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4,6 sur 5 étoiles
27
4,6 sur 5 étoiles
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Dans le beau supplément qui accompagne le film, Nicolas Saada nous parle de "l'enfermement des personnages" : une bourgade entourée de collines dans laquelle, parmi une dizaine de citadins, va s'infiltrer un trio venu de l'extérieur, qui a repéré la banque locale et veut s'en emparer. Ils représentent la "liberté", par rapport aux autres habitants, qui nous sont présentés par touches successives, et qui se connaissent tous, du moins physiquement car chacun conserve une part de secrets qui finira par nous être révélée en même temps que le déroulement des préparatifs du hold-up, dans un style exemplaire de clarification, par petites touches, où la violence alternera avec la trame des sentiments humains : droiture, rédemption, famille, séduction, adultère, etc.
Dans cette ville provinciale dont on nous assène plusieurs fois le nom (Bradenville) dès la fin du générique, le thème du "rachat" (très américain et sans doute imposé par Zanuck, comme nous le dit Nicolas Saada) tient le rôle primordial, bien au-dessus du braquage de la banque, qui demeure extrêmement classique : mise en place de l'équipe de malfrats,, visite des lieux, irruption parmi les clients et, évidemment, final à la gloire du Bon contre le Méchant.
Le "rachat" c'est ce que l'ingénieur (Victor Mature) voudrait réaliser pour retrouver l'affection de son jeune fils, qui lui reproche de ne pas avoir participé physiquement à la guerre, alors que les pères de ses copains ont été médaillés pour avoir combattu. Mature trouvera la paix intérieure en remportant cette victoire urbaine contre les malfaiteurs, et retrouvera ainsi l'estime de son fils.
Autour de ces deux niveaux de vie sociale (gangsters et bourgeois nantis) toute une société cohabite (il n'y a ni pauvre, ni noir dans cette ville) :le richard alcoolique (Richard Egan), la jolie infirmière (Virginia Leith) , la femme adultère, ou encore le directeur de banque qui passe ses nuits à promener son chien pour pouvoir reluquer l'infirmière lorsqu'elle se déshabille derrière la vitre éclairée de sa fenêtre. Les trois gangsters sont parfaits, avec mention spéciale pour le sadisme de Lee Marvin qui déteste les enfants et le flegme imperturbable de Stephen McNally.
Mais le plus étonnant reste malgré tout Ernest Borgnine, méconnaissable dans le rôle d'un fermier Amish, adepte de la non-violence, qui sera obligé pourtant de tuer pour protéger sa petite famille.
Un film qui paraît calme, presque paisible comparé à la violence gratuite qui entache la plupart des films policiers d'aujourd'hui , mais qui marque un tournant dans la série des films noirs des années 50, ne serait-ce que par l'utilisation éclatante du Technicolor qui nous est restitué dans ce superbe DVD.
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Le thème est ultra-classique voire rabâché voire convenu , la distribution est intelligente et de bonne facture mais il n'y a pas les grandes stars de l' époque . Pire encore , il n'y a pas , à proprement parler , ces " grandes scènes " , qui font l'histoire du cinéma américain .

Et pourtant , nous sommes au coeur de ce qu'est le vrai , bon et grand cinéma !

Parce que l'immense format scope est habité , peuplé , occupé , à gauche , à droite , au milieu , saturé de personnages et d'informations et que rien que cela , c'est déjà du grand art , là où tant de cinéastes importants ne savaient pas quoi faire de cette invraisemblable largeur d'écran ...et ce format ainsi maîtrisé donne sa vraie puissance à la mine et ses machines , à l'arrivée d'un train , à une scène de rue , de bar , à une explication d'un couple ...

Parce que la construction des plans et de l'espace , parce que la mise en scène sont celles d'un maître , fluides , aisées , fulgurantes , riches de significations : l'arrivée de l'ingénieur à la mine de cuivre , l'attaque de la banque , Lee Marvin écrasant la main d'un gamin , la scène dans le drugstore , les scènes en famille , l'arrivée des gangsters dans la ferme amish , le groupe des prisonniers et le règlement de comptes final dans sa violence " filmée au rasoir " ...et puis la réflexion , simple , profonde et incarnée , sur l'héroîsme , sa définition et sa conquête ...

Magnifique édition BR : couleurs , contraste , saturation , éclat du De Luxe , quel bonheur ...Evidemment , le scope , respecté ici , mange presque un tiers de l'écran : c'est la loi du format et donc c'est à visionner sur une très grande dalle ou un écran avec videoprojecteur ...

Commentaires passionnants , intelligents et éclairants ( c'est très rare , dans les bonus ) de Friedkin et Saada .
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le 9 avril 2013
Les Inconnus dans la ville ressort enfin dans une version qui lui rend sa grâce, et révèle son impact sur le cinéma de genre, et le septième art en général.

Le scénario est excellent, les acteurs brillants, mais c'est surtout la mise en scène de Fleischer, dont on attend qu'il soit véritablement reconnu à s ajuste valeur, qui marque durablement la rétine. La violence s'extirpe ainsi de son cadre habituel, elle déborde et subvertit les codes hollywoodiens. La censure n'y pourra rien, et hollywood s'en trouvera durablement transformé.

On appréciera les rares bonus, à la fois touchant et édifiants.
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Dès l' introduction avec le lettrage en rouge-orange de «Violent Saturday», on sait que la photo de Charles G. Clarke va être primordiale pour la réussite du film ; un petit pincement au cœur à l' apparition du nom de Sylvia Sidney en troisième page de générique comme si elle n' avait été de toute sa carrière qu' une actrice de complément. Elle fut une Star dans les films de Mamoulian, Hattaway, Wyler et surtout Lang ; Léo Malet lui dédia un poème (je suis à sa recherche).

L' arrivée de trois braqueurs professionnels - Stephen McNally en représentant et chef de gang minutieux, J. Caroll Naish qui a toujours des bonbons dans ses poches et Lee Marvin qui adore écraser la main d' un gosse - dans cette petite ville minière va rencontrer puis bouleverser le destin de certains habitants de la ville. Sylvia Sidney pique un sac à main, Margaret Hayes a des amants (des passe-temps) dont Brad Dexter, Richard Egan son mari noie son désespoir dans l' alcool, Tommy Noonan est un timide voyeur, Virginia Leith est une infirmière mais une femme à la redresse* qui remet à sa place la femme volage, Victor Mature n' a pas fait la guerre et n' est pas un héro pour son fils ; que des gens ordinaires avec leurs défauts. Et puis il y a Ernest en Amish, rôle qu' il reprendra dans «La ferme de la terreur» (1981) où il y a aussi une fille qui fera plus tard de sanglants dégâts avec un pic à glace. Le scénario de Sydney Boehm (qui a lu le roman de William L. Heath ?) allie à merveille deux genres populaires : le mélodrame et le polar, et, tout ça en moins de 90 minutes. La précision de Richard Fleischer dans l' exécution du braquage et le règlement de compte dans la ferme Amish devrait plaire aux kubrickiens, mais Fleischer est au service du film pas de son égo. D' autres vont brandir le hochet* François Truffaut : travail de professionnel ou yes-man de Darryl Zanuck.

La très belle Virginia Leith, rien que de la voir marcher, fait partie de ces bonnes actrices qui n' ont pas eu trop de chance dans leur carrière, encore moins que May Britt. Révélée, si l' on peut dire, par Kubrick dans «Fear and Desire» (1953), le film que le maître ne voulait pas montrer mais sa famille en a décidé autrement. Elle aura un autre rôle très intéressant dans «Baiser mortel» (1956) où elle joue la sœur de Joanne-Paul Woodward-Newman ; espérons que le film soit remasterisé car la photo de Lucien Ballard y est spectaculaire. Robert Wagner y trouve le rôle de sa vie.

Victor Mature a toujours été la cible de critiques vachardes surtout pour son sourire. Groucho Marx avait cette réplique pour ceux qui se dépoitraillaient dans les péplums : «Les films dans lesquels le buste de l' acteur principal est plus important que celui de l' actrice ne m' intéressent pas». Mais, notre cher Victor avait lui aussi beaucoup d' humour. Se présentant devant un club privé interdisant l'entrée aux acteurs, il dit au portier qui l' avait reconnu : «Mais cela fait une trentaine de films que je prouve que je ne suis pas un acteur !» Preuve aussi qu' il ne se prenait pas au sérieux et joli pied de nez à ses détracteurs.

*Ces expressions sont souvent employées par Philippe Garnier à qui il faut rendre hommage (il doit détester ça), car c' est lui qui fit un article à la fin des années 70 dans Rock & Folk sur la série B où il parlait de ce film et d' «Un homme est passé» (1955) de John Sturges et d' «À bout portant» (1964) de Don Siegel d' après mes souvenirs ; là, il mettait son talent au service de talents. Ces films passaient assez souvent à la télé dans les années 60/70, surtout en Lorraine, ben oui, nous 'étions vernis', on captait Télé-Luxembourg avec les films italiens, les Randolph Scott, Grant Williams qui devenait tout petit...

Film dvd en couleur d' une durée de 87 minutes.
Format cinémascope respecté. Diffusion pour écran 16/9.
Version audio anglaise et française. Sous-titres français.
Très bonne copie.

BONUS :
- «Richard Fleischer, maître-conteur» avec William Friedkin d' une durée de 21 minutes.
- «Mélodrame policier» de Nicolas Saada d' une durée de 27 minutes.
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le 6 juin 2016
Les inconnus dans la ville ( 1955 ) de Richard Fleisher avec
Victor Mature ( Shelley Martin )
Richard Egan ( Boyd Fairchild )
Stephen Mc Nally ( Harper )
Virginia Leith ( Linda )
Tommy Newman ( le dirlo )
Lee Marvin ( Dill )
Ernest Borgnine ( l'amish ) '
Série B fameuse pour les habitué(e)s du rohipnol après ( ou bien avant , c'est encore mieux ) les programmations tardives de Claude-Jean Philippe ou de Patrick Brion .
Evidemment , il suffit d'avoir vu ce film ne serait-ce qu'une fois pour se rendre compte de l'aspect fumeux de la renommée extraordinaire dont l'affublent la plupart des cinéphiles , un peu gênés cependant par la présence "stallonienne" de Mature '
Cela dit , il serait plutôt injuste de le critiquer ( faut s'en prendre à soi d'avoir cru les "spécialistes de la spécialité" ) d'abord parce que le film est sans prétention , que l'histoire se tient classiquement sans trop de fioritures , qu'ensuite il y a Lee Marvin et qu'enfin il est tiré d'un roman noir de William L. Heath ( je dis ça pour d'autres spécialistes qui comprennent où je veux en venir ... voir aussi le bouquin de Guérif ) : la dinguerie plouc de Jim Thompson , les complications faulknériennes rationalisées par le maniérisme inquiétant de Goodis quand tout va mal ', en gros .
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le 3 avril 2013
Je viens de recevoir et de visionner ce blu-ray.Je ne reviendrai pas sur la qualité de ce film que tout cinéphile se doit d'avoir vu mais sur la splendeur de l'image qui permet de le redécouvrir comme s'il venait d'être tourné.Et comme,sauf erreur de ma part,il s'agit d'une exclusivité mondiale sur ce support,il serait dommage de ne pas en profiter...
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DES TRUANDS PREPARENT UN BRAQUAGE EN S INSTALLANT DANS UNE PETITE VILLE D ARIZONA....RICHARD FLEISHER GRAND CINEASTE ECLECTIQUE NOUS LIVRE ICI UN BIJOU DE FILM NOIR OU LA DISTRIBUTION EGALE PRESQUE LA REALISATION....RICHARD EGAN VICTOR MATURE ET LEE MARVIN SONT TOUT BONNEMENT PRODIGIEUX.....UN CLASSIQUE A VOIR ET A REVOIR....
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le 13 mai 2013
A favorite classic now available in a perfect blu-ray edition. Correct widescreen aspect ratio in English with optional French subtitles.
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Richard Fleischer (le fils de Max Fleischer, créateur de Betty Boop et re-créateur de Popeye) est un des maîtres du cinéma hollywoodien des années 50 et 60 avec de remarquables réussites dans tous les genres du cinéma américain (Les Vikings étant un des plus sublissimes films historiques). Il a réalisé au début de sa carrière une belle série de petits films noirs en NB tel The narrow margin. Avec ce Violent Saturday (Les Inconnus dans la Ville), il réussit le tour de force d'introduire un élément de thriller dans la vie d'une petite ville américaine dont il décrit les qualités et les petitesses comme l'aurait fait son collègue Vincent Minnelli. Alors qu'une bande de mafrats sans scrupules dirigés par le sous-évalué Stephen Mc Nally avec Lee Marvin désopilant en enrhumé psychologique prépare un casse violent, le film s'attarde plutôt sur les personnages qui font le tissu de la cité: le banquier obséde sexuel, le fils de famille qui ne supporte plus l'ombre de son père, la bibliothécaire kleptomane, l'ingénieur qui n'a pas pu faire la guerre au grand désespoir de son gamin, l'infirmière quelque peu délaissée... Lorsque la violence éclate, la vérité de chaque personnage va apparaître au grand jour et chacun y trouvera une forme de rédemption catarthique. Filmé uniquement en plans séquences avec un formidable sens du cadrage et des scènes d'action extraordinaires, ce Violent Saturday est un grand film vu jadis plusieurs fois mais qui prend encore plus d'ampleur aujourd'hui. Notamment grâce à une merveilleuse copie aux couleurs éclatantes, un mastering parfait. Les suppléments sont très intéressants, notamment l'interview de Friedkin qui parle bien et vite de ce classique du polar.
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Ce film de gangsters est à la limite du western: une petite ville perdue dans l'Ouest américain, une banque bien tentante, un gang de braqueurs sans pitié, des citoyens avec leurs problèmes...Après une mise en place psychologique un peu longue mais fort intéressante la violence se déchaine et tout se termine par un "duel" à mort dans une grange qui rappelle bien sûr une autre confrontation célèbre. Richard Fleischer ne m'a jamais déçu et là encore il montre toute l'étendue de sa maîtrise cinématographique.
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