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le 6 juillet 2015
j'ai beaucoup, aprecier ce film et le recommande vivement a tout le monde c'est vraiment bien il n'y a rien a dire.
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le 19 octobre 2014
J'ai été voir ce film lors de sa sortie l'été 2012,plus pour faire plaisir à une amie que j'accompagnais que par attirance personnelle.
Je connaissais pourtant la réalisatrice dont j'avais vu le 1er long métrage "la naissance des pieuvres", film très intéressant sur 3 adolescente, mais pas tout à fait abouti à mon sens - en plus de celle des pieuvres, c'était aussi l'occasion de découvrir une future grande actrice; Adèle Haenel ;
Tomboy m'a enchanté, et plus que l'histoire elle même la façon dont Céline Sciamma la raconte, la façon dont elle dirige ces très jeunes enfants en laissant les adultes en retrait. Du coup, les trois actrices principales crèvent littéralement l'écran.
En juillet 2012, on était loin des thèmes plus ou moins nauséabonds qui allaient remuer une partie de la droite française, et, ma foi, je n'avais rien ressenti de sulfureux dans cette histoire simple où une petite fille par hasard, beaucoup, par jeu également, et puis surement aussi un peu par désir. Hélas, depuis les adeptes de la "théorie du genre" qui n'existe que dans leurs cerveaux tourmentés, ce film est devenu suspect de propagation sinueuse de l'homosexualité ... Quelle bêtise !
N'écoutez pas ces marchands de billevesées et courez voir ce merveilleux petit chef d'oeuvre !
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le 31 mai 2014
Ce livre qui a soulevé les passions de "la marche pour tous" est à voir pour déconstruire les fantasmes autour des études de genre mis qui ne mérite "ni ces excès d'honneur, ni cette indignité", intéressant mais plutôt ennuyeux malgré le talent de la jeune actrice
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le 2 avril 2014
Très bon film, bouleversant, émouvant, on y retrouve un réalisme, un naturel dans le dialogue des enfants, très bon tournage, je conseille à toutes et tous
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le 2 mars 2014
En soi, le film devrait être jugé comme étant tout à fait banal, bien que la qualité de sa réalisation se situe au dessus de la moyenne. Laure, fillette de 11 ans, emménage avec sa famille dans un nouvel appartement, un nouveau quartier, et sans aucun doute une autre ville. Elle cherche tout de suite à s’intégrer aux enfants de son âge pour jouer avec eux, et décide de se faire passer pour un garçon. Laure sera donc dorénavant Mickaël. Mickaël s’intègre à la bande et en devient un membre important, notamment lors des parties de foot, où il s’avère être un joueur efficace, ce qui lui vaut l’admiration de Lisa, la seule fille du groupe, forcément tenue à l’écart. Les choses vont commencer à se gâter quand Lisa, de plus en plus amourachée de Mickaël, va lui faire un baiser sur la bouche, auquel Laure ne va pas se soustraire. Autre problème de taille quand, lors d’un match de foot, les garçons font une pause pour pisser au bord du stade, ce que Laure ne peut pas se permettre. La situation ne peut de toute façon plus durer à deux semaines de la rentrée scolaire, les registres de l’école comportant certes une Laure inconnue, mais pas de Mickaël. Histoire en soi banale de gosses, qui fait naître bien des questions.

La réalisatrice a eu le bon goût de ne nous donner aucune indication quant aux raisons qui amènent Laure à se faire passer pour Mickaël. Est-ce simplement dû à un hasard ? Est-ce pour être plus facilement acceptée et, surtout, d’égal à égal ? Alors, elle a raison, elle s’impose vite comme un membre essentiel du groupe. On y tolère Lisa, belle potiche bien dans son rôle, toute à son désir de plaire, mais à la marge, il n’est pas question de la laisser se mêler aux jeux de garçons comme les matchs de foot où les filles, c’est bien connu, sont franchement trop nulles. Lisa, très à l’aise dans son rôle de fille, sert d’ailleurs de contre-exemple au garçon manqué qu’est Laure. Les minauderies ne sont pas faites pour cette dernière, comme la brutalité du monde masculin n’est pas faite pour Lisa. À la limite, la bagarre typiquement masculine ne fait pas peur à Laure, elle fond sur un garçon qui a traité sa petite sœur avec mépris et lui casse proprement la figure à l’issue d’une lutte tendue. Devant choisir entre un monde très nettement balisé masculin et un monde trop bien défini comme féminin, Laure a envie de faire exploser les barrières. On la comprend. En vertu de quoi le foot devrait-il être interdit aux filles ? Jouer torse nu ne pose aucun problème à Mickaël, Laure ferait scandale si elle osait montrer ses seins, bien qu’ils soient à ce stade de sa croissance identiques à ceux des garçons. En vertu de quelle loi une femme doit-elle n’être qu’un objet de séduction ? Pour certaines, cela ne pose pas problème. Lisa, mais aussi Jeanne, la jeune sœur de Laure, trouvent à ce jeu de séduction un plaisir inné. Laure déteste, c’est sa nature, c’est aussi son droit. En d’autres termes, chacun se retrouve confiné dans un rôle prédéterminé, qui annonce le cloisonnement que chacun devra subir à l’âge adulte. Cloisonnement dû à l’histoire, avec un rôle à l’origine bien défini : l’homme va chasser pendant que la femme s’occupe des petits et de la vie domestique. Nous n’en sommes plus là, la Révolution a consacré l’égalité de tous, quel que soit leur sexe, et la révolution sociologique de ces dernières décennies a conduit les femmes à travailler, tout comme les hommes, même si les salaires ne sont pas les mêmes, et à se comporter comme eux dans bien des domaines. Cela suscite une vive réprobation jusqu’à ce que cela soit suffisamment répandu pour être admis : la revendication du droit de vote par les suffragettes, les cheveux courts des garçonnes, les premières filles en pantalon, ont été autant d’occasions de s’offusquer. D’autres ont précédé Laure dans ce type de déviance ; l’exemple le plus illustre est celui de Jeanne, la paysanne lorraine, nommée "la pucelle" pour faire disparaître (un peu) la honte causée par le fait qu’elle avait osé revêtir des habits auxquels elle n’avait pas droit, ceux réservés à l’autre sexe.

On peut bien entendu se poser la question : Laure a-t-elle une vocation homosexuelle ? Peut-être. On remarque seulement que le baiser sur la bouche de son admiratrice ne paraît pas la ravir. On pourrait en rester là. Mais le thème abordé impose de façon trop évidente la réflexion. Pourquoi peut-on désirer se glisser dans le sexe de l’autre ? On remarque d’abord que pratiquement chaque enfant, à un moment ou à un autre, a joué avec les attributs du sexe opposé (le petit garçon qui s’enfile les pieds dans les chaussures à talon de sa mère, par exemple). Des gestes qui ne portent pas à conséquence. Le geste de Laure va plus loin. Le garçon manqué qu’elle est se sent-il vraiment garçon manqué, comme c’est le cas de nombreux enfants (en nombre, pas en pourcentage). Il est parfaitement imbécile de ne pas voir à quel point est dramatique le sentiment d’être né dans le mauvais sexe, le nombre et l’importance des opérations chirurgicales nécessaires à un changement de sexe, ainsi que les souffrances qu’elles génèrent, ne peuvent être le résultat que d’un insupportable malaise. Laure est-elle en train de découvrir son homosexualité ? Il est inutile de rappeler que l’homosexualité a toujours existé et qu’on a tout fait, sous l’influence des religions, pour la rendre invisible. On sait qu’elle était très généralisée chez les Grecs où l’amour entre homme était l’amour noble par excellence. On ignore généralement qu’elle jouait un rôle non négligeable chez les Gaulois, car il fallait tenir le public dans l’ignorance d’une réalité jugée trop dérangeante. Si l’on connaît l’homosexualité d’Henri III, roi qu’il faut mépriser puisqu’il a été assassiné par des catholiques (intégristes), on nous a toujours caché celle de Louis XIII pour la même raison. Sainte Jeanne d’Arc, si chère maintenant aux bigots et devenue à son corps défendant l’égérie de l’extrême droite, en un mot de tous ceux qui stigmatisent l’homosexualité et l’interrogation sur le genre, a fait scandale en s’habillant comme un homme et, pire, comme un soldat ; cette transgression est la cause principale de sa condamnation à mort, voulue par l’évêque de Beauvais, qui a agi en bon ecclésiastique, à la fois ennemi irréductible de toute déviance au dogme et valet corrompu des chefs de guerre. Jeanne ne fut pas la seule à commettre ce "crime", on connaît le cas du Chevalier d’Eon, dont on est à peu près sûr maintenant qu’il fut une chevalière. Ne parlons pas des artistes, Rimbaud, Schubert, Shakespeare lui-même, et tant d’autres encore. On accepte l’homosexualité de Michel Ange et de Vinci, artistes sans doute trop incontestés et dont l’homosexualité a été trop ouvertement revendiquée, mais on ne souffle mot de celle de tous ces peintres de la Renaissance italienne dont le motif préféré (le martyr de saint Sébastien, leur saint patron) était à lui seul l’affirmation hautement proclamée de leur orientation sexuelle (Sébastien, en extase contre son poteau, transpercé par les flèches, est-il nécessaire de préciser ce que poteau et flèches symbolisent ?). On sait enfin que, par un de ces retournements parfois causés par des excès, le catholicisme, en cloîtrant les filles dans des couvents pour les soustraire aux tentations de l’amour, y a fait proliférer un lesbianisme dont l’ampleur a frappé bien des esprits et que moines et prêtres ont été nombreux à s’adonner aux charmes de la pédérastie. N’oublions pas non plus à quel point est pervers le jeu des hommes habillés en femme, portant des robes rebaptisées pour l’occasion soutane ou bure, et qui, ignorant les lois de la nature (qui a pour but principal la perpétuation de l’espèce), prônent l’abstinence sexuelle, condamnent comme vice l’acte qui leur a donné naissance, et se défoulent trop souvent comme ils le peuvent, en violant des enfants, en pratiquant la fornication et la masturbation qu’ils condamnent chez les autres, ou en déversant leur insatisfaction sous forme de haine et d’anathèmes. On a essayé de nous faire croire que l’homosexualité n’existe pas dans la nature et qu’elle n’est donc qu’une perversion humaine. J’ai eu, pour ma part, pendant des années le spectacle offert par le chien de mon voisin qui, à chaque période de rut, retrouvait son partenaire mâle pour le monter et se faire monter ; sans pénétration, il est vrai, mais ni l’un ni l’autre n’a jamais fréquenté de femelle. Pour en terminer avec ce panorama, rappelons que certaines variétés animales changent de sexe en fonction des besoins de survie de l’espèce, et que la nature humaine elle-même est loin de connaître ce monde en noir et blanc auquel certains tentent de s’accrocher. Le fœtus a un double sexe, la détermination sexuelle ne se faisant qu’à partir d’un certain stade de son développement. Sauf qu’il y a des loupés, et que certains gardent à la fois pénis et vagin, et que d’autres désordres sont courants (en nombre, mais infimes en pourcentage), comme les testicules rentrées pour les garçons ou le clitoris démesuré pour les filles. Tout cela n’a rien de secret, il suffit de regarder le Journal de la santé pour avoir une vue plus exacte des choses et, surtout, de ne pas oublier ce qu’on a vu ou entendu décrire au simple prétexte que cela dérange.

Autant de réflexions, donc, suscitées par la vision du film. Par chance, Céline Sciamma se contente de nous livrer un film plein de tact et de délicatesse. Elle nous donne à voir, sans juger, et nous amène en douceur à nous interroger sans, à aucun moment, chercher à orienter nos interrogations, ni même sembler les provoquer. Pour peu qu’on soit encore capable de réfléchir. À l’occasion de la diffusion de Tomboy par Arte, les intégristes de Civitas, fidèles combattants du mariage du sabre et du goupillon et fidèles pourfendeurs du mariage pour tous, ont essayé d’organiser la censure du film. Après tout, on peut les comprendre. Plutôt que de regarder le monde tel qu'il est et de se poser de nécessaires questions, il est tellement plus réconfortant de croire aveuglément, comme leurs amis créationnistes, que la terre est plate, recouverte d'une voûte céleste sur laquelle tourne le soleil, puisque c'est ainsi que le monde est décrit dans la bible. Mais, horreur, que déduire de cette sainte lecture ? Que Jésus, entouré de ses disciples, constituait avec eux un groupe homo, comme beaucoup le pensent, ou qu'il nourrissait pour Marie-Madeleine un amour que ces nostalgiques de l’Inquisition et de ses méthodes radicales ne manqueraient pas de trouver coupable ? Décidément, la question du genre est plus complexe qu’il n’y paraît.

Un grand bravo à la petite Zoé Héran pour sa remarquable interprétation, mais aussi à l’ensemble des protagonistes de ce film, tous excellents.

PS. – Après avoir rédigé ce commentaire en espérant qu’il puisse être profitable à certains (j’ai eu souvent l’occasion de constater à quel point ces commentaires peuvent être utiles), je lis ce qui a déjà été publié. Et je suis surpris – une fois de plus – de voir à quel point on parle de soi quand on parle d’une œuvre. Quand je lis sous la plume de Jérome de Boissard que "le soi-disant Michaël se résigne à rentrer dans le rang en avouant qu'il s'appelle Laure. Ce pourrait être cruel, mais c'est charmant, en particulier grâce aux personnages secondaires, tous enfantins", je tombe des nues. J’ai vu Laure être contrainte par sa mère de ré-endosser ses habits de fillette et constaté que la pauvre ne vivait pas cela du tout comme un épisode "charmant". C’est charmant, ce sont des enfants. Mais les enfants sont des personnes, aussi volontaires que les adultes. À ceci près qu’ils sont obligés d’obéir, même quand il leur en coûte, et il leur en coûte parfois beaucoup. C’est bien, me semble-t-il, le cas ici : enfiler sa robe bleue m’a paru être pour Laure l’humiliation suprême. Quand Sébastien Durand affirme que "La nudité furtive de la jeune fille au début du film (quand nous apprenons qu'elle n'est pas un garçon) crée un sentiment de gêne très fort", il parle pour lui. Je n’ai pas éprouvé la moindre gêne. J’ai toujours considéré la nudité comme ce qu’elle est : l’état le plus naturel de l’homme, celui de tout humain venu (nu) au monde. M’étant beaucoup occupé de mes filles, j’ai eu l’occasion de les voir à l’état naturel tout au long de leur croissance, c’est peut-être pour cela que la nudité de Laure me paraît aussi banale. Dans le cas présent, que voit-on ? Précisément : rien, juste un ventre lisse, ce qui nous permet d’être certain qu’il s’agit bien d’une fille. Jean Dupre, pour sa part, affirme dans un langage qui lui est propre : "il apparaît naturellement que si des filles peuvent avoir une tendance virile, ou des garçons une tendance efféminée dans leur enfance, la nature sexuée de chacun, après peut-être une affirmation de soi ou réaffirmation de soi se resitue dans sa morphologie évidente déterminée par le sexe masculin ou féminin. Chassée la nature, elle revient au galop!" Pour ajouter "le gender (qui n'est qu'une utopie comme toute idéologie) projette honnêtement la difficulté passagère de certains genres masculin ou féminin qui se stabilisent et s'épanouissent dans leur propre sexualité. Ensuite, on peut parler de vices dans les options morales." Cela me consterne. Se poser des questions au sujet du genre, qui n’est de toute évidence pas aussi clairement délimité entre masculin et féminin (voir mon commentaire ci-dessus) n’a rien d’une idéologie ni d’une utopie. L’idéologie, c’est de vouloir faire absolument entrer dans des cases prédéfinies des gens qui sont tous différents et parfois ni hommes ni femmes, ou les deux à la fois. La nature est loin de toujours revenir au galop. Où est le vice là dedans ? La réponse est simple : dans le regard de ceux qui sont prisonniers des habitudes et des tabous (qui ont été imposés par nos religions).
Il serait bon que nous comprenions que nous ne sommes pas seul sur terre et que nos critères ne sont pas partagés par tous. C’est au prix d’une répression féroce que nos curés ont contraint les femmes des continents colonisés à porter des habits. Il y a pourtant encore des régions où les femmes vivent en permanence torse nu, voire même davantage. Nos critères varient du reste beaucoup dans le temps. Les femmes se baignaient intégralement nues et à la vue de tous dans les bains publics des villes du Moyen Âge sans éprouver la moindre gêne. Le soutien gorge avait presque disparu des plages dans les années 80, seules les filles les plus "coincées" ou les plus disgracieuses cachaient encore leurs seins. Il est revenu en force mais, paradoxalement, on a aménagé des coins nudistes qui n’auraient pas été tolérés il y a quelques décennies. Une femme dégageant un sein pour nourrir son bébé dans un espace public attendrissait il y a 50 ans, rares sont celles qui osent encore affronter des regards qui condamnent maintenant une forme d’indécence. Si l’on pousse les choses plus loin, il reste des sociétés dans lesquelles les adolescentes confient à un chaman le soin de les faire passer à l’état de femme. Elles se soumettent à un rite de passage qui les rend fières, là où nous voyons avec horreur un mélange de viol et de pédophilie. Un chrétien découvre avec étonnement que les parties dites "honteuses" chez eux sont sacrées dans le bouddhisme, les croyants se recueillant en faisant couler un simulacre de sperme du phallus (lingam) à l’intérieur de la vulve (yoni). Le plus honteux chez les uns est donc parfois le plus sacré chez les autres. S’ouvrir aux différences, voir, réfléchir, comprendre, et tolérer est ce qui a fait progresser l’homme. C’est le devoir de l’école d’y contribuer.
Ce n’est pas l’avis des néo-fascistes de Civitas et d’autres intégristes bigots. D’où viennent-ils ? En 1928, Josemaría Escrivá de Balaguer fonde l’Opus Dei, institution de combat catholique ultra-réactionnaire qui, de pair avec José Antonio Primo de Rivera, le fondateur des Phalanges, convainc Franco d’instaurer une dictature de choc à connotation ultra-catholique. Quand cela est accompli, l’Opus Dei le convainc également de supprimer tous les prêtres républicains, au nom sans doute du sacro-saint commandement "Tu ne tueras point". Travaillant en étroite collaboration avec Pie XII, lui même admirateur et complice des nazis, il contribue à donner à la papauté son caractère intégriste et occulte. La nomination de Jean XXIII et l’air du temps peu favorable à ses idées marginalisent le mouvement. Il revient en force avec l’élection de Jean-Paul II, constituant son entourage le plus immédiat. Jean-Paul II sait donner à sa personne une apparence moderne et ouverte. Farouchement opposé au mariage des prêtres, à l’ordination des femmes, à la réintégration dans l’Église des couples divorcés, aux couples non mariés, à la contraception et à l’avortement ou à l’usage du préservatif pour contrer les effets dévastateurs du sida, il est en fait profondément réactionnaire. Il réaffirme aussi la primauté de l’homme sur la femme, celle-ci étant selon lui Marie ou Ève, la Vierge ou la putain pour reprendre des termes employés à l’époque par des membres de son entourage. Il va s’attacher à ré-imposer l’intangibilité de la foi, de la Loi dite divine et de la personne du pape, multipliant les gestes apparents d’ouverture envers le public et l’enfermement bien réel sur des principes inflexibles, le secret le plus opaque et... la corruption (voir les scandales Banco Ambrosiano, loge P2, Marcinkus, etc...). En créant les JMJ, il manifeste sa nature de pape de combat, et sa haine de l’athéisme, qu’il assimile au communisme. Sur le plan politique, il fait la chasse aux prêtres de gauche, canonise le fanatique Balaguer et va porter en grande pompe sa bénédiction à Pinochet. Christine Boutin est une proche de l’Opus Dei, les membres de Civitas sont en grande partie les enfants des JMJ, on retrouve dans leurs thèses l’intolérance et l’alliance traditionnelle du sabre et du goupillon, de Rivera et de Balaguer, tous deux dignes héritiers de l’Inquisition. Ces idéologues s’insurgent contre la juste remise en cause des idées toutes faites et les exclusions qu’elles génèrent, diffusant n'importe quel mensonge pour essayer d'aboutir à leurs fins. Ils n'hésitent pas ainsi à prétendre que des instituteurs enseignent l'art de se masturber ! (au demeurant, on le fait en Allemagne à le demande de certaines familles dans des cours périscolaires, la masturbation entrant dans le cadre de la découverte de son corps, du fonctionnement de ses organes génitaux, le tout étant censé préparer à une vie en couple beaucoup plus harmonieuse, débarrassée des tabous et des préjugés qui viennent parasiter celle de nombre d'adultes, et favorisant, à travers la connaissance de son corps et de celui de l'autre, outre l'épanouissement du corps, le respect de l'autre).
L’école fait réfléchir les enfants. Notamment sur ce qu’est un homme, sur ce qu’est une femme, et sur les stéréotypes souvent faux qui ont cours. Tant mieux, puisque certains parents sont trop bornés pour assumer leur rôle. Quand on entend Ludovine de la Rochère, la grande représentante de cet intégrisme bigot, combattre avec véhémence la reconnaissance des enfants nés d’une PMA pratiquée à l’étranger "au nom du respect des enfants", on comprend la nécessité de cette réflexion. Invoquer le respect des enfants pour interdire l’existence légale de certains d’entre eux, on est au cœur de la folie !
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le 2 mars 2014
Ce film est extrêmement touchant, empreint de grâce et de pureté. La tendresse et la complicité des deux petites soeurs est d'une douceur absolue et retranscrit de manière tellement sublime ! Malgré le thème qui fait débat, ce film est au-dessus de ça car il est d'une incroyable beauté. Chaque souffrance devrait trouver écho dans la compassion et non dans le jugement stérile.
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le 1 mars 2014
Je ne raconterais pas l'histoire de cette petite fille, LAURE. Il suffit de lire le scénario pour comprendre la problématique suscitée par ce film. D'ailleurs le metteur en scène, Céline SCIAMMA ne prend pas partie sur le sujet traité ( recherche d'identité d'une petite fille) Le problème traité n'est d'ailleurs pas nouveau car l'existence de " Garçon manqué" concernant certaines filles n'est pas nouveau et fait partie de la vie depuis fort longtemps. En revanche, le sujet est traité avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité. La jeune actrice de 10 ans ( Zoé Héran ) est épatante dans ce rôle avec un physique un peu androgyne et plein de naturel. Sa petite sœur dans le film ( Malonn Lévana) est remarquable de naturel, d'intelligence et de complicité avec sa grande sœur LAURE.
Les parents sont à mon avis très en retrait et ne comprennent pas du tout ce qui arrive à LAURE. Le père est quasiment absent sur la recherche d'identité de sa grande fille bien que les 2 parents ont beaucoup de tendresse et d'affection pour leurs enfants .Par ailleurs le suspens du film est de savoir comment va se terminer l'imposture de Laure qui pour ses petits copains et sa jeune amie Lisa est un garçon qui se dit s'appeler Michaêl. C'est un sujet très délicat surtout à cette période ou la théorie fumeuse du Gender fait des ravages en France. Les scènes sont très bien tournées dans un bel environnement et les enfants acteurs sont extraordinaires de naturel et ne donnent jamais l'impression de tourner un film. Ils vivent simplement leur vie d'enfants de 6 à 10 ans environ. Toutefois, ce genre de film ne doit pas être présenté à de trop jeunes enfants, en tous cas avant 15 ou 16 ans à l'âge de l'adolescence. Il serait intéressant qu'après avoir visionner ce film à des ados, un débat s'instaure après avec un éducateur capable d'aborder avec des jeunes ce problème de sa propre identité sexuelle. En résumé, pour moi c'est un très beau film à voir avant de le condamner comme le fait CIVITAS.
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le 23 février 2014
L'histoire de Laure, voulant se faire passer pour un garçon, est troublante. Sa relation avec Lisa est pleine d'ambiguïté. Jeu ? Amour ? Mensonge ? Homosexualité latente ? Un très bon film cependant et remarquablement interprété.
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le 19 février 2014
J'en sors à l'instant. C'est un film bouleversant d'humanité, magnifiquement interprété. Le réalisme des scènes est impressionnant surtout dans les dialogues spontanés entre enfants, comme si la caméra était oubliée, comme si elle infusait dans l'environnement, invisible. Sur le fond, Zoé joue le double rôle de Laure et de la version masculine de Laure, Mickael. Une histoire d'identité teintée de secret et de solitude. Une histoire qui traduit seulement la recherche d'un bonheur d'enfant. Une histoire sur les normes et leurs sens et non sens. Une histoire sur les peurs d'une société jugeante et vectrice d'exclusion. Une histoire sur les codes sexués, le rose et le bleu, les shorts et les robes, les cheveux courts et les cheveux longs. Une histoire sur les stéréotypes et les carcans de la pensée unique. Une histoire du droit fondamental à la liberté en fin de compte... Un film d'utilité sociale. Merci Céline Sciamma.
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le 15 février 2014
Film intelligent et d'une profonde sensibilité sur la question pas si étrange que ça du genre , notion qui semble inaccessible , ne serait-ce que par l'interrogation , à certains vieux réacs tout craintifs , du genre de ceux qui ont toujours leur missel à évoquer en guise de réflexion ... vous savez , les illuminés des sales sacrements .
Ces gens-là ( véritable gangrène de notre société ) passent leur temps à dénoncer la moindre avancée pour l'amélioration d'un monde plus vivable pour ceux et celles qui ne s'y sentent pas forcément à leur place ... ils invoquent des comités de vigilance , des cellules de veille , exactement comme la police des moeurs dans certaines dictatures religieuses ( leur idée du paradis sur terre ) ... C'est ce que faisaient aussi les milices nazies en leur temps : tous ceux qui n'étaient pas de la bonne couleur , de la bonne religion : au camp ! Tous ceux qui n'étaient pas d'un sexe absolument clair et déterminé : au camp ! Tous ceux soupçonnés de "décadence" : au camp !
Ça aurait dû les calmer ces dingues qui se piquent souvent d'histoire , mais non , plus fort qu'eux , faut toujours qu'ils viennent fourrer leur sale pif dans des débats qui les dépassent , mais toujours avec la même idée : rendre la vie insupportable à tout ce qui n'est pas eux ... en se cachant bien sûr , toujours , derrière la défense de "l'innocence des enfants" : quelle hypocrisie !
On leur donne pour cela des mots d'ordre , on les siffle ! sommés de se mobiliser , les capos des bonnes moeurs s'excitent , défilent , invoquent à vide je ne sais quel satanisme , je ne sais quel complot ( le complot ça marche toujours pour les gogos ) je ne sais quel fantasme de je ne sais quels pervers qui viseraient à mettre notre monde sous la coupe de je ne sais quelles nouvelles Sodome et Gomorrhe ... oui , on en est là , à ce niveau ahurissant de veulerie en guise d'argumentation concernant ces histoires , si humaines , si belles , de genres et de besoin d'existence ! Triste à pleurer de voir ce que la haine de l'autre peut engendrer comme bêtises . On n'avance toujours pas , quoi !
On pourrait leur retourner la question à tous ces chiens de la haine qui se présentent pourtant comme des "honnêtes gens" , voire même des "honnêtes hommes" , les interroger à notre tour : un prêtre enrubanné dans sa robe-soutane est-il un homme ? Un homme censé ne jamais faire l'amour , ne jamais se marier est-il un homme ? La légendaire papesse Jeanne était-elle vraiment une femme ( bene pendentes ? ) ? Quand un prêtre viole un enfant , avec le silence complice de l'église et de ses ouailles , se sent-il toujours détenteur de la morale qu'il préconise ? Un monde qui obéirait à leurs règles sinistres et sans place pour tout ce qui ne serait pas eux , serait-il viable ? Jésus , entouré de ses disciples ( dont un qu'il préférait ) aurait-il jeté la pierre à un "angry inch" , à Tomboy ?
Quant à l'école , doit-elle alors se contenter de perpétuer à l'infini un quant-à-soi faussement "moral" sur ces questions garçon-fille , ou doit-elle évoquer d'autres nuances , d'autres vérités afin , non de les imposer , mais de laisser à tous et à toutes l'occasion sinon de s'interroger , du moins d'interroger ?
Je rappelle toutefois , car les rumeurs ont apparemment la peau dure ( évidemment , ils y tiennent puisque toute leur existence à eux repose sur ce vent empuanté d'intégrisme religieux ) que la théorie sur les genres n'est pas enseignée à l'école , que les films ou livres cités ne le sont qu'à titre indicatif ( pour les enseignants , ou parents , qui souhaiteraient s'informer ) qu'ils n'ont valeur que d'exemples particuliers et non pas de leçons magistrales , qu'ils ont en tout cas s'ils sont bien choisis toute leur place dans le cadre d'une illustration de ce que peut être la diversité de notre humanité , pas celle rêvée par les idiots incultes cramponnés à leurs vieilles lunes , mais celle , la nôtre , beaucoup plus large et puissante que leur haine ne le sera jamais , car elle se nourrit de toute la raison , de toute la compréhension dont l'esprit humain est doté . Cela dit , comment convaincre des fanatiques qu'ils le sont ? Aporie pour les pourris !
Car on sait où se niche la perversion ( regardez-les , regardez leurs visages , écoutez leurs slogans , lisez leurs préceptes ) elle est dans ceux et celles qui refusent aux autres d'être ce qu'ils ou elles sont indépendamment du cadre étroit et périmé qu'ils ont cru pouvoir imposer à tous au mépris du respect pour la différence , au mépris de toute considération pour cette humanité à laquelle ils ne comprennent visiblement que dalle . C'est vieux comme mes robes , comme dirait l'autre , cette perversité rigoriste , c'est de la puanteur au pas de l'oie qui revient à la charge ! Au travers des époques , la même ordure mentalement .
Eux sont les vrais dangers pour notre société , pas les transgenres , pas les homos , pas les lesbiennes , pas les bi , pas les garçons qui aiment jouer à la poupée , pas les filles qui aiment le foot ... non , eux les culs-bénits alliés aux fachos : terrible alliance de calotins au sabre fumant , sans vergogne à nous débiter encore et toujours leurs fadaises insanes dignes de l'Inquisition . Leurs penseurs ? Des prêtres ! Leur raison ? Leur foi ! Leurs arguments ? Des rumeurs ! Leur propagande ? La haine de l'autre ! Nous voilà bien avancés .
Si j'étais croyante je prierais volontiers pour le salut de leurs âmes perverties , mais finalement je préfère qu'ils crèvent , et qu'on n'en parle plus ! Qu'ont-ils d'intelligent et de généreux à nous donner ? Rien ! Nada !
La perversité , en tout cas , elle n'est certainement pas dans ce film qui raconte une histoire de fille qui ne se sent pas fille , tout simplement . "Garçon manqué" , l'expression aussi est vieille comme le monde . J'étais un "garçon manqué" quand j'étais petite , j'aimais me battre quand j'étais gamine , je n'aimais pas jouer à la poupée , je jouais au foot , je foutais de grands coups de pieds dans la boîte de cirage remplie de terre pour que les autres filles et garçons ( !!!! ) ne puissent pas jouer à la marelle ... je ne voulais pas aller dans leur ciel si terne et pour moi rempli de morts ! Je voyais déjà la supercherie !
Que les élèves dans les écoles puissent ( et non pas "doivent" ) réfléchir à cette question est une très bonne chose : il y a une telle violence , une telle homophobie "naturelle" chez les gamins et les gamines ( honte aux parents sur ce plan-là ! ) que réfléchir , connaître les différences pour les accepter n'est certainement pas du luxe ! En tout cas , pas de l'embrigadement , nullement ! de même que faire voir une particularité ( c'était la même chose il y a quelques années pour Billy Elliott que la plupart des élèves ont adoré ) ne veut pas dire militer pour qu'une "nouvelle norme" du genre remplace , soi-disant , celle du sexe biologique . Quelle folie , quelle bassesse que de prétendre ça , quelle absurdité !
Faire passer ce film excellent pour ce qu'il n'est pas ( ils ne l'ont même pas vu , pour en parler aussi bêtement ) c'est-à-dire une arme de conversion à l'idée d'indifférenciation des genres est une malhonnêteté intellectuelle majeure orchestrée par les cinglés fins de race de la manif pour tous , les intégristes dangereux de civitas et les néonazebroques du printemps français ... ( Honte , en passant , à Hollande d'avoir calé devant ces miliciens de la pensée ! )
Dans le genre ( ! ) et tout aussi intéressant ( cette fois-ci un garçon qui se sent fille ) je vous recommande Ma vie en rose , le film d'Alain Berliner ... ça ne calmera pas les dingues mais ça montrera aux gens tolérants , intelligents , ouverts autant d'esprit que sur le monde que ces sujets peuvent être abordés sans que notre civilisation ( pas la leur , déjà tout pourrie ) en pâtisse .
Mes enfants ont vu ce film et cela n'a rien changé à leurs habitudes : ma grande fait toujours de la boxe , la cadette n'a jamais porté une robe de sa vie ( c'est pas pratique pour aller à la pêche "par la rivière" comme elle dit ) quant à mon petit garçon ( 5 ans ) il me pique dès que j'ai le dos tourné mon vernis à ongles , le rose fuchsia ... donc , tout va bien !
Ah oui , j'oubliais : le "gamin" dans le film est très belle !
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