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Que la maladie n'ait pas permis à Emil Gilels de finir cette intégrale.
Tout est en effet ici totalement en accord avec (ce que nous supposons être) la volonté du grand compositeur.
Quand Gilels et son grand ami et compatriote Svialoslav Richter ont commencé à enregistrer les sonates de Beethoven, beaucoup se sont insurgés devant tant d'audace et de vista.
Leurs interprétations semblaient révolutionnaires par rapports à celles des Backhaus et autres Schnabel.
Maintenant on s'apercoit que cette vision, plus rude, plus virile, plus abrupte aussi a fait école.
Cependant comme pour Richter, Gilels est loin de paraitre austère, la poésie est toujours présente,(le mouvement lent de la "Hammerklavier" le lyrisme toujours sous jacent et surtout on sent (comme chez Kempff ou Serkin) un amour et un respect quasi mystique de l'oeuvre.
Gageons que là haut Emil aura pu jouer la 32ème qui manque cruellement ici.
11 commentaire| 10 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 24 novembre 2010
Il suffit d'écouter le mouvement lent de la 5e sonate pour comprendre face à quoi on se trouve : un miracle de l'histoire de l'enregistrement. Une intégrale hélas inachevée, patiemment construite sur plus de dix ans, commencée en 1972 avec une Waldstein d'une noirceur, d'une force de suggestion que seul Arrau dans les années 60 peut approcher. Vingt-cinq ans après la mort du pianiste, voilà une somme qui n'a pas pris une ride, et même qui semble s'être bonifiée. Excusez-moi, mais où sont les manièrismes et les afféteries dont André Tubeuf affublait les premiers enregistrements de ces sessions ?
Gilels est ici bien au-delà de l'objectivité. Il semble respirer naturellement cette musique, offrant un sérieux, une hauteur de vue, un abattage qui nous emportent.
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Avec Gulda, Serkin et Arrau, Emils Gilels fait partie de mes 4 pianistes beethoveniens préférés et ce coffret est le témoignage le plus abouti de ce pianiste dans Beethoven même si quelques sonates (dont l'opus 111!) manquent à l'appel, la mort ayant fauché Gilels avant qu'il puisse conclure ce qui demeure tout de même le couronnement de sa carrière discographique.

Qu'est ce qui fait la magie du jeu de Gilels dans Beethoven?

+ Une clarté architecturale, une précision rythmique et une qualité de toucher incroyables
+ Une absence d'alternances mécaniques temps forts / temps faibles pour produire une continuité trop rare chez la plupart des autres
+ Une différenciation et un contrôle stupéfiants: les pédales sont subtilement utilisés pour varier les timbres au lieu de créer des ambiances chopiniennes inadéquates
+ Une tension dramatique basée sur une précision chirugicale presque boulezienne qui dégage une force surnaturelle
+ Une clarté du discours et de l'intention musicale: une rhétorique parfaite
+ Une pesanteur, une frustration, une douleur, une solitude presque autiste qui s'expriment dans un lyrisme romantique aussi implacable qu'irrésistible

La grande frustration, pour l'auditeur cette fois, est l'absence de l'opus 111. Pour atténuer celle-ci, je vous conseille la version de Maurizio Pollini qui s'intègrera très bien à ce cycle.
2525 commentaires| 4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 21 mars 2015
Des 32 sonates pour piano de Beethoven, il doit exister une bonne centaine d’intégrales, dont aucune n’est réellement indigne. Plusieurs sont excellentes, et l’on ne saurait se contenter d’une seule. Faire un choix est difficile, voire impossible… Néanmoins, au sein d'une discothèque très fournie de ces oeuvres, c’est une quasi-intégrale seulement que je reviens le plus souvent : celle d’Emil Gilels, malheureusement décédé avant d’avoir eu le temps d’enregistrer les 32 -il en manque 5-.
Entamée en 1972, elle définit un parcours inscrit dans la durée -les sonates 30 et 31 ont été enregistrées en 1985, année de son décès-, où chaque étape a été longuement pensée, réfléchie, construite, et constitue un sommet. Une beauté de sonorité exceptionnelle et une puissance d'architecture unique la caractérisent, dans des prises de son qui vont du correct au très bon et magnifiquement remastérisées. Immense beethovénien du 20ème siècle -il fut, avec Arthur Schnabel, le pianiste qui donna le plus souvent les concerts du compositeur en concert-, Gilels se révèle ici d'une puissance marmoréenne inégalée.
Le plus grand regret vient bien sûr de l'absence de l'opus 111.
Détailler l'ensemble de ce corpus serait vain, l'excellence y règne le plus souvent, mais on pourra néanmoins citer les variations Eroica, fabuleuses, ainsi que les sonates n°7, 16 "La Tempête", 21 "Waldstein", 23 "Appassionata", 29 "Hammerklavier", 30 et 31 comme d'incontournables réussites.
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Les sonates de Beethoven interprétées par Gilels ont quelque chose de particulier, elle sont le prolongement du physique de l'interprète, à savoir son faciès léonin ! En effet, ces sonates sont pour moi les plus majestueuses, le geste est ample et féroce, à l'instar des rois les plus puissants. Cet ensemble de sonates fait partie des meilleurs interprétations, je les range à coté de celles d'un Gelber ou d'un Arrau.
Il faut entendre la Walstein, comment Gilels nous entraine dans une tempête, un maelström dont on ne ressort pas indemne !
Il est regrettable que Gilels n'ai pu finir cette intégrale qui aurait été, sinon La, du moins l'une des 4 références en la matière. Le jeu du russe est d'une puissance inouïe et les dernière sonates résonnent durablement et bien au delà de l'écoute...
A noter que les premières sonates souffrent peut être un peu de ce jeu par trop granitique. Un coffret indispensable à tout ceux qui considèrent comme moi les 32 sonates comme l'alpha et l'Oméga de la littérature pianistique.
il semblerait qu'il existe une autre référence de ce programme
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le 16 septembre 2009
Inutile de tourner autour du pot. Oubliez les pisse-vinaigre dûment assermentés et corrompus à l'insu de leur plein gré. Cette quasi intégrale - hé oui, comme Molière sur scène, Gilels est mort sur son piano, tout comme Bill Evans, autre absolu génie de la baleine noire - ridiculise le qualificatif même de "référence". Elle se pose comme un monument, une pyramide pianistique, devant quoi même les plus grands virtuoses doivent s'incliner, voire même ramper à quatre pattes. Ignorez ceux qui vous parlent de jeu "brut" ou "héroïque". Beethoven est infiniment plus complexe, et Gilels vous le sert habité, hanté, construit, claqué, chanté, modulé comme personne. Ce coffret devrait en réconcilier beaucoup avec Beethoven. Quant aux fidèles, il va les éclairer sur la force, le raffinement extrême, l'intelligence et la sensibilité d'un autre génie - monsieur Emil.
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le 11 novembre 2012
Io penso che per queste sonate, per gli splendidi concerti per piano e orchestra di Brahms, per i pezzi lirici di Grieg, e non aggiungo altro perché purtroppo la qualità audio di sue vecchie registrazioni non è di buon livello data l'età, Gilels sia il punto di riferimento assoluto. La sua tecnica, la sua emotitività, la sua drammaticità , i suoi tempi, siano semplicemente impareggiabili. Non per niente fu il primo pianista della Russia comunista a poter varcare i confini per meriti acquisiti. Questa splendida collezione non deve mancare per un amante del grande Ludwig.
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le 24 octobre 2015
Je connaissais depuis fort longtemps les sonates pour piano de Beethoven par Emil Guilels. Je les retrouve avec un bonheur infini, car tout y est, et par dessus-tout une sorte de souveraineté qui n'existe que chez les très grands artistes. Vraiment, il faut connaître ces œuvres par des maîtres tels que Guilels, auxquels ont peut ajouter Richter, et, plus près de nous, Stephen Kovacévich.
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le 6 février 2010
La technique pianistique de Gilels est époustouflante: le son d'or qui jaillit sous ses doigts est mis au service d'un raffinement extrême. Seulement pour ma part j'ai du mal à y trouver l'esprit de Beethoven, ce côté austère et à la fois mélancolique de ses pièces. Par un usage ingénieux et merveilleux de la pédale Gilels fait chanter le piano, mais rappelle beaucoup Chopin et par la même occasion Scriabin, là ou un Richter ou un Arrau marquent une nette différence.
Au final, ça reste un enregistrement génial étalant une palette sonore et une poésie infinis!
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le 26 juin 2016
Je possède d'autres interprétations de référence des sonates de Beethoven (celles d'Arthur Schnabel, de Wilhem Bachaus ou d'Yves Nat) et j'ai ecouté les extraits de plusieurs autres.

Avec celle d'Emile Guilels, je ne suis pas déçu. "C'est Beethoven" au piano par la mise en valeur claire de la construction magistrale, par les tempi, par le rythme (ne jamais oublier à ce sujet le fameux propos d'Hans von Bülow commentant Beethoven : "Au commencement, était le rythme"), par les contrastes, par le toucher allant de l'extrême douceur (mais avec très peu de pédale), à la plus grande force (qui peut être brutale, comme il se doit), par l'usage discret et à bon escient de la pédale, par l'esprit par dessus tout, avec, comme presque toujours chez Beethoven, la mise en valeur dans chaque œuvre d'une très grande variété de sentiments humains.

La prise de son et la restitution sonore sont souvent excellentes.

Bien sûr, toutes les sonates ne sont pas aussi bien interprètées. Ce n'est jamais le cas, chez aucun interprète. On ne saurait attendre dans l'interprétation d'une œuvre aussi vaste un 20/20 pour chaque pièce. Certaines sonates sont en revanche tout à fait remarquables et au plus haut niveau d'interprétation. Je jauge ainsi les célèbres Pathétique, Clair de Lune ou Tempête. Mais bien d'autre sonates sont merveilleusement jouées. Un seul exemple : la sonate numéro 5 en ut mineur ou "petite pathétique".

Attention, attention ! Toutes les sonates ne sont pas dans ce coffret, notamment celles de l'opus 111 que n'a pas pu enregistrer Emil Guilels avant sa mort, mais aussi les sonates habituellement classées numéros 1 ou 9, par exemple.

Il faut donc avant l'achat vérifier quelles sont les sonates enregistrées dans cette "intégrale" qui n'en est pas une.

Un régal quand même.
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