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le 11 juillet 2017
CHRONIQUE DE JEAN-PIERRE SIMARD MAGAZINE ROCK&FOLK
555 DISQUES, 1954-2014 SOIXANTE ANS DE ROCK'N'ROLL (Rock & Folk HS n° 30 décembre 2014-janvier 2015) - Page 053
CAN
"Tago Mago"
[1971]
Can restera à jamais un groupe mythique pour tous ceux qui ne l'ont jamais vu sur scène, inoubliable pour les veinards qui eurent l'occasion d'assister à ses concerts entre 1969 et 1978. Question descendance, c'est le groupe allemand qui a le plus influencé la new wave, de Joy Division à PiL en passant par Gang Of Four, et celui qui invente l'ambient avec "Future Days", des années avant Eno. Formé de Holger Czukay (bassiste, metteur en sons, ancien élève de Stockhausen), de Michael Karoli (guitariste et violoniste de jazz-blues et rock, ex-élève de Czukay), d'Irmin Schmidt (maître de chapelle à Cologne, organiste et joueur de synthétiseur qui voulait aussi créer une musique pop et accessible) et enfin de Jaky Liebezeit, batteur protéiforme au tempo de velours, proche des polyrythmies d'Elvin Jones (batteur de John Coltrane). On y vit deux chanteurs : Malcolm Mooney (sculpteur américain qui n'avait jamais chanté auparavant) sur "Can Soundtracks" et "Monster Movie", et Kenji "Damo" Suzuki, chanteur de rue intercepté à la terrasse d’un café qui marqua des disques essentiels du groupe : "Tago Mago" qui nous occupe ici, "Ege Bamyasi" et "Future Days". "Tago Mago" emprunte son nom à un magicien et lui renvoie un son resté énorme, ensorcelé de paganisme électroacoustique et de brillance jamais égalée. On y trouve deux longs titres : "Halleluwah" (18'32) et "Aumgn" (17'22), (formule magique d'Aleister Crowley), et des titres qui vont de 4 à 11 minutes, "Paperhouse", "Mushroom", "Oh Yeah", "Peking O" et "Bring Me Coffee Or Tea".
Si le groupe s'est réuni, c'est contre la façon de faire et de distribuer la musique. Méthode de composition simple : chacun entre dans un mouvement qui lui est propre, à l'instant qui lui convient. Une rythmique peut être suivie par des vagues bombardières d'orgue ou de piano free et voir se faufiler quelques arpèges, pour monter en une crispation continue jusqu'à l'instant où tout se brisera pour mieux se recomposer ensuite, comme c'est le cas dans "Peking O" et "Bring Me Coffee Or Tea". L'autre astuce de Can, c'est une utilisation des instruments dans des contextes détournés. Ainsi une guitare ne fera jamais de solo dans un seul registre mais ouvrira sur un plan west-coast pour abandonner celui-ci sur des crissements ou des bruits d'avion. Toujours aussi mystérieux et abouti, un peu plus de quarante ans plus tard.

Vous avez aimé ce disque ? Ce(s) titre(s) pourrai(en)t vous intéresser :
Can - Future Days (1973)

Dans ce numéro de R&F nous aurions aimé lire la (les) chronique(s) de (1971) :
Caravan - In The Land Of Grey And Pink
Emerson, Lake & Palmer - Tarkus
Genesis - Nursery Cryme
Long John Baldry - It Ain't Easy
Pink Floyd - Meddle
Yes - Fragile
ZZ Top - ZZ Top (1st LP)
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le 16 février 2014
CHRONIQUE DE PAUL ALESSANDRINI MAGAZINE ROCK&FOLK AVRIL 1972 N°63 Page 80
2° Album 1971 33T Réf : United Artits 29211/12 double
Après Amon Düül, dans une moindre mesure Faust, un nouveau témoignage sur le son allemand : le double album de Can. C'est là sans conteste la nouvelle révélation du rock européen. Violence, démesure, fantastique, expressionnisme. C'est le second disque de ce groupe de Cologne, qui marque la rencontre de toute une tradition musicale germanique avec le rock. S'y ajoute l'expérience des recherches électro-acoustiques de la musique contemporaine ; la plupart des musiciens de Can ont travaillé avec Stockhausen, ont étudié ses oeuvres et celles de Bério. Moins lyrique que celle d'Amon Düül, la musique de Can est sans doute plus hypnotique encore, avec son rythme incantatoire, répétitif. On retrouve le même désintérêt pour la performance individuelle de technique instrumentale, et par contre l'élaboration d'un son spécifique de groupe ; une folie glacée, obsédante, cruelle. Une musique de l'inconscient qui a besoin pour s'exprimer, d'une profondeur de champ, d'espace, et de temps.
On retrouve, ce qui est une constante de tous ces groupes à "l'avant-garde", les morceaux longs, qui seuls peuvent, grâce à l'étirement du temps, permettre l'installation d'un climat et d'une succession de formes mouvantes. Les troisième et quatrième faces sont, elles, directement électro-acoustiques, avec notamment un travail de studio sur le son. Le caractère hypnotique de cette musique n'est pas sans rappeler à la fois le Velvet Underground (cf. Mushroom) et le Grateful Dead (Oh Yeah) ; même intensité trouble, même plongée délibérée dans l'univers du son, avec une sorte de pesanteur qu'accentue le jeu de la batterie. C'est à dire que contrairement à Amon Düül, on est très loin de la musique "spatiale" du Pink Flyod". "Monster Movie", le premier album du groupe enregistré il y a deux ans, proposait avec plus de force encore cette musique orgiaque, souterraine et torturée, avec notamment les éructations, le travail sur le souffle, la respiration du vocaliste chanteur noir américain, Malcom Money, qui depuis a quitté le groupe et fut remplacé par un Japonais, Damo, pour Tago Mago.
Sans complexe, en proclamant le pouvoir subversif d'une a-culture musicale, le rock allemand montre la voie, celle d'une musique éclatée, vibrante, comme en témoigne "Hallelujah" ; musique ouverte, spontanée, orgasme sonore. Orgue, basse, guitare et batterie s'emploient à créer un son cruel qui, suivant l'expression de l'organiste, est "le paramètre de la conscience". "Tago Mago" est le grand disque d'un très grand groupe qui vient s'opposer à toutes les conceptions musicales "petites bourgeoises" qui affectent le rock. Après Amon Düül, découvrons Can, successeur des grands groupes américains.
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Vous avez envie de vous rincer les oreilles pour oublier toute la bouillabaisse sonore actuelle ? « Tago Mago » est le Cd qu''il vous faut.
Quatre Allemands (re)venus de tous les horizons musicaux (rock, jazz, classique, musique expérimentale, ...') recrutent un jour au débotté un mendiant japonais en Suisse, le bombardent chanteur le soir-même sur scène, et vont ainsi entamer une aventure musicale hors norme.
Les quatre albums de la période 1971 - 1973 (de « Tago Mago » à « Soon over Babaluma » en passant par Ege Bamyasi » et « Future Days ») seront ainsi considérés comme les meilleurs de ceux qu''à produits le groupe. Ces disques se ressemblent tous, dans la mesure où ils ne ressemblent à rien (de connu).
« Tago Mago » est le disque-référence du groupe. Tous les climats, tous les genres (même ceux qui restent à inventer à l''époque), toutes les audaces sonores, sont abordés.
Can durant toute son existence est toujours resté un groupe à l''audience relativement confidentielle. Mais à l''instar du Velvet Underground, son influence sera considérable sur le monde musical et ne cessera d''être revendiquée par une multitude de musiciens les plus divers.
« Tago Mago » est à découvrir toutes affaires cessantes.
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le 3 août 2006
Can, le groupe monument du Krautrock nous livre ici sa plus belle merveille.

Après le départ du chanteur Malcom Mooney, l'on pouvait à l'époque se demander si le groupe ne perdrait pas de sa superbe. Cet album est la preuve que le succès du groupe était dû à un collectif de musiciens compositeurs hors pairs (Karoli, Czukay, Liebezeit, Schmidt et le nouveau chanteur Suzuki) qui signe ensemble chaque morceaux de cette merveille à la structure parfaite.

Les trois premiers morceaux (Paperhouse, Mushroom, Oh Yeah) occupent les vingt premières minutes de l'album. Le rythme monte peu à peu en intensité avec la rythmique tribale caractéristique basse-batterie saupoudré de claviers et de guitares aux sons distordus et lancinants. Damo Suzuki laisse exprimer sa voix torturé entre complainte et éclat sauvage.

Ensuite vient le morceau "Halleluwah" (le plus long de l'album avec ses 18 minutes30)qui reprend les caractéristiques des premières plages de l'album. Cependant la rythmique monumentale, le chant et les envolées de la guitare et du claviers sont poussés à leur paroxysme. "Halleluwah" se transforme bien vite en véritable hymne incantatoire nous ouvrant les portes sur un monde auditif jusque là inconnu.

Pas de repos pour les sens, les 2 plages suivantes nous plonge encore plus loin dans ce monde qui vient de s'ouvrir. "Aumgn" (17min 20) se révèle également un morceau incantatoire entre Tibet et LSD; tandis que les effets psychédéliques de "Peking 0" (11 minutes 35) sonnent comme l'aboutissement des recheches musicales du groupe sur cet album.

Pourtant Can, ne nous laisse pas plonger dans les méandres du psychédélisme. "Bring Me Coffee or Tea" nous ramène à la surface par sa douceur et sa sérénité.

Tago-Mago est certainement l'album le plus aboutit de l'ère psychédélique. Tandis que Pink Floyd s'enferme dans le rock planant easy-listening, les membres de Can nous offre un album inclassable, à posséder (et qui nous possède) dans toutes grandes discothèques du rock.
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le 7 février 2007
Aumgn", "Peking O", "Mushroom" ("One eyed soul, mushroom head, I was born, and I was dead") et "Halleluwah", que des grands morceaux du répertoire canien. Un double album absolument vital, un des disques les plus beaux et les plus importants du rock, et du krautrock (rock allemand).

"Aumgn" et "Peking O" sont absolument déjantées, "Peking O", surtout, avec ces délires vocaux absolument incroyables et impossibles à expliquer...Le morceau qui marque le plus ? "Aumgn", très sobre et morne, 17,30 minutes glaçantes. Le plus réussi ? "Halleluwah", 18,30 minutes (situé juste avant "Aumgn" et les 11,30 minutes de "Peking O" !!) de rock expérimental absolument fantastique, et, pour le coup, plus chaleureux que le reste du skeud ("Paperhouse", le morceau d'ouverture, excepté).

Ce disque est un mètre-étalon de la musique moderne, les amateurs de 'Easy listening' risquent fort d'être abasourdis et rebutés (du moins, au début) pour finir par être sous le charme. Pour ma part, mon disque de chevet, carrément, un de ces (très très rares) albums qui ont toujours quelque chose à révèler, jamais totalement explorés...

Une splendeur.

Une véritable splendeur.

Que dire d'autre après avoir entendu ça ? 73,30 minutes de musique aussi hors normes et 'addictive' que le "Kind of blue" de Miles Davis et le "Hot rats" de Frank Zappa.

Seul reproche, qui n'a rien à voir avec la musique : on trouve difficilement ce disque, après de longues recherches. Et la réédition SACD de 2004 n'est pas lisible sur tous les lecteurs (exceptés les lecteurs d'ordinateurs, et ceux qui prennent le SACD).
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le 10 février 2012
Meilleur album du groupe c'est un chef d'oeuvre non seulement du "kraut"mais aussi du rock tout simplement!Le son est parfaitement remasterisé,bien meilleur que les deux éditions cd précédentes,le live en cd bonus est très bien,pas forcément le meilleur que j'ai écouté mais qui va se plaindre!Le packajing est très bien aussi.
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le 18 septembre 2006
Que dire pour décrire un disque aussi incroyable? C'est le chef-d'oeuvre d'un groupe qui ne ressemble à aucun autre. Can télescope rock (tendance dure et sombre à la Velvet, avec une pointe de blues-rock acide façon San Francisco parfois), jazz contemporain, musiques électroacoustiques et électroniques d'avant-garde, funk et musiques bientôt dites "du monde", avec un flair et un sens de l'anticipation inégalables. C'est du rock expérimental qui - souvent - fait danser; un groupe de rock expérimental cité en référence par quasiment tous les acteurs majeurs de la pop des 25 dernières années, de Sonic Youth à l'électro en passant par Radiohead ou Primal Scream ; un groupe "progressif" tellement cool et radical que Johnny Rotten, sortant des Sex Pistols, s'était proposé pour être leur chanteur!

Can est sans doute le meilleur de tous ces groupes allemands qui révolutionnèrent le rock au début des années 70 par une conception novatrice de la répétition et l'accent mis sur le travail des timbres, sur le son lui-même. Le groupe se distingue, au-delà de ça, par une section rythmique absolument hors normes (écoutez, et après vous serez obsédé par un type qui s'appelle Jaki Liebezeit), et plus généralement par sa capacité phénoménale à improviser collectivement - sans solos ostentatoires - comme un seul organisme d'une immense vitalité. "Tago Mago" est une sorte de work in progress de tous les instants, auquel chacun contribue de façon équilibrée - à ceci près que cet album, enregistré sur 2 pistes (!), est aussi le fruit d'un formidable travail de montage, réalisé par le bassiste Holger Czukay à partir des jams dans le studio. Cette formule n'est peut-être nulle part aussi parfaite que dans le double album que voici, qui est aussi l'un des plus sombres et hypnotiques qu'ils aient réalisés (voir "Future Days" pour un opus tout aussi envoûtant mais plus "léger").

Les quatres premiers morceaux sont donc à la fois des chansons (servies par la voix immatérielle et troublante du Japonais Damo Suzuki, un des personnages les plus hauts en couleur de l'histoire du rock), des jams, et des compositions sonores hautement structurées. Signalons sur la première face de magnifiques dialogues survoltés entre les guitares de Michael Karoli et les claviers d'Irmin Schmidt ("Paperhouse", "Oh Yeah"), ainsi que le petit chef-d'oeuvre de minimalisme ténébreux qu'est "Mushroom", qui regarde du côté de Joy Division et au-delà. Ca se complique encore avec "Halleluhwah", groove cyclopéen de dix-huit minutes construit sur une cellule rythmique implacable, sur laquelle viennent se greffer le proto-rap de Suzuki, toutes sortes d'effets d'écho et de guitares dissonantes, de micro-riffs funky et de phrasés blues acides, avant de plonger dans un grand tourbillon de claviers d'avant-garde qui sont au rock ce que "2001" est au cinéma. Après - oui, après ça se corse, parce qu'on en a pour une demi-heure d'expérimentalisme pur et dur avant de retrouver les guitares de "Bring Me Coffee and Tea", un morceau final qui annonce directement Radiohead, en plus aérien). Mais ces deux morceaux d'avant-garde, s'ils sont d'accès difficile, sont néanmoins incroyables. On est en pleine apesanteur, entre silence et hurlements, dans un vaste bain d'échos traversé de sons électroniquement triturés, de percussions orientalisantes, de solos de batterie africanisants, de cyberfunk et de free-jazz. C'est la formule du reste de l'album, poussée à l'extrême: une musique radicale, sans concessions et terriblement aventureuse, mais mue par une pulsation cosmique irrésistible qui la met définitivement à part des groupes d'"avant-garde" anglo-saxons. Toutes les autres tentatives de ce genre font pâle figure en comparaison. Certainement un des 10 meilleurs albums de rock de tous es temps, quels que soient les autres.
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Quatre teutons et un nippon jouent le plus psychédélique et expérimental des rock progressifs qui soient, c'est une histoire vraie, du chou rock qui en a dans le... chou, justement, une libre et osée appropriation de l'objet studio comme un instrument à part entière, aussi. Tago Mago, ou l'improbable et impossible chef d'œuvre de Can.
Improbable parce qu'avec un chanteur qui n'en est pas un (Damo Suzuki), un abattage technique nettement inférieur à la moyenne requise dans le rock progressif, avec une technique d'enregistrement laissant libre court aux jams les plus échevelées, Tago Mago a tout d'un machin qu'on n'a pas forcément envie de s'infliger. Impossible parce que "monté" par Holger Czukay (également bassiste de la formation et, de fait, directeur artistique du présent), infusé d'un humour "pur chou", et d'une pochette pas franchement ragoutante, on pourrait continuer de bouder son potentiel plaisir.
Erreur ! Parce que de sessions riches en un cut and paste réussi, c'est à un objet sonore aussi attirant qu'éloigné des normes qui nous est proposé. Evidemment, il faut parfois s'accrocher, à défaut d'user des "substances" alors largement répandues, il y a une folie non feinte dans cet étonnant cocktail où folk, rock psychédélique, musique contemporaine, proto-électronique et jazz se rencontrent, s'affrontent et, finalement, s'épousent en une chaotique et bienvenue union. Double album qu'il est, Tago Mago débute par quelques chansons presque normales, tant par leur durée que leur faconde (Paperhouse, Mushroom, Oh Yeah), histoire d'acclimater l'auditoire à leur conception propre du foisonnement progressif de ces naissantes années soixante-dix... Avant de plonger dans le jammesque déconstruit/reconstruit en un trip post-hippie qui ne peut pas laisser indifférent, ça marche ou ça ne marche pas. Mais si ça marche, ces libres expérimentations soniques, toute la face 2 et 3 et une bonne partie de la 4 en sont (Halleluwah, Aumgn et Péking O), de l'expérience quasi-religieuse en passant par l'ambient avant-gardiste ou la muzak déraillée, en suivant l'ordre de l'album, auront un impact durable sur les oreilles et les cœurs de ceux ayant marché dans la folle combine. Et de finir en relative normalité avec un machin rêveur en forme de raga indien revu et corrigé, conclusion en douceur d'une écoute certes pas reposante mais définitivement passionnante (Bring Me Coffee or Tea).
Tago Mago, comme vous le savez probablement, continue de hanter les listes des grands albums qui définiront l'esprit des années soixante-dix chez la jeunesse occidentale en général et d'outre-Rhin en particulier, la plus belle galette de Can, aussi, avec l'également recommandé Ege Bamyasi qui sortira l'an suivant, deux monuments de Kraut Rock, tout simplement incontournables.

1. Paperhouse 7:29
2. Mushroom 4:04
3. Oh Yeah 7:23
4. Halleluhwah 18:33
5. Aumgn 17:37
6. Peking O 11:38
7. Bring Me Coffee or Tea 6:47

Damo Suzuki ' vocals
Holger Czukay ' bass, engineering, editing
Michael Karoli ' guitar, violin
Jaki Liebezeit ' drums, double bass, piano
Irmin Schmidt ' keyboards, vocals on "Aumgn"
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Un coup de semonce terrible que cet album datant de 1971 et qui sonne toujours aussi moderne. Can est un groupe inclassable, krautrock progressif improvisé, et "Tago Mago" est leur grand opus. Certes, l'album est difficile, inclassable, totalement iconoclaste et barré, à faire passer Frank Zappa pour C. Jérôme. Mais le jeu en vaut grandement la chandelle car les richesses accumulées sur cet album (double à la base) sont tout bonnement phénoménales.

"Paperhouse" ouvre le bal (des lazes ?) et on sait tout de suite qu'on n'est pas là pour rigoler. Car dès ce premier morceau, Can plante l'ambiance, sombre, lourde, oppressante et implacable et ne va jamais desserrer l'étau, bien au contraire. Le second morceau est sans doute ce qu'il y a de plus proche ici de la structure pop-rock traditionnelle, ne serait-ce déjà que par sa durée. Avec 4'08 au compteur, ce "Mushroom" en guise d'apéritif aiguise l'appétit et nous invite à nous frotter les mains pour la suite. Et on ne va pas être déçu avec le dernier morceau de la première face, ce "Oh Yeah" magistral, envoutant et hypnotique, tribal et transcendant, absolument imparable, l'un des meilleurs titres de Can. "Oh Yeah" n'est pas donc uniquement le titre d'un chef-d'œuvre de Charles Mingus (et je ne parlerai même pas des Shadows Of Knight dans leur garage), c'est aussi, donc, un fabuleux manifeste de Can, le morceau-témoin de leur approche, pour le moins originale, du rock. Terrible.

Mais on ne s'arrête pas en route, la suite est proprement phénoménale. La seconde face est entièrement occupée par les presque 19 minutes de "Halleluhwah", le morceau-phare du disque, un truc inouï inoubliable, un moment magique où tout semble être à sa place, où l'inspiration est à son summum. C'est un groove martial intraitable et entêtant, une longue jam bruyante mais toujours inspirée et juste. Un énorme moment musical, unique et singulier, qui ne ressemble à rien d'autre.

La troisième face contient elle aussi un unique morceau: un peu plus de 17 minutes pour l'angoissant et bad trippant "Augmn" qui porte bien son nom. On est plongé dans un no man's land aride et démoniaque absolument subjuguant et dont on ne sort pas indemne. C'est la désolation, la fin du monde, la preuve qu'il n'y a pas de vie sur Mars. Rarement une musique aura aussi délicieusement foutu les jetons.

Et ça ne s'arrange pas avec "Peking O" qui ouvre la dernière face avec effroi et horreur, 11'30 de folie pure car, là, c'est en direct de l'asile que l'on se trouve. En gros et en clair, le cauchemar éveillé perdure et nul ne s'en remettra ou n'en sortira indemne. L'album se clôt ensuite sur une redescente plus posée, "Bring Me Coffee Or Tea" et, effectivement, on prendrait bien un petit remontant tant le voyage a été ardu et éprouvant, mettant nos nerfs à rude épreuve et nous ayant fait battre le cœur un peu plus vite à chaque fois.

Un album dingue, dans tous les sens du terme, et une réussite cosmique rarement égalée. Saluons une nouvelle fois la batterie inamovible et percutante de Jaki Liebezeit (maltraiter ainsi ses peaux aurait du le voir condamné fortement par la SPS, société protectrice des sadomasos), la voix de Damo Suzuki qui est en fait utilisée comme un instrument parmi d'autres et le jeu de guitare titillant sournoisement les tweeters de Michael Karoli, grand joueur de blues mais qui utilise systématiquement les mauvaises notes. Enfin, là où Pink Floyd proposait un trip cotonneux et bienfaisant le plus souvent, Can vous emmène au cœur de la folie et de l'hébétude, plus dure sera la chute d'Alice dans ce trou sans fin et béant qui s'ouvre devant nous et nous engloutit à jamais. Vous êtes prévenus.
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le 27 octobre 2014
Super édition CD ( bon état à la livraison et respectant les délais ) . . . . Que dire de ce Big album de CAN : inventif, éclectique, full of improvisations, avec un son unique ( super rythmique ) . . . . . La formation, ici à cinq (chanteur lead en plus), enregistre un des meilleurs albums du groupe (à mon avis, of course !) .............................. Merci !
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