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Maylis de Kerangal est une virtuose. Naissance d'un pont impressionnait par sa construction et ce style invraisemblable : phrases d'une longueur proustienne, chevauchement du prosaïque et du philosophique, intensité des sentiments, multiplicité des voix et des points de vue. Réparer les vivants est bâti sur le même modèle, autour du sujet délicat du don d'organes. Brillant est le récit, épopée médicale sans pareille, héroïsme quasi mythologique d'hommes et de femmes entraînés à devenir des démiurges avec pouvoir de vie et de mort. Le livre est une symphonie en plusieurs actes, fourmillant de détails, au risque de noyer le lecteur dans ce compte à rebours angoissant où les personnages d'un drame humain apparaissent et disparaissent au fil de la plume de la romancière. Nul doute que Réparer les vivants est une oeuvre, avec un O majuscule. Mais tout y est intense, tragique et dérisoire, comme accéléré sans un rythme qui laisse peu de place à la respiration. D'où cette impression d'être pris en otage, d'épouser ce tempo virevoltant sans laisser le temps de souffler. La littérature, c'est aussi pourtant cela aussi, des zones moins denses, des pauses pour mieux apprécier les moments d'acmé. Kerangal est une guerrière, elle est au combat en permanence. Son livre est impressionnant, suffocant mais aussi irrespirable par moments. Elle y va de si bon coeur, qu'elle nous le laisse brisé, gros et barbouillé.
33 commentaires| 31 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 6 février 2014
D'abord il faut lui reconnaitre un style très original, peu académique, plein de fulgurances, de collages, avec parfois de vraies réussites dans l'évocation poétique...mais c'est aussi un style qui peut dérouter, voire fatiguer....si c'était de la peinture on verrait le dripping de Pollock et en musique les traits débridés d'ornette coleman peut-être...mais ça peut aussi sembler sur-écrit..."ça sent la sueur", si je peux me permettre, ça "fait" moderne...on voit les coutures et les empiècements par endroits...
Sur le fond, j'ai trouvé la première partie, sur la mort et le deuil, très fine, très délicate...vraie...et puis "patatras", la seconde partie nous donne à voir un documentaire de la RTF sur "le don d'organe, principes et méthodes".Quel dommage!
On a alors le sentiment qu'on nous gave tel une oie de pages de notes, la documentation de l'auteur sans doute,régurgitée telle quelle...et là on s'ennuie ferme.D'autant que les personnages peinent alors à exister...l'infirmière cordelia owl (quel nom!) et ses aventures coÏtales poubelières, uniques objets de ses pensées, ainsi que les jets de pizzas de la petite amie borderline du jeune chirurgien italien nous laissent parfaitement indifférents...quel rôle dans l'économie du récit?...la vie continue malgré la mort?..."the show must go on"?...pourquoi pas, mais la trivialité vient ici gâcher toute la tendresse douloureuse du début...imaginez que vous écoutez l'"agnus dei" du requiem de fauré et que l'on vous l'interrompe sans prévenir avec la fanfare de "la piste aux étoiles"...c'est contrariant...
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le 28 juillet 2015
Je ne connaissais pas cet auteur. La lecture de ce livre m'a assez rebuté au début: je ne suis pas un grand lecteur, et le style est un peu déroutant. Les phrases sont très longues, la construction pas très académique et donc pas facile à lire d'un premier abord. L'histoire elle-même est à mi-chemin entre le roman et un documentaire sur le don d'organe, sous tous ses aspects.
J'ai finalement accroché à l'histoire au fil des pages. Le fond est intéressant: comprendre le processus du don d'organe, l'approche psychologique et technique des médecins, la réaction de l'entourage tout au long de la journée en font un livre profond, qui fait réfléchir, et ça fait du bien au final de lire quelque chose de nouveau.
Je suis donc globalement très content d'avoir lu ce livre; s'il fallait émettre quelques critiques, ce serait peut-être le style parfois un peu trop "marqué" et quelques flashbacks sur les personnages peut-être de trop.
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le 20 avril 2014
J'ai trouvé le début du roman très intéressant, bien écrit, mais peu à peu on s'enlise, les personnages ne sont pas toujours crédibles (par exemple Rose, je me suis demandée ce que ça apportait de l'avoir mise là). L'idée est très bonne et on sent que l'auteur à fait des recherches très sérieuses, mais c'est un peu pompeux, un peu emphatique, ça manque de simplicité.
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le 10 juillet 2014
Très belle écriture : riche, dense, précise, sensible. Marylise de Kerangal nous parle de la mort sans ambages et nous plonge dans la souffrance indescriptible de l'entourage avec beaucoup de finesse et d'humanité. Le protocole du don d'organe et de la transplantation cardiaque est décrit avec précision et réalisme. Le sujet est très grave mais l'auteure nous emmène aussi sur les chemins de traverse des vies des acteurs telles que celle d'un surfeur, d'une artiste, d'un passionné des chants d'oiseaux, d'une infirmière en mal d'amour, d'une comédienne, d'une traductrice de poèmes , et bien sûr des médecins et infirmiers. Elle nous parle du corps mais surtout de l'âme et du vrai respect du mort.
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le 30 mai 2014
les phrases a rallonge genre liste de courses me gênent et m'agacent. Mais bien entendu cela reste un avis personnel
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le 24 février 2014
Le début est magnifique, le décors est planté. La réaction des parents est subtiles.
Une fois le don accepté, cela devient ennuyeux... L'auteur nous décrit en large des aspects insignifiants et inutiles pour la "vraie" histoire. Pourquoi passer 5 pages à décrire la rencontre du chirurgien avec sa petite amie folle dingue?! Pourquoi ne pas avoir accordé plus de temps à la famille de Simon ? À la renaissance de Claire avec son nouveau cœur ??
J'ai eu du mal à finir la deuxième moitié du livre et je ne m'y attendais pas.
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le 13 octobre 2014
Le livre, que j'ai lu au mois de janvier en même temps que d'autres comme "la petite communiste qui ne souriait jamais" m'a déçu justement par son manque de profondeur. Certes bien écrit, mais pour dire quoi ?
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le 31 mars 2014
Maylis de Kerangal, je vous ai vu et entendu la première fois dans une émission de télévision sur une chaine reconnue et vous débattiez de mémoire sur la vie et la médecine ainsi que sur ces maladies qui nous empoisonnent mais qui peuvent, grâce aux progrès de la chirurgie et des greffes, être stoppées. Vos arguments et votre réflexion sur l'intégrité de notre corps ainsi que votre opinion sur le fait qu'il faut le "désacraliser" m'ont totalement convaincu. La symbolique en particulier du cœur questionne.
Ensuite je vous ai revu deux fois dans un hebdomadaire se consacrant aux programmes de télévision et de radio qui remplit au moins 50% de ses pages des thèmes devant nous faire réfléchir sur notre société par critiques interposées de tous les spectacles de France et de Navarre. Lire votre interviewe, voir votre photo sur pied en page de couve et la semaine suivante vous retrouver adulée, je me suis familiarisé un peu dans vous et dès que l'occasion pendant un déplacement professionnel s'est présentée, j'ai acheté "réparer les vivants", votre bouquin.
Je viens de le terminer et mon impression ambivalente. De l'agacement à l'intérêt réel. Décaler la gravité du choix des parents de Simon par des tranches de vies des protagonistes qu'ils soient médecins ou non avec des phrases de surcroit qui s'étendent sur des pages entières, plus moult détails bien graveleux pour certains, je ne comprends pas ! Bigre que cela est triste, d'ailleurs le temps est gris et froid pourquoi pas, mais je trouve que la "chute" entre la décision des parents qui acceptent (pourquoi ? comment ? quel est leur cheminement ?) et ces longueurs qui veulent sans doutes nous faire gouter au dérisoire ne rendent pas la lecture de votre opus fluide.
Comme souvent il y a décalage entre l'explication de la démarche d'un auteur voire d'un artiste et son œuvre, dans votre cas je le regrette c'est frappant. La question que vous posez est d'actualité et on doit vous remercier de l'avoir romancée.
Pour finir sur une note positive, la lecture de "réparer Les vivants" s'apparente plus à un scénario de film tant vous passez du temps à décrire les environnements, idéal donc pour un metteur en scène.
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le 7 octobre 2014
Je n'ai pas encore terminé ce livre mais d'ores et déjà, la sauce ne prend pas... Je suis très gênée par le style ampoulé, les phrases longues et descriptives, pleines de termes compliqués. Cela me gâche malheureusement la lecture, dommage, le sujet n'est pas commun, la démarche était intéressante.
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