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4,4 sur 5 étoiles
111
4,4 sur 5 étoiles
DETROIT-HORIZONS CDA
Format: CD|Modifier
Prix:11,59 €+ Livraison gratuite


TEMPLE DE LA RENOMMEE100 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 18 novembre 2013
Dire que le retour discographique en long-jeu de Bertrand Cantat suite à la dissolution de Noir Désir fut attendu fébrilement est indéniablement un euphémisme. Dire qu'il fut attendu, par une majorité de gens en tout cas, pour les mauvaises raisons voyeuristes que l'on sait est une évidence. Alors oui, Bertrand Cantat est un meurtrier (accidentel)... qui a payé sa dette à la société. Parlons plutôt de la musique de Détroit, son nouveau projet en compagnie de Pascal Humbert (Passion Fodder,16 Horsepower,Wovenhand et Lilium) et laissons à Voici, et autres feuilles de choux du genre, les cancans et les rumeurs.

Au programme, 10 chansons, deux courts intermèdes et un "machin" planqué à la fin après un silence (Sonic 5). Et pas vraiment de surprise parce que, forcément !, Cantat fait du Cantat dans le texte, dans le style mélodique aussi. Un peu moins énervé que Noir Désir, on se calme avec l'âge, et musicalement plus aéré, Détroit n'apparait pas comme autrement que la suite logique dans le parcours du vocaliste. A titre d'exemple Ma Muse, chanson d'ouverture, se pose un peu là avec son texte péri-poétique, sa voix écorchée vive et, même, des guitares qui s'électrifient dans un crescendo final bienvenu. Aussi, on ne perd pas les bonnes habitudes, quand Cantat chante en anglais il rappelle encore et toujours Jeffrey Lee Pierce (Gun Club). Cantat est donc toujours Cantat et, de fait, s'il n'y avait certaines constructions musicales, leurs influences plus américaines et/ou tempérées, plus bricolées aussi, l'ombre de son ancienne formation en deviendrait envahissante. Présentement, c'est un fantôme duquel on comprend que Bertrand demeurera toujours indissociable tant il l'a marqué de son empreinte.

Globalement, les chansons sont bonnes, surprenantes parfois (Terre Brûlante et sa fausse monotonie, pas loin de Diabologum, Horizon et sa belle montée de sève toute en cordes, le presque robotique Sa Majesté et ses chœurs soul), confortables souvent (Ma Muse, Glimmer in Your Eyes, Ange de Désolation, Droit dans le Soleil, Le Creux de ta Main en clin d'œil appuyé au rock de son passé, etc.), juste ce qu'il faut pour suffisamment brosser dans le sens du poil un auditoire en attente fébrile sans s'obliger à faire du surplace. Parce que Détroit est bien l'étape d'après, pas une révolution, une évolution. Un retour finalement tout sauf surprenant qui aurait pu suivre de près Des visages des figures où, déjà, planait un autre chose plus acoustique, plus ambient. Plus adulte. Autre point commun, la présence d'une autre figure tutélaire de l'art de Cantat, Léo Ferré, avec, cette fois, non pas une adaptation d'un texte (le très réussi Des Armes) mais la très belle et musicalement surprenante reprise de l'inoxydable Avec le Temps où Cantat chante bien soutenu par une instrumentation electro-minimaliste qui, finalement, sied étrangement au teint de la chanson.
Au passage, si on louera la performance de tous les musiciens dont le nom n'apparait sur la pochette, on soulignera particulièrement l'implication de Bruno Green présent et précieux sur toutes les pistes de l'album et celle de Ion Meunier, batteur de Shaka Ponk, qui le suit de près et bat ses futs avec une vraie classe.

Bref... Fi de vaines polémiques, voici un bel album, qui plaira aux amateurs de Cantat et de feu-Noir Désir mais pas seulement, un album qui offre de nouveaux Horizons à une carrière qu'on a bien cru morte et enterrée, c'est bien là l'essentiel.

1. Ma Muse 5:02
2. Glimmer in Your Eyes 5:06
3. Terre Brûlante 3:30
4. Détroit- 1 1:30
5. Ange de Désolation 3:55
6. Horizon 5:03
7. Droit dans le Soleil 3:24
8. Détroit- 2 0:36
9. Le Creux de ta Main 3:41
10. Sa Majesté 4:23
11. Null & Void 4:35
12. Avec le Temps 4:35
13. Sonic 5 7:22 (dont 3 minutes de silence)

Bertrand Cantat - voix, guitare, ken, harmonica
Pascal Humbert - basse, guitare, contrebasse, beat box
Bruno Green - programmations, claviers, guitare
&
Ion Meunier - batterie (1, 2, 3, 6, 9, 11)
Frah - programmations (1)
Steve Desgarceaux - claviers (1)
Manfred Kovacic - claviers (9, 10)
Catherine Graindorge - violon alto, chœurs (2, 6, 7, 9)
Lisa Berg - violoncelle (2, 7)
Olia Ougrik - chœurs (9)
Tree Laurita Humbert - chœurs (9)
Samaha Sam - chœurs (10)

[merci à Amazon pour la livraison anticipée]
4,5/5
44 commentaires| 75 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
MEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 20 mai 2014
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre du concert de Détroit, le nouveau groupe de Bertrand Cantat, ancien chanteur et parolier poétique de Noir Désir. J'avais un peu peur que l'ambiance soit trop feutrée, que la reprise électronique de Avec le temps de Léo Ferré n'arrive pas à égaler Push The Sky Away de Nick Cave & The Bad Seeds vus sur la même scène quelques mois auparavant. Je craignais un public en manque de Noir Désir qui serait trop pressant pour laisser un nouveau groupe s'exprimer. Mais au final rien de tout ça.

Il suffit de regarder la setlist pour comprendre à quel point je me fourvoyais. Plus de la moitié des titres furent des reprises de Noir Désir. Et même d'un peu toutes les périodes. Et même parfois un peu arrangées différemment, comme le passage disco dans Tostaky.

Car le public était finalement là pour ça. Pour Bertrand, pour revivre leurs jeunes années de fans de Noir Désir, après douze ans d'absence et autant de déconfitures (Skip The Use, Shaka Ponk, BB Brunes), le public voulait ce retour, cette flamboyance inégalée. Pas que les groupes que j'ai citées soient mauvais ou malhonnêtes, pas du tout. Ils ne s'élèvent pas dans les mêmes sphères, c'est tout.

L'arrivée sur scène fut pratiquement une ovation, un immense "enfin" sifflé et applaudi par trois mille impatientes et impatients. Cantat est clairement cet atout supplémentaire, même si bien évidemment ses textes ne rivalisent pas avec ceux des écrivains rock que sont Gainsbourg ou Bashung, ils s'approchent de la meilleure chimie entre poésie et rock : du rock de bayou, qui doit tant à Nick Cave et au Gun Club, qui sonne enfin avec cette intraitable langue française.

"C'est cool de vous voir." nous lance-t-il au bout de deux ou trois titres.

Il était en super forme, le poète maudit, sans problème de voix, joyeux, l'envie d'en découdre. Et le groupe aussi, des musiciens carrés, incapables de faire une erreur, qui connaissent aussi bien leurs larsens que leur gammes. Mais qui n'ont rien à voir avec les membres de Noir Désir. De façon flagrante, Serge Teyssot-Gay manquait. Son jeu piqué à Marc Ribot et aux bluesmen était la deuxième couche qui faisait la spécificité de Noir Désir. Ajoutez Bertrand Cantat qui fait des blagues pas drôles entre les morceaux, j'ai un sale arrière-goût de rock allégé, qui disparaît dès que le chant reprend.

Heureusement que Détroit passe par moments. Avec une contrebasse, un violoncelle, des boucles electro, un violon, de la vidéo montée au millimètre, l'ambiance bascule. Elle rappelle que leur disque est réussi. Peut-être pas abouti, la faute aux textes trop abscons pour s'y attacher, mais il n'est ni une parodie de rock ni un changement radical. Il est une suite logique. Pas de reprise de Avec le temps, mais elle aurait été bienvenue, juste avant le premier rappel, histoire de faire encore mieux cohabiter les deux mondes dont l'un restera un souvenir.

Autant dire qu'avec deux concerts en un, des musiciens enthousiastes et un public ravi, l'ennui n'a jamais pointé. Le spectacle est rôdé. Des années de scènes les précèdent, même dix ans d'absence n'en auront raison. Cantat a raison. C'était cool de voir son nouveau groupe.
55 commentaires| 4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
1000 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 18 novembre 2013
« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »
Antonin Artaud (in Van Gogh ou le suicide de la société)

Avec Horizons, Bertrand Cantat & Pascal Humbert affirment ensemble une forte pulsion de vie, une belle volonté créatrice.

Bertrand Cantat se débarrasse de peaux mortes afin de mieux renaître. Phénix sous les cendres, il se métamorphose.

A coups de mots, il brise le fourreau de suie qui le tenait prisonnier et tente une échappée au-dehors.

Cependant, Cantat n’est pas dupe : il sait bien que l’on ne peut s’extirper de soi-même. Demeure malgré tout, la possibilité d’exprimer le poison qui cogne en soi, afin que celui-ci ne détruise pas entièrement l’être.

Cet album de clair-obscur s’annonce comme une possible survivance.
Chanter est façon de sortir de soi.

Les images sont nues, tranchantes.
Bertrand Cantat avance dans sa nuit noire – trouée çà et là de maigres lumières –, tel un funambule sur une lame de rasoir.

Sa muse se tient à ses côtés, fidèle. Elle coule comme le sang dans ses veines :

« le fluide ne s’use que si l’on en abuse / et si ça m’use parfois ma muse / tellement ça fuse de toutes parts / d’antennes en satellites / ou pylônes au hasard / je ne regrette pas […] / Les braises incandescentes sont encore / sous la cendre froide / autrement dit : "Sois toujours… / au rendez-vous" »

Le chanteur aux hululements de chaman chante son exil, sa douleur ; sa voix étouffe le verbiage des inénarrables commères et sa musique balaye la lueur sale des néons de l’audimat.

« Dors mon ange de désolation / dès que le vent aura tourné / nous ferons diversion / et tu m’emmèneras […] / dans leur panier à ordures il y aura / cinq cents dix versions / pour engraisser les porcs / […] Dors mon ange […] L’éternité nous appartient / chaque seconde la contient »

L’empreinte carcérale demeure, présente comme une stèle de bronze.
Mais l’âme déploie ses forces vitales pour chercher l’horizon salutaire entre les interstices.

« Combien de temps déjà combien de temps passé / dans ce tunnel sous la cour des cent pas éternels / éternellement enfoui derrière la porte close / et la vitre sans tain, la peau de quartz vert / Il ne fait jamais nuit / sous ce jour de néons / mille aiguilles ont surgi / sous les paupières closes […] Je sais qu’il faut se taire / au loin le tonnerre gronde / éradiqué du monde / évincé de la terre […] / Cherche ton horizon / entre les cloisons »

Cet album dévoile toute la capacité créatrice de Bertrand Cantat, après le divorce consommé entre lui et ses anciens compagnons de route.

Contrairement à feu Noir Désir, les mélodies de Détroit se font plus apaisées : il n’est plus besoin de crier pour se faire entendre. Le lézard peut entamer sa mue.

Après la couleur rouge sang de ces dernières années, un peu d’ocre vive est nécessaire pour continuer d’exister.

Le morceau Droit dans le soleil, est une fenêtre ouverte sur la lumière :

« on ne renonce pas on essaie / de regarder droit dans l'soleil […] / on n’se console pas, on s’enraye / mais on regarde droit dans l'soleil […] / Tourne tourne la terre / tout se dissout dans la lumière / l’acier et les ombres qui marchent / à tes côtés »

L’album Choeurs, composé pour des mises en scène de Wajdi Mouawad, annonçait déjà une belle évasion vers d’autres territoires. Bertrand Cantat y côtoyait les mythes grecs et leur incroyable violence comme pour aller se frotter au plus près de l’épine. Choeurs fut une première catharsis.

A présent, ce cœur qui a tant battu se relève et le sabre du soleil lacère la brume environnante.

Dans la voix monte encore la sève, vive et brûlante.

Thibault Marconnet
17/11/2013
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le 5 décembre 2013
Je dois me joindre au coeur de louanges pour cet album.
Calme et plein d'esprit, cet album n'est pas pour ceux qui esperent sauter dans tous les sens, mais est une poesie musicale a apprecier, telle que Cantat nous avait donne avec Noir Dez.
Seat back, relax and enjoy the music.
Welcome back Bertrand, we missed you.
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le 27 décembre 2014
Magnifique album et agreablement surprise car je l'ai commandé après avoir entendu Bertrand Cantat lors du concert des Shakaponk à Bordeaux. Son punch, sa voix, voilà quoi!
Vraiment prenez le temps de l'écouter.
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le 1 mai 2015
Le retour de Bertrand , très beau disque . Ce cd est magnifique , du Noir Désir , la voix de Bertrand , magique , et le Rock Français n'est pas mort , pourtant il se fait rare sur nos ondes !!!
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le 26 novembre 2013
On est là pour parler musique avant tout...
Cet album est une œuvre talentueuse d'un grand chanteur/artiste, c'est aussi simple que ça.
Je reste fan de la première heure de toute façon, et c'est un vrai plaisir de l'entendre a nouveau.
Beaucoup d'émotions et une ambiance qui donnent beaucoup de vie a cet album.
L'horizon n'est pas sans obstacles, mais ses trésors en valent la peine.
Très beau retour.
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le 20 mai 2015
Très mécontent car la pochette est arrivée marquée par le disque.
Je comprends mieux pourquoi c'est moins cher ici.
J'imagine la façon dont sont stockés les disques.
Je ne suis pas prêt de recommander un vinyle sur ce site.
Déçu par amazon !!
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le 18 novembre 2013
Oui enfin bertrand est de retour.Aprés quelques apparitions sur scéne aux cotés de EIFFEL et autres,nous sentions que l'homme avait toujours le feu sacré et une vraie envie de refaire ce qu'il a toujours fait de mieux:de la musique.Et c'est chose faite avec "horizons",une oeuvre à l'image de son géniteur,torturée et poétique.Cet album est croyez moi un véritable sommet de nostalgie,d'ambiances prenantes et de textes magnifiques comme seul bertrand à toujours su en écrire.On ressent parfois comme un véritable catharsis musical avec des morceaux comme:"ma muse""ange de désolation",pour ne citer que ses deux titres.Mais comment pouvait-il en étre autrement?L'homme à l'évidence,est dans une abyme mentale pour les raisons que nous connaissons,et le meilleur moyen pour lui de s'en échapper est de coucher sur papier son mal étre et ses regrets.Mais la plume revendicatrice de ce génie fait également son apparition sur:"sa majesté" qui aurait pu figuer dans un album comme "du ciment sous les plaines".Musicalement l'album se veut plus rock que "des visages,des figures"(dernier album en date de noir désir),et est à mon sens meilleur que ce dernier.Ici c'est bel et bien l'album de bertrand que nous écoutons.Un "écorché"vif qui malgré les critiques et les insultes à réussit à sortir ce qui est sans nul doutes,son oeuvre la plus personnelle et intime de sa carriére,qui j'éspére est vraiment le début d'un nouveau départ dans la vie de l'idole de toute une génération.Les fans peuvent se jeter dessus,ce disque est magnifique.Merci et respect bertrand...heureux que tu sois de retour parmis nous.ps:ça ne sert à rien de dénigrer mon com',je ne prendrais pas la peine de vous répondre.Ici je m'adresse aux fans de noir désir et à personnes d'autres.
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1000 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 18 novembre 2013
« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »
Antonin Artaud (in Van Gogh ou le suicide de la société)

Avec Horizons, Bertrand Cantat & Pascal Humbert affirment ensemble une forte pulsion de vie, une belle volonté créatrice.

Bertrand Cantat se débarrasse de peaux mortes afin de mieux renaître. Phénix sous les cendres, il se métamorphose.

A coups de mots, il brise le fourreau de suie qui le tenait prisonnier et tente une échappée au-dehors.

Cependant, Cantat n’est pas dupe : il sait bien que l’on ne peut s’extirper de soi-même. Demeure malgré tout, la possibilité d’exprimer le poison qui cogne en soi, afin que celui-ci ne détruise pas entièrement l’être.

Cet album de clair-obscur s’annonce comme une possible survivance.
Chanter est façon de sortir de soi.

Les images sont nues, tranchantes.
Bertrand Cantat avance dans sa nuit noire – trouée çà et là de maigres lumières –, tel un funambule sur une lame de rasoir.

Sa muse se tient à ses côtés, fidèle. Elle coule comme le sang dans ses veines :

« le fluide ne s’use que si l’on en abuse / et si ça m’use parfois ma muse / tellement ça fuse de toutes parts / d’antennes en satellites / ou pylônes au hasard / je ne regrette pas […] / Les braises incandescentes sont encore / sous la cendre froide / autrement dit : "Sois toujours… / au rendez-vous" »

Le chanteur aux hululements de chaman chante son exil, sa douleur ; sa voix étouffe le verbiage des inénarrables commères et sa musique balaye la lueur sale des néons de l’audimat.

« Dors mon ange de désolation / dès que le vent aura tourné / nous ferons diversion / et tu m’emmèneras […] / dans leur panier à ordures il y aura / cinq cents dix versions / pour engraisser les porcs / […] Dors mon ange […] L’éternité nous appartient / chaque seconde la contient »

L’empreinte carcérale demeure, présente comme une stèle de bronze.
Mais l’âme déploie ses forces vitales pour chercher l’horizon salutaire entre les interstices.

« Combien de temps déjà combien de temps passé / dans ce tunnel sous la cour des cent pas éternels / éternellement enfoui derrière la porte close / et la vitre sans tain, la peau de quartz vert / Il ne fait jamais nuit / sous ce jour de néons / mille aiguilles ont surgi / sous les paupières closes […] Je sais qu’il faut se taire / au loin le tonnerre gronde / éradiqué du monde / évincé de la terre […] / Cherche ton horizon / entre les cloisons »

Cet album dévoile toute la capacité créatrice de Bertrand Cantat, après le divorce consommé entre lui et ses anciens compagnons de route.

Contrairement à feu Noir Désir, les mélodies de Détroit se font plus apaisées : il n’est plus besoin de crier pour se faire entendre. Le lézard peut entamer sa mue.

Après la couleur rouge sang de ces dernières années, un peu d’ocre vive est nécessaire pour continuer d’exister.

Le morceau Droit dans le soleil, est une fenêtre ouverte sur la lumière :

« on ne renonce pas on essaie / de regarder droit dans l'soleil […] / on n’se console pas, on s’enraye / mais on regarde droit dans l'soleil […] / Tourne tourne la terre / tout se dissout dans la lumière / l’acier et les ombres qui marchent / à tes côtés »

L’album Choeurs, composé pour des mises en scène de Wajdi Mouawad, annonçait déjà une belle évasion vers d’autres territoires. Bertrand Cantat y côtoyait les mythes grecs et leur incroyable violence comme pour aller se frotter au plus près de l’épine. Choeurs fut une première catharsis.

A présent, ce cœur qui a tant battu se relève et le sabre du soleil lacère la brume environnante.

Dans la voix monte encore la sève, vive et brûlante.

Thibault Marconnet
17/11/2013
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