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En termes de sorties discographiques, c'est peut-être l'un des événements majeurs de l'année 2012 (1). Sûrement même. Au départ, je n'étais pas très emballé... Un inédit, à quoi bon? Et puis, le prix. 20 euros, en ces temps de dèche, faut pouvoir les sortir... Aussi, étant davantage attaché au quartette américain de Jarrett (comprenant Dewey Redman, Charlie Haden et Paul Motian), je ne voyais pas trop l'intérêt d'acquérir un nouvel opus de son quartette européeen (connu aussi sous le nom de "Belonging Band" en référence à leur premier album). Mais un ami, qui est également musicien, m'a finalement persuadé du contraire... Disons-le d'emblée, la surprise est de taille. Et même si le mélomane n'est pas complètement fan du pianiste, gageons qu'il saura reconnaître une Oeuvre d'une autre. Personnellement, j'avoue avoir été totalement conquis à l'écoute de la musique ici présente. Keith Jarrett alors âgé de 34 ans est au sommet de son art et son quartette européen transcende la musique comme je l'ai rarement entendu auparavant.

Comme chacun sait, le quartette européen, c'est Keith Jarrett au piano, Jan Garbarek au sax ténor et soprano, Palle Daniellson à la contrebasse et Jon Christensen à la batterie. Ce collectif-là, décidément pas comme les autres, redéfinira l'idiome jazz dans les années 70. Aussi, du fait que leur discographie est assez rachitique, ce "Sleeper" ne sera pas de trop (jusqu'à présent l'on ne comptait que quatre albums - Belonging en 1974 et My Song en 1977, deux albums studio parus chez ECM, puis Nude Ants et Personal Mountains captés live en 1979 et tout deux également sortis sur le label de Manfred Eicher). Mais là, ô mes aïeux, ça dépasse l'entendement. J'oserais même avancer que "Sleeper" capté au Japon quelques semaines avant l'enregistrement de Personal Mountains le dépasse en terme d'inspiration et d'idées musicales. Quand en plus de ça, on nous sert le tout avec un son remastérisé de 96 Khz/24 bit, l'on se pince pour le croire! Le résultat est en effet fascinant (2). Après réécoute du concert au Vanguard ("Nude Ants"), je me dis que "Sleeper" est tout aussi excellent. Différent, mais aussi indispensable.

L'enregistrement a donc eu lieu le 16 avril 1979 au Nakano Sun Plaza de Tokyo. Le répertoire, s'il reprend toutes les compositions que l'on avait entendues dans "Personal Mountains" (excepté New Dance et Chant of The Soil), n'en demeure pas moins d'une fraîcheur exceptionnelle (PM, donc, mais aussi Innocence, So Tender, Oasis, Prism, toutes composées pour le collectif, sauf que plus tard, il est bon de le rappeler, le fameux Standards Trio réinterprètera Prism et So Tender respectivement dans Changes et Standards, Vol.2)... Enfin, si tout le monde, ou presque, s'accorde à reconnaître que l'impact de ce collectif est sans commune mesure, c'est bien parce que Jarrett est l'un des premiers à avoir porté à ce niveau les influences des musiques du monde (après Wayne Shorter et John Coltrane) en les intégrant à l'idiome jazz, avec une subtilité confondante. Autre point capital, ses prises de risque lors de ce concert sont tout simplement démentielles. Le jeu et la joie (ou le plaisir de jouer) des quatre musiciens sont d'une évidence absolue. Cette musique rayonne de mille feux.

Dans ce flot d'idées et d'improvisations (le quartette flirte même allègrement avec des linéarités colemaniennes, il suffira d'écouter Prism ou encore Personal Moutains), l'on entend bien un collectif, quatre voix, et non pas un leadeur entouré de trois autres musiciens. Un sentiment de bien être nous envahit alors, nous autres auditeurs quand déboulent ces pièces d'anthologie que sont "Innocence" et "Prism". La musicalité jarrettienne atteint ici un paroxysme. Une plénitude musicale rare. Ces deux balades sont d'une intensité indicible. Le lyrisme qui s'y déploie est à vous flanquer des frissons et même des larmes aux yeux! Quant à la férocité de Personal Mountains (le thème s'étend sur plus de vingt minutes, plage 1, disque 1), c'est comme si nous avions là quatre hommes en train de gravir les sommets de l'Himalaya. Littéralement l'on assiste à leur ascension. Ils n'ont peur de rien, bravent vents et tempêtes, ne se découragent jamais et se surpassent les uns les autres (écouter les soli de Jan Garbarek vers les 4'50 et vous m'en direz des nouvelles). Et ainsi, tout le concert (près de deux heures de musique) est traversé de couleurs boréales, d'une musicalité absolue et d'une infinie tendresse.

L'interaction entre le sax de Garbarek (au soprano et ténor) et le piano de Jarrett ne m'a jamais paru aussi naturelle que lors de ce concert exceptionnel. Jarrett fait chanter son piano (mouvements impulsifs d'accords prodigieux sur Oasis et Chant of the Soil, lignes mélodiques à la fois simples et complexes sur un New Dance transfiguré), on sent sa constante envie de recherche dans la modulation de son jeu et sa volonté évidente de jongler entre les esthétiques jazz et classique qui inondent son flot de notes à la main droite. Sentiment d'osmose avec la paire rythmique (Palle Danielsson à la contrebasse et Jon Christensen à la batterie).. Pas de temps mort! Bref, les mots me manquent pour décrire un tel objet! Après deux albums studio (Belonging en 1974 et le merveilleux My Song en 1977), le quartette allait donc entamer une tournée mondiale, marquée en 1979 par quelques concerts au Japon (d'où sortiront Personal Mountain, édité en 1989, puis ce "Dormeur" en 2012 donc) et le mois suivant, nos quatre musiciens enregistreront au Village Vanguard ce qui est connu aujourd'hui comme Nude Ants (un double album, là aussi, que l'on ne manquera pas de se procurer). L'influence de ce quartette est bien entendu inimaginable, malgré sa courte durée (cinq ans). En effet, Jarret mit fin à son existence alors qu'ils étaient au sommet de leur créativité. Sleeper le confirme de façon magistrale. L'un des événements discographiques de l'année, sans aucun doute.

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(1) Pour avoir une idée des disques que je considère importants en cette année 2012, se reporter sur la listmania : "Jazz et musiques improvisées - Les grandes réussites de 2012".

(2) On notera que la pochette qui accompagne ce double compact est tout ce qui a de plus sommaire. Pas de notes de pochette. Seulement quelques photos tirées du concert...
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Ce disque ne me rajeunit pas, mais qu'est-ce que cela fait du bien!

Juste avant de se separer au sommet de leur gloire, ce quatuor formidable nous a offert une dernière nuit d'amour extraordinaire que ECM a mis bien longtemps à nous offrir en entier.

En ce soir d'avril 1979 à Tokyo (je ne peux m'empêcher de penser aux cerisiers en fleur), Keith Jarrett et ses 3 compères norvégiens nous offrent des moments, ou plutôt deux heures de grâce inouie, alternant rythmes sauvages et lyrisme passioné, nostalgie poignante et éclats visionnaires, espaces africains interminables et lumière incandescante arctique, cris de détresse et de plaisirs, chuchotement coquins...

Keith Jarrett est un pianiste de jazz immense et il avait trouvé en Jan Garbarek un partenaire à sa hauteur.

Je crois bien que c'est ici que l'on a le vrai Jarrett ou en tout cas le meilleur: concentré, vif, altruiste, libéré des ses obsessions un peu répétitives de certaines de ses improvisations solo... et bien sûr la performance de Garbarek sur ces compositions de Jarrett est unique: quelle sonorité rauque, pénétrante et plaintive, quel lyrisme et quelle sauvagerie... sans oublier la rythmique toute africaine de Christensen et Danielsson.

Une atmosphère de grâce et de sentiments bruts que l'on ne retrouvera plus ni chez Jarrett, ni chez Garbarek, ni chez les autres d'ailleurs...
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L'essentiel a déjà été dit dans l'excellent post de "freddiedejazz". Je me contenterai donc d'apporter quelques commentaires généraux histoire de finir de vous convaincre de vous procurer ce disque si, d'aventure, vous hésitiez encore...

Tout d'abord, il aura fallu attendre presque quarante ans pour que ce joyau voit le jour. La faute à Keith Jarret qui s'y était toujours opposé et qui a fini par donner, tout récemment, son accord, redécouvrant sans doute la plénitude et le miracle d'une prestation exceptionnelle. Ensuite, le travail effectué par l'ingénieur du son est absolument fabuleux (si vous pouvez écouter sous le format 24 bits 96Khz, cela vaut vraiment le détour - attention toutefois à paramétrer correctement votre lecteur car les plages 1 & 2 s'enchaînent ce qui nécessite une lecture en gapless) et l'enregistrement en remontrerait à bien des capatations sur le vif modernes. Transparence, dynamisme des attaques, équilibre général : un grand moment de musique.

Enfin, et surtout, l'alchimie dans ce groupe de quatre musiciens de génie qui prennent le temps de s'écouter les uns les autres, ce qui donne lieu à des solos monumentaux avec toute l'énergie et l'impulsion du direct dans une salle chauffée à blanc, aussi bien qu'à des moments de grande complicité quand tous jouent ensemble. Keith Jarret est ici vraisemblablement au sommet de son art: quelle musicalité, quelle richesse harmonique, quel toucher ! Et du coup, cela tire tous les autres vers encore plus haut pour un résultat qu'aucun autre album de la formation n'aura atteint jusque là.

Assurément, voici un disque inattendu qui doit figurer en juste place dans votre discothèque !
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le 13 avril 2013
Je suis fort satisfaite. Trebail très intéressant, une bonne interprétation et une bonne enregistrement. Aussi un dessin très curieux et singular.
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le 9 décembre 2013
Qualité sonore indigne d'un ECM. La batterie, qui est très présente, est atrocement rendue, je n’ai jamais entendu une batterie ayant ce son. Par ailleurs sur ce disque Garbarek est difficilement supportable à la longue. Je l’ai déjà vu sur scène, son sax n’a pas ce son de kazoo. J’imagine que c’est conscient de cette prise de son désastreuse qu’ECM n’avait pas sorti ce disque à l’époque.

A réserver aux fans collectionneurs.
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