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le 8 mars 2007
Décidément, Roland Grapow n’a pas de chance. Ecarté du potager comme un légume avarié par la cigarette plantée au coin de la bouche de Michael Weikath, le néo-classieux gratteux voit cette fois deux figures emblématiques de son projet Masterplan quitter le navire, l’un au micro, pour « divergences musicales », l’autre, aux baguettes, pour on-ne-sait-pas-trop-quoi, mais qui aura pleinement justifié son départ en sortant un album imparable avec son projet Beautiful Sin : The Unexpected.

Mais Grapow a une méthode pour encaisser sans vibrato du sourcil cette succession de coups du sort : il s’en fout ! Mieux, le bonhomme est maintenant devenu le « crimson rider », ce chevalier du ciel dont Jorn Lande chantait les louanges sur le titre d’ouverture d’Aeronautics: combattant valeureux, seul contre tous et victorieux !

Un rapprochement d’autant plus justifié avec le Baron Rouge que ce troisième album, à l'image de son titre qui désigne un avion de chasse Canadien de l'entre-deux guerres (et bien sûr qu'il s'agit du 2ème line-up du groupe) tutoie les cieux presque tout du long.

Car en recrutant Mike DiMeo, ancien chanteur de Riot, Grapow a déniché une voix certes moins personnelle que celle de Lande, mais qui permet toutes les audaces stylistiques sur cet opus : « Warrior’s Cry » qui ouvre le bal pour de bon après la courte intro symphonique « Phoenix Rising » fait place aux rythmiques véloces et aux envolées speed qui donnent le frisson, tandis que la triplette « Keeps Me Burning » / « Take Me Over » / « I’m Gonna Win » (et qui constitue le sommet de l’album à mon goût) donne lieu à un heavy ultra-mélodique aux frontières du hard FM lors de refrains qui prennent aux tripes et, mieux, savent émouvoir.

Les sonorités orientales de « Call the Gypsy », le côté presque thrash de l’énorme « Masterplan » dont les rythmiques de fou vous plaquent contre le mur et le refrain primaire finit de vous achever, le riff génial de « Enemy » et le heavy cosmique de « Heart of Darkness » et rappelant fortement le « And Then the Rain… » de Cloudscape témoignent d’une expédition aventureuse où la variété rime avec une étonnante simplicité, la présence discrète de nombreux arrangements ne venant jamais alourdir l’efficacité des morceaux.

Pour autant, ce contraste assez saisissant entre les titres se fait de la manière la plus naturelle qui soit, et pour cause: là où de nombreuses formations se prennent la tête pour savoir où caser tel ou tel riff qui tue et s’il n’est pas meilleur de placer tel plan ici plutôt que là, Grapow a choisi une voie plus authentique et inaccessible pour nombre de ses contemporains : celle du cœur.
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le 10 septembre 2008
Malgré le remplacement de l'immense Jorn Lande (vocaux) et de U. Roth (batterie) cet album est plutot de bonne facture. M DiMéo, le nouveau chanteur, s'en sort convenablement et les compositions, certes moins percutantes que sur "Aeronautics", restent globalement correctes voir trés bonnes (Lost and gone, I'm gonna win, Enemy, heart of darkness notamment).
Cependant, on pourrait reprocher au leader Grapow de ne pas laisser beaucoup les autres membres du groupe s'exprimer. C'est un excellent guitariste, bon technicien de studio mais un compositeur inégal. Dommage
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le 29 avril 2008
Bon alors, voici donc le troisième opus de Masterplan. Le site web du groupe avait déjà annoncé le départ de leur chanteur Jorn Lande, et j'attendais avec inquiétude ce que pouvait donner cette musique avec un nouveau chanteur, en l'occurrence Mike Di Meo. Dans un cas comme cela, on est rarement content et cela se confirme. Les compos, visiblement écrites pour Jorn Lande, ne "collent" pas vraiment à Mike Di Meo, qui fait pourtant de son mieux. Par ailleurs, Mike Terrana à la batterie ne fait pas oublier la rythmique si particulière d'Uli Roth. En conclusion, un bon album, certes, toujours dans la veine hard mélodique, mais on espère que les deux nouveaux arrivants pourront réellement entrer dans les compos pour le prochain album.
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