undrgrnd Cliquez ici Litte Stockage illimité pour les photos et bien plus encore cliquez_ici Rentrée scolaire Cliquez ici Acheter Fire Achetez Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo Bijoux en or rose

Commentaires client

3,8 sur 5 étoiles
11
3,8 sur 5 étoiles
Format: Blu-ray|Modifier
Prix:26,19 €+ Livraison gratuite avec Amazon Premium
Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article


Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

Au moment de sa création, Rossini n'avait que vingt-cinq ans et tentait avec cet opéra situé entre Le Barbier de Séville et la Cerenentola de créer un nouveau genre : l'opéra seria. Pour cela, il alla puiser avec son librettiste dans les sujets dramatiques et leurs conventions, s'inspirant de l'Othello de Shakespeare mais en le modernisant, en le rendant conforme au goût du public napolitain auquel il s'dressait avant tout.

L'opéra fut composé en ayant en tête les trois ténors aux rôles extrêmement difficiles au plan de la tessiture, des changements stylistiques et du souffle requis ainsi que la soprano qui ne fut autre que Isabella Colbran, celle que Rossini allait bientôt épouser. D'où sans doute un immense succès tout au long de la première moitié du XIXème siècle avant que l'oeuvre ne sombre dans un oubli immérité.

Oubli immérité car, à la découverte de cet opéra, on se dit qu'on tient là une des meilleures compositions de Rossini. Certains airs sont à se pâmer comme le fameux air du saule de Desdémone au troisième acte, introduit ici par le solo de harpe joué à l'électrophone dans un silence de cathédrale, un des grands moments de la mise en scène ! Certains solos instrumentistes sont merveilleux comme l'introduction au cor au début du premier acte avant le duo entre Otello et Desdémone. D'une façon générale, la musique s'écoute avec enthousiasme et sans que l'intérêt jamais ne se relâche.

Côté interprétation, la distribution réunit quelques pointures qui fonctionnent parfaitement ensemble, à commencer par un magnifique John Osborn dans le rôle titre et une Cecilia Bartoli des grands jours en Desdémone. Le Rodrigo de Javier Camarena et le Iago d'Edgardo Rocha ne méritent eux aussi que des éloges.

On sera plus réservé avec l'Emilia de Liliana Nikiteanu aux fréquents problèmes de justesse, particulièrement dans le troisième acte et l'Elmiro approximatif, parfois décalé aussi, de Peter Kalman.

Pour le reste, la mise en scène à la fois moderne et sobre souligne bien les manipulations, les complots, les erreurs de jugement fondées sur des approximations, des idéologies et le racisme en toile de fond. L'idée de faire écrire sur un mur décrépit à une Desdémone désespérée le vers de Dante chanté par le gondolier qui passe sous la fenêtre de sa chambre est un grande trouvaille. Chaque lettre dégouline d'un rouge sang qui dit le drame qui se noue inexorablement.

Bravo enfin au chef, Muhai Tang, à la direction très précise et à l'orchestre qui, malgré quelques sonorités ingrates dans les vents, se tire plutôt bien des pièges d'une partition virtuose jouée sur instruments anciens.

Belle captation vidéo un peu gâchée par une qualité audio manquant de transparence et mettant les voix trop en avant.
0Commentaire| 4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Créé en décembre 1816, l'Otello de Rossini n'a jamais connu la réputation de ses plus grands succès, malgré sa considérable importance historique et son excellence musicale. Ecrit sur un livret très resserré et redoutablement efficace du Marquis Berio, très librement adapté de Shakespeare (auquel il ne faut pas commettre l'erreur de le comparer), l'opéra affiche une solide construction dramatique, ne retenant du drame, centré à Venise (et non à cheval entre Venise et Chypre comme dans l'original) que la fin (le meurtre de Desdémone par un Otello jaloux), qui procède de péripéties largement modifiées.

Plus de Cassio, plus de mouchoir ( accessoire jugé inconvenant sur scène en ce début de XIXème siècle), plus d'étranglement (pour la même raison de convenance, Otello poignarde Desdémone), un Iago très en retrait, et une intrigue jouant surtout du ressort de l'amour contrarié entre Rodrigo (personnage de "jeune premier" ici beaucoup plus avenant - et développé- que le marmouset grotesque dessiné par Shakespeare) et Desdémone, qu'entrave la passion que cette dernière, rebelle à sa classe sociale - et à sa race-, éprouve pour Otello, posé immédiatement dans l'opéra comme un paria (Iago le qualifie d'emblée d'"Afro insultator" et de "Rifiuto dell'Africa", termes extrêmement péjoratifs!) que sa race et sa condition rendent globalement étranger et inassimilable à la société vénitienne.

Rossini insistera d'ailleurs beaucoup (bien davantage que Verdi d'ailleurs) sur cette composante raciste, et sur les terribles ravages qu'elle fait subir à la psyché d'Otello. Ce n'est pas la moindre de ses originalités. L'œuvre introduit nombre d'innovations décisives : récitatifs accompagnés à l'orchestre, ensembles spectaculaires (les deux immenses finales du I, surtout, mais aussi du II), nombreux "obbligati" pour vents (le cor, et la clarinette, abondamment sollicités), succession vertigineuses d'ensembles (par exemple les deux duos de ténor qui ouvrent l'acte II - Iago/Otello, puis Rodrigo/Otello, débouchant sur un trio avec Desdémone), traitement particulier de l'héroïne, qui n'a aucun air avant le III et entre en scène sur un - très troublant- duo, fin tragique, lapidaire et brutale -tout à fait nouvelle à une époque où le happy ending était encore obligatoire ; il y a d'ailleurs un finale alternatif où Otello renonce à tuer Desdémone). Mal-aimée, puis injustement concurrencée par Verdi (dont cette partition annonce, assez curieusement, le ... Macbeth), l'œuvre demeure d'un abord difficile malgré ses immenses beautés musicales, surtout parce qu'elle exige trois ténors de premier plan (et non pas six comme certains commentateurs excessif l'ont affirmé, incluant indûment les rôles microscopiques du Doge, du Gondolier et de Lucio, confident d'Otello, d'ailleurs supprimé dans la présente version) pour les trois rôles masculins principaux, finement différenciés, ténor "di grazia" aigu pour Rodrigo, ténor puissant et globalement plus grave pour Otello - il chante à la tierce inférieure dans les ensembles-, ténor de caractère, mais mordant et virtuose pour Iago.

Pour cette production captée en mars 2012, Leiser et Caurier, les deux complices réguliers de Bartoli ont opté pour une scénographie très sobre, rigoureuse et concentrée sur le drame dont ils resserrent encore la trame dramatique par de discrètes coupures : récitatifs légèrement raccourcis, suppression du chœur nuptial "Santo Imen" qui ouvre le finale du I). Le décor, qui dessine des intérieurs mafieux, sombres et hostiles, oscillant entre froideur et décompsition, ne conserve que quelques panneaux de pisé qui figurent tour à tour une antichambre au I (avec au plafond un superbe Murano), la chambre de Desdémone puis un bouge (le refuge "ethnique" d'Otello) au II et de nouveau la chambre au III. Costumes dépouillés, accessoires réduits à l'essentiel, chanteurs dirigés -pour ne pas dire encadrés- avec une constante attention, transgressions très limitées : l'agression raciste d'un serviteur au I, un peu de musique berbère insérée au début du second tableau du II, une Desdémone rebelle - à rebours du texte qui dit exactement le contraire, mais ce n'est pas grave- buvant une bière au goulot devant son père médusé à la fin du II, et, surtout, l'émouvante introduction de la chanson du saule au III par les sonorités grésillantes et lointaines d'un vieux pick-up que Desdémone tire de dessous son lit. Pas de quoi choquer les âmes sensibles... Pas davantage que le graffitage - un peu convenu tout de même - par la même sur le mur de sa chambre de la phrase éternelle du Gondolier (en fait elle provient du récit de Francesca da Rimini dans la Divine Comédie) "Nessun maggior dolore che ricordarsi del tempo felice nel di della miseria".

A cet excellent travail scénique (rien à voir avec les outrances du récent Comte Ory par les mêmes), en totale synergie avec la musique, répond une distribution de tout premier plan, au moins s'agissant des quatre premiers rôles. La Bartoli, très concernée, très sombre, tranche de façon saisissante avec les oies blanches habituellement distribuées dans le rôle, auquel elle apporte sans rien sacrifier à la beauté vocale ni à l'émotion, une détermination, une absolue maturité dramatique, un aplomb qui hissent un personnage fragile et élégiaque à des sommets de noblesse. Cette Desdémone à la fois intrépide et rongée par le doute restera dans les annales comme l'une des grandes réussites de cette cantatrice décidément surprenante. Face à elle, Javier Camarena, ici stylistiquement idéal et bien plus à l'aise que dans les bouffonneries du Comte Ory, déploie toute la séduction d'un timbre de miel et d'opale, avec une maîtrise parfaite de la tessiture inhumaine de son rôle, et une émotion réellement touchante. Son sublime air d'ouverture du II "Ah, come mai non senti" est une page d'anthologie, à l'instar de son duo avec Otello. Dans le rôle titre, John Osborne, que nous avions découvert avec ravissement dans la récente Norma de Bartoli, confirme son excellence : un peu crispé dans son air d'entrée (auquel il ne servait à rien de rajouter un contre-ré) mais d'une stature et d'un engagement physique et vocal idéal pour ce rôle de noblesse et de désespoir, il dessine un personnage tout en nerfs et en fragilité, âme à la fois noble et naïve, vaillante et veule, avec ce zeste de retenue qui le rend encore plus attachant. Belle découverte avec le Iago de l'Uruguayen Edgardo Rocha, d'une effrayante perversité, dont le timbre moins séduisant convient idéalement à la noirceur du personnage. En revanche, ni l'Emilia vraiment trop standard de Liliana Nikiteanu qui aurait mérité plus de ciselage, ni l'Elmiro terne, sec, saturant en aigus en en puissance de Peter Kalman ne sont au niveau de l'entreprise. Belle intervention poétique du Gondolier de Ilker Arkayürek. Le chœur manque à la fois de classe et d'homogénéité.

Le caractère martial et tempétueux de l'opéra convient bien à la direction carrée et peu souple de Muhai Tang qui sacrifie les nuances à une approche rude et cuivrée, d'un geste puissant et large incontestablement efficace. Le son et l'image (qui cadre large, surtout sur Bartoli qui déteste les gros plans), excellents, contribuent à imposer au premier plan une réalisation essentielle et sans vraie concurrence, tant en audio (le choix y est circonscrit à la bonne version Parry -Opera Rara- et à la version plus inégale de Lopez-Cobos - Philips, avec un attachant Carreras) qu'en video. C'est une vraie aubaine, à découvrir sans hésiter, donc.
22 commentaires| 5 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 10 décembre 2014
Parfait pour la musique et le chant mais la volonté à tout crin des décorateurs ^de transposer l'action dans le quotidien contemporain à tout crin aboutit à des non sens : Duel à l'épée à une époque contemporaine par exemple. Il ne faut pas avoir peur du ridicule pour exhiber madame Bartoli, femme bien en chair, dans une nuisette qui accentue ses formes généreuses. Un satisfecit pour la musique mais un metteur en scène qui se couvre de ridicule. Nous savons tous que l'Opéra n'a pas d'âge mais, de grâce, messieurs les metteurs en scène, décorateurs et vestimentaires, restez donc dans l'époque de l'opéra. Tout le monde n'en tirera que du profit!
0Commentaire| 6 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 23 juin 2014
Oublions Shakespeare et oublions Verdi. Oublions Placido Domingo. Concentrons-nous sur le génie d'un compositeur de 25 ans qui livre ici une oeuvre de toute beauté, pleine de trésors. DVD du plus riche intérêt, partition souvent admirable, très bien servie par le Chef Muhai Tang à la tête de l'orchestre La Scintilla, de Zurich.
Dans des rôles périlleux, les trois ténors John Osborn, Javier Camarena, et Edgardo Rocha, donnent satisfaction sans pour autant soulever l'enthousiasme.Peter Kalman s'impose avec une belle autorité dans le rôle plus ingrat du père. La mezzo-soprano roumaine Liliana Nikiteanu séduit en suivante Emilia.
Reste Cécilia Bartoli. Elle est magnifique de bout en bout, Desdémone plus tigresse qu'agnelle, avec son visage expressif, ses yeux de braise, et surtout sa voix agile et victorieuse dans les exercices les plus difficiles.
Arrivons, hélas, à ce qui fâche : l'action a été placée dans un cadre anonyme contemporain. Comment admettre que le vieux doge surgisse au milieu des smockings? Qu'Otello parle de vaillance à l'épée, engoncé dans un blouson bleu? Que Desdémone, que son père veut "somptueusement parée", porte la petite robe noire et les trois rangs de perles de la bourge septuagénaire? Comment traduire la noblesse et le déchirement des personnages, quand Iago devient un minable petit comploteur de salon, et qu'on affuble l'héroïne, pour sa scène finale, d'une nuisette disgracieuse qui ne convient pas - du moins sur scène - à son physique plantureux? Qu'Emilia se présente dans un vieux teeshirt distendu? Iago éveille les soupçons d'Otello dans une salle de
café sordide après la fermeture - chaises sur les tables et vieux frigo - et Desdémone éperdue, montée sur une table pour défier son père, s'asperge avec une Kronenbourg! La trivialité de ce qu'on voit est sans cesse en opposition avec la beauté de ce qu'on entend; avec la direction recueillie de Muhai Tang; avec le drame d'une passion vénitienne......
Ces réserves faites, ce DVD reste précieux car l'oeuvre est peu connue et mérite qu'on la découvre, servie par une brillante interprète peu ordinaire et correctement entourée.
0Commentaire| 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Un drame à l’argument bien connu pour cette production enregistrée à l’Opera house de Zurich en 2012.
A son actif la direction à la fois nerveuse et souple du chef Muhai Tang que je découvre dirigeant l’Orchestra La Scintilla de l’opéra de Zurichdans la sinfonia d’ouverture. Il semble parfaitement à l’aise dans ce répertoire.
Egalement l’ensemble du « casting » dans lequel j’inclus les solistes et choristes tous admirablement dirigés. Les solistes sont investis par leur rôle non seulement quand ils chantent mais aussi quand ils ne chantent pas. C’est particulièrement le cas de tous les solistes masculins.
Tout ça pour dire que la mise en scène m’est apparue de qualité et parfaitement aboutie. Bien entendue la transposition de l’intrigue dans ce milieu bourgeois du 20ème siècle est une donnée qu’il faut accepter, et de fait les controverses et débats sur cet aspect de la production ne m’intéressent pas.

Toutefois cette production ne m’a pas véritablement séduite. Plusieurs raisons à cela.
Tout d’abord l’intrigue elle-même, que je qualifierai de drame stupide car il aurait pu être évité, et mes réticences à son sujet ont fait que je suis restée un peu « en dehors ».
La partition de Rossini ensuite, toujours très virtuose et exigeante sur le plan du chant, mais je n’y ai pas trouvé d’airs sublimes comme dans Ermione, Riccardo et Zoraïde ou encore Mathilde di Shabran. Du beau chant qui ne m’a pas émue.

L’autre raison importante concerne Cecilia Bartoli toujours au sommet de son art au plan vocal. Toutefois j’ai un problème avec elle : quand je la vois et entends c’est 98 fois sur 100 dans un récital.
Corollaire elle a beau faire tous les efforts du monde il m’est impossible de voir et entendre Desdémone c’est bel et bien Cécilia Bartoli que je vois et entends. Et même si je ne la regarde pas ça n’arrange pas tout car sa voix est véritablement identifiable.

Le document d’accompagnement est à la norme ordinaire de Decca (générique complet, découpage détaillé des 3 actes et argument détaillé trilingues). 1 DVD zone 0, sous titres italien, français, allemand, espagnol, chinois, coréen.
0Commentaire|Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 22 avril 2014
Il s'agit d"une représentation de l'opéra de Zurich de cet opéra de Rossini.Bartolli et Osborn sont parfait et imprésionnant.Bartolli est une extraordinaire actrice .Les comprimari sont en tout point excellents Seule obstacle la mise en scène qui est une transposition dans les années 20 de l'Italie n'est pas trop génante meme si on peut préférer la mise en scène du festival de Pésaro avec June Anderson
22 commentaires| 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 13 juin 2014
Superbe interpretation vocale et instrumentale avec une tres belle mise en scene "moderne" mais tres intelligente. Un DVD a acheter, quand on a pas pu ,comme moi , assister aux representations de Zurich ou de Paris. Evidemment la Bartoli est eblouissante (comme toujours)
11 commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 22 août 2014
Bonjour à tous ,
je ne partage pas l’enthousiasme général sur cette interprétation.
L'oeuvre est superbe avec un très bon orchestre.
Les voix sont belles mais Cécilia Bartoli dont j'apprécie par ailleurs grandement les enregistrements est à contre emploi dans ce rôle.
Autant Olga peretyatko est sompteuse dans Mathilde di Sahbran...
Bref, trois étoiles, c'est bien payé...
0Commentaire| 2 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Il convient, avant d'aborder l'Otello de Rossini, d'oublier l'original Shakespearien : ici, pas de mouchoir mais un billet doux, question de bienséance (il en allait de même pour la première adaptation de la pièce en français). Ici, pas de strangulation mais un coup de poignard, la bienséance toujours, fût-elle sanguinolente. Ici, enfin, le moteur de l'action n'est pas le machiavélisme de Iago mais la jalousie d'un triangle amoureux entre Desdémone, Otello et Rodrigo (au rôle étonamment majoré par le librettiste).
Que reste-t-il alors ? Une dramaturgie d'une rare efficacité, mêlant - peut-être pour la première fois à l'opéra - la jalousie, la lutte des classes et le racisme : si Iago cherche à se venger, c'est qu'il fut éconduit car d'un rang subalterne ; si Otello est refusé par le père de Desdemone, c'est qu'il est noir. Qui plus est, la musique de Rossini est à son meilleur, et son implacable mécanique, connue surtout pour les finales échevelés de ses opere buffe permet ici de donner au drame une tension allant jusqu'à l'effroyable.
Pourquoi, alors, avoir oublié cette oeuvre ? Par respect pour Shakespeare, sans doute. Mais aussi car la distribution nécessaire à son exécution est quasi introuvable : Otello, Iago et Rodrigo sont trois ténors rivalisant de vocalises aux tessitures redoutables (2 octaves et demi pour Otello). Quand à Desdemone, elle doit avoir des graves puissants, un vrai tempérament dramatique et des aigus percutants, sans compter les innombrables vocalises (le rôle fut écrit pour la Colbran).
Qu'en est-il ici ? Réussite parfaite : Cecilia Bartoli est l'incarnation de Desdemona, chanteuse virtuose, tragédienne en diable, culminant dans un air du saule à faire pleurer les pierres. Les trois ténors réunis ici (Osborn, Camarena et Rocha) se livrent des joutes vocales qui passeraient pour une finale de coupe du monde si la musicalité et le sens dramaturgique n'étaient pas miraculeusement conservés à chaque instant. L'orchestre La Scintilla est éminemment virtuose (notamment le cor solo, livrant lors de l'entrée de Desdémone un solo inouï sur cor naturel) et fort bien dirigé par Muhai Tang.
La mise en scène de Moshe Leiser et Patrice Caurier, enfin, est excellente : moderne, mais respectueuse du livet, campant les personnages dans un réalisme redoutable, et reposant sur une direction d'acteurs extrêmement précise et juste.
La renaissance du Rossini "serio" commence ici.
0Commentaire| 2 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 1 mars 2015
Profondément ennuyeux, c'est du Rossini au kilomètre. Cela commence
d'ailleurs mal, avec une ouverture interminable. Intrigue et
dialogues indigents. Mise en scène infantile accentuant l'indigence
du texte.

Un acte se déroule dans un boui-boui
crade avec tôlier en djellaba, le général en chef de l'armée
vénitienne fréquente (loge dans ?) un boui-boui crade. À la fin de la
scène avec son père qui la maudit, Cecilia, en petite robe noire, va
se prendre une bière au réfrigérateur, monte sur la table de billard
(rassurez vous, elle a retiré ses escarpins) et s'asperge de la bière.
À l'acte trois, Cecilia (qui à vrai dire n'a pas vraiment l'âge du
rôle) tagge en rouge dégoulinant les murs de sa chambre. Pourquoi pas
de telles inovations déjantées avec un livret fort, mais pas avec ce livret très
primaire et le reste de la mise en scène.
0Commentaire| Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

Les client ont également visualisé ces articles

21,99 €

Avez-vous besoin du service clients? Cliquez ici

Liens Sponsorisés

  (De quoi s'agit-il?)