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le 22 mars 2004
Grand film de sabre de Okamoto, par le même scénariste qui a écrit Rebellion ou Seppuku de Kobayashi (indisponibles en France, quelle tristesse). Associé à ces réalisateurs, il a placé ces films au niveau d’un Kurosawa, et, à mon avis, a offert à Tatsuya Nakadaï parmi ses plus beaux rôles.
Les références aux évènements historiques de cette période trouble évoqués en arrière-plan sont assez hermétiques pour les non-initiés. On évoque Kondo et Hijikata, commandants terribles du Shinsen-gumi, personnages que l’on retrouve dans Tabou de Nagisa Oshima. Ici au moins les membres de la milice portent l’uniforme qu’ils portaient réellement, et non les costumes redessinés par souci d’esthétique dans le film d’Oshima. Les guerriers du Shinsen-gumi apparaissent d’ailleurs plus comme les soudards et les fanatiques qu’ils étaient, que comme des esthètes élégants chez Oshima. Le fait que le héros noir, samouraï pervers et psychopathe, rejoigne cette milice en dit long sur le démantèlement de mythe qu’ont voulu exprimer le réalisateur et le scénariste.
Reste la beauté formelle des images, la mise en scène des combats qui dans l’esthétique soignée du décor n’épargnent pas la crudité de la violence, et les gros plans sur les yeux fous de Tatsuya Nakadaï.
Pour l’anecdote, il est amusant de constater que le traducteur n’a pas traduit les mots japonais couramment utilisés en kendô. Le spectateur non pratiquant en sera pour ses frais !
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le 9 mars 2007
Adapté d'un volumineux roman de la littérature populaire japonaise, Le Sabre du mal est un film qui raconte une longue histoire, assez difficile à suivre à la première vision en raison des entorses que le scénario donne à la linéarité classique. Quelques ellipses donnent l'impression d'un récit procédant par blocs narratifs, et presque d'une esthétique du fragment. Le spectateur doit alors reconstituer des événements qui ne lui sont pas montrés. On risque aussi de se perdre parmi les noms des factions rivales et même parmi les nombreux personnages. Le scénario privilégie les moments forts d'une vaste intrigue, et imprime à ce matériau surabondant une ligne directrice, une perspective, qui ne doivent plus grand-chose, dirait-on, au roman source.
Le Sabre du mal met en scène la traditionnelle opposition entre l'usage moral et l'usage immoral du sabre. Ce qui distingue cette oeuvre d'Okamoto d'un film tel que Sanjuro de Kurosawa, tourné quelques années auparavant, c'est que la violence n'y est nullement retenue. La séquence extraordinaire où, au milieu des flocons de neige, Toshiro Mifune, seul, élimine une vingtaine de rônins sous les yeux d'un Tatsuya Nakadaï médusé, passif, et qui renonce à intervenir pour secourir ses compagnons, est bien sûr le contrepoint positif, avec leçon de morale à la clé, de l'étrange séquence finale, où Nakadaï affronte une armée entière d'assassins.
La leçon de morale perd de son tranchant devant cette tuerie sans phrases, qui n'est pas le duel attendu entre le gentil et le méchant. Tuerie d'autant plus impressionnante qu'elle impose, au regard et à la mémoire, le spectacle d'une violence qui s'emballe, et qui se consume dans un déchaînement rageur et sans but.
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le 8 janvier 2005
Les entorses à la linéarité classique (quelques ellipses) rendent l'histoire un peu difficile à suivre, obligeant le spectateur à reconstituer des événements qui ne lui sont pas montrés, et il risque, à la première vision, de se perdre parmi les noms des factions rivales et même parmi les nombreux personnages, le film étant l'adaptation d'un volumineux roman de la littérature populaire japonaise. Mais le scénario privilégie des moments forts, dont l'enchaînement imprime à ce matériau surabondant une ligne directrice, une perspective, qui ne doit plus grand-chose, dirait-on, au roman source. Certes Le sabre du mal met en scène l'opposition archi-classique entre l'usage moral et l'usage immoral du sabre, comme le fait par exemple Sanjuro de Kurosawa : la séquence extraordinaire où, au milieu des flocons de neige, Toshiro Mifune, seul, élimine une vingtaine de rônins sous les yeux de Tatsuya Nakadaï est bien sûr le contrepoint positif, avec leçon de morale à la clé, de l'étrange séquence finale, où Tatsuya Nakadaï affronte une armée entière d'assassins. Mais la leçon de morale perd de son tranchant devant cette tuerie sans phrases, qui n'est pas le duel attendu entre le gentil et le méchant. Tuerie d'autant plus impressionnante qu'elle impose, au regard et à la mémoire, le spectacle d'une violence qui s'emballe, et qui se consume dans un déchaînement rageur et sans but.
22 commentaires| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 13 décembre 2003
A l'image des personnages qu'elle met en scène, cette oeuvre est empreinte d'un mélange de mélancolie, de fatalité et de fureur contenue qui peut difficilement laisser indifférent. Les protagonistes sont pour la plupart tourmentés, le visage baigné d'ombre et de lumière. Derrière chacun d'entre eux, une faille, une fêlure dans laquelle ne s'engouffre pas la caméra du réalisateur, sans doute trop pudique pour cela. Loin du manichéisme de certaines oeuvres plus récentes, Sword of doom nous offre une vision tragique et crépusculaire du chambarra, une plongée dans un univers de violence et de folie à laquelle personne ne devrait résister...
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le 26 février 2005
C'est un film magnifique avec une véritable histoire qui prend à contre-courant le modèle du noble samourai. Le héros est un véritable psychopathe ! Interprétation superbe de Nakadai et combats superbes. Une seule critique, une fin étrange et un peu baclée.
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