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le 9 février 2017
Voilà une lecture qui ne pourra pas plaire à tout le monde. On rangerait Stefansson parmi les auteurs de la littérature scandinave mais comment définir un territoire, une langue, un peuple qui s'épanouit depuis plus d'un millénaire sur un ilot à la même latitude que le Groenland? L'Islande et son histoire pourra nous paraitre autant banale qu'insignifiante mais il y en a pour qui elle demeure une fascination. Et qui mieux que la littérature pourrait nous en dire plus sur ces insulaires qui, comme tout insulaire, n'ont pas la langue des plus déliées?

L'histoire se déroule dans un 19ème siècle rude, où chaque homme semble promis à la seule destinée de marin. Stefansson nous plonge dans le contexte détaillé de ce que pouvait être la vie dans les villages de pêcheurs. Car c'est bien sur les côtes que la vie s'épanouit, l'intérieur de l'île évoquant plutôt un no man's land inhabité et hostile. Une condition de marin où les retours sur la terre ferme quotidiens sont vécus comme des bénédictions, où l'achat d'une paire de bottes équivaut à un mois passé sur des déferlantes soufflant la mort et l'odeur d'amis disparus. Une époque où un livre équivaut à un objet de curiosité inutile et coûteux et qui fera précisément le malheur de Barour pour qui le livre du Paradis perdu de Milton s'apparente à La perle de Kino. Tout ce monde nous évoque des couleurs froides et éteintes. Du gris, pour des ciels tourmentés et des mers agitées, du blanc pour de la neige qui frappe même en avril, et l'obscurité des baraquements des villages noyés dans des vents glacés. Et tout cela dans la plus parfaite solitude au bout du monde, où personne ne va et où personne ne reste. Un sentiment d'isolement qui évoque plus l'abandon d'un dieu vengeur que la béatitude touristique qui n'y voit que le dépaysement nécessaire et bénéfique à son bien-être.

Quant à l'écriture de Stefansson elle est plutôt dure à appréhender. A moins que ce ne soit le choix du traducteur, cette prose aux virgules continues est difficile à digérer. Fort heureusement, elle se découpe au fil du récit et devient très fluide. Il faut souligner également la quasi-absence de dialogues, les guillemets sont absents, l'auteur voulant vraisemblablement évoquer l'idée de solitude et d'introspection. Malgré tout, ce sont de belles images que nous amène Stefansson dans une contemplation toute scandinave habitée d'une magie qui évoque parfois les frères Grimm. Une poésie des plus mélancoliques où il faudra oublier toute idée de luxuriance, de printemps ou de volupté mais qui peut se targuer de passages remarquables où le vent du génie semble s’immiscer. L'Islande a forgé durement cette prose brute de nature où le sceptre de la mort fondu dans le paysage accouche d'une beauté désespérée qui donne une force immense au récit.

La lacune du roman réside peut-être dans le fait qu'il y manque une dimension épique, un évènement qui transcenderait cet univers fantomatique où aucun des personnages ne se détache vraiment. Le gamin, héros de cette saga, laisse un peu froid. Mais il faut concevoir que notre idée du roman est sans doute établie différemment en Islande qui a sa propre tradition littéraire (voir les Sagas, Halldor Laxness, Olafur Gunnarsson) et une identité qui ne semble pas si éloignée de ce que pouvaient être nos premières légendes avec Chrétien de Troyes et les récits de la Table ronde qui mêlent naïveté, héroïsme et magie.
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le 11 mai 2017
c'est une très belle découverte ! un livre magnifique. J'ai acheté les deux livres qui suivent (mais pas encore lus). Je recommande vivement
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le 31 mai 2010
Voyage initiatique est bien le mot qui convient pour ce livre, on regarde les personnages évoluer comme on voit le fond d'une piscine : les yeux ouverts sous l'eau la réalité n'a pas les mêmes contours.

Un monde magistral et dur, un homme qui meurt de vouloir s'échapper par la beauté, un adolescent qui prétend en finir avec la vie sans savoir qu'elle peut décider l'inverse, des femmes qui font fi du quand-dira-t'on pour vivre.
Vivre vraiment libres.
Et tout une série de gens, hommes et femmes et enfants, qui viennent "ricocher" sur le trajet du héros.
Il faut se laisser porter par l'écriture qui n'est pas commune, moyennant quoi on "voit" réellement les paysages et les êtres.
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le 1 mai 2011
C'était en ces années où, probablement, nous étions encore vivants. Mois de mars, un monde blanc de neige, toutefois pas entièrement. Ici la blancheur n'est jamais absolue, peu importe combien les flocons se déversent, que le froid et le gel collent le ciel et la mer et que le frimas s'infiltre au plus profond du caeur où les rêves élisent domicile, jamais le blanc ne remporte la victoire.

Premières lignes de ce livre, une invitation à un voyage d'où je suis ressortie remplie d'émois et d'un bonheur pur. Lecture hypnotique semblable au ressac de la mer. Enveloppée par l'histoire et l'écriture, je me suis abandonnée. Un bonheur indéfinissable qui m'a fait pleurer. Il s'agit de ces moments rares et privilégiés que nous offrent certaines lectures.
Comment parler de ce coup de caeur ? Je l'ai lu il y a plus d'une semaine dans des conditions particulières. Je partais pour mes vacances au soleil. Dans l'avion, les attitudes et les conversations des passagers trahissaient l'attente mêlée à la joie de goûter au sable blanc. Mais moi je n'étais plus avec eux. J'étais en communion avec l'écriture de Stefánsson . J'accompagnais Bárour. Un pêcheur qui absorbé par les vers du paradis perdu du poète Milton en oublie sa vareuse. Plus qu'un vêtement, un accès à la survie lors de la pêche. Quand le vent vous mord le visage, que le froid vous pénètre le corps et que les vagues vous cinglent le visage dans cette mer d'Islande. Une histoire où le ciel et la mer sont omniprésents. Des descriptions où la magie des mots m'a coupée le souffle. Mais l'histoire ne se résume pas à la poésie qui coûte la vie à Bárour. Il s'agit d'une plongée dans un autre monde ! Les questionnements, les constats sur la vie et la condition de l'homme jalonnent avec force et grâce ce récit. Un jeune gamin qui accompagnait Bárour veut lui rendre hommage. A sa façon. Rendre le livre prêté à Bárour à sa propriétaire. Et un deuxième voyage pour cette seconde partie. L'adolescent longe les ténèbres, les touche du doigt. La vie vaut-elle la peine d'être vécue ? Un flirt d'une beauté mélancolique avec la mort où le souffle de la vie sera le plus fort.

Je n'ai pas lu ce livre, je l'ai ressenti. Il a pris possession de mon âme, de mon caeur. Je suis devenue une terre conquise par cette écriture magnifique et unique. Des mots qui fécondent bien plus qu'une histoire. Un joyau.
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le 3 octobre 2010
l'amour de la poésie, cela a tue le pêcheur Bardur. tout ce roman est imprégné de cet amour, l'écriture lui même est très poétique et pour moi, c'était comme être là dans ce petit bateau de pêche, les personnages prennent vie, je me suis trouvée dans les rue de "la ville" aux cotés du capitaine qui aime les bières et qui n'arrive jamais a préparer son bateau pour quitter le port.je me suis trouvée dans la tempêté de neige et je aimé ces femmes belles et robustes qui supportent les hommes, qui se battent avec le éléments. Le vieux aveugle qui aime les livres mais qui ne peut plus lire, quel malheur!
à tous ceux qui n'ont pas encore lu ce livre, je veux dire: dépêchez vous!!
edda roy
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Contrairement aux rudes pêcheurs qui les entourent, le Gamin (nous ne connaîtrons jamais son nom) et son ami Bardur ne vivent que pour la lecture.
Au moment où le patron appelle ses hommes, Bardur tente de mémoriser quelques vers du « Paradis perdu ». Pour son malheur.
Ce récit nous entraîne dans un monde de neige et de glace, une atmosphère âpre et sans pitié, des hommes frustes et parfois cruels qui n'acceptent pas la différence.
Mais ces deux cent quarante pages se résument aisément en deux feuilles: d'histoire à proprement parler, il n'y en a pas. Beaucoup de longues descriptions qui se répètent parfois.
Pourtant, l'amour de la lecture et l'incompréhension qu'il suscite de la part des autres est bien mis en valeur et me touche tout particulièrement, car moi aussi, comme le Gamin, je ne vis que pour les livres.
Donc, au final, je peux dire que j'ai aimé.
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Le pouvoir des mots est immense. Ils peuvent soulever les foules, fomenter les révoltes, fédérer un peuple, engendrer tristesse ou moquerie, adhésion ou répulsion' Ils sont aussi le terreau de la poésie et tuer des hommes trop jeunes, trop rêveurs, trop sensibles pour résister au monde glacial, brutal et rude qu'est L'Islande en cette fin de XIXème siècle.

« Entre ciel et terre » est un livre magique, un des grands coups de cœur de Cetalir, un livre hypnotique, entre rêve et réalité. Un livre où les vivants et les morts cohabitent parce que la vie de pêcheurs à la morue, embarqués sur des petits bateaux à rames, à la merci de ces revirements sporadiques météorologiques sur ces fjords glaciaux, ne tient qu'à peu de choses. Il faut l'habilité de capitaines, véritables loups de mer, le recours aux prières, une dénégation totale pour échapper à la mort par noyade qui cependant frappe régulièrement la population islandaise de l'époque.

Mais, on peut aussi tout simplement mourir de froid quand, comme Barour, ce jeune pêcheur trop tendre pour ce métier trop dur, on s'est laissé envouter par la poésie, qu'on a cherché à retenir par cœur avant d'embarquer à trois heures du matin, mal réveillé et mal nourri, au point d'en oublier sa vareuse, ultime protection comme le vent glacial qui arrive du cercle polaire.

En une centaine de pages envoutantes, avec une sensibilité rare, Stefansson va nous plonger au cœur du drame qui verra Barour succombé en mer, sous les yeux désespérés de son ami, lui aussi féru de lecture et de poésie et tourné pêcheur parce qu'il faut bien survivre à cette chienne de vie.

Au cours des quelques deux cents pages qui vont suivre, l'auteur va nous conter le périlleux périple de l'ami survivant décidé à rapporter le livre de poésie, vestige sacré d'une vie qui s'est éteinte trop tôt, à son propriétaire, un capitaine devenu aveugle et qui possède la plus grande collection de livres du coin. Or lire est un luxe inouï dans ce monde où il faut travailler dur, pour gagner peu et survivre à un hiver polaire qui terre les villageois dispersés dans des chaumières de fortune.
Dans ce périple, voyage initiatique, l'ami devra choisir entre mourir pour rejoindre son ami et échapper à une vie sans joie, ou vivre en trouvant une nouvelle raison d'exister. Adviendront de multiples rencontres, sous la forme de petits contes ou d'allégories, qui feront surgir une galerie de personnages pittoresques sous la plume fertile de l'auteur. Le jeune homme en tirera la leçon qu'exister signifie lutter, que la mort fait partie de la vie, que la générosité et la confiance peuvent survenir pour ouvrir des perspectives plus en phase avec ses talents inexploités dans le métier de pêcheur mal dégrossi.

Chaque page est un petit bijou fait d'une poésie sous-jacente ; le rythme délibérément extrêmement lent favorise le développement des idées, le glissement imperceptible d'une histoire à une autre, l'alternance du rêve et de l'éveil. Car trouver son chemin se fait rarement par révélation soudaine et que l'on devient adulte par dérives successives.

Alors, n'hésitez pas et précipitez-vous vers ce petit chef-d'œuvre !

Publié aux Editions Gallimard ' 2010 ' 238 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com
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le 18 mai 2013
Quelle merveille! Comme les tomes suivants d'ailleurs.
L'auteur nous emporte dans sa poésie, tout en finesse, rien n'est forcé.
A lire absolument!
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le 1 janvier 2013
Avec une écriture soutenue et simple à la fois Stefanson nous fait nous plonger dans ce monde islandais à la rudesse écrasante et belle, comme ces flocons de neige qui viennent tout ensevelir mais prennent modèle sur les ailes des anges. La vie et la mort. La vie malgré tout, ou avant tout.
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S'en vient le soir
Qui pose sa capuche
Emplis d'ombre
Sur toute chose,
Tombe le silence,
Déjà se lovent
La bête sur son lit d'humus
L'oiseau dans son nid
Pour le repos nocturne.

Relire encore une fois ces quelques vers du Paradis perdu de Milton, les retenir pour, plus tard, sur le bateau, les réciter au gamin. C'est ce qui a tué Bàrdur. Obnubilé par la beauté de la poésie, il a oublié sa vareuse au crochet du baraquement. La mer d'Islande ne pardonne pas ce genre d'étourderie. Bárdur est mort, gelé sous le banc de nage, laissant le gamin inconsolable. le jeune pêcheur ne veut plus, ne peut plus retourner en mer. Il marche jusqu'au village, d'abord pour rendre le Paradis perdu à son propriétaire, ensuite pour décider s'il doit continuer à vivre après la perte de son meilleur ami.

Mer glaciale, vent violent, neige et glace, la nature islandaise est peu clémente avec les pêcheurs de morue. Mais ils sont rudes, forts et savent mettre humblement leur destin entre les mains de Dieu avant de prendre la mer. Ces taiseux connaissent les mots des prières, les mots de la pêche. D'autres recherchent la beauté, la consolation des mots. Báldur et le gamin sont de ceux-là. Mais les mots peuvent tuer aussi. On veut relire un poème et on en meurt. Et voilà le gamin seul, privé du soutien de son ami, il se sent déplacé. Il en veut aux pêcheurs de continuer à vivre, il est mal à l'aise au village, ridicule, privé de mots. A quoi bon vivre alors ? le gamin traîne un sentiment de culpabilité. Qu'a-t-il fait pour mériter la vie quand tous ceux qu'il a aimés sont morts ? Peut-il encore rire, s'émouvoir, désirer, quand le corps de Báldur gît, gelé, sur la table du baraquement ? Le gamin va devoir trouver en lui des raisons de vivre.
Ce premier tome d'une trilogie est proprement envoûtant. Porté par l'écriture très poétique de Jón Kalman STEFÁNSSON, le récit raconte le froid, la solitude, le deuil, mais aussi l'amitié, la poésie, l'espoir de la jeunesse. le gamin, tendre et émouvant, est un personnage dont on a envie de suivre le chemin. Et certains villageois, hauts en couleurs, demandent aussi à être mieux connus. Une magnifique introduction pour la suite à venir.
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