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Dans la deuxième moitié des années 80, Bertrand Tavernier sollicite un de ses amis américains, le cinéaste Robert Parrish, parce qu'il voudrait partir à la découverte du Mississippi, Etat du Sud où la ségrégation a fait rage et où la déségrégation n'a pas été sans peine, berceau du blues, lieu de résidence et d'élection littéraire de William Faulkner. Ce sont les traces de tout cela, et plus largement l'esprit du vieux Sud, que Tavernier souhaite aller capter en partant pour le Mississippi avec son équipe française de choix (le formidable chef opérateur Pierre-William Glenn, Alain Choquart comme assistant, etc), et Robert Parrish pour guide. Parrish a grandi dans un autre état du Sud, la Géorgie, et au-delà de son rôle de guide américain et d'interviewer, il apporte sa connaissance du Sud et ses souvenirs d'enfance - certains viennent d'ailleurs se fondre, soit dans la discussion avec Tavernier soit dans des petites recréations venant s'inscrire de façon fluide avec le reste dans un N&B granuleux.

"Mississippi Blues" (1988) n'est donc pas un film sur le blues, pas au sens où la série produite en 2003 par Martin Scorsese, The Blues, peut l'être. Bien que co-produit par William Ferris, folkloriste de l'Université du Mississippi et auteur de livres fondamentaux sur le blues (Blues from the Delta et Give My Poor Heart Ease: Voices of the Mississippi Blues), il n'essaie pas de retrouver comme le fait Scorsese dans son propre film dans la série, "Du Mali au Mississippi", les sources du blues et les bluesmen vivant encore dans le Delta ou ailleurs dans l'Etat. "Mississippi Blues" est bien un film sur le Mississippi, et avant tout sur la ville d'Oxford. Mis dès l'abord sous l'égide de Faulkner, il progresse en montrant l'équipe aller interroger des personnalités diverses comme un pasteur savourant les histoires qu'il raconte, rentrer dans des églises et des maisons. Les scènes dans les églises noires, pour connues qu'elles puissent être des gens qui ont vu beaucoup de films et de documentaires, voire se sont rendus dans des églises sur place, sont sans doute parmi les plus spontanées qu'on ait tourné et ont une apparence d'authenticité que peu ont à ce point. Ce n'est que dans la 2ème moitié du film que l'équipe prend la route 61 pour se rendre dans le Delta, et le blues prend alors le dessus sur les gospels et autres chants d'églises de la 1ère moitié. Les plans de rues, de maisons, dans les bars ou chez le barbier, sont tout bonnement formidables, de même que le petit concert improvisé qui leur fait suite ou la visite à Othar Turner à la fin du film (le très marquant joueur de fifre à la recherche duquel s'était remis Scorsese dans "Du Mali au Mississippi").

Laissons la parole à Robert Parrish, qui dans le livret explique ce qui a permis d'arriver à ce résultat : "Mississippi Blues est un documentaire gai, tendre, chaleureux et plein d'humour. Ce qui en général n'est pas la loi du genre. Sans doute parce que les autres documentaires ne sont pas tournés par l'équipe française que Bertrand Tavernier emmena avec lui cet automne-là (...) Ils furent toujours de plain-pied avec les gens que nous avons rencontrés. Ce contact, cette chaleur, cette passion brisèrent toute barrière de langue, de culture et de race. Au bout de quelques jours, on avait l'impression qu'ils avaient toujours vécu à Oxford, qu'ils avaient comme moi passé leur enfance dans le Sud, à aller écouter des prédicateurs noirs ou les chanteurs de blues. Il est difficile de ne pas remarquer l'extraordinaire qualité de la photographie, obtenue avec de très faibles moyens et beaucoup d'imagination, et aussi celle du son. Cette ingéniosité, cette rapidité, cette disponibilité, cette attention font de Mississippi Blues un carnet de notes, une chronique savoureuse, émouvante."

Carnet de notes, chronique : Parrish a raison, et il ne faut s'attendre ni à un film didactique - les films de la série The Blues le sont pour certains nettement plus - ni à un documentaire à la structure serrée comportant tous les passages obligés. Non seulement Tavernier et son équipe sont souvent dans le champ, filmés parfois par Parrish lui-même (qui a apparemment eu l'idée de les filmer en train de jouer au base-ball, ce qui permet de les montrer tous au générique), mais il ne s'agit pas de cacher leur interaction avec les témoins filmés. Mississippi Blues est à la fois une balade dans le Mississippi, et une ballade pour le Mississippi, où Tavernier, amoureux du cadre et de ses habitants, vient avec ses connaissances extérieures mais ne les impose pas à ceux qu'il rencontre et est attentif à capter ce qu'ils ont à montrer et à raconter.

On peut savoir gré aux éditions Tamasa d'être allé déterrer ce film rare pour l'éditer en dvd. Hélas, la copie qu'ils ont dégotée n'est pas de la première fraîcheur. Pas de master restauré ici, la copie comprend son lot de taches et de griffures, et sur cette copie au grain un peu trop présent la photo semble légèrement passée. Le film est présenté en VO, c'est-à-dire en français et en anglais, les sous-titres étant optionnels pour les parties en anglais.

L'excellente nouvelle en revanche, c'est que Tavernier a fourni à l'éditeur la version longue, intitulée "Pays d'octobre" et conçue pour une diffusion télé. Il est un peu dommage de ne pas finalement disposer des deux versions intégrales, la version cinéma et la version télé, mais les larges extraits qui sont donnés de "Pays d'octobre" en supplément (1h05) complètent fort utilement le long métrage d'1h30. Aussi bien sur Faulkner que sur les clivages raciaux et sociaux, les entretiens non retenus dans le montage cinéma sont éclairants. Pour le reste des suppléments, des entretiens avec Bill Ferris et Bertrand Tavernier (6' et 20'), filmés récemment dans une image et un son assez précaires, mais qui permettent de revenir près de 25 ans après sur cette entreprise que trop peu finalement ont cherché à mener et pour la réussite de laquelle on peut remercier le cinéaste.

Tavernier revient brièvement sur cette aventure et sur la façon dont ses documentaires ont nourri son cinéma de fiction dans le livre d'entretiens avec Noël Simsolo paru récemment : "Le Cinéma dans le sang".

Sur le blues lui-même, je conseillerais volontiers le livre que Peter Guralnick a dirigé pour accompagner la série produite par Scorsese. Hélas, la version française de l'ouvrage n'est plus disponible, mais les anglophones pourront encore se procurer ce parfait ouvrage de base fourmillant de documents et d'iconographie : Martin Scorsese Presents The Blues: A Musical Journey. Guralnick est par ailleurs l'auteur d'un formidable petit livre sur ce pionnier du blues et personnage semi-légendaire qu'est Robert Johnson : A la recherche de Robert Johnson. Evidemment, on doit si l'on s'intéresse au blues lire l'ouvrage de LeRoi Jones, Le peuple du blues : aussi daté soit-il, il reste fondamental. Je signale qu'Alain Gerber vient de faire paraître un Blues, que je n'ai pas encore lu mais dont on m'assure que c'est une réussite. Pour finir, je ne saurais trop conseiller à ceux que le blues et le jazz intéressent, et au-delà toute la culture qui les ont vus naître et qui les ont portés, ainsi que la langue qui s'y exprime, de se procurer le maître-livre de Jean-Paul Levet, Talkin' that talk - Le langage du blues, du jazz et du rap, ouvrage d'une érudition intimidante, aussi exhaustif que possible et absolument indispensable (voir mon commentaire).

MISE A JOUR AOUT 2014 Depuis la rédaction de ce commentaire, le livre de William Ferris "Give my Poor Heart Ease" a été traduit en français aux éditions Papa Guédé, sous le titre "Les Voix du Mississippi". Un ouvrage totalement remarquable, qu'on ne trouve pour l'instant que dans certaines librairies et qui vaut qu'on le cherche activement. Cf. mon commentaire sur la page de l'édition américaine mise en lien ci-dessus, et ne pas hésiter à aller voir où il est disponible sur le site de l'éditeur.
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le 25 août 2013
... le film date de 1988... Ce n'est pas un problème car il permet de bien s'imprégner des ambiances et rythmes portées par ce grand fleuve.

Personnellement j'ai trouvé un peu long les reportages dans les églises avec les chants de Gospel (même si certains sont vraiment chouettes !). Sans doute parce qaue je préfère le Blues au Gospel !!! Histoire de goûts !
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le 14 décembre 2013
Dommage que ce ne soit pas la version reportage en 3 volets, beaucoup plus complète, mais franchement, merci à Bertrand Tavernier pour ce travail qui vaut la peine d'être connu.
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le 1 mai 2013
aprés avoir écouté une discussion à france musique j'ai eu envie de visionner ce dvd je l'ai visionné et j'ai été très séduite
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le 4 mai 2016
un bon film sur le blues par un cinéaste qui aimait le blues et qui a fait ce film dans les années 80. Un film vraiment très intéressant sur la vie dans le sud-est des Etats-Unis. Un très bon film.
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le 3 juillet 2016
Pas génial. J'ai découvert le blues il y a peu. Et cherchant des documents sur le sujet, j'ai acquis ce dvd. Mais déçu. J ne dis pas qu'il est mauvais, mis pas à mon goût.
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le 1 mars 2013
voir et ecouter le moienne metrage 'Mississippi Blues' est visiter la vie et les affaires religieux de la population minoritaire et noir nort americaine attitude indispensable merci monsieur Tavernier
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le 6 janvier 2014
film documentaire qui déambule doucement à travers le sud profond des Etats-Unis. Par moments un peu Journal intime de l'equipe qui film, mais bon, peu à peu la désinvolture ambiente vous pénètre l'esprit et la musique, surtout la musique vous pénètre l'ame.
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le 20 janvier 2014
AU SECOURS !!!!
Une telle nullité ne devrait pas exister !
Rien que pour ce DVD vous devriez mettre une étoile supplémentaire afin d'aller encore plus dans le négatif....en d'autres termes C'EST NUL !
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