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Ce commentaire est issu d'un article paru dans le Deblocnot (voir mon profil) où j'ai tenté de comparer cette nouvelle parution à ce que l'on considère souvent comme la ou une référence : la même trilogie du destin dans l'interprétation légendaire de Mravinsky en 1961. Et oui j'ai osé ! Et si les deux chefs russes (l'un ayant été élève de l'autre), avec une sensibilité différente, approchaient en fait deux idéaux complémentaires ?

Dans la 4ème symphonie la fanfare introductive invoquée par Valery Gergiev apparait moins violente que chez Mravinsky, plus ouverte vers des espoirs d'une vie moins dramatique. La beauté élégiaque de l'énoncé du premier thème dénie la résignation face au destin. Comme souvent, Gergiev tisse un lien entre son orchestre, la musique et son publique. Il ne nous impose pas les tourments et joie de Tchaïkovski mais nous invite à partager ses interrogations. Les instrumentistes de l'orchestre Marrinsky adoptent un ton mélodique moins dru, plus tendre. C'est chaleureux, contrasté et émouvant. Il y a une sérénité dans le discours qui met en avant joie et sensualité qui émaille toute vie d'homme. Gergiev apporte un climat de poésie qui s'oppose avec force au thème du destin jamais répété de manière péremptoire. Les fanfares du destin sonnent avec un réalisme sonore typique du concert, avec un certain recul, donc avec moins d'effet dramatique. À l'hiératisme de Mravinky, Gergiev oppose une fragilité, une valse triste (au sens figuré). Mravinsky se voulait seul avec Tchaikovsky. Il y parvenait dans une osmose, une communion avec la partition, guidant la puissance du trait. Valery Gergiev nous bouleverse par l'humanité habitant cette musique et qu'il nous transmet.

On retrouve la sensibilité et la fraternité slaves dans la sensuelle mélopée et les intimes dialogues des bois de l'andantino. Gergiev aboutit à l'un de ces rares moments de cohérence totale dans l'interprétation d'une œuvre. L'orchestre Mariinsky a atteint ces dernières années (travail, achat d'instruments de meilleure facture) une sonorité claire et soyeuse qui le hisse au rang d'un des meilleurs orchestres de la planète. On pourra même préférer cette délicate couleur aux accents drus, même si d'une précision époustouflante, du philharmonique de Leningrad des grandes années. Je pense que voir Gergiev diriger, immergé dans les mélodies, et la qualité supérieure de la prise de son concourent grandement à cette émotion qui nous étreint ; aucun détail de ce chef d'œuvre ne nous échappe grâce à l'aide visuelle apportée par le très beau montage vidéo.
Dans le final festif, là encore on ne rencontre aucune rage de vivre comme chez son aîné, mais plutôt un sentiment de fête villageoise qui n'aura certes qu'un temps, et dont il faut épouser l'instant idyllique. Tchaïkovski disait "Réjouis-toi de la joie des autres, on peut quand même vivre'". Bien vu Maestro.

Dans la 5ème symphonie, Valery Gergiev use des mêmes oppositions marquées entre ivresse et mélancolie, le jeu des reflets entre les milles facettes poignantes de cette musique gorgée de passion. Plus sobre que chez Mravinsky, la douceur du trait et le naturel des timbres de l'andantino suggèrent une rêverie nocturne.
Le final moins volcanique qu'avec l'orchestre de Leningrad privilégie une forme de retour au bonheur du moment, une débauche d'énergie positive. Il en est de même pour le presto martial conclusif, très nuancé. Gergiev redonne vie à l'âme russe de cette musique mais la modernise enfin, en magnifiant sa complexité en complicité avec son orchestre virtuose.

Dans la 6ème symphonie, la sombre introduction aux cordes graves et basson assure le lien thématique du destin avec la 5ème symphonie. Gergiev tisse un climat presque glacial. Les premiers thèmes à l'inverse paraissent enjoués. Le maestro aborde le jeu des sentiments contradictoires de l'adagio initial avec un legato d'une ductilité incomparable. Pas une note, pas un dialogue ne fait office de simple transition. Peu de gravité, mais un kaléidoscope d'émotions antinomiques animées par mille sonorités. Il saura maintenir cette richesse et cette profondeur dans le développement (Allegro), puis dans les deux mouvements médians, un dramatisme sans esbroufe hédoniste de chef en recherche de performance survoltée. On pourra retrouver une approche mahlérienne dans le contraste marqué entre l'évocation des moments de bonheurs simples (valse de l'allegro con grazia) et les angoisses existentielles face au destin ultime nommée "mort" (Allegro en forme de Dies irae du premier mouvement). Mahler, une autre passion de ce chef.
Gergiev introduit lentement l'adagio conclusif de cette "Pathétique", une atmosphère quasi lugubre. Ce n'est que mesure après mesure que, du néant va surgir la musique oppressée de tristesse. Le chef atteint ainsi un paroxysme dramatique en fin de développement avant d'abandonner le compositeur à ses regrets jusqu'au silence. Un chagrin fort, désespéré que Gergiev contrôle jusqu'au retour au néant initial. Comme le chef le dit très bien dans son Bonus (en anglais), que pouvait ajouter après la dernière mesure Tchaïkovski ? La salle reste pétrifiée pendant presque une minute avant d'oser applaudir.

Nota : je coupe le son TV et renvoie le son sur une chaîne audiophile... Alors là, mes amis, c'est du grand, du très grand Gergiev en chair et en os !
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