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Pendant longtemps, le cinéma italien ne s'est pas spécialement penché sur son passé immédiat, en particulier sur ses "années de plomb". Ou bien ce n'étaient que références et allusions dans des films tournant autour de tout autre chose. C'est chose faite depuis plusieurs années, avec des films jetant quelque lumière sur elles sur toute leur longueur (Buongiorno, notte,La Prima Linea) ou seulement en partie (Nos meilleures années,Il Divo).

Avec un titre original s'inspirant d'une formulation de Pier Paolo Pasolini, Romanzo di una Strage (littéralement : Roman d'un massacre) relate l'attentat de décembre 1969 sur la Piazza Fontana à Milan, et brosse un portrait complexe de l'Italie à l'orée des années de plomb. Film-dossier à l'ambition évidente, Piazza Fontana n'a rencontré aucun succès en France et c'est fort dommage tant il est didactique au meilleur sens du terme. Certes ce genre de film-dossier a aujourd'hui du plomb dans l'aile, et Marco Tullio Giordana n'a pas le regard et la subtilité dialectique d'un Francesco Rosi, mais si l'on s'intéresse à ce pays et si l'on veut comprendre un peu mieux ce que pouvaient être les tensions à l'oeuvre en Italie dans les années 70, il fera parfaitement son office.

Levons toutefois tout de suite une possible méprise. Pour qui verrait ou se rappellerait que Marco Tullio Giordana est le réalisateur de la fresque La Meglio Gioventù / Nos meilleures années, sortie avec grand succès dans les salles françaises il y a une dizaine d'années, il faut préciser que l'on ne retrouvera pas la chaleur de ce film-là. Avec ses complices scénaristes Stefano Rulli et Sandro Petraglia - auteurs de plusieurs des très bons scénarios italiens des deux dernières décennies, dont celui de Nos meilleures années - il installe dans des teintes assez froides un climat gris dans lequel l'attachement aux personnages, bien réel en définitive, ne se nourrit pas de la même affectivité que dans Nos meilleures années. Comme dans tous les films-dossiers, les affrontements passent essentiellement par la parole, et d'aucuns pourront avoir l'impression que le film est trop bavard et qu'il s'englue dans le côté méthodique avec lequel il approche cet attentat, de ses prémisses à ses retombées à court et moyen terme. Pourtant, un scénario solidement charpenté, une interprétation de qualité et une thèse certes discutable mais pas assénée sans aucune nuance, le tout emballé dans une mise en scène fonctionnelle et cependant plutôt bien adaptée, ce n'est déjà pas si mal et c'est en tout cas beaucoup mieux que ce proposent nombre de films italiens sans substance.

Une des forces du film est de se pencher sur les milieux anarchistes d'une part, d'extrême-droite et néo-fascistes d'autre part (y compris en montrant les passages des uns aux autres), et de montrer sur quoi l'enquête officielle s'est focalisée, comment les points de vue s'affrontaient au sein du gouvernement (insistance sur le rôle d'Aldo Moro, favorable à ce qui sera appelé le "compromis historique" contre beaucoup de ses collègues), bref de ne pas oublier de camper un arrière-plan pour mieux donner à comprendre l'avant-plan. Axé autour de deux personnages de bonne volonté, l'anarchiste non-violent Pino Pinelli et surtout le commissaire Calabresi, serviteur de l'Etat ébranlé par les communions d'intérêts et collusions qui finissent par se faire jour, le récit se déploie avec assez d'ampleur pour intéresser tout du long. Dans mon commentaire sur La Prima Linea, je regrettais qu'aujourd'hui les 'films politiques' aient peur de leur ombre et surtout d'effaroucher ou d'ennuyer le spectateur avec quelque contenu politique ou idéologique que ce soit. Une des réussites de Piazza Fontana est bien d'arriver à donner le sens de ce qu'étaient les débats et les affrontements politiques de l'époque, certes en les dramatisant et en essayant de les humaniser et de les rendre les moins secs possibles mais sans les diluer à l'extrême. Ce faisant, le film donne à comprendre un peu de l'état de l'Italie avant même la vague d'attentats dus aux Brigades rouges et à d'autres organisations d'extrême-gauche.

Ce n'est après tout pas une si mince réussite que cela dans le contexte du cinéma italien d'aujourd'hui. Cela étant, comme je le notais ci-dessus, on aurait aimé un réalisateur plus aigu, un Rosi, pour traiter un sujet qui aurait été tout désigné pour lui s'il avait continué à faire du cinéma au-delà des années 90. En l'état, Piazza Fontana est un film sans génie et un peu terne mais pas sans qualités et qui aiguise la curiosité. Il ne peut être pris pour du simple cinéma de divertissement. On a sans surprise stigmatisé une oeuvre édifiante, didactique, trop statique et bavarde. Je ne vois quant à moi pas pourquoi il serait hors de propos d'avoir la passion d'expliquer et de donner corps à des événements complexes et à des débats peut-être un peu arides mais certes pas sans conséquences sur notre présent. Il y a encore de la place au cinéma pour de tels films. On peut espérer qu'ils soient toujours réalisés par des très grands de la mise en scène : même si ce n'est ici pas tout à fait le cas, le résultat est en l'état plus qu'honorable et à connaître.

VOSTF et VF. Le master est très bon, quoique les résultats d'une numérisation un peu hâtive puissent se voir ici et là. L'absence de supplément est vraiment dommage : typiquement le genre de film qui peut être accompagné d'un documentaire apportant un autre éclairage sur la question, avec images d'archives incluses. Ce film, de pair avec César doit mourir des frères Taviani et La Belle endormie de Marco Bellocchio (voir mes commentaires), lance une nouvelle collection italienne chez Francetv. Espérons qu'ils vont continuer à l'étoffer, et ajouter des suppléments pour les prochains disques.
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le 6 mai 2015
Trés bien réalisé et bien servi par les acteurs.
Les effets de la guerre froide en Italie, qui, en la matière, n'a rien à envier à Pragues ou à Vienne.
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le 9 juillet 2016
Ce film politique froid mais efficace traite d'un attentat à la bombe qui a suscité une enquête poussée notamment dans les milieux anarchistes.
On découvre au fil de l'enquête que personne ne sera jugé et condamné pour ce crime car les pistes remontent jusqu'à des personnages politiques très haut placés, jusqu'à la présidence de la république. Ce film est un peu didactique mais il est passionnant pour qui s'intéresse à cette époque de la guerre froide. La tension entre communistes, néo-fascistes et démocratie-chrétienne en Italie est la toile de fond d'une action terroriste qui pouvait être le début d'une tentative de putsch en Italie, sur le modèle de la prise de pouvoir des colonels en Grèce, peu de temps auparavant. Un film qui vous tient en éveil. Sidérant !
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le 4 novembre 2013
Excellente analyse de ce qui s'est passé à Milan lors de cet attentat à la bombe. La vérité n'est pas aussi simple que ce qu'on a voulu faire croire, comme à Bologne. On voit bien que les politiques sont soit complices, soit coincés. A recommander.
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le 4 novembre 2013
Excellent film italien sur l'une des périodes les plus sombres de l'histoire italienne.
Valério Mastandrea est parfait comme à son habitude.
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le 17 mai 2014
Piazza fontana met le doigt où cela fait mal.Comment peut-on encore après toutes ces années penser (c'est tellement dérangeant) que jamais la lumière ne sera faite.
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