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4,6 sur 5 étoiles
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Fan de Lou Reed depuis toujours, petit à petit je complète ma discothèque. Celui-ci manquait encore à l'appel. C'est du bon Lou Reed, comme toujours, avec quelques pépites qu'il ne fallait pas rater.
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On est fin 1975, Lou Reed est virtuellement naufragé. La dernière fois, en 1970, après avoir quitté le Velvet Underground, il était retourné travailler pour son père. Sa deuxième carrière, de 1972 à 1974, a réussi là où la première avait échoué, avec le succès commercial de Transformer, Rock'n'Roll Animal et Sally Can't Dance. Un voyage vers la dépersonnalisation de Sally, le suicide artistique de Metal Machine Music, les tournées auto-destructrices, la ruine. Et cette fois, il n'y a plus de refuge salarié possible, plus de salut ni de perte possibles que dans la musique, plus rien d'autre à faire que demander à un producteur de lui payer un disque. Il n'écrit presque rien, d'ailleurs. En puisant d'une part dans le stock de chansons écrites à l'époque du Velvet Underground et pas encore publiées (elles parsèment tous ses disques solo jusqu'en 1978) et en finalisant d'autre part une poignée de chansons qu'il travaille depuis le début de l'année, il tient l'ossature d'un LP. Il promeut co-producteur un jeune ingénieur prometteur, Godfrey Diamond, ce qui lui permet d'écarter à la fois le risque que le disque soit mal produit et celui qu'une forte personnalité lui dispute une part de liberté artistique. Il impose notamment un minimum de musiciens de studio et son jeu de guitare. Le son est très rock mid-70s, un peu assourdi, dans la lignée de Loaded en moins coloré mais mieux réalisé. Rien ne doit détourner l'attention des chansons, de l'honnêteté artistique avec laquelle Reed les a écrites, conjurant pour une fois toute tentation de se réfugier derrière une pose anti-émotionnelle. La finesse et la densité psychologique atteint son sommet sur le morceau-titre, où il affronte superbement les contradictions de l'existence. Cette réédition comprend pour la première fois les bonus d'époque : Nowhere at All et les premières versions de Dirt et Leave Me Alone, qui ne verront officiellement le jour que sur Street Hassle, ainsi que des démos de trois chansons de Coney Island Baby. Un des meilleurs disques de Lou Reed, dignement réédité, malgré l'absence des paroles.
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le 16 décembre 2008
Lou Reed a beau être une sorte de légende vivante, sa carrière solo n'en est pas moins particulièrement inégale. Après avoir quitté le Velvet, l'animal va surtout se préoccuper de conserver sa place de parrain de la décadence, de chef de l'avant-garde, chèrement acquise avec le Velvet. Chaque disque marque alors une nouvelle tentative de reprendre la place que d'autres convoitent. Avec "Transformer", il rappelle que le glam de Bowie lui doit tout, à lui qui a été le premier à jouer sur l'ambiguité sexuelle. Avec "Rock'n Roll Animal" il embauche les guitaristes d'Alice Cooper et s'impose dans le heavy metal naissant. "Berlin" est un album-concept littéraire au possible, "Metal Machine Music" une fumisterie avant-gardiste, et "Sally Can't Dance" essaye d'être commercial.
Au final, beaucoup de masques ; pourtant le Lou va se trahir, se dévoiler sur un album discretement élégant, subtilement troublant. C'est Coney Island Baby, un recueil de chansons parfaites, chantées avec choeurs, à la production sobre. Lou Reed se permet un son influencé par le doo-woop, musique que l'on entend entre les lignes de beaucoup de morceaux du Velvet et qui s'affirme ici au grand jour. Et puis, il faut entendre le rock'n roll animal chanter des choses comme "I'm just a gift to the women of this world" (merveille dont l'ironie est difficile à apprécier) ou "she's my best friend", soutenu par des la-la-la-la, des na-na-na ou des ohhhh-ohhh, des cloches et des xylophones. Le morceau-titre est un pur joyau, et l'ensemble est proche de la Grâce.
Cette réédition au son parfait propose en bonus trois inédits et trois démos, montrant notamment que Lou Reed comptait d'abord appliquer un traitement "hard rock" à ses morceaux. Difficile de savoir quelle illumination lui a fait abandonner cette voie, ce qui a bien pu l'inciter à laisser tomber l'emphase, la pose. Quoi qu'il en soit, il ne retrouvera une telle sincérité que plus tard, bien plus tard, avec l'album "New-York".
Le vrai visage de Lou Reed ?
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le 5 février 2007
Les années 70 furent celles durant lesquelles le rock devint un réel phénomène social,on pouvait gloser à l'infini sur un disque de Dylan ou sur les différences entre Bowie et Alice Cooper...

Parmi toute les personnalités de cette decennie,le sulfureux Lou Reed demeure le Maître,le Lucifer de la cohorte d'anges noirs qui ont suivi dans sa foulée,le chemin épineux de la rock & roll attitude.

5 ans après avoir quitté le Velvet moribond,il va sortir son plus beau disque en solo,mélangeant vieilles chansons Velvet(she's my best friend) et un paquet de nouveautés,belles à pleurer.

Epaulé par un backing band prodigieux,notamment la section rythmique & une production tirée au cordeau,Lou n'a jamais aussi bien chanté et,seul,peut-être,son voisin & émule Elliott Murphy,produira d'aussi beaux disques dans les années suivantes.

Loin du sublime déluge sonique de Rock & Roll Animal,l'album est feutré,un son patiné,du velours pour les tympans,y compris sur le monstrueux Kicks,sa chanson post Velvet la plus remarquable.

Il y a une justice,le disque fût bien critiqué & se vendit confortablement;à votre tour d'enrichir Lou!
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le 17 mars 2011
Je n'avais pas écouté cette œuvre depuis sa sortie ou presque. Je me suis laissé tenter par la promo et par les bonus. Et je ne le regrette pas. C'est véritablement excellent, parmi les meilleures réussites de Lou Reed. Les chansons sont très influencées, environ 6 ans après, par le Velvet U. Mais il y ajoute une touche vraiment personnelle, dans l'esprit et dans le son. Ah cette basse magique, incroyablement bonne, ces mélodies rentrées, subtiles, éthérées !
Tout est bien, le son est excellent, le livret, bon bof..., les bonus ?
Ah ! Les bonus, le top : 3 titres vraiment inédits et excellents ! et 3 titres rares : des versions "alternate" superbes et franchement différentes et intéressantes. Pas un bouche-trou mais un plus indéniable !
Je ne regrette que 2 choses : l'absence des paroles : avec Lou Reed , c'est dommage. Et je me demande s'il n'y a pas eu un remixage car 2 titres sonnent "bizarres": 'Ooooh Baby' et 'A gift', mais c'est peut-être normal et dû à mon oubli ( est-ce quelqu'un peut me le préciser ?)

Donc un cd qui sera à ranger près de 'Berlin' 'Transformer' 'Rock'n'roll Animal' et 'Lou Reed Live!'(à mon humble avis)
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le 25 octobre 2013
Disque de rupture, marquant un retour aux sources et une brève pause avant de plus furieuses aventures, cet album peut être vu comme le havre accueillant d'une carrière privilégiant à l'habitude les climats les plus durs et les ambiances les plus acérés. Sans que les mots perdent de leur tranchant, les musiques se font ici plus souples, et les orchestrations moins anguleuses. L'auditeur semble porté sur un nuage, ses perceptions émoussées comme sous l'emprise de la drogue. Chef d'oeuvre mélodique et pervers, insidieusement vénéneux, ce disque extraordinairement subtil distille, au delà de la fascination cotonneuse exercée par une musique proprement "stupéfiante", les charmes troubles et paradoxaux d'un bienfaisant malaise.
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le 14 juillet 2006
je suis sur que ce même disque Coney Island Baby a été chroniqué avec intelligence un peu plus loin dans ces pages. C'est pourquoi je me consacre à cette Die Spiegel Edition, aux germaniques consonnances. Sorti en 76, CIB est l'un des plus purs bijoux du Rock'n'roll Animal. Songwriting translucide, arrangements flottants, voix diaphanes. Sweet Lou. le grand maitre de la ballade new-yorkaise, le fan de Ben E King et Dion Di Mucci. Calme, Luxe et Volupté avec un arrière gout de sexualité border-line (vive de le politiquement correct). Un disque qui à l'instar The Idiot du Pop et Astral Weeks de Van semble détaché de toutes contingences temporelles.
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le 16 septembre 2003
Disque de rupture, marquant un retour aux sources et une brève pause avant de plus furieuses aventures, cet album peut être vu comme le havre accueillant d'une carrière privilégiant à l'habitude les climats les plus durs et les ambiances les plus acérés. Sans que les mots perdent de leur tranchant, les musiques se font ici plus souples, et les orchestrations moins anguleuses. L'auditeur semble porté sur un nuage, ses perceptions émoussées comme sous l'emprise de la drogue. Chef d'oeuvre mélodique et pervers, insidieusement vénéneux, ce disque extraordinairement subtil distille, au delà de la fascination cotonneuse exercée par une musique proprement "stupéfiante", les charmes troubles et paradoxaux d'un bienfaisant malaise.
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le 19 mars 2011
"Coney Island Baby", dernier disque louridien chez RCA avant un passage chez Arista qui durera 6 ans (il reviendra en 1982 chez RCA). Album magnifique, reposant et virevoltant, faisant suite à un naufrage artistique et commercial ("Metal Machine Music", disque controversé, mais culte et innovant, et osé). Lou Reed fait, ici, du rock imprégné de pop et de doo-wop, avec un grand moment de tension ("Kicks") et, pour le reste, du pur bonheur. Inoubliable album, mais trop court (35 minutes, 8 chansons). Indispensable !
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Pressé par une maison de disques toute désireuse de tirer le jus du citron que le succès de SALLY CAN'T DANCE a fait couler, Lou Reed va livrer l’irréel METAL MACHINE MUSIC, un double-album de larsens et de feedbacks de 64 minutes qui sera rapidement retiré des bacs ! Un ovni inécoutable ou culte selon l’état d’esprit de l’auditeur. Fauché, dépouillé de son matériel par des roadies non payés, entretenu à l’hôtel par sa maison de disques, Lou est sommé de rendre une copie estampillée « rock n’roll » avec son prochain effort. Ce sera celui-ci, l’un de ses plus beaux disques.
Considéré comme l’album du retour, CONEY ISLAND BABY nous montre un Lou Reed plus lucide, faisant un bond en arrière vers l’époque où, jeune Lou aux dents longues, il tentait de reproduire ces doo-wop italiens qui le fascinaient tant à la radio (irrésistible OOOHHH BABY); ce qui se percevait déjà sur les premiers Velvet et se confirme ici sur un SHE’S MY BEST FRIEND datant de cette époque. Ainsi, réalisant bien sagement l’album de classic rock qu’on attendait de lui, Lou Reed se fait plus doux (CHARLEY’S GIRL), plus pop (CRAZY FEELING et ses cloches), apaisé même dans les moments de pop/art mondains à la Velvet (KICKS), et devient touchant par la simple intimité que délivre sa voix dans un sincère élan de flash-back partagé (CONEY ISLAND BABY).
Tops : CONEY ISLAND BABY, KICKS, CRAZY FEELING, CHARLEY’S GIRL, OOOHHH BABY, SHE’S MY BEST FRIEND
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