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le 10 février 2013
Dmitri Chostakovitch (1906-1975) est le plus important des compositeurs russes pour quatuor à cordes.
Chostakovitch voulait en composer 24, nombre qui correspond aux 24 tonalités de la musique savante occidentale. De 1938 à 1974 (soit un an avant sa mort), le compositeur ne put en réaliser que 15.

Malgré tout, ces quinze quatuors à cordes sont parmi les beaux et les plus aboutis du XXe siècle.
Le quatuor n°1, composé à la fin des purges staliniennes, est très classique, Chostakovitch l’ayant qualifié d'«œuvre printanière et gaie».
Composé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Quatuor n°2 et n°3 dépassent ce classicisme, pour atteindre plus de modernité d’expression: ils ont été d’ailleurs jugés trop formalistes par le pouvoir soviétique.
Le quatuor n°4 emprunte de nombreux thèmes de la musique populaire des Juifs de l’Europe de l’Est dans lesquels Chostakovitch voyait l’incarnation du symbole de la fragilité humaine et bien sûr de la persécution.
Le quatuor n°5 est composé pendant la période où, pour avoir soutenu divers musiciens de l’URSS, Chostakovitch voit son œuvre interdite par la censure qui sévit encore très fortement pendant les dernières années staliniennes.
Le sixième est créé pendant la période de «démocratisation de la culture» après la mort du tyran: c’est une époque heureuse pour Chostakovitch et on le ressent dans ce quatuor.
Le quatuor n°7 est le plus court de Chostakovitch. C’est une période douloureuse sur le plan personnel. Cette œuvre est dédiée à sa première femme, disparue 6 ans plus tôt.
Le quatuor n°8 est le plus connu et le plus joué. L’œuvre est dédiée «aux victimes de la guerre et du fascisme».
Les quatuors n°9 et n°10 sont composés dans un moment où la maladie incurable et chronique de la moelle épinière de Chostakovitch se fait de plus plus douloureuse.
Les quatuors n°11, n°12 et n°13 utilisent des principes issus de la musique sérielle, genre honni par le pouvoir politique.
Le quatorzième revient à une structure plus classique.
Le dernier quatuor est le plus introspectif et le plus intense. Le compositeur a d'ailleurs affirmé qu’il fallait «le jouer de telle sorte que les mouches tombent mortes du plafond et que les spectateurs commencent à sortir de la salle par pur ennui.»

La discographie des quatuors à cordes de Chostakovitch se distingue par celle, historique, du Quatuor Beethoven et celle plus récente de l’intégrale réalisée par le Quatuor Borodine.
Les quinze quatuors réunis dans ce coffret ont été interprétés par le Borodine Quartet entre 1978 et 1983. Ce quatuor est issu de l’école soviétique, et fondé en 1944 par des étudiants au Conservatoire de Moscou autour de l’altiste Rudolf Barchaï.
Actuellement plus ancien quatuor à cordes encore en activité, les musiciens ont ici gravé des pièces extraordinaires.
Tout y est: c’est lent, triste ou glauque puis surgissent des moments plus rapides, plus joyeux ou plus ironiques, les Allegretto alternent la sérénité ou la mélancolie.
Puis, au diapason de la composition, le quatuor se fait plus sarcastique, grinçant, sombre, voire parfois extrêmement noir, pessimiste et presque suicidaire, le rythme est intense et endiablé mais jamais démonstratif.
Des suppléments à cette intégrale sur le disque 2: "Two Pieces for Strings Octet, Op.11" avec le Prokoviev Quartet (enregistré en 1964) et "Piano Quintet in G Minor, Op.57" avec le grand interprète Sviatoslav Richter (1983).

Le Quatuor Debussy, créé par des musiciens français, est le quatuor à cordes qui monte et a enregistré depuis 1990 les quinze œuvres de Chostakovitch. Leur interprétation, bien différente de celle du Borodine Quartet, est néanmoins remarquable. Une édition intégrale sous forme de coffret serait une excellente nouvelle.
33 commentaires| 7 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Les quatuors à cordes : l'autre monument de Shostakovitch, à côté des symphonies. Quinze symphonies, quinze quatuors. Ce qu'il y a de remarquable d'abord dans ces pièces, c'est qu'on y retrouve tous les aspects de l'esthétique si originale du compositeur soviétique : l'ironie mordante, le burlesque, la violence, l'angoisse - de la mort qu'il a souvent côtoyée de près. Ce qu'on remarque aussi immédiatement, c'est à quel point il a pu renouveler le genre, avec un approche quasi symphonique, au point qu'on en oublie que l'on a affaire à de la musique de chambre pour quatre instruments. Après Haydn, on peut dire que Shostakovich est le second père du quatuor. On n'avait jamais rien entendu de tel auparavant !
Le plus célèbre, le numéro 8, est d'un dynamisme et d'une force époustouflants dans l'enchainement de ses cinq mouvements. A ceux qui croiraient que cette musique est un peu ennuyeuse et poussiéreuse, y compris à ceux qui ne sont pas amateurs de musique classique, je conseillerais d'écouter juste le deuxième mouvement, court, rapide, dense, percutant'.
Dans ce quatuor en particulier (datant de 1960), on remarque également une marque de fabrique nouvelle du compositeur consistant à user de l'auto-citation. On retrouve dans le thème principal du deuxième mouvement celui du dernier mouvement du trio avec piano n° 2 (1940), dans le troisième des réminiscences du concerto pour violoncelle numéro 1 (1959). Loin de donner l'impression d'un essoufflement de la force créatrice du Shostakovich, ce procédé donne au contraire une grande cohérence à l'ensemble de l'œuvre - et aussi un aspect ludique que le compositeur a sans doute recherché lui-même.
Je dois bien avouer que je ne connais ces quatuors que par les Borodin. Je n'ai donc pas de point de comparaison. Mais on a du mal à imaginer que l'on puisse faire mieux que ces versions.
Il faut préciser que le coffre contient également deux pièces pour octet jouées par le Borodin quartet et le Prokofiev quartet, ainsi qu'un quintet pour piano joué avec Sviatoslav Richter.
Quant au coffret lui-même, c'est moins sa solidité qu'on peut mettre en doute que son aspect pratique : les six CD qui le composent sont présentés à plat, dans un emplacement fermé sur tous les côtés, de sorte qu'on se trouve obligé de tous les sortir chaque fois qu'on veut écouter l'un des tous derniers. Il faut cependant tempérer ce léger inconvénient en précisant que le coffret contient un livret assez complet présentant une analyse de chacun des quatuors - le texte est en anglais mais compréhensible dès lors qu'on possède les rudiments de cette langue.
Quoi qu'il en soit, cette intégrale est extraordinaire, et ne peut être que très chaudement recommandée à tous ceux qui ont envie de découvrir l'oeuvre de ce compositeur atypique. Et peut-être au-delà la musique de chambre du XXe siècle.
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Un condensé de la pensée musicale de ce compositeur. Quinze symphonies dont certaines d'une puissance véritablement renversante, d'une richesse musicale et d'une qualité d'orchestration phénoménales et quinze quatuors où quelques cordes suffisent pour créer un monde musical d'une profondeur insondable.
Les Borodin sont encore et toujours inégalés dans ce répertoire. Il est rare d'entendre une telle fusion sonore, une telle évidence dans la complémentarité. On entend la musique, et non les musiciens; ou pour le dire autrement, la pensée est globale et chacun apporte sa pierre à ce gigantesque édifice sans chercher à se mettre en valeur. Le résultat est bouleversant.

Dans plusieurs de ces quatuors, on atteint les plus hauts sommets.
Le quatrième, très populaire, frappe par son lyrisme, ses accents folkloriques, ses nuances et la maîtrise de son écriture.
L'austère 10ème (dont une transcription pour orchestre existe) est d'une telle tension que ses dernières notes vous laissent frustré, car on en voudrait davantage, et en même temps hors d'haleine, tant on en oublie de reprendre son souffle...
Le cinquième est un modèle d'audace, alliant la forme sonate dans un mouvement et une grande liberté dans un autre.
Le onzième, en sept mouvements courts joués sans interruption est d'une grande austérité. Comment ne pas ressentir ici la désolation, la souffrance ?
Le treizième, en un seul mouvement est un modèle de dépouillement en même temps qu'un véritable chant de désespoir.
Le sixième est sans doute, de toute la série, celui qui exprime le plus de joie, de légèreté. Et cela, dans une écriture remarquable.
Le quinzième semble ne plus appartenir à ce monde. Le compositeur avançait en âge, et quand la fin est proche, la pensée va à l'essentiel...

Les cordes permettent une profusion de sonorités. Elles sont parfois douces, souvent rugueuses, elles ponctuent le discours ou étirent les notes, se frottent, s'additionnent,... Ces oeuvres constituent un véritable catalogue de leurs possibilités!
La musique n'est ni légère, ni facile. Ce n'est pas le côté mélodique qui l'emporte. Les instruments vous convient à entendre ce que ce phénoménal compositeur était capable de concevoir: une pensée sans concessions, une rigueur absolue, des audaces harmoniques avec les derniers quatuors qui exploitent la série des 12 sons, des contrastes surprenants, la souffrance aussi (le contexte politique, les guerres qu'il a connues), un côté sarcastique, de la sauvagerie par moments, un dépouillement qui abrite la désespérance,...
C'est immense et inattendu comme peut l'être notre univers intérieur.

Dimtri Chostakovitch a érigé là son monument. Mais, pour beaucoup, c'est LE monument.
Si un voyage et une visite dont on ne revient pas indemne vous tentent...
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le 20 février 2011
On peut dire ce que l'on veut de cette intégrale, elle est,de toute façon, à mettre au-dessus de toutes les autres. Car chez les Borodine on trouve le monde de Chostakovitch : violence,grotesque,tristesse déchirante, révolte...Tout ce qui compose en fait sa musique. Qui en fait sa puissance et son humanité.
Évidemment cela n'empêche aucunement d'écouter l'intégrale du Quatuor Beethoven (autre sommet) ou celle des Fitzwilliams d'une belle sonorité.
Mais s'il fallait n'en posséder qu'une seule et bien pour moi ça serait celle du Quatuor Borodine.
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le 20 décembre 2015
Tout a été bien dit par les commentateurs précédents. Je rajouterais simplement que l'on ne s'ennuie pas une seconde tant qu'on délecte chaque note avec une rare sensualité auditive. Le Quatuor Borodine, une formation que vous m'avez tous fait découvrir. Un grand merci !
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le 26 juillet 2009
Découverte pure et simple : première audition des oeuvres de Shostakovitch (je n'avais entendu que la 10ème symphonies) et évidemment, dans mon appréciation, aucune version de comparaison.
Les Borodine me semblent interpréter avec justesse et respect du texte et de l'esprit ces oeuvres très riches.
A écouter sans modération.
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le 31 août 2014
On ne présente plus le quatuor Borodine, grand spécialiste de ces quatuors, très importants dans la carrière de Shostakovich. et, en prime, une belle interprétation du quintette pour piano et cordes, avec Richter au clavier. On peut regretter (d'autres commentaires le mentionnent), le peu de praticité du coffret, mais ce n'est pas bien grave par rapport à la qualité de ces cd.
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le 11 juin 2010
Des moments merveilleux. Très bons disques. Mon seul reproche: le coffret en papier fort peu solide fait vraiment bon marché et laisse planer des doutes sur la protection future des dc. C'est le seul mauvais point du recueil. Le fait que les commentaires soient en anglais est moins grave.

François Romain
22 commentaires| 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

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