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De tous les plus grands films d'Ernst Lubitsch, Angel / Ange (1937) est loin d'être le plus connu. Il est même scandaleusement délaissé, n'est presque jamais réédité dans les salles de répertoire, etc. Mais grands dieux, pourquoi donc? Certes, ce film n'est pas une pure comédie, si tant est que cela signifie quelque chose. Il n'a pas l'extraordinaire puissance comique de To be or not to be / Jeux dangereux, ou la grâce de la comédie romantique portée à son pinacle (The Shop around the Corner / Rendez-vous). Mais que de beauté et de subtilité dans ce film!

Après que Marlene Dietrich venait d'arriver aux Etats-Unis et y avait tourné Desire / Désir de Frank Borzage, Lubitsch et son scénariste Samson Raphaelson lui taillent un rôle sur mesure: ils jouent sur la froideur et l'apparence, sur ce qui est déjà le mythe, tout en la transformant en un parangon d'ambiguïté. L'ambiguïté est d'ailleurs le maître mot de ce film, plus encore peut-être que dans toutes ses autres oeuvres. Le script fait tellement dans la demi-teinte que c'est sans doute là une des raisons pour lesquelles ce film n'est pas le plus prisé, comme le rappelle Noël Simsolo dans la présentation du film. Alors que le récit propose ce qui pourrait être un vaudeville avec succession de coups de théâtre - il s'agit d'une histoire de trio amoureux, dont je ne vous révèlerai rien de plus, afin que vous profitiez de la façon dont le script révèle les choses peu à peu, sans insistance aucune - il avance sans à-coups, sans susciter de morceaux de bravoure.

En revanche, que de scènes magnifiques de subtilité, de la séquence chez la grand-duchesse au début à la scène du petit-déjeuner entre les époux ou celle du repas à trois. La fin est en tout point admirable, ne levant absolument pas le principe d'incertitude dans lequel baigne tout le film. Car ce dont il est question - l'amour, les relations entre les êtres, le mariage - ne saurait être intangible. Rendre tout incertain, montrer les masques qui finissent par nous définir et parfois tombent (pour mieux en révéler d'autres?), voilà la grande force de Lubitsch. La demi-teinte n'est donc absolument pas le signe d'un quelconque échec à emballer une comédie, mais est absolument indispensable afin de faire ressortir toutes les nuances de gris. D'où le titre de mon commentaire: loin de la flamboyance de ses rôles chez Sternberg, loin de L'Ange bleu, Marlene incarnait ici un ange gris, dans ses plus infimes nuances. Les deux acteurs masculins (Herbert Marshall, qui jouait déjà dans Haute pègre / Trouble in Paradise et Melvyn Douglas, qui jouera dans Ninotchka) sont au diapason.

Il faut ajouter que Lubitsch parvenait ici à contourner le code de censure comme jamais. Dès la séquence de début, avec la caméra qui filme de l'extérieur du bâtiment, de fenêtre en fenêtre, de salon en salon, révélant ainsi peu à peu que la demeure de la grand-duchesse est au mieux un lieu de rencontres, au pire une maison de passe de luxe, le film impose un pouvoir de suggestion et de multiples sous-entendus qui se nourrissent les uns les autres avec bonheur. Apprendre que les censeurs de l'époque, qui avaient tout de même retranché quelques plans de La Veuve joyeuse, prenaient en exemple Lubitsch en disant aux cinéastes de faire comme lui pour éviter les coupes, est assez cocasse lorsqu'on constate tout ce qu'il arrivait à faire passer.

A propos de Lubitsch et de la censure, on conseille vivement de lire l'article de Francis Bordat, et à vrai dire tout le remarquable dossier consacré à Lubitsch, dans le numéro de septembre de la revue Positif (n° 595). Comme il n'est plus en vente en kiosque, sachez qu'il doit pouvoir se trouver sur le site des Editions Scope, qui éditent la revue.

Ce dvd Bac Films propose une VOSTF uniquement, une belle copie remastérisée et deux entretiens avec Noël Simsolo. Je vous conseille de garder la présentation du film (25') pour après, le propos de Simsolo n'échappant pas à la paraphrase - il raconte le film à peu près dans son intégralité - mais ce qu'il dit dans la dernière partie de son intervention est passionnante. Ainsi, lorsqu'il affirme que pour Lubitsch, "la tragédie de l'être humain, c'est de fantasmer les possibles plutôt que de les vivre", on ne peut que saluer la formule pénétrante.

Ange se trouve également dans le Coffret Ernst Lubitsch. Hélas pour l'instant épuisé, on ne saurait trop conseiller son acquisition s'il est à nouveau rendu disponible, la plupart des films valant plus que le coup, et les éditions étant globalement de bonne qualité.

Par ailleurs, l'événement Lubitsch de cet automne 2010, de pair avec la rétrospective Lubitsch à la Cinémathèque française, c'est l'édition en dvd d'un des joyaux de sa période muette, L'éventail de Lady Windermere (voir mon commentaire).
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De tous les plus grands films d'Ernst Lubitsch, Angel / Ange (1937) est loin d'être le plus connu. Il est même scandaleusement délaissé, n'est presque jamais réédité dans les salles de répertoire, etc. Mais grands dieux, pourquoi donc? Certes, ce film n'est pas une pure comédie, si tant est que cela signifie quelque chose. Il n'a pas l'extraordinaire puissance comique de To Be or Not to Be / Jeux dangereux, ou la grâce de la comédie romantique portée à son pinacle (The Shop around the Corner / Rendez-vous). Mais que de beauté et de subtilité dans ce film!

Après que Marlene Dietrich venait d'arriver aux Etats-Unis et y avait tourné l'excellent Desire / Désir de Frank Borzage, Lubitsch et son scénariste Samson Raphaelson lui taillent un rôle sur mesure: ils jouent sur la froideur et l'apparence, sur ce qui est déjà le mythe, tout en la transformant en un parangon d'ambiguïté. L'ambiguïté est d'ailleurs le maître mot de ce film, plus encore peut-être que dans toutes ses autres oeuvres. Le script fait tellement dans la demi-teinte que c'est sans doute là une des raisons pour lesquelles ce film n'est pas le plus prisé, comme le rappelle Noël Simsolo dans la présentation du film. Alors que le récit propose ce qui pourrait être un vaudeville avec succession de coups de théâtre - il s'agit d'une histoire de trio amoureux, dont je ne vous révèlerai rien de plus, afin que vous profitiez de la façon dont le script révèle les choses peu à peu, sans insistance aucune - il avance sans à-coups, sans susciter de morceaux de bravoure.

En revanche, que de scènes magnifiques de subtilité, de la séquence chez la grand-duchesse au début à la scène du petit-déjeuner entre les époux ou celle du repas à trois. La fin est en tout point admirable, ne levant absolument pas le principe d'incertitude dans lequel baigne tout le film. Car ce dont il est question - l'amour, les relations entre les êtres, le mariage - ne saurait être intangible. Rendre tout incertain, montrer les masques qui finissent par nous définir et parfois tombent (pour mieux en révéler d'autres?), voilà la grande force de Lubitsch. La demi-teinte n'est donc absolument pas le signe d'un quelconque échec à emballer une comédie, mais est absolument indispensable afin de faire ressortir toutes les nuances de gris. D'où le titre de mon commentaire: loin de la flamboyance de ses rôles chez Sternberg, loin de L'Ange bleu, Marlene incarnait ici un ange gris, dans ses plus infimes nuances. Les deux acteurs masculins (Herbert Marshall, qui jouait déjà dans Trouble in Paradise / Haute pègre et Melvyn Douglas, qui jouera dans Ninotchka) sont au diapason.

Il faut ajouter que Lubitsch parvenait ici à contourner le code de censure comme jamais. Dès la séquence de début, avec la caméra qui filme de l'extérieur du bâtiment, de fenêtre en fenêtre, de salon en salon, révélant ainsi peu à peu que la demeure de la grand-duchesse est au mieux un lieu de rencontres, au pire une maison de passe de luxe, le film impose un pouvoir de suggestion et de multiples sous-entendus qui se nourrissent les uns les autres avec bonheur. Apprendre que les censeurs de l'époque, qui avaient tout de même retranché quelques plans de La Veuve joyeuse, prenaient en exemple Lubitsch en disant aux cinéastes de faire comme lui pour éviter les coupes, est assez cocasse lorsqu'on constate tout ce qu'il arrivait à faire passer.

Ce dvd Bac Films propose une VOSTF uniquement, une belle copie remastérisée et deux entretiens avec Noël Simsolo. Je vous conseille de garder la présentation du film (25') pour après, le propos de Simsolo n'échappant pas à la paraphrase - il raconte le film à peu près dans son intégralité - mais ce qu'il dit dans la dernière partie de son intervention est passionnante. Ainsi, lorsqu'il affirme que pour Lubitsch, "la tragédie de l'être humain, c'est de fantasmer les possibles plutôt que de les vivre", on ne peut que saluer la formule pénétrante.

Ange se trouve également dans le Coffret Ernst Lubitsch, hélas épuisé pour l'instant. Au cas où il redeviendrait disponible prochainement, on ne saurait trop conseiller son acquisition, la plupart des films valant plus que le coup, et les éditions étant globalement de bonne qualité.

Par ailleurs, l'événement Lubitsch de ces dernières années, de pair avec la rétrospective Lubitsch à la Cinémathèque française, c'était l'édition en dvd d'un des joyaux de sa période muette, L'Eventail de Lady Windermere (voir mon commentaire).
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le 8 décembre 2010
"Angel" est un film de Lubitsch ; et on y retrouve , tout en restant sur le ton de la comédie , toute la finesse de son cinéma. Il suggère plus qu'il ne montre , notre esprit d'observation est sollicité , notre intelligence ( et nous nous rendons compte que ça rend intelligent que d'être considéré comme tel...)
C'est subtil , émouvant , très bien joué..(Marlène Dietrich , entre autres )
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