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En préambule, il faut vous avertir que je livre ici plus une analyse du film qu'un réel commentaire, sans pour autant dévoiler vraiment l'intrigue (qui est impossible à raconter en soi, en fait). Cela devrait vous permettre de savoir si vous aurez envie ou non de voir/acheter ce film.

Cloud Atlas est sans conteste un film très ambitieux. On n’en attendait pas moins de la part des créateurs de Matrix, après une longue parenthèse où ils se sont limités à leur casquette de producteurs et si l’on veut bien leur faire la charité d’oublier leur pathétique Speed Racer. Il y a très clairement deux niveaux de lecture pour ce film. Le premier est celui d’un grand spectacle de science-fiction, une sorte de fresque romantique et révolutionnaire à l’imagerie spectaculaire (effets spéciaux magnifiques à tous points de vue), à l’action bien dosée et excellemment monté. Le second niveau de lecture, quand on l’approfondit un peu avec les bonnes clefs de compréhension se révèle idéologique, beaucoup moins consensuel voire franchement tendancieux.

Pris au premier degré, le film est l’adaptation d’un roman qui déploie 6 histoires situées à 6 époques très différentes allant du XIXème au XXIVème siècle. Chaque histoire est traitée selon un genre spécifique (aventure historique, drame, film noir, comédie burlesque, science-fiction pure et dure, fantasy post-apocalyptique) et décrit l’aventure d’un personnage principal confronté à une oppression quelconque (allant des mauvais traitements médicaux à l’esclavage par une société robotisée). En étant un peu attentif, on remarquera que chaque histoire est en fait relatée d’une manière ou d’une autre dans l’histoire de l’époque qui la suit chronologiquement, de façon à ce que les 6 récits soit tous enchâssés les uns dans les autres. Le personnage principal (que je nomme ici la victime) de chaque époque est identifiable à l’aide d’un curieux tatouage en forme de comète, dont on ne tarde à pas à nous faire comprendre qu’il s’agit d’une sorte de « marqueur » de réincarnation : les 6 personnages principaux sont en réalité une seule et même âme présente dans un corps différent à chaque époque. Et chaque personnage se retrouve en conflit avec une autorité supérieure quelconque, une oppression qu’il va falloir renverser ou dont il va falloir s’affranchir, et qui sera identifiée par un bourreau. Enfin, dans chaque histoire, la victoire aura lieu grâce à l’intervention d’un tiers, le sauveur de la victime. De nombreuses critiques ont parlé d’amour dans ce film, mais c’est totalement inexact : il s’agit en réalité du classique triangle victime-bourreau-sauveur. Il faut admirer la maëstria avec laquelle les trois réalisateurs sont parvenus à raconter, de façon très cohérente et sans qu’on s’y perde jamais, 6 histoires dans 6 genres différents, en multipliant d’autant les héros et les antagonistes. Pour cela, en plus d’une photographie adaptée à chaque sous-intrigue, ils se sont appuyés sur un montage très intelligent et un jeu de répliques entre les époques remarquablement écrites. Un tel travail technique ne peut que susciter respect et admiration chez le cinéphile averti, tandis que les autres spectateurs seront tout simplement emportés par le souffle de cette fresque qui se déploie magistralement devant leurs yeux.

Pour aborder le second degré du film, il est absolument nécessaire de savoir que l’un des réalisateurs sort d’un processus dit « de transition sexuelle » : Larry Wachowski est « devenu » Lana. Je n’évoquerais pas ce point d’ordre privé si cela n’était pas essentiel dans l’analyse du contenu idéologique du film. En effet, il y a chez tous les personnages positifs du film un désir profond de se réapproprier leur vie, d’en être le maître absolu, et cela passe par un rejet de conventions sociales ou un désir de révolution, qui s’apparente à un refus de la nature. Leur orgueil les rend victimes de leur environnement (milieu, société, entreprise, tribu). « From womb to tomb, our lives are not our own » (Sonmi-451). « All boundaries are conventions, waiting to be transcended. » (Frobisher). De plus, les principaux héros mais aussi quelques rôles secondaires sont campés tour à tour par une floppée d’acteurs bien différents (Jim Strugess, Ben Wishaw, Halle Berry, Jim Broadbent, Doona Bae, James D’Arcy, Keith David, David Gyasi) et très doués. Les personnages correspondants sont tour à tour jeunes ou vieux, hommes ou femmes. Outre la performance (réellement impressionnante) des maquillages, le plus intéressant réside dans la volonté avec laquelle les réalisateurs ont voulu que la victime et le sauveur (les personnages positifs) soient personnifiés par des acteurs différents à chaque époque, au contraire des incarnations du mal qui, elles, sont (presque) à chaque fois campées par les mêmes Hugh Grant (absolument bluffant) et Hugo Weaving (parfaitement savoureux). Un peu comme si la chair incarnée était le mal, et l’âme vagabonde, libre de passer d’un corps à un autre avec les époques, était le bien. Les acteurs sont icic utilisés pour leur capacité de transformation, mais non pas d’incarnation. Nous sommes donc à l’exact opposé (par exemple) d’un Tarantino qui, lui, aime ses acteurs et les choisis soigneusement en fonction du personnage à incarner ; chez Tarantino, deux acteurs ne sont pas interchangeables, tant ils font corps avec leur personnage. Dans Cloud Atlas, l’humain est un être si réincarné qu’il en est désincarné : des acteurs très différents peuvent, dans le plus parfait mépris de leur nature, camper le même personnage au cours des siècles. Une même âme n’est donc ni homme ni femme, seul demeure son statut de victime au fur et à mesure de ses réincarnations. Nous assistons en réalité à une véritable application pratique de la théorie du genre, à un niveau si élaboré que cela ne peut être inconscient, surtout venant de réalisateurs chevronnés comme les Wachowski et Tykwer. Le lien avec la vie privée de Larry ne peut être ignoré. Enfin, il est à noter que le rapport à la chair est teinté de dégoût et associé à une exploitation sans pitié de l’homme par l’homme. Dans chaque sous-intrigue revient la réplique suivante : « The weak are meat, the strong do eat. », dans chacune d’elle est présente une allusion plus ou moins voilée au cannibalisme, allant d’une discrète citation du film Soleil vert à la lutte contre une véritable tribu anthropophage. Ce n’est probablement pas un hasard non plus (même si cela est, pour le coup, probablement subconscient) si les histoires s’articulent toutes autour des rapports triangulaires victime-bourreau-sauveur, mais que, malgré six intrigues, on n’y trouve pas une seule véritable histoire d’amour ; (Frobisher est trop volage pour qu’on prenne au sérieux sa relation avec Sixsmith, et le couple Hanks-Berry n’est que le fruit d’une ellipse, déductible à la toute fin du film). L’amour est en réalité le grand absent de ce film.

Cloud Atlas est donc un film ambitieux, prenant, et techniquement admirable, que ce soit visuellement, artistiquement et scénaristiquement. Il est facile de se laisser emporter par son souffle épique, tout à fait réel. Il faut cependant tenir compte d’un second niveau de lecture, tout aussi cohérent, maîtrisé et passionnant à décrypter qu’il est malsain dans son contenu. Cela n’empêche pas d’apprécier le film pour ce qu’il est, mais mieux vaut être averti de ce qu’on regarde.
66 commentaires| 94 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 28 janvier 2014
Ce film est une curiosité, un OVNI, traitant de la réincarnation, sujet casse-gueule s'il en est!! Passé le début ardu, il faut s'accrocher pour suivre les époques, les personnages et les intrigues, finalement on peut se laisser happer par le souffle épique de ce film. Et y trouver une résonance sur les diverses théories philosophiques.
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le 30 décembre 2015
Ce film est une bien belle découverte. Quand il est passé au cinéma je n'ai pas pu allé le voir. Et puis j'ai totalement oublié. Je l'ai acheté pour une bouché de pain en occasion DVD. Et là, la baffe monumentale. C'est un chef d'œuvre unique en son genre, poétique, philosophique avec une bonne dose d'humour et d'action. Une réflexion sur le sens de la vie. Sans compter la prouesse des acteurs.
J'ai donc acheté le même film en Blu-ray pour bénéficier d'une image à la hauteur de l'œuvre et ai offert le DVD.
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le 18 octobre 2015
Je viens de finir de voir Cloud Atlas.

J'ai adoré ce truc*.

Ils osent, Lana et Andy Wachowski, quand même !
On ne peut pas leur enlever ça.

Waouuh** !

*C'est le mot le plus approprié que j'ai trouvé pour décrire cette expérience.
** Ah ben non, il y a celui-là, aussi.
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le 13 novembre 2015
Cloud Atlas est tout simplement mon film préféré. Un chef d’œuvre visuel, narratif, musical et philosophique sur le thème de la liberté.

Il peut dérouter lors du premier visionnage (à cause de sa narration plutôt complexe et le foisonnement d'époques et de détails), mais lorsqu'on arrive à la fin et que toutes les pièces se mettent en place, ouah, quelle aventure !

En résumé, Cloud Atlas est un film qui fait rire, pleurer, frisonner, et surtout réfléchir. Je recommande vivement.
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le 23 janvier 2014
Une fresque sur plusieurs siècles avec des destins croisés.
Les frères Wachoski n'avaient rien fait de concluant depuis la Trilogie Matrix ; Il s'agit là d'un retour en force avec du grand spectacle.
Tom Hanks est éblouissant, fidèle à son habitude.
A voir absolument.
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le 26 mars 2014
très bon film, mais il faut bien suivre l’histoire sinon on s'y perd. Il faut le regarder au calme genre le soir ou les enfants sont couchés. Ados bienvenus s'ils se concentre sur le film qui peut paraitre long. Mais il mérite l'attente.
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le 26 mars 2014
C'est une curiosité ! Il faut voir ce film et ensuite le revoir pour mieux comprendre. Bien que un peu dérouté, j'ai bien aimé, ce qui m'a incité à le revoir et j'ai pu mieux apprécier !
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le 29 mai 2014
La première fois que j'ai regardé Cloud Atlas, j'ai failli décrocher pendant la première heure. Puis progressivement, j'ai été pris par la magie des histoires et des acteurs. Après ce premier visionnage, j'ai cherché des informations à propos du film, j'ai revisionné le générique de fin et le puzzle s'est mis en place dans ma tête. Le second visionnage fut une révélation : la beauté des images et de la musique m'ont transporté. Pour la cinquième étoile, il faudrait supprimer certaines longueurs qui ne servent pas le propos du film. Je regarderai à nouveau ce film avec plaisir de temps en temps.
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le 23 février 2014
Une histoire quelque peu compliquée sur différentes générations et ^périodes. Il faut regarder ce film en une fois sans interruption et plusieurs fois pour en saisir tout le sens
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