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En 1972, Saint-Preux plongeait Le Piano sous la mer. En 1977 Supertramp en remet une couche au Ranch Caribou dans le Colorado en enfouissant réellement le sien sous la neige ( ce n'est pas un trucage et encore moins de la cocaïne, le succès mondial et la gloire n'arriveront que l'année suivante avec Breakfast In America ).
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le 12 avril 2017
Fan de la première heure, je me suis procurer Crisis? What Crisis, Even In The Quietest Moments, Crime Of The Century et Breakfast In America.
Ca fait du bien dans mes oreilles !
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le 31 mars 2017
Inconditionnel de ce groupe depuis trente ans, j'avais toute la collection en vinyl, je suis passé au CD, pas de commentaire supplémentaire.
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C'est le cinquième album de Supertramp, sorti en 1977. Le groupe venait de quitter son Angleterre natale pour s'installer aux Etats-Unis, à Los Angeles, et ce disque sera enregistré entre L.A. et le Colorado (aux studios Caribou), comme en témoigne la belle et célèbre pochette avec le piano sous la neige, "réalisée sans trucage". Après le succès commercial et artistique de "Crime Of The Century" et la relative baisse de régime du pessimiste "Crisis... What Crisis ?", le groupe sort avec "Even..." l'un de ses meilleurs albums. On retrouve cet assemblage typique de titres pop et légers (quoique peu nombreux, juste deux ici : "Give A Little Bit" et "Babaji"), de ballades mélancoliques ("Downstream", "Lover Boy") et de plages aux constructions plus "progressives" (les meilleures de l'album selon moi) : "Even In The Quietest Moments", à l'instrumentation très dense (guitare, orgue, clarinette, synthétiseur, etc), "From Now On", son saxophone et ses choeurs, et enfin la suite de dix minutes "Fool's Overture" sur la guerre, la folie humaine, la fin d'un monde...
"Even In The Quietest Moments" est un album très romantique, nostalgique, inspiré (même si un peu moins consistant que les deux précédents à mon avis, surtout "Crime..."), avec un piano classique particulièrement présent, dans lequel Roger Hogdson et Rick Davies (aux voix très complémentaires) se partagent le chant principal (comme sur tous les albums jusqu'à leur séparation) et le dernier avant le virage plus commercial qu'amorcera le suivant, le célébrissime et excellent "Breakfast In America", incroyable collection de tubes et véritable "best of" à lui tout seul, qui remportera le succès planétaire que l'on sait et qui fera de Supertramp une méga-star planétaire, au moins jusqu'à "...famous last words...".
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le 14 août 2013
Vous pensez que le cinéma des années 70, la mode (les modes) des années 70, la musique des années 70, la pensée des années 70, ont beaucoup vieilli – et que leurs avant-gardes se sont démodées très vite (moins vite cependant que celles, tellement clinquantes, de la décennie suivante) ? Je suis d'accord : autant dire que j'ai racheté cet album par acquit de conscience plus que par réel désir.

Et là, quelle claque ! Même mes gamins de 15 ans sont venus me demander ce que c'était, et de le repasser (ça n'arrive jamais).
Il faut dire que les mélodies, le climat, le mélange de mélancolie et de vitalité, y sont largement aussi imparables et « tubesques » que dans le (trop) fameux album suivant : et pourtant j'adore Breakfast in America, et le snobisme qui consiste à le tenir pour suspect sous prétexte de son succès planétaire m'énerve - mais je vous jure qu'après avoir entendu celui-ci, vous trouverez l'autre surestimé, car plus formaté.

Ce génie mélodique, en effet, s'habille ici d'une parure harmonique luxuriante, d'une inventivité de tous les instants, avec des bifurcations vertigineuses et des rétablissements inattendus, des aventures sonores et surtout formelles qu'on serait bien en peine de retrouver chez qui que ce soit aujourd'hui : il y a plus de matériau musical (mélodique et harmonique) dans chacune de ces 7 chansons que dans la plupart des albums entiers publiés à l'heure actuelle... impossible de dire laquelle on préfère, d'ailleurs : chaque humeur de la journée a la sienne, même si l'ensemble, parfaitement cohérent, constitue une sorte de cheminement ou d'aventure psychologique continue, à travers la variété de ses épisodes, points de vue et paysages successifs.

Un album, donc ? Oui, mais en un sens plus spécifique, celui d'album-souvenir d'images sonores feuilleté page à page. Ou mieux encore : un "roman d'apprentissage" en musique, une aventure de la conscience - l'itinéraire d'un progressif désenchantement (c'est le cas de le dire : de la musique à la parole, puis au silence), à partir d'un optimisme initial exubérant ("Give a little bit"). Ce dernier en effet, vite trahi par le cynisme de certains ("Lover boy", plein d'ironie), se mue alors en espérance d'un salut mystique, hors du monde ("Even in the quietest moments") ; mais l'expérience douloureuse de la fuite irrémédiable du bonheur ("Downstream" - la perle mordorée du recueil : regard rétrospectif sur une plénitude passée, album-photo de quelques jours heureux), et le "silence de Dieu" ("Babadji"), conduisent à ne plus chercher refuge ou évasion que dans l'imaginaire de la pure "fantasy" ("From now on"). Or même cela va devoir céder à son tour devant le bruit et la fureur du monde, chaos qui abolit la musique ("Fool's overture", époustouflante symphonie qui clôt et résume l'album), jusqu'à ce que 3 coups de baguette de chef d'orchestre tâchent de mettre fin à la cacophonie... aussitôt sabrés par un silence abrupt, cinglant et définitif, là où la musique aurait dû (re)commencer.

Or tout cela, si douloureux et pessimiste, a pourtant l'élégance "britannique" de rester plein d'allant et d'énergie, d'entrain même (la section rythmique !), le souci constant du mouvement en même temps que la résolution de ne jamais cesser de chanter : car il est poli d'être gai, surtout dans la plus profonde mélancolie. Lumière d'automne, sans doute, mais lumière vive et vivace, vivante et vitale.

Et l'on se rend compte alors à quel point on était libre, à quel point on osait et à quel point on pensait, dans ces foutues années 70 que j'étais bien trop jeune alors, et bien trop vieux ensuite, pour apprécier : mais après tout n'ont-elles pas été précisément cela - un temps béni dont on sait au moment même où on le vit qu'il est déjà en train de se terminer, comme la fin de l'enfance, celle d'une soirée réussie, celle des quais d'embarquement où l'on se retourne une dernière fois, impatient et malheureux à la fois ? Un temps, donc, que l'on n'arrive jamais à vivre pleinement ni innocemment ? Supertramp aura su à la perfection traduire ce mélange d'élan et de regret, cette pulsation irrésistible qui n'efface pas mais exacerbe plutôt la conscience du temps qui passe et de l'abîme, en même temps qu'elle s'en nourrit : euphorie douce-amère, griserie éperdue, gaieté masquant mal les sanglots... Les années 70 en somme, qui ne furent peut-être rien d'autre, à tout instant, que la conscience aiguë et poignante de leur propre évanescence - la fin désolante des utopies, et le désir, sans grande illusion, de les retrouver.
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le 5 décembre 2011
CHRONIQUE DE JEAN MARC BAILLEUX MAGAZINE ROCK&FOLK DECEMBRE 1979 N° 155 Page 89/92
5° Album 1977 33T Réf : A&M AML 64634
Les gens du "métier" ont encore à l'esprit un mémorable concert au Bataclan trois ans après celui d'HEC. Et pour cause ! ils y étaient seuls, entre eux pour ainsi dire, à la présence près d'une demi-douzaine de fans bien informés et de quelques badauds dragués en dernière minute sur le trottoir du boulevard Voltaire. Ils étaient seuls, mais à la claque qu'ils prirent et à celle qu'ils firent au groupe on pouvait aisément lui prédire un florissant avenir. Le perfectionnisme de Supertramp, déjà légendaire depuis l'avènement-événement de "Crime Of The Century" , prenait une dimension nouvelle ; ce n'était pas le son du disque, c'était meilleur que le disque ; un éblouissement de son et de lumière, une mise en scène millimétrée jouée avec un tel professionnalisme qu'on eût pu le prendre pour de la spontanéité. C'était gagné.
De fait, quelques mois plus tard "Even In The Quietest Moments" jouit dès de sa sortie du formidable support des radios. Pourtant, "Give A Little Bit" n'était qu'un titre relativement mineur qui offrait aux médias moins d'attrait et d'originalité que les chefs d'oeuvre de "Crime Of The Century" ou "Crisis ? What Crisis ?" (en particulier "Sister Moonshine", dont il reprenait, affadies, bien des caractéristiques). Il n'empêche que Supertramp se trouva enfin et instantanément propulsé au sommet des hit-parades français.
Avec le temps qui passe, le succès qui s'affirme, exponentiel, l'univers s'éclaire : aux pochettes obscures et énigmatiques succède une imagerie plus légère.
Après "Crisis ? What Crisis ?" Supertramp s'est installé aux USA, et depuis le début de sa période américaine il semble vouloir conjurer cette crise dont il faisait feinte de nier l'existence avec cet humour plus ou moins ironique ou amer qui traverse toute sa production. On retrouve le sens du contraste ; après les grilles de prison voguant dans les nuées, le bain de soleil sous les cheminées d'usine, voici le piano sous les neiges du Colorado (où fut enregistré le disque, au Caribou Ranch Studio).
"Even In The Quietest Moments" est le plus subtil des albums de Supertramp. Il prêche une douce convivialité, la nécessité de se sentir bien dans sa peau et dans son milieu, de laisser s'épanouir les sentiments vitaux ("Give A Little Big", l'amour ("Love Boy"), l'amitié, la fraternité. C'est l'époque où Hodgson fraye avec un gourou ("Babaji"), et cela a sur lui la même influence lénifiante et un peu débilitante que sur Santana ou Mc Laughlin ; influence à laquelle Richard Davies, tout en traitant des sujets analogues, semble heureusement échapper.
Alors que Roger Hodgson se laisse aller à un mysticisme gentillet ("Even I, The Quietest Moments" - le morceau - dont on retrouvera une part des interrogations et de l'inspiration dans le "Lord Is It Mine" du disque suivant). Davies garde les pieds sur terre et s'affaire à sa chronique intime des mouvements de l'âme. Si Hodgson procède par plans fixes et donne à sas chansons de plus en plus de généralité et d'abstraction, Davies est l'homme des travellings ("From Now On") et des flashes-back ("Downstream").
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le 31 août 2008
D' abord, saviez-vous qui était l' ingénieur du son de l' album
"sgt pepper's lonely hearts club band" des Beatles ?
qui, encore, "ingénié" dans "la chambre impérial" de Elvis Costello en 83 ?
c' est Geoff Emerick biensûr ! présent derechef, sur cet album de Supertramp.
Ici, c'est surtout l' énorme talent de compositeur de Roger Hodgson qui prévaut avec des chansons inoubliables comme : "give a little bit", "Babaji", ou encore l' envoûtant et fascinant "fool's overture" ; les compositions de Rick Davies se font plus ...discrètes, mais indispensables (from now on), et confèrent à cet Opus (souvent sous-estimé) une beauté éternelle.

A garder dan un endroit propre, sec et frais !
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le 17 août 2006
Aucun doute là dessus, voici l' oeuvre ultime du groupe, celle qui ne laisse aucune place pour la "concurrence".L' album est d'une cohérence parfaite.Les chansons sont TOUTES SUBLIMES.Le piano, qui est mon instrument préféré est ici omniprésent et figure même sur la pochette, magnifique est aussi!!!
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le 27 juillet 2008
Peut-être l'album le plus abouti du groupe, en tout cas tellement supérieur à son successeur Breakfast in America qui a pourtant connu à l'époque un énorme succès (nous sommes alors en pleine vague disco, aïe, aïe, aïe !). Roger Hodgson nous livre de superbes chansons pop aux thèmes un brin mystiques (Babaji, Even in the quietest moments) , Rick Davis tire comme d'habitude le groupe vers des sonorités un peu plus jazz (From now on, Downstream), le son est toujours aussi léché (on a reproché au groupe son manque de spontanéité) et on ne peut pas mourir sans avoir écouté l'incroyable Fool's overture. A posséder absolument et à préférer aux éternelles compils qui nous font passer à côté de tant de chansons extraordinaires !
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le 26 juin 2012
Peut-être le plus cohérent des 4 meilleures albums du groupe.
Jamais lassant, chaque titre enrichissant le précédent, c'est un joyau de perfection instrumentale et vocale.
Bien sûr, toujours en filigrane, ce désenchantement, ce pessimisme sous-jacent, cette relative tristesse qui parfois mène à l'angoisse, parfois ramène à l'apaisement. Comme dans les autres albums, un peu d'ambiance sonore judicieusement placée, tirée de l'Histoire cette fois-ci : un discours de Chuchill au début de la seconde guerre mondiale, dont d'aucuns pensent que ces phrases magnifiques de volonté guidant la Grande-Bretagne dans son combat pour sa liberté furent prononcées dans un état de semi-ébriété (Fool's Overture).
Une pochette comme toujours esthétiquement recherchée, la même photo au recto et au verso du mythique piano sous une neige épargnée par le soleil éclatant.
La même ? Pas tout à fait, car au verso, le boitier semble brisé. Ne le renvoyez-pas. C'est "pour de faux". Mais la quiétude brisée, c'est souvent pour de vrai.
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