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Avec un monument de l'histoire de la musique comme les quatuors à cordes de Beethoven, la discographie est évidemment pléthorique, et les versions intéressantes ne manquent pas. Cette édition se place pourtant largement dans cette catégorie, en nous restituant (pour la première fois en CD) l'une des interprétations entrée littéralement dans l'histoire du disque.

L'émergence de la formation est d'ailleurs digne d'un roman épique. Au sortir de la Seconde Guerre, l'éminent luthier et restaurateur de violons new-yorkais Emil Herrman (berlinois d'origine), réunis un quatuor de Stradivarius ayant appartenus à Nicolo Paganini : les deux violons "Comte Cozio di Salabue" (datant de 1727) et "Desaint" (l'un des premiers du luthier italien, datant de 1680), l'alto "Mendelssohn" (1731) et le violoncelle "Ladenburg" (1736). D'autres quatuors de Stradivarius ont été constitués par des collectionneurs du XVIIIème siècle, mais les instruments ont en général été dispersés avec le temps. La particularité de celui-ci est donc d'avoir été reconstitué (ce qui demanda tout de même 25 ans d'efforts à Emil Hermann !).

La suite va procéder de la rencontre fortuite d'un quatuor de personnalités : deux fins archets, et deux mécènes. Robert Maas est le violoncelliste du fameux quatuor belge Pro Arte (où il avait pris la place de Fernand Quinet en 1921) jusqu'à l'aube de la guerre; en 1940 l'invasion de la Belgique l'empêche de rejoindre sa formation américaine. (Pendant la guerre Maas formera le Quatuor Artis, avec Robert Courte, Alfred Dubois, et l'élève de ce dernier : le jeune Arthur Grumiaux). Maas ne revient à New York qu'en 1945; c'est à ce moment qu'il fait la connaissance d'Henri Temianka, brillant violoniste de son temps. Les deux musiciens ont en commun une mécène très en vue (Elizabeth Sprague Coolidge, cousine du président des Etats-Unis), qui avait soutenu longtemps les Pro Arte, et qui est une fervente admiratrice de Temianka. En 1946, Maas se voit offrir par une autre mécène (la veuve du milliardaire William Clark) la formation d'un nouveau quatuor à cordes, Temianka ayant le même projet avec Coolidge. Les deux musiciens réunis vont alors s'adjoindre le concours de deux autres archets belges : Maas propose l'alto à Robert Courte, et le second violon à Gustave Roseels (fondateur du Quatuor Pro Nova).

Après une première série de représentations très remarquées (notamment un cycle Beethoven, déjà), Robert Maas prend connaissance du fabuleux ensemble d'instruments rassemblé par Hermann; les instruments sont aussitôt achetés par la veuve Clark, la formation se trouvant du même coup un nom : le Quatuor Paganini.

Très vite, le "plus grand quatuor né sur le sol américain" (comme on le désigne à l'époque) enregistre pour RCA (ils profiteront aussi les années suivantes de l'émergence du microsillon). Leurs premiers disques en 1947, les trois quatuors Razumovskys, sont encensés par la critique. La même année ils enregistrent encore l'op.135, puis en 1948 c'est le drame : alors qu'il participe à un concert à la mémoire d'Alphonse Onnou (le violoniste liégois fondateur du Pro Arte, décédé en 1940), Maas est foudroyé par une attaque, lors de l'entracte. Il sera remplacé dans la formation par Adolphe Frezin (et plus tard par Lucien Laporte). Le quatuor connaitra d'ailleurs de nombreux changement durant sa carrière de vingt ans (mais Temianka en restera le pilier jusqu'à la dissolution du groupe en 1966). Ainsi en 1951 Robert Courte (qui a décidé de se consacrer à l'enseignement) sera aussi remplacé par le belge Charles Foidart (mais le pupitre changera encore deux fois de titulaire par la suite).

Jusqu'en 1953, les Paganini vont graver 11 des 16 quatuors de Beethoven :
- avec Maas en 1947 les quatre déjà cités (op.59/1-3, et l'op.135)
- avec Frezin en 1949 l'op.18/4, puis en 1950 l'op.18/5
- avec Foidart en 1951 l'op.132, en 1952 l'op.74, en 1953 les op.18/1-2 et l'op.131
Ce sont ces gravures qui nous sont rendues ici par United Archives, dans une édition comme toujours soignée (et une qualité de son étonnante pour des enregistrements de cet âge), accompagnée d'un petit livret historique.

Le quatuor Paganini est souvent désigné comme l'héritier direct des Pro Arte (par son fondateur Robert Maas bien sûr, et le fait que l'essentiel de ses membres furent des musiciens belges, héritiers d'Ysaye), et comme une sorte de chainon manquant dans la filiation américaine qui relie les Bush (voire les Budapest, qui d'ailleurs jouaient aussi aux Etats-Unis sur quatre Stradivarius) et le futur quatuor Juilliard.

Au-delà d'un témoignage historique, ces interprétations dégagent une énergie remarquable, au service d'une élégance naturelle et d'un style raffiné. Bien sûr à l'aune des interprétations modernes, on pourra noter par moment quelques prises de liberté ou une certaine imprécision rythmique (tout étant relatif par ailleurs ;). Mais la cohésion de l'ensemble, tout comme les sonorités produites (indépendamment de l'âge des captations), promettent des moments de bonheur aux amateurs...
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Bien sûr, je n'ai pas la science infuse, et je ne suis pas la référence mélomaniaque suprême. Mais qu'un fou comme moi des quatuors à cordes (disposant à la maison... de rien moins qu'une cinquantaine d'intégrales des quatuors de Beethoven, par exemple!), y compris dans les formations les plus anciennes, n'ait jamais entendu parler des Paganini, ne serait qu'en bout de phrase sur un quelconque autre livret de disque, donne la mesure de l'oubli où ils étaient injustement tombés (même si, finalement, cette formation - sponsorisée par deux dames milliardaires folles de musique, style ce que fut chez nous Mme de Polignac - a duré relativement peu longtemps, et a un peu varié en dehors de ses deux fondateurs originaux, l'ancien violoncelliste des Pro arte et Temianka - dont Doremi vient de rééditer les sonates violon-piano du même Beethoven).

Divine surprise, en tout cas. Par rapport ici au précédent commentateur, je donne carrément la cinquième étoile à ces enregistrements. D'abord, parce que je trouve ces interprétations absolument parfaites, la grâce absolue. Quasiment modernes car aussi, et c'est également la raison de ma cinquième étoile, techniquement, le report CD est d'une qualité époustouflante. Tout date de la fin des années quarante au début des années cinquante, mais on dirait quasiment un enregistrement d'aujourd'hui, d'une extrême finesse et clarté, mais il est vrai que ce label nous a habitué à cet excellent travail. Pour mémoire, United Archives nous avait déjà réédité l'intégrale des Budapest du début des années cinquante.

Alors, évidemment, notre seul regret sera qu'ils n'aient pas pu enregistrer jusqu'à vraiment l'intégrale de ce grand corpus beethovénien. Autre regret plus humoristique : quel heureux temps car... imaginons de nos jours une formation de chambre sponsorisée, oh disons par hasard par notre grand marchand d'armes Serge Dassault, au prétexte qu'il serait maboule du trio de Ravel ou de la troisième sonate violon piano d'Enesco, hihi... (Mais, pourquoi pas, Bernard Arnault, le patron du groupe de luxe LVMH, dont je crois savoir qu'il est bon pianiste.)
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