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le 17 août 2016
Dès lors qu’il n’existe plus d’« empire », sinon des vagues notions de « puissances de l’argent » et de « réseaux oligarchiques », il faut bien remplir l’espace vide. Soral prévient Naulleau : il ne s’attaque pas à des abstractions conceptuelles, mais à des personnalités, groupes et réseaux tout-à-fait concrets. En réalité, il substitue un pouvoir occulte élucubré à la conceptualisation concrète de la domination qui l’obligerait à renoncer à tous ses délires. Et pour cela, il a su trouver une figure qui puisse fédérer tous les supplétifs qu’il espère clientéliser, en reprenant un thème classique de l’extrême-droite : le complot judéo-maçonnique, abominablement cosmopolite et traître aux nations. Certes l’« empire » a aussi un goût américain, mais le « juif » y tient de toute façon une place de choix, vers laquelle tout semble converger.

Partant, Soral a donc fait une découverte merveilleuse qui marquera sans aucun doute l’histoire de la « pensée » française : « le juif existe ». Pourtant, dans le contexte français actuel et à différence du vieil antisémitisme européen, l’antisémitisme doctrinaire de Soral n’a pas véritablement de conséquences pratiques. Le « juif » y est un objet flottant, comme il l’est dans les discours philosémites qui dénoncent l’« antisémitisme des banlieues ». Son actualisation du vieux fonds antisémite de l’extrême droite française consiste plutôt à canaliser les populations postcoloniales vers l’extrême-droite, au travers d’un pseudo-antisionisme, tout en dissociant soigneusement le sionisme de l’hégémonisme blanc et de l’impérialisme occidental, c’est-à-dire en le réduisant à un « communautarisme juif » infiltré dans les instances dirigeantes françaises.

Or, s’il existe une « religion de la shoah », il faudrait se demander ce qu’on y défend vraiment : le « judéocentrisme » ou l’Occident ? De ce point de vue, le sionisme doit être avant tout défini comme un projet colonialiste qui a été le vecteur du « blanchissement » des « juifs » (notamment en Europe), devenus alliés de leurs ex-bourreaux. Dans la lignée de l’antisémitisme européen, le sionisme a transfiguré l’identité juive. Theodor Herzl, son précurseur, en avait d’ailleurs fait la promesse, comme dans cette citation célèbre: « Pour l’Europe, nous formerons là-bas un élément du mur contre l’Asie ainsi que l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie. » En l’ignorant, on se permet de nouveau d’absoudre la France et l’impérialisme occidental de leurs responsabilités fondamentales dans la colonisation israélienne et leurs autres entreprises impérialistes. Pourtant, la colonisation de la Palestine a autant été une entreprise sioniste qu’elle a servi les desseins impérialistes (ce qui aide à comprendre leur « docilité » face au lobby sioniste). Mais pour Soral le stratagème est autre : il s’agit de piloter les populations postcoloniales (elles, bien calées dans le viseur de l’extrême-droite) contre un ennemi soi-disant omniscient, responsable de tous les maux de la terre, afin de ne pas contrarier ses rêves d’unité patriotique et le salut de sa France. Cet ennemi n’est pas tant le sionisme (vidé de contenu historique) mais la figure fantasmagorique du « juif » qu’il leur jette en pâture.

En clair : l’« empire », tel que Soral le radote, a pour vocation de rabattre les descendants de l’immigration et « musulmans patriotes » dans les rangs de l’impérialisme réel, dans les rangs de la France immaculée, innocente victime entraînée malgré elle dans le soutien au sionisme. Que l’impérialisme français ait précédé l’invention du sionisme, que les britanniques – autre puissance coloniale – aient créé les conditions de la colonisation israélienne, que les États-Unis lui aient apportée un soutien inconditionnel, cela ne peut être dû qu’aux « réseaux sataniques » du complot « judéo-maçonnique », certainement pas à l’affinité objective entre l’impérialisme occidental (où la France est bien davantage qu’un sous-traitant des États-Unis) – aux racines chrétiennes et bourgeoises – et le sionisme. Le fait que des tendances de l’extrême droite française se rapprochent du sionisme serait-il aussi le signe de leur soumission au sur-influent « communautarisme juif » ou ne serait-ce pas, plutôt, la conséquence d’une même affinité, face à une « menace » démographique considérée plus pressante ? Bref, il semblerait bien que les populations postcoloniales soient autant l’enjeu que la cible de cette opération, comme elles le sont de la « sionisation » de la France.

L'analyse psycho-affective de notre sujet nous permettrait d'en savoir plus sur l'origine de ce narcissisme blessé, de cet exhibitionnisme arrogant.
Elle pourrait expliquer ainsi le délire de persécution obsessionnel que Soral entretient à propos du « sionisme », qu'il semble vivre personnellement comme une tyrannie.

Se qualifiant lui-même d'« enfant mal-aimé », il vit une enfance difficile en raison d'une mère qu'il juge « passive et froide », et de la violence de son père qui le bat. Selon sa sœur Agnès, il aurait également souffert, au cours de son enfance, de l'expropriation par l'État de terrains forestiers appartenant à son père. Lui indique en mai 2003, interrogé dans l'émission de Mireille Dumas Vie privée, vie publique : « Quand on a eu une enfance comme la mienne, on n'a que deux choix : devenir victime ou bourreau. On m'a programmé pour être un monstre. »

Son père, en plus de l'avoir battu, semble l'avoir totalement ignoré au profit de sa soeur - ce qui a pu faire naître ou renforcer sa tendance à la mythomanie : « je mens pour exister ».
Des vidéos sur Youtube le montrent chez Thierry Ardisson expliquer que sa soeur aurait eu la vie facile à côté de lui... Le fait qu'Alain Soral s'appelle, à l'origine, Alain Bonnet de Soral et qu'il ait demandé à sa soeur, qui s'était fait connaître dans « Tchaô Pantin » avec Coluche en 1983 sous le nom d'Agnès Soral, d'utiliser son nom pour se faire connaître dans l'édition est peut-être révélateur d'une tendance jalouse, voulant s'approprier le nom, la dignité et la propriété de ceux qu'il croit lui avoir volé ces attributs...

Pierre Desproges disait que les racistes se "trompent de colère". C'est tout à fait ce que l'on peut penser de Soral, si l'on considère que ce dernier, dans une volonté hystérique de reconnaissance, a déplacé son sentiment d'injustice et d'humiliation vécue par la violence et le favoritisme paternels envers une communauté ethnico-religieuse culturellement à l'antithèse de son idéologie Marxiste égalitaire.

Ne donnons pas raison à Soral, qui déplore l'approche psychologisante, selon lui, "féminisée" de la pensée et du discours. (Notons que Freud, Jung et Lacan étaient des hommes, Françoise Dolto faisant figure d'exception...) En outre, Soral pourrait raisonnablement répondre que sa volonté de s'appeler "Soral" était uniquement un choix tactique commercial, dépourvu d'affect.
Il est, d'ailleurs, inutile, de "décortiquer" psychologiquement notre sujet. Notons, toutefois, chez Soral, cet immense besoin d'être admiré pour exister. Nul besoin, donc, pour lui de prendre part aux mouvements sociaux ni de s'investir dans la réalité politique. Il lui suffit de parler avec panache et brio dans son salon ou, à de rares occasions, de monter sur une cagette, seul face à ses supporters.

Soral accuse souvent ses détracteurs de sortir ses propos de leur contexte ou d'utiliser ce qu'il appelle la "casuistique dialectique talmudique" (!), qui est pour lui un ensemble d'arguments spécieux ou sophistiques destinés à faire perdre toute intégrité globale aux arguments de l'adversaire.

Rappelons, toutefois, que la casuistique a été utilisée par Blaise Pascal... Il s'agit de l'étude de faits particuliers afin d'aboutir au dégagement de lois générales. C'est l'excès de son usage qui empêche la compréhension globale et directe d'une idée.
Or, à l'inverse, dégager des lois générales sur la base d'apriori culturels et du bon sens Gaulois, comme le fait Soral, même en se basant sur une grande culture générale et en maniant le verbe avec aisance, c'est oublier des phénomènes particuliers et c'est donc au final, oublier l'autre, oublier la différence et son droit absolu. C'est pourquoi nous nous contenterons d'écouter Soral et de le juger sur l'ensemble de son propos, sans pour autant dénoncer la forme politiquement incorrecte, de son mode d'expression ni l'une ou l'autre des expressions provocatrices, choisies pour nourrir sa diatribe.

Nous aboutirons quoiqu'il en soit, au travers ses idées, à la limite républicaine et même raisonnable de son discours. Et donc in fine, à l'inutilité publique d'Alain Soral.
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le 2 janvier 2016
Deux forts esprits qui s'affrontent, c'est toujours un vrai plaisir. On peut se placer d'un côté ou d'un autre et on y retrouve toujours sont compte. Des idées, des vraies, avec lesquelles ont n'est pas forcément d'accord mais qu'il est bon de voir défendre avec vigueur et conviction. C'est bien trop rare.
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le 18 février 2016
Pour résumer en une phrase, on pourrait dire : pensée rebelle et dissidente (Alain Soral) face à pensée consensuelle du politiquement correct (Eric Naulleau). Les dialogues font que l'on ne s'ennuie nullement à la lecture de cet ouvrage. Pour le reste, chacun sera libre de se faire sa propre opinion.
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le 21 août 2015
Livre a la hauteur de mes attentes!
Dommage pour les quelques passage censuré pour on ne sait quelle raison.
Foncer !
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le 26 juin 2014
Des observateurs réfléchissent et ne se retrouvent pas sur leurs conclusions. D'éducations et donc de convictions différentes ils ne regardent pas les faits du même point de vue. Mais pour les quelques fois ou ils sont d'accord, quel bonheur pour le lecteur. L'homme voit mieux les désaccords que ses accords, sauf en musique c'est toute sa force !
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le 23 mars 2015
A lire absolument! Ceux qui critiquent ce livre ne l'ont pas lu. On y trouve les obsessions antijuives de Soral, cet arrière-goût d'envie, du has-been qui n'a pas trouvé mieux pour exister que d'être aussi arriviste, abject et sophiste que son père, ce looser. Naulleau, de "main de maître" piège l'imposteur de la pensée avec des questions fines, subtiles, faussement empathique parfois. A lire!
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le 5 février 2014
C'est agréable un débat dans lequel les gens ne se coupent pas la parole. Rien que pour ça ce livre vaut le coup.
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le 16 décembre 2013
J'aime bien Naulleau mais opposé à Soral, il ne fait pas le poids. Le discours de Soral est bien huilé. Je ne vois pas qui, à l'heure actuelle pourrait le "mettre en boîte". ..Peut-être Zemmour mais celui-ci tient, à peu de choses près, le même discours.
En conclusion, très bon livre, facile à lire (et à comprendre).
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le 22 décembre 2014
Produit conforme à la description.
Du bon livre costaud et sans surprise.
A acheter les yeux fermés. Je recommande cet achat.
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le 7 décembre 2014
Disons le d'emblée : ce livre ne restera pas dans les annales comme un chef d'oeuvre.
Il est en revanche intéressant de suivre les joutes verbales courtoises entre Naulleau et Soral. Le début de l'entretien ressemble un peu à un "qui à la plus grosse", la suite se lit avec plus d'entrain. Naulleau me semble avoir sous-estimé son adversaire.
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