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Paul Bley, véritable prodige du piano, est une personnalité majeure du jazz « alternatif ». Entendez par là un jazz qui ne sera jamais consensuel ni conventionnel. Ou pour le dire autrement, la musique qu’il joue et interprète est inclassable. A la rigueur, on pourrait dire qu'il s'agit là d’improvisation libre. Mais la profondeur du sens et son amour pour l'éternité présente l’obligent toujours à penser son art en fonction du réel. Cette musique vous vrille l'âme pour au moins une seule raison. Personne ne joue du piano comme Paul Bley. Certes, la musique de Bley présentent des formes abstraites, rompant avec l'harmonie parfaite d'un Bill Evans. Certains vous diront qu'elle n’est pas toujours facile, ni prévisible… Mais qu'est-ce une musique facile ou difficile? Peut-on me le dire? Cela n'a aucun sens. A la rigueur, un problème est difficile, un chemin est difficile. Mais une musique? L'art ? Qu'est-ce à dire? Un problème apparaît ainsi donc insurmontable, du moins pour certains auditeurs, dès lors que la musique n’est pas aussi séductrice qu’elle put l'être chez Oscar Peterson par exemple, Erroll Garner ou Bill Evans, autant de pianistes que j’aime énormément, cela va de soi. Selon les disques toutefois... Pour Paul Bley, c’est pareil, certains disques sont moins marquants que d’autres. Mais cet « Open To Love » publié par le label ECM en 1973 est bel et bien une borne dans l’histoire du piano jazz. D’une beauté à couper le souffle ! C’est aussi l’album qui consacra notre artiste. Et je ne dis pas cela parce que la presse spécialisée l’a maintes fois dit et répété. Je le dis parce que j’écoute régulièrement la galette, et que je la considère comme un met succulent. Je pense aussi, sans condescendance aucune, qu’un public sans grande référence en matière de jazz et d’improvisation passera forcément à côté. Ne pas avoir écouté les disques en solo de Earl Hines, Art Tatum, Bud Powell, Jaki Byard, Andrew Hill, Mal Waldron, Keith Jarrett, Andy Emler pour ne citer qu’eux, et l’on ne pourra pas vraiment comprendre la musique de Paul Bley…

« Open, To Love » marque de mon point de vue une rupture très nette avec le piano jazz tel qu’il avait été pratiqué jusque là. C’est à ce point éloquent. Il faut comprendre que Paul Bley, depuis son incursion au sein du quintette d’Ornette Coleman, n’a cessé de chercher à repousser les limites développées par Bill Evans, Gil Evans ou encore George Russell (1). La démarche du pianiste ne cherchait pas à être contemplative ou modale. Au contraire elle était faite de mouvements et de brisures. L’expression romantique n’était plus de mise pour Paul Bley. Sa musique ne saurait non plus reposer sur un geste pianistique minimaliste tout en formules brèves entre variations vaines et modulations séquentielles. Non. Le pianiste canadien (il était alors âgé de quarante ans et allait d’ailleurs influencer le jeune Keith Jarrett) n’a jamais cherché à charmer ni à séduire : et ici, pourtant, il se fait poète solitaire, ayant surtout des choses à dire, tel un Walt Whitman ou un Henry David Thoreau sorti du fin fond des bois... Alors, certes, ce n’est pas le disque que j’écoute tous les jours, mais j’y reviens à l’occasion pour le plus grand plaisir de mes papilles auditives. Et d’y revenir ce soir accentue mon amour pour cette œuvre incomparable et inépuisable. Disons que « Open, to Love » est propice à la solitude, à une certaine forme de méditation, mais aussi à une certaine forme de concentration. Ici, la beauté se cherche et s’explore. Elle n’est d’ailleurs ni fantomatique ni surréelle. Elle est juste là, sous les doigts du pianiste. Jamais notes de piano n’avaient sonné de cette façon, aussi cristalline...

Passé le premier thème (« Closer », une composition de Carla Bley que notre pianiste avait déjà interprétée dans une galette publiée par le label ESP), nous voici avec « Ida Lupino ». Ce thème ne peut que vriller l’âme et le corps, en ce sens que la composition, autre signature de Carla Bley, maintes fois jouée par des artistes comme Steve Kuhn (« Three Waves »), sonne comme une ode à la beauté de la femme. Le titre évoque aussi l’actrice, femme intelligente connue pour avoir fait preuve de tempérament. Ce thème marqué par le caractère féminin devient sous les doigts de Paul Bley un mouvement illustrant les vicissitudes de la vie et les relations parfois compliquées entre hommes et femmes... Ainsi se poursuit l’album, telle une suite logique, à la fois simple et complexe, et tout aussi profonde que légère. Comment ne pas succomber par exemple à l’écoute de « Started », cette troisième pièce tout en accords savants et d’une logique imparable ? La pureté expressive de ce titre vous fera dire que le pianiste atteint des sommets que seuls les dieux de l’Olympe semblaient s’être réservé. Et que dire de « Harlem », ce thème absolument empreint de blues ? Chose incroyable, Bley parvient à transcender le genre, lui conférant une lumière obscure dont lui seul a le secret. Les deux titres suivants, « Seven » et « Nothing Ever Was, Anyway » (composés respectivement par Carla Bley et Annette Peacock) racontent là aussi l’amour du pianiste pour la ponctuation, pour le sens de l’espace, pour la qualité narrative. C’est l’art du piano solo dans toute sa splendeur… Encore faut-il être bien préparé (c’est un peu l’objet de ma chronique) et ne pas considérer ce disque comme un disque d’ambiance.
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(1) Paul Bley a joué auprès d’Ornette Coleman en 1958. Une trace discographique est toujours disponible à ce jour (Live at The Hillcrest Club).

(2) Je ne reviendrai pas sur la carrière du pianiste qui enregistra son premier disque en 1951 (un certain Charles Mingus en était le producteur...).

(3) Si vous êtes sur cette page, c'est que vous êtes curieux de ce pianiste. Vous en avez entendu parler, ou vous avez lu quelque chose sur lui. Vous êtes intrigué(e). Encore une fois, prenez le risque. La réédition que voici (ECM Touchstones Edition) a été remastérisée en 24 bits et son prix est vraiment dérisoire. Disque digipack (paper sleeve = digipack très fin). Si pour l’heure, vous ne pouvez écouter le disque, peu importe. Laissez-le mûrir dans un coin comme un bon vieux Armagnac. Un jour, vous le sortirez, et alors vous serez enfin prêt(e) pour le déguster et surtout le savourer… Une question de temps. Vous me remercierez plus tard... ;)
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le 20 mai 2009
Rien que pour la version DEFINITIVE d'"Ida Lupino",à faire monter les larmes aux yeux d'une compagnie de CRS sans que le gaz lacrymogène y soit pour quelque chose,cet enregistrement mérite toutes les étoiles du ciel...
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le 4 janvier 2009
Cet enregistrement a une excellente réputation. Après l'avoir acheté, je me demande bien pourquoi. Je trouve ce disque très ennuyeux, fade, sans inspiration. Ce disque est au Jazz ce que le kiri est au fromage.
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