son livre-culte afin de le faire découvrir. J'aimerais pouvoir me permettre de faire de même avec ce disque.
Je l'ai découvert un peu par hasard, par un beau jour d'hiver 1998, en déambulant dans le rayon rock d'une Fnac. Ce qui m'a décidé à l'acheter, cela peut paraître con, mais c'est tout simplement cette pochette. Je ne saurais dire pourquoi, je ne me souviens même plus comment, mais cette photo m'a tout de suite hypnotisé. Le disque et son contenu était alors accessoire. Je ne savais pas ce qu'ils allaient révéler, hésitant entre un crooner mielleux ou le nouveau génie de la Country Music.
Et je dois avouer que sur le plan de l'écoute je n'ai pas été déçu.
La toute première fois, on est complètement pris au dépourvu, ne sachant trop quoi penser de cette avalanche de murmures et de cris, de calme et de tempête, d'émotion hurlée et de violence contenue. On en ressort lessivé, complètement désorienté, mais avec une seule envie : le réécouter encore.
Et encore...
Et encore...
Je ne me suis jamais drogué, mais je suppose que le processus est similaire : on finit par devenir accro sans même sans rendre compte. Le disque ne quitte plus la platine et tourne en boucle dès lors que l'on se trouve dans la pièce.
"Mojo Pin", "Grace", "Dream Brother", "Lover you should've come over"... Un véritable labyrinthe sonore et mélodique, un enchevètrement de cordes, une tessiture de voix unique sur 5 octaves... Des morceaux exigeants, qui se révèlent un peu plus à chaque écoute...
"Lilac Wine", "Hallelujah", des reprises si habitées, une voix si pure et cristaline qu'on ne peut s'empêcher de se laisser submerger par l'émotion, et à l'occasion écraser une petite larme.
"Grace" est le seul et unique album studio de Jeff Buckley, qui trouvera la mort en 1995 dans les eaux du Mississipi trois ans après la sortie du disque. 22 ans jour pour jour après le décès de son père, Tim Buckley, autre musicien de génie. Le premier avait 30 ans, le second 28, et ils ne se sont pour ainsi dire jamais connus. L'histoire est parfois prise de bégaiement, et on ne peut que la maudire tant force est de constater l'étendue du gachis.
10 ans plus tard que serait-il advenu, combien de bijoux nous aurait-il encore ciselés ? Nous ne le saurons hélas jamais.
Ne reste qu'un testament, gravé à jamais dans l'histoire de la musique.
Un instant de grace comme on n'est pas près d'en revivre.
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C'est comme ça que les américains appellent un chef d'oeuvre. Premier album, le seul véritable en fait, de Jeff Buckley avant sa mort tragique et un chef d'oeuvre en forme d'hommage. Buckley, c'est avant tout une voix hors du commun posée sur des compositions, des textes et une guitare déchirante. Que dire de plus de cet album dont les moindres titres ont été décrits et explorés dans les moindres recoins. Ce disque est bien sûr une pure merveille et l'aspect un peu suranné par le temps de 'Hallelujah' n'y fera rien pour altérer sa magistrale beauté. Un album à posséder, indispensable, de très loin.
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Évidemment, dès qu''apparaît cette voix d''une irréelle beauté, on ne peut s''empêcher de voir se profiler l''ombre de son père Tim. Tout comme son géniteur (qu''il n'a pas connu), Jeff Buckley a une approche à contre-courant par rapport à ce qui se fait, qui « marche ». Les Buckley n''en font qu''à leur tête, indifférents aux modes qui passent. Leurs points communs s''arrêtent là, leurs univers musicaux sont bien différents.

« Grace » tire son inspiration de la country, du folk, du blues, transfigurés par les arrangements dénudés des morceaux et une interprétation vocale exceptionnelle. Les deux merveilles (entre autres) que sont la reprise de « Hallelujah » de Leonard Cohen et « Corpus Christi Carol » contribuent à enrober ce Cd d''une sorte de mysticisme religieux, et Jeff Buckley invente la soul d''une ère nouvelle.

Hors du temps et des modes, « Grace » est un des plus beaux Cds de rock jamais gravés.

Malheureusement sans suite ...
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le 11 janvier 2012
Cette édition étendue ajoute 12 titres à l'album original, paru en 1994. C'est un beau cadeau pour les fans, puisqu'elle permet de découvrir des titres inédits, notamment "Forget Her", prévu au départ pour être la pierre angulaire de "Grace" ! Se déroulent ainsi en deuxième partie, des enregistrements alternatifs ("Dream Brother ((Alternate Take))" et "Dream Brother (Nag Champa Mix)", ou encore une version ultra hard-rock de "Eternal Life" (Road Version)), et pas mal d'inédits, souvent "blues" ("Lost Highway", "Alligator Wine", "Parchman Farm Blues", "I Want Someone Badly"), un morceau live également très hard-rock ("Kick Out The Jams"), deux titres hypnotiques beaucoup plus proches de l'ambiance finale de "Grace" ("Mama, You Been On My Mind" et "The Other Woman"), ainsi que le fameux "Forget Her" et l'interminable et expérimental "Kanga-Roo" (14 mn !).
Certains titres sont très beaux et tous ces bonus sont dans l'ensemble très intéressants, voire inestimables lorsque l'on se dit que Jeff Buckley n'enregistra en tout et pour tout qu'un seul album : "Grace", donc ! Qui plus est, les quelques bonus endiablés tempèrent un album dans l'ensemble quasi-hypnotique ! Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que l'album original doit être écouté tel que Buckley l'a voulu au départ : soit les dix titres, point final...
Cette pensée peut paraitre sortir de l'esprit d'un puriste, n'est-ce pas...

... Et j'ose : On ne fait pas plus beau que "Grace" !
Il s'agit d'un des albums (L'ALBUM ?) phare du rock 90's. Lyrique, assez planant, offrant des compositions plus complexes que d'ordinaire, relativement "arty" (jeu de guitare introspectif et expérimental, absence de "tube"), il surnage incontestablement au dessus de la masse.
Techniquement, c'est très impressionnant. Les prouesses vocales de Jeff Buckley laisseront les chanteurs lyriques sans voix. Les parties instrumentales feront que les musiciens de jazz ne trouveront rien à y redire.
Réunissant les grands talents de son époque (Non mais qui est ce batteur extraordinaire ?), dont Andy Wallace, ici producteur, mixeur et ingénieur du son (le phénomène "Rage Against The Machine", c'était lui aussi !), "Grace" bouleversait tous ceux qui le découvraient en cette année 1994.
Depuis, la disparition du chanteur a laissé un grand vide. Mais son départ soudain a créé un buzz énorme et l'album, l'unique album studio de ce jeune prodige, s'est alors vendu à des millions d'exemplaires, ce qui pendant des années, exaspéra les fans de la 1° heure (dont votre serviteur). On a eu droit ensuite à un album posthume composé en grande partie de chutes de studio ("Sketches for My Sweetheart the Drunk" : très inégal. Il est probable que Buckley ne l'eut pas souhaité) et une tripotée de compilations proposant de rares inédits la plus-part du temps obsolètes.
Franchement, tout Jeff Buckley est ici, dans les dix titres originaux de cet album extraordinaire. Sa voix exceptionnelle (le final de "Grace" -la chanson-, plus de 15 ans après, me laisse toujours aussi essoré à chaque écoute), profonde, frémissante ("Hallelujah") ou tragique ("So real"), hypnotique ("Corpus christi Carol") ou bien cinglante ("Mojo Pin"). Ses compositions inédites, enivrantes, à la fois tristes et lumineuses, longues et évolutives. Ses arrangements magnifiques, dont le moindre son, apparemment improvisé, découle en fait d'un travail de titan, dominé par un de ces artistes ultra-perfectionnistes qui ira même contre ses mécènes pour éjecter au dernier moment le titre "Forget her" (présent ici en bonus, donc), pourtant prévu au départ pour être l'unique tube de l'album ! Perfectionniste à l'extrême, Buckley ne trouvait pas ce titre à la hauteur de l'album. Et il avait raison. Le temps lui a donné raison. Car plus de 15 ans après sa sortie, le disque originel de 10 chansons s'impose dans toute sa perfection. Aucun titre n'est en trop, aucun ne manque. Il s'écoule de A à Z sans le moindre défaut. Et on reconnait l'œuvre maîtresse qui lança la vague des groupes anglais "lyriques" (Radiohead, Coldplay, Muse) qui ne l'ont jamais égalé dans toute sa profondeur et son originalité.
Et comme s'il fallait accepter toute la fatalité de cette œuvre indépassable, le jeune Buckley et sa voix d'ange aux 4 octaves, s'éteignaient peu après sans jamais connaître le succès. Savait-il qu'il ne réussirait jamais à faire mieux ?

Lorsque Jeff Buckley est mort, tous ses fans se sont sentis abandonnés et on pleuré les albums perdus que le musicien ne sortirait jamais. Et puis finalement, avec le recul, force est de constater que ce chef d'œuvre ultime qu'est "Grace" se suffit en lui-même. On ne s'en est jamais lassé, et tout ce qui gravite autour pâlit à son éclat. Et c'est pour cette raison précise que je ne suis pas convaincu qu'il faille lui ajouter douze titres supplémentaires (imaginez une toile de maître sur laquelle on viendrait, après la mort du peintre, rajouter des détails !)... Oui, c'est un principe de puriste. Je n'en suis pourtant pas un. Il existe des œuvres qui forment un tout. Boire un grand cru, c'est meilleur que de boire un magnum avec ce même grand cru complété avec du vin de moins bonne qualité, même si cette qualité est encore au dessus de la moyenne...
Finalement, "Grace" trouvera son chemin entre l'œuvre de Syd Barrett et celle de Nick Drake qui, dans des styles très différents, marqueront les esprits de par la fulgurance de leur génie et demeureront éternelles.
Comme on peut l'entendre dans le film "Blade Runner" : "Quand une flamme brûle beaucoup plus que les autres, elle brûle beaucoup plus vite"...

Pour les curieux, l'œuvre de son père Tim Buckley, lui-même connu pour sa voix exceptionnelle (5 octaves !) n'a pourtant rien à voir avec celle du fils. Si leur ressemblance physique est impressionnante, si leur destin éphémère et leur organe vocal sont proches, les points communs s'arrêtent là. La musique de Tim s'apparentant davantage au psychédélisme hippie des années 60.
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le 14 janvier 2004
Tient, en plus, en plein mois de Janvier, j'ai toujours trouvé que Jeff Buckley s'écoutait mieux. Pour moi, c'est un disque d'hiver, de coeur glacé. Pourtant, il y a beaucoup de positif dans ce disque. Une voix puissante, unique, que tous les autres ont voulu essayé d'atteindre. Des compositions complexes, qui prennent du temps à se montrer sous leur vrais jours. Il faut tenir tête aux premieres écoutes qui sont déroutantes. Lorsqu'on l'adopte, Jeff devient inséparable. On se mord les doigts de cette noyade suspecte qui l'a submergé. So Real... Hallelujah... Dream Brother... Une musique qui nous fait regretter ce disparu.
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le 2 juillet 2009
La tache est plus ardue que prévue, qu'il est difficile de rédiger quelques lignes sur cet album sublime,hors du temps et des modes, inclassifiable, que les mots semblent soudain petit devant ce concentré d'art brut que constitue Grace. C'est en tout cas mon album préféré des 90's (devant Nevermind,Ten et Rage Against The Machine) et un de mon top 10 et je suis heureux de constater que les 25 commentateurs précédents y sont allé aussi de leurs 5 étoiles, une unanimité que je n'ai jamais vu sur le site !

Fils du songwriter folk Tim Buckley (1947-1975)-qu'il n'aura jamais connu- Jeff a été nourri à diverses sources musicales dans sa jeunesse , de Beethoven à Piaf en passant pas les Beatles, le jazz et le rock des Doors,Led Zep ou Yes. Cet album est son unique album studio de 1993 et est devenu culte après sa mort, influençant la génération des Coldplay,Radiohead,Muse ; parmi les fans de Jeff on trouve également de vieux routiers comme lou Reed ,Tom Verlaine ou Jimmy Page lui-même.
Pour en revenir à Grace, album à la pochette superbe, ce n'est peut être pas un album facile d'accès pour les jeunes tympans formatés à la musique facile et commerciale mais c'est un réel bonheur d'entrer dans cet univers une fois qu'on en a fait l'effort. On passe de ballades sublimes (Lilac Wine, le Hallelujah de leonard Cohen) à des morceaux complexes oscillant entre calme et fureur (Grace,mojo pin) à du hard zeppelinien (eternal life) du folk (lover) voire du chant sacré (corpus christi carol) ; avec la voix de Jeff qui emporte tout sur son passage, tantôt murmure tantôt furieuse mais toujours emplie d'émotions et de pureté cristalline .Il voulait faire de la musique pour « faire oublier Led Zep II » , on peut dire qu'il a (quasi) réussi !

Le second cd est digne d'intérêt avec en premier « forget her » chanson initialement prévue comme single de l'album mais que Jeff refusa d'y faire figurer car elle ne lui plaisait pas, au grand dam de sa maison de disque ; et des reprises , de Hank William (lost Hoghway), Bob Dylan (mama, you've been on my mind),SCreamin Jay Hawkins (alligator wine),Bubka White (parchman farm) ,alex Chilton (kangaroo) , Nina Simone (the other woman) et deux versions carrément hard de eternal life et de Kick out the jam du MC5.

Un indispensable à faire partager , cadeau idéal, ; le genre d'album que j'aimerai ne pas connaître pour avoir le bonheur de le découvrir!
Jeff se noiera en 1997 à 31 ans et l'envie ne me manque pas de coller un procés au Mississsippi pour nous avoir ravi Jeff;on aurait bien besoin de lui dans cette époque où on érige n'importe qui en star ;si un bon avocat me lit...
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le 27 janvier 2010
Le génie de Jeff Buckley, c'est le sens de la grâce. Cette grâce que les hommes méprisent et que les femmes ont appris à perdre, comme nous le rappelle Jeff lui-même dans "The Sky is a landfill", brute prosopopée qu'on nous resservait incongrument quelques mois après le tragique épisode de Memphis. "Grace", l'album bien nommé. Qu'il revisite les chansons de Nina Simone, Benjamin Britten ou Leonard Cohen, partout Buckley surprend par son lyrisme coruscant, adamantin. Ses phrases sont magiques, ses modulations incantatoires. Sa voix déliée comme en apesanteur virevolte, fluide et sauvage, en cascades oniriques inattendues. On pense à Led Zeppelin, à Liz Fraser, à Tim Buckley, mais les références s'arrêtent là. Jeff Buckley n'a rien à envier à ceux-là même qui pleurent encore sa disparition. Sa grâce est celle d'un peintre halluciné, tel un Gustave Moreau transformé en alchimiste du son. En vérité, du calme voluptueux de Lilac Wine à la luxuriance rageuse de Eternal Life, la gamme émotive qui sert de nuancier à Jeff est telle que la gratitude coule des larmes de celui qui sait entendre. "Grace", un chef d'oeuvre qui ne pouvait inaugurer une carrière, mais qui reste tapi au fond des mémoires vives des vrais mélomanes.
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le 14 septembre 2004
Quelle est le propre du rock si ce n'est que la pure expression de la liberté créatrice, des émotions inneffables les plus intenses... Jeff Buckley en est l'icône parfaite ...
Cet immense artiste avait tout:la beauté, la voix ,la sensibilité ... la GRACE.
Disparu trop jeune, cet album réédité 10 ans après le premier cataclysme... est toujours une pure merveille... Un hymne à l amour tout entier ..l' homme qui se définissait lui même comme une "chanteuse" éveille nos sens à sa voix cristalline, et que de frissons à l'écoute de grace, de corpus christi carol ou du sensuel hallelujah... le deuxieme cd nous fait découvrir le magnifique forget her, qui devait figurer sur la première version de grace et l'excellente reprise du other woman de nina simone.... Le dvd bonus nous conforte dans l'idée que jeff était un artiste authentique, sincère, formidable auteur-compositeur d'une humanité rare... alors qu'aujourd'hui s'installe le phénomène MUSE ou Coldplay, redécouvrons celui par qui le rock est devenu à la fois mélodieux , grave, l'expression des pires angoisses comme des plus belles joies.
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le 11 septembre 2000
Au depart, je n'ai rien compris a ce disque. Je crois que personne n'y comprend pas grand-chose, d'ailleurs. Enfin j'abuse, je trouvais le single, Grace, dont je ne savais qui le chantait, proprement ahurissant. C'etait d'ailleurs la premiere bouee de sauvetage a laquelle s'accrocher dans ce disque-deluge. "Mais ou est le refrain ?", continuait a s'obstiner mon cerveau. Et puis, dans cet enchevetrement de cordes et de guitares, j'ai saisi des lignes melodiques de ci de la, que j'ammassais comme autant de bouts de bois pour mieux flotter. Vous allez voir, une fois le radeau fait, tout devient evident. On le demolit, vu que maintenant, on a appris a construire un bateau. Car tel est ce disque, tel est Jeff Buckley : il vous rend meilleur. Plus intelligent, plus sensible, plus courageux. Et a chaque ecoute un peu plus. Ne vous precipitez pas sur le concert filme tout de suite, apprenez d'abord le moindre recoin de cet album. VOIR Jeff Buckley chanter, c'est encore une autre paire de manches. Trop facile pour les filles et dur a avaler pour les garcons. J'ai fait partie de ton Bataclan, Jeff, et depuis je ne cesse d'evangeliser ton art. Hallelujah, man.
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De tous ces artistes disparus vraiment trop tôt, de ces étoiles filantes dont on ne finira jamais d'imaginer ce dont elles auraient été capables, il en est une qui a indéniablement marqué ces 20 dernières année : Jeff Buckley.
Evidemment, d'aucuns vous diront que la hype prévalut, qu'il n'y a, finalement, chez ce jeune homme, fils d'un autre artiste disparu trop tôt (Tim Buckley, pour ceux qui ne suivraient pas mais devraient tant la filiation est évidente et pas seulement patronymique), pas exactement de quoi crier "venez voir", que sa version folky-jazzy de finesses jadis exemplifiées par Led Zeppelin n'est, au bout du compte, que de la poudre aux yeux d'une audience méconnaissant l'histoire du rock'n'roll. On ne le niera pas, il y a de ça mais il y a, surtout, une collection de chansons qui, 20 ans après, des arrangements à la production en passant, évidemment, par un songwriting tout en finesse, la naissance d'un personnage sûrement pas encore tout à fait défini mais fichtrement prometteur. Et même plus que ça d'ailleurs parce que, à 27 ans pour son tout premier album, Jeff Buckley en impose.
Que ce soit pour ses originaux (7 chansons absolument inattaquable du Led-Zeppelinien Mojo Pin à au magnifique rock nuancé de Dream Bother à l'intermède vocal indubitablement influencé par le soufisme musical de Nusrat Fateh Ali Khan) ou ses trois reprises (l'Hallelujah de Leonard Cohen tellement possédé qu'on en oublierait presque l'original, Corpus Christi Carol de Benjamin Britten prouvant, s'il en était besoin, l'extraordinaire qualité des vocalises du maître de cérémonie et un Lilac Wine, jadis repris par Nina Simone, tout en dramatique sensibilité), Buckley met tout son caeur et tout son savoir-faire dans la création d'une aeuvre aussi savante, parce que ces arrangements, cette maîtrise instrumentale, on ne la trouve pas sous le sabot de la première rosse venue, qu'émouvante, et pas seulement par le funeste destin de son auteur mais bien parce que, du ténor sensible de son organe à une imagination avant tout motivée par la passion, l'auditeur en recherche de beaux frissons en aura pour son argent.
Passionné de musique avant tout, puisant son inspiration de partout et n'hésitant pas à régulièrement sortir de sa zone de confort, voir sa collaboration avec John Zorn (Cobra Live at the Knitting Factory), sa participation aux Jazz Passengers, son invitation par Patti Smith, The Seedy Arkhestra ou Shudder to Think, Jeff Buckley est une énorme perte sur laquelle on n'a pas fini de spéculer d'un hypothétique avenir. Reste donc cet album, et un Sketches for My Sweetheart the drunk à ne pas négliger compilant des démos de ce qu'aurait pu être sa seconde aeuvre, cette Grace qui porte si bien son nom, un authentique classique qu'on n'a de cesse de recommander à ceux qui, ermites cloitrés dans leur grotte sans doute, n'y aurait pas encore goûté.

1. Mojo Pin 5:42
2. Grace 5:22
3. Last Goodbye 4:35
4. Lilac Wine 4:32
5. So Real 4:43
6. Hallelujah 6:53
7. Lover, You Should've Come Over 6:43
8. Corpus Christi Carol 2:56
9. Eternal Life 4:52
10. Dream Brother 5:26

Jeff Buckley - vocals, guitar, organ, appalachian dulcimer, harmonium, tabla (track 10)
Karl Berger - string arrangements
Mick Grøndahl - bass
&
Loris Holland - organ (track 7)
Matt Johnson - percussion, drums, vibraphone (track 10)
Gary Lucas - "Magical Guitarness" (tracks 1, 2)
Misha Masud - tabla (track 10)
Michael Tighe - guitar (track 5)
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