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J'ai passé cette année un bon week-end de Pâques, avec ma famille, mais aussi avec la passion selon Saint Matthieu de Paul McCreesh et de ses Gabrieli Players.

D'ordinaire, je préfère la passion selon Saint Jean, plus immédiatement dramatique, moins contemplative et emphatique, plus compacte dans la forme et tout simplement plus courte donc plus facile à écouter dans la "vraie vie" d'un week-end de Pâques qui n'est pas fait que de calme et de volupté, ni de calme et spiritualité.

Mais cette fois, je voulais me plonger dans cette version qui promettait d'être différente, vivifiante voire exaltante.

Et je ne suis pas décu du tout par cette approche qui donne un allant rare à cette oeuvre souvent jouée comme un monument, un allant qui correspond bien sûr à un tempo toujours vif mais jamais précipité, un allant qui est aussi à trouver dans une direction qui refuse de s'apesantir sur les profondeurs harmoniques verticales et les silences mais qui s'attache plutôt à faire rebondir les phrasés, animer les jeux de questions réponses, faire vibrer les timbres dans leur crudité et leur nudité, exalter le choc contrapunctique des voix quitte à introduire de la tension, souvent le prix à payer pour l'expression.

Le choix d'un partie par voix n'est peut-être pas historiquement exact pour ce qui est de la représentation historique de la saint matthieu à l'église Saint Thomas de Lepizig, mais il est musicalement plus que défendable (et y compris apparemment défendu par BACH lui même) et surtout efficace pour restituer toute la complexité et la vie de cette musique sans la noyer dans un océan harmonique aussi séducteur que réducteur.

En fait, ce qui est ici choquant, au bon sens du terme, c'est la théatralité des situations et la caractérisation franche (mais pas affectée) des affects, dans une approche que l'on pourrait paradoxalement qualifier souvent de plus charnelle que lyrique.

Un paradoxe qui peut se résoudre en en invoquant un second celui de la dialectique "protestant" vs ""catholique", le caractère soi-disant "protestant", évoqué par gramophone dans sa critique de cette version par rapport, notamment, aux versions d'Harnoncourt étant valide de par une certaine épure de la texture et le refus de s'apitoyer de la part de Mccreesh, mais devant être relativisé par la dimension flamboyante presque vénitienne (dans la tradition polychorale voire polyorchestrale de la fin de la renaissance de cette époque bien connue des Gabrieli Players mais qui s'applique très bien à la Saint Matthieu), donc pas vraiment protestante, établissant ce trait d'union paradoxal entre les dimensions instrumentale et d'exaltation des affects de cette interprétation.

Malgré cette réussite aux mille paradoxes, unique en son genre, qu'il faut découvrir et qui frise même la perfection, ou du moins la révélation, il reste pour moi quelques détails qui ne me permettent pas de la classer parmi mes préférées dans la discographie, notamment une trace infinitésimale de distance dans le ton général de la direction, un léger excès de tension dans la voix de Deborah York (mais les femmes chantent formidablement bien notamment Magdalena Kozena très expressive et une Julia Gooding à la voix d'ange comme un enfant pourrait le faire) et peut-être surtout un evangéliste, incarné par Mark Padmore, à mon goût trop stylisé, voire parfois à la limite du pédantisme ou du hors sujet Haendelien, qui a du mal à s'imposer au niveau de l'inimitable Prégardien (dans la version de Leonhardt), de Werner Güra voire d'un Anthony Rolfe Johnson ou Howard Crook pour prendre des ténors anglophones.

Pas de quoi toutefois gâcher le plaisir de cette écoute qui anime et éclaire grandement cette oeuvre que l'on croyait pourtant connaitre, une version que je préfère même à la version ultérieure de René Jacobs, elle aussi dramatique et polychorale à souhaits, mais qui ne semble pas (me) révéler autant de dimensions essentielles de cette oeuvre que cette lecture urgente, dans tous les acceptations du terme, à la jubilation sobre et dénuée de narcissisme.
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Des Passions, Jean Sébastien BACH en conçu plusieurs (5 ou 6) : Matthieu, Jean, Luc et Marc (Ces 2 dernières, reconstituées sont disponibles au disque) . Sa St Matthieu est de loin la plus complexe. Le Cantor l''écrivit pour 2 chœurs et 2 orchestres selon la topographie à 2 orgues sur 2 nefs de St Thomas de Leipzig comme en attestent l'iconographie et le témoignage du sacristain de l'époque. Les recherches du célèbre musicologue contemporain Allemand Konrad KÜSTER vont dans le même sens.La 1er représentation de l'œuvre en 1727 fut vraisemblablement donnée selon ce principe. Elle est admirablement interprétée au disque par René JACOBS en 2014 et vient rejoindre les 2 versions de « référence » : celle de Gustav LEONHARDT (avec la Petite Bande) et la présente. Car si les versions de la St Matthieu sont nombreuses, le qualitatif ne rejoint pas le quantitatif. Étant entendu que cette Passion est nativement Baroque et non « classicisante » et/ou romantique dans son interprétation..
Venons en au présent enregistrement.
Paul MC CREESH a délibérément opté pour le choix de la simplicité et des effectifs réduits à l'essentiel. Réalisée dans un esprit relativement intimiste, cette captation résolument « à taille humaine » met en exergue avec talent et clairvoyance le caractère spirituel de cette œuvre magnifique et transcendante. Donc, ici, pas d'orgue « bourdon », pas de chanteuses et de chanteurs « jupitériens » ni de choeur massif souvent opacifiant, mais le terrible et libérateur récit chantée et jouée de la Passion glorieuse et souffrante d'un Jésus tellement humain.
Ici, enfin on entend, dans une tonalité intelligemment baroque,tous les instruments. L''orgue est un orgue d'église joué dans la tonalité et la présence de l'époque.. Les voix sont là, bien présentes, clairs et si humaines, souvent poignantes. L'articulation trinitaire de la Passion est une réussite totale : émouvant et pertinent choeur (la "turbae" soit la foule), superbes soliste et remarquable orchestre aux belles tonalités boisées et cordées.
Ces 3 composantes, subtilement intriquées, sont menées de main de maître dans un profond respect de la partition.
BACH, qui aurait détesté, qu'on ose le nommer le « 5em évangéliste », vous prend par la main pour vous accompagner vers l'indicible beauté. Laissez vous emporter par cette version originale et fort bien enregistrée.
A acquérir dans tarder.
Superbe.
33 commentaires| 18 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 3 avril 2003
Cette « Passion selon St Matthieu » pourrait bien être la plus émouvante, la plus homogène, la plus humaine et en même temps la plus spirituellement aboutie des 25 versions environ qui existent… Elle marque une étape essentielle dans les enregistrements de cette oeuvre : c’est la première fois que nous disposons d’une version qui s’inspire des théories musicales de Joshua Rifkin et Andrew Parrott, selon lesquelles chaque ligne chorale ne doit être chantée que par un seul choriste. Des enregistrements de la « Messe en si », ainsi que d’une dizaine de cantates ont déjà bénéficié de cette nouvelle lecture, mais la monumentale « Passion selon St Matthieu » allait-elle résister à un tel traitement ?
La réponse est oui. Les anciens chœurs à 12 ou 24 chanteurs, même les plus « baroqueux » vont désormais sembler obsolètes et pachydermiques en comparaison de cette version où chaque chœur ne compte que 4 chanteurs ! La lisibilité polyphonique est évidemment décuplée, ciselée, magnifiée, et contrairement à ce que l’on pourrait craindre, la force expressive des interventions chorales ne perd rien, bien au contraire !, de sa puissance et de son intensité spirituelles. C’est non seulement une écoute différente que cette version nous propose, mais une véritable redécouverte, comme si ce chef- d’œuvre subissait une mutation profonde qui transformait notre approche de son essence même. Tous, chef d’orchestre, chanteurs et instrumentistes sont admirables de sensibilité et d’intelligence, et forment une unité spirituelle dont le seul but est de transcender ce sommet de la création humaine universelle. C’est un véritable bouleversement dans l’œuvre enregistrée du Cantor.
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le 30 juin 2014
Une Matthäus-Passion en 2 CD !
Version aux tempi très rapide mais aux antipodes de ce qu'ont enregistré les KLEMPERER et autres KARAJAN.
McCreesh l'enregistre avec l'option du choeur de solistes (Rifkin).
Toutes les lignes mélodiques ressortent, on entend tout et c'est magnifique. Bcp de spiritualité.
Après ça, on ne supporte plus bcp les versions romantiques.
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le 20 janvier 2008
Cette version est très vivante et dynamique, elle offre un remarquable équilibre entre les voix des solistes et celles des choeurs. L'enregistrement est superbe, les sonorités des voix et des intruments sont d'une belle définition, très riches. La réverbération de l'église est rendue pour apporter juste ce qu'il faut de réalisme et sortir l'auditeur de son salon. L'orgue est magnifique, d'un soutien sans faille, sans jamais prendre l'ascendant.
Par rapport à mes repères habituels cette version m'a apporté des sensations vraiment nouvelles, au départ surprenantes, mais à condition de se laisser entrainer c'est un régal.
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le 12 juin 2015
Ce n'est pas mon Bach préféré - peut-être est-ce dû à l'interprétation.
Je mets en haut de liste la Messe en si. Puis les Variations Goldberg et les Concertos brandebourgeois.
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