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le 11 mars 2014
Ceci est peut-être le seul film à faire réellement de la musique son sujet principal. Une passionnante conversation avec Straub (Danièle Huillet est morte en 2006) prolongeait la séance.

Le cinéma de Huillet et Straub échappe à toute classification et c’est là sa force. Voulu par ses concepteurs comme un acte militant et politique, il élabore, film après film, un langage original, dépourvu d’allégeance, autonome. Cette volonté d’échapper à la normalisation constitue aussi son point faible : le financement de chaque production ne pouvant pas s’appuyer sur des perspectives de « succès » commercial, unique moteur de ce qu’est désormais le cinéma, une industrie internationale.

Le titre de l’œuvre est trompeur, car il donne à penser qu’il s’agit d’une adaptation pour l’écran du roman publié en 1930 par l’écrivain anglais Esther Meynell, La Petite Chronique d’Anna Magdalena Bach, purement fictionnel et fantaisiste, alors que le film s’appuie en réalité sur des textes d’archives contemporains de Bach.

Ce film aujourd’hui mythique témoigne d’une double rupture, cinématographique et musicale.

Jamais auparavant, la musique n’avait été filmée de cette façon. Car, bien plus que de Bach, c’est de sa musique qu’il est question, la plupart du temps de sa musique en train de se faire, dans l’instant, sous le regard de la caméra. Les musiciens jouent, chantent, travaillent, devant l’objectif qui demeure, lui, immobile. Pas de zoom, pas de travelling, aucun effet visuel. Un seul mouvement s’exprime, celui du langage musical, mais il s’avère foisonnant, irréductible. Pas de play-back, la musique est capturée en son direct, contrairement à la pratique habituelle du cinéma, qui privilégie l’image, sur laquelle on plaque ensuite un son enregistré séparément : Straub et Huillet font confiance à l’intelligence du spectateur, que l’on ne peut tromper sur la liaison entre le son entendu et le geste musical, même si le décalage semble a priori imperceptible. Surtout, les deux cinéastes font paraître à l’écran de vrais musiciens, pas des acteurs qui feignent de savoir jouer de la musique, comme lorsque Marielle et Depardieu s’efforcent de mimer grossièrement le jeu de la viole de gambe dans Tous les Matins du Monde d’Alain Corneau. Dans son Don Giovanni, Joseph Losey fait appel à de « vrais » chanteurs, notamment Ruggiero Raimondi dans le rôle-titre, mais ils se doublent eux-mêmes en post-synchronisation. Et Ingmar Bergman, lorsqu’il tourna la Flûte enchantée, dissocia purement et simplement les comédiens et les chanteurs, plaçant des voix dans des corps qui ne leur appartenaient pas.

Les producteurs de Huillet Straub étaient prêts à mettre beaucoup d’argent dans le Bachfilm, à condition que Curd Jürgens, acteur allemand alors célèbre dans le monde entier grâce à des séries B d’aventures, joue le rôle de Bach. Straub et Huillet lui ont préféré un inconnu, sans expérience ni prétention d’acteur, mais excellent musicien, Gustav Leonhardt.

C’est là que se situe la deuxième rupture. Ce choix nous semble aujourd’hui naturel : assurément, qui mieux que Leonhardt… ? La décision n’allait cependant pas de soi à un moment où la pratique sur instruments « anciens » en était à ses débuts. S’il fallait confier le rôle de Bach à un musicien, le premier vœu de la production allait plutôt vers Herbert von Karajan (!), fermement refusé par les réalisateurs, qui voulaient montrer et faire sonner la musique de Bach comme son auteur l’avait pensée et pratiquée. Bien sûr, le film est « en costumes », mais cet aspect est totalement secondaire. Ce qui importe, c’est la recherche des orgues du Nord de la République Fédérale d’Allemagne (ceux de Saxe étaient alors en République Démocratique Allemande et donc très difficilement accessibles), des orgues semblables à ceux que Bach avait pu utiliser pour accompagner ses cantates ou la Passion selon Saint Matthieu. Ce qui importe, c’est la présence d’un chœur de jeunes garçons, qui rend à la Messe en si son timbre et sa puissance incantatoire d’origine. Ce qui importe, c’est la participation de Nikolaus Harnoncourt, qui « joue » le rôle du prince d’Anhalt-Köthen sans dire un mot, mais en exécutant, avec Leonhardt, un mouvement de sonate pour viole de gambe et clavecin ; c’est la comédienne incarnant Anna Magdalena, qui déchiffre sur son épinette, non sans fautes, une pièce composée pour elle par son époux ; c’est le regard perdu de Leonhardt, dans la clarté d’une fenêtre, au moment où le spectateur entend le dernier prélude de choral pour orgue, Devant Ton trône je vais paraître…

La démarche de Straub et Huillet était tout sauf nostalgique et passéiste. Il s’agissait même, au moment de la sortie du film, d’un manifeste moderniste refusant tous les tics du cinéma commercial, au profit d’une recherche sans compromis de la vérité.

C’est sans doute cette intransigeance, cette volonté d’affirmer des choix esthétiques hors des modes, qui ont créé une estime et des liens si forts entre des cinéastes au marxisme revendiqué et l’aristocrate Leonhardt.

Ensemble, ils ont mis Bach devant nous.
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le 30 mars 2013
Pour ceux qui ont vu le film lors de sa parution, un savoureux retour dans le temps!
Pour les autres, une découverte à faire en urgence.
Rien de sinistre, rien de compassé (comme dans certaines autres biographies filmées); quelle joie de retrouver Gustav Leonhardt qui incarne le Cantor avec discrétion, simplicité mais aussi brio et émotion, nous laissant, au delà des notes, reconstituer par l'imagination ce que fut probablement la vie quotidienne d'un génie de la musique.
Les appendices divers de cette édition sont dans l'ensemble utiles à la compréhension de ce que les auteurs ont voulu et réussi à faire.
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Ce n'est qu'un conseil, pas une "fatwa", mais tout "Bachophile" se doit de posséder ce merveilleux coffret qui va bien plus loin que son titre....ou son coté un peu suranné.
Il se compose , en fait, d'un double DVD de qualité... d'époque, et d'un livre d'un peu plus de 150 pages.
Sur le 1er DVD, vous retrouvez le célèbre film en noir et blanc de 1967 de JM.Staub et D.Huillet "Chronik der Anna Magdalena Bach" tiré du roman éponyme de l'anglaise Esther Meynell. Ce film, où l'on voit apparaître G. Leonhardt, "himself", dans le rôle de JS.Bach, est, entre autres constats, une excellente illustration de l'esprit de l'approche musicale de l'oeuvre de Cantor par son interprète dans ce film. Certains y verront quasiment un acte auto-analytique par la traversée volontaire d'un fantasme. Ne vous attendez pas à une super-production avec effets spéciaux (et c'est tant mieux) mais a une tonalité ascétique et luthérienne. Vous aurez droit à 5 versions: allemande, anglaise, italienne, néerlandaise et surtout française..une quasi première. Et le film est superbe, ainsi que la musique qu'on y ouït.
Sur le 2em DVD, vous allez regarder et entendre des séquences extrêmement intéressantes et éclairantes: je retiens en particulier les souvenirs ("webcamisés") de N.Harnoncourt sur le tournage ( ainsi que l'histoire de sa rencontre avec G.Leonhardt :"dés le départ nous nous sommes appréciés et disputés...!!)et un G.Deleuze ébouriffant dans un extrait sur la thématique "Qu'est ce que l'acte de création ?"...et une ribambelle de photos, vidéos inédites pour la majorité d'entre elles. Bref que du bonheur..et inutile d'avoir un doctorat pour apprécier! Ce qui est clairement énoncé est clairement compris..et avec beaucoup d'humanité.
Le livre, enfin, vous permet de découvrir, traduit dans la langue de Molière, le découpage du film, ses différentes versions et sa genèse.
Un coffret plaisir qui va au coeur, à l'esprit et, si vous y croyez, à l'âme.
Véritablement indispensable si vous aimez Jean Sébastien Bach.
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le 4 janvier 2016
Ce film raconte l'histoire de Bach, dans la version de sa deuxième épouse Anna Magdalena Bach. La Chronique de Anna Magdalena Bach se rapproche plus d'un documentaire que d'un film au sens où on l'entend normalement. En tant que tel, loin des rythmes forcenés du cinéma d'aujourd'hui, cette œuvre revêt un grand intérêt historique et artistique. La qualité du transfert sur DVD est excellente.
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le 19 mai 2013
Bonne initiative d'éditer ce film décrit non sans raison comme "austère". Très belle musique évidemment, magnifiques interprétations, mais le commentaire lu à toute vitesse dans les langues autres que l'allemand (on a le choix) est à peu près incomprehensible : fort accent, débit trop rapide. Les sous-titres auraient été bien utiles à ceux qui ne connaissent que très imparfaitement la langue de Goethe...
On nous somme d'admirer les plans figés, à mon avis (qui n'engage que moi) un peu de variété eût été bienvenue. Il ne fallait pas distraire l'attention de la musique, sans doute, mais alors pourquoi faire un film?... Quleques moments d'une très grande beauté mais aussi, osera-t-on le dire, un peu d'ennui. Un film à déguster à petite dose.
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le 17 avril 2016
Le film sur J.S Bach ! Stylisé, épuré et beau ! La musique en est le principal personnage: grandiose et profondément humaine.
À voir absolument !
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le 6 juillet 2014
DVD qui ma déçu : malgré la beauté de la musique de J.S.Bach les vieux images du film (fixe, en noir et blanc et sans vivacité) n'apportent en rien à la splendeur des créations du Maître Baroque (dans mes yeux : le plus grand compositeur qui a jamais existé).
CONCLUSION : DVD à ne pas acheter.
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le 8 décembre 2014
Sous-titres Italien, Néerlandais !!! Pas de français, à quoi songent les éditeurs ? ça m'a coupé net dans ma démarche d'achat.
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le 23 mai 2013
Excellente parution, surtout après la disparition de Gustav Leonhardt. Ce film n'a pas vieilli! Je l'avais enregistré autrefois sur bande video...presque effacée à cause de l'âge!
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