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le 29 juin 2014
Ecrire un vrai-faux roman à clef est sans doute le summum du snobisme littéraire. Blandine Habber de chez Arlena et Ange Corti de la DCRI dissimulent mal leurs modèles, même si rien n'est censé être inspiré de faits réels. Cette histoire écrite à la serpe mélange allègrement les affaires Uramin, Karachi et le Bugaled-Breizh: cela fait une soupe assez indigeste, dans laquelle j'ai pour ma part du mal à voir un récit exceptionnel du marigot du pouvoir. Evidemment, par temps d'affaire Bygmalion, cela a l'air d'un roman visionnaire et dénonciateur, mais littérairement, c'est d'une grande pauvreté - et pourtant, j'ai beaucoup aimé de nombreux bouquins de Dugain (dans le genre plongée dans les allées sulfureuses de l'Etat, "La Malédiction d'Edgar" était bien meilleur). On ne comprend pas ce que vient faire au milieu de tout cela le personnage de l'enquêtrice mère d'un autiste. En plus, c'est écrit à la truelle. Morceaux choisis: (parlant de la Tour Montparnasse) "on est très vite frappé par le caractère oppressant de ce dispositif spatial phallique où des milliers de gens s'agglomèrent par nécessité"; "ses yeux d'un noir absolu où brillait une ambition viscérale et inextinguible"; "la voiture autorise des conversations qu'on n'aurait nulle part ailleurs par le fait qu'on peut se parler sans se regarder" (ce genre d'aphorismes creux se ramasse à la dizaine dans le livre). Il ne faut pas être cruel: ça se lit, mais ça s'oublie assez vite. J'ai acheté aussi "Radioactif" de Crouzet, dans la même veine. J'attends de voir si c'est un meilleur récit littéraire des affaires nucléaro-politiques de la France.
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le 28 avril 2014
Lorsqu'on le lit, on ne peut pas s'empêcher de mettre un nom de personnes existantes sur les personnages de ce roman. C'est d'autant plus déprimant que l'auteur nous laisse peu d'espoir sur la suite des événements.
Notre seule consolation est que nous avons encore de bons écrivains qui, en dehors d'une intrigue bien ficelé, sont capables de descriptions et de considérations intéressantes .
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le 27 juillet 2014
Une bonne étude des mœurs du milieu politique français .... Nous en découvrons les faces cachées, parfois obscures, et sous les masques de la vie publique nous devinons les tourments de l'âme humaine...
ses secrets,ses grandes et petites lâchetés mais aussi ses courages,ses peurs , ses doutes, . Cette "pelote d'humanité" qui compose chaque personnalité .
Livre à recommander aux naïfs !!! Et à tous ceux qui traversent la vie sans s'évader du jardin des apparences!! C'est un livre efficace , au style agréable sans " prise de tête"
Une vraie bonne"lecture plaisir" avec en option motif à réflexion
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Faut suivre ! Quand une multitude personnages rapidement définis ne reviennent que de temps à autre, le risque d'être perdu est grand si on lit trop lentement. Mais l'intrigue, elle, est resserrée, quoique passablement compliquée. Normal : on est en politique, presque dans l'espionnage, et la manipulation, avec leur magouilles, intrigues et coups bas. Mais les personnages sont fades, très peu fouillés, l'écriture est très étrange : on a parfois l'impression que deux personnes ont écrit. Toute l'intrigue est caricaturale, les clichés abondent, comme si on avait regroupé plusieurs thèmes en un seul roman, alors trop, c'est trop. La fin est totalement bâclée, mais sans doute fallait-il laisser des pistes pour les deux tomes suivants. Mais malgré ces réserves, le roman se lit bien et vite, et il est parfois même passionnant, mais épisodiquement...
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le 24 septembre 2015
On est loin de l'unité de lieu, de temps et d'action ! On s'embrouille. J'ai eu du mal a me souvenir du début quand je suis arrivé à la fin, mais j'ai relu quelques passages et je suis arrivé au bout. Preuve qu'il y a de l'intérêt. Mais si la politique ce n'est que ça, il y a de quoi déprimer et rester couché les jours d'élection. Enfin ce n'est qu'une fiction.
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le 29 mars 2016
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu du Dugain et j'étais resté sur d'excellents souvenirs, notamment son histoire de Hoover. Là, ce fut la cata. Si l'histoire était prometteuse, j'ai lâché le livre à la moitié tant j'avais l'impression que l'histoire n'avançait pas. Mais surtout, l'écriture m'a déplu. Les phrases tournent à vides, elles sont poussives, avares en vocabulaire, pauvres en saveur. Je crains que ce livre ne m'ait fait perdre toutes mes illusions sur cet auteur.
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Il semble que Marc Dugain, l’homme aux multiples talents (ex homme d’affaires, historien, romancier à succès, cinéaste …) se soit fait une spécialité d’illustrer les dessous pas très propres – et c’est peu de le dire – de la politique.

Dans « Une exécution ordinaire », il décodait l’ascension irrésistible de Vladimir Poutine qui avait su exploiter à son compte le naufrage d’un sous-marin nucléaire russe, drame exemplaire de l’incurie du régime et de ses luttes fratricides. Avec les « Années Edgar », il disséquait comment Hoover avait su se maintenir à la tête du FBI sous tous les Présidents, quelle que soit leur couleur, détenteur de secrets susceptibles de tous les faire plonger en enfer.

Avec son dernier opus « L’emprise », Marc Dugain s’intéresse à la politique française dans un roman fiction qu’il est difficile de découpler de l’actualité très récente de notre nation dont le rythme démocratique est une fonction chaotique de celui des élections et de leur importance relative. Difficile en effet de ne pas mettre les noms de celles et ceux, politiques et chefs d’entreprise, qui ont fait l’actualité avant et après la dernière élection présidentielle, sur les personnages dont Marc Dugain dresse un tableau sans concession ni complaisance. Mais, évidemment, tout cela est habilement construit et tourné de telle sorte qu’il sera impossible pour quiconque de se sentir directement visé car il s’agit bel et bien d’une fiction romanesque, certes très documentée.

En mettant aux prises deux ténors d’un parti dont le nom n’est jamais cité (mais il sautera aux yeux du moindre lecteur de qui il s’agit…) en lutte pour s’imposer comme le candidat naturel de son camp pour l’élection présidentielle à venir, Dugain nous montre ce que l’on n’ignorait pas : l’ennemi, en politique, est plus souvent à chercher dans son propre camp que dans celui d’en face.

Tout est bon pour l’emporter. Dugain nous embarque alors dans une sorte de thriller haletant où chacun manipule l’autre, où l’inventivité pour blanchir l’argent dont la politique a grand besoin ne connaît pas de limite. Un monde où la vie compte parfois peu si l’un ou l’autre devient gênant, dangereux ou indésirable pour une raison quelconque. Un monde où capitaines d’industrie et hommes politiques de tous bords composent en permanence, s’arrangent dans d’infinies et peu reluisantes combines permettant à tous de garantir plus de pouvoir, plus de richesse. Un monde où la fidélité conjugale est un simple concept et l’abus de maîtresses la norme.

Un monde où la collusion entre le contre-espionnage et les affaires est permanente, créant de constantes variations entre arrangements et manipulations. Bref, un monde où tous se tiennent par la barbichette, à un degré ou à un autre et où la solidarité, ponctuelle, combinée le temps d’une affaire ou d’un mandat, fait loi tout en autorisant de poignarder son acolyte d’un jour le lendemain si l’intérêt devient la nouvelle loi.

Au départ, la « fiction » mise au point par l’auteur devait l’être comme un scenario de cinéma. La richesse du matériau en fit un livre. Et cela se sent dans une écriture plus lâche, moins brillante que celle à laquelle Dugain nous avait habitués. Le livre est plus écrit comme le ferait un journaliste d’investigation ou un auteur de thriller. C’est du coup sa limite. Il se dit que « L’emprise » pourrait être suivie de deux tomes et qu’une série télévisée serait en préparation. A suivre donc.

Publié aux Editions Gallimard – 2014 – 314 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com
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le 17 mai 2014
Trois étoiles, accordées généreusement pour les parties un peu dégagées au-dessus des oreilles, un peu recoiffées ça et là, et qui ainsi surprennent- je n'ose écrire : agréablement.
Tout d'abord, je me dois de préciser que je regardais un de ces « talkshows » qui « squattent » un tantinet les « canaux » télévisuels, en multipliant leur passage à l'écran : on rediffuse, le soir, la nuit, ce que l'on a diffusé dans la journée ; de la sorte, peu de « coeurs de cible » échappent à ces émissions qui se trouvent ainsi « hyper » rentabilisées. Hop-là ! Bon, c'est la télé...
Je vois donc, officiant dans le cadre prestigieux de La Médicis, à Paris, un journaliste-philosophe-manager bien connu, échangeant des propos profonds (insondables) avec de brillants invités subjugués. Chouette ! me dis-je, ici tout concourt à garantir que je ne risque pas de me faire refiler de la littérature de gare. Mauvaise passe : l'heure était très tardive, et ma lucidité mise en veilleuse. Je l'avoue : trop facilement embobiné, j'allumai mon portable, clic, clac... l'imprudent !
Après coup, je crois que la production de G. des Gares, justement, (qui n'a ici qu'une valeur d'exemple) ne soit, finalement, pas moins digne d'intérêt que l'Emprise, que je venais d'acheter, afficher, puis parcourir d'un oeil vite accablé. Cette oeuvre publiée par Gallimard, suprême garantie de qualité, en principe, et dans sa collection blanche, qui plus est (on n'est pas là rien que pour distraire), n'apprend rien à personne, sauf à un gamin de sixième, en lui montrant comment il ne faut pas écrire. Quant à la façon dont la politique et ses arcanes sont abordées, disséquées ( ? !) dans cette erreur éditoriale, je préfère celle d'un de ces excellents court-métrages d'investigation dont nous gratifient la cinq et/ou la sept - entre autres. Ça n'a pas pu me tomber des mains jusques aux pieds, uniquement parce que c'était une édition électronique (chère, d'ailleurs !)
Je me suis découvert Gros-jean comme devant, berné, presque insulté par un tel gallima-tias. Quand on en arrive là, dans ce domaine-là, avec, pourtant, ces références-là... (soupire)... Ni la forme, ni le fond ne justifient l'achat d'un tel produit.
Je serais d'une candeur exaspérante ? Mais, avec cette politique, je crains que nous ne finissions tous par tomber dans ce que l'on déverse ainsi à longueur d'année (une variante de la branche et de la scie, etc...) Je crains que ce processus, je veux dire le manque de rigueur : trompez, bidonnez, il en restera toujours quelques euros, ne soit engagé depuis belle lurette.
Les Temps sont durs ? Rien n'irait pour personne ? À moins que... si ! J'ai trouvé : à moins que ne subsiste l'espoir que mes quinze balles permettront à d'autres, vrais écrivains prometteurs, de se voir publiés même en faible tirage. J'aurai donc ainsi fait ma b.a. Je rêve...
Oui, pourquoi pas ? Tout simplement, j'aurais dû charger un extrait gratuit. Mais il était si tard, trop tard... simplement, Galli-blanche passe (juste pour moi ? Boff !), en cotation double A.
Pardon d'avoir été si long. Mais, du moins, c'était gratuit. Et je n'ai aucune réputation à soutenir. P.s. : Lisez plutôt Le Carré. Qui baisse un peu, en Vérité, mais... ce n'est pas plus cher !... oui, j'arrête là !
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le 17 mai 2014
Marc Dugain écrit très bien mais son histoire (même si elle colle à l'actualité notamment à travers des personnages connus comme Sarkozy et de Villepin) manque de suspens…Par moment , j'avais l'impression de lire le Canard Enchaîné… Dommage !
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Marc Dugain écrit bien mais ce roman sent trop le coup éditorial pour surfer sur le dégoût du monde politique. Les caractères et la soif du pouvoir font dans la caricature comme le cynique Lubiak, on retrouve également des gens ressemblant à des personnes connues comme Squarcini ou le groupe Areva. Finalement c'est dans la relation dans le couple de Launay que le roman est le meilleur avec cette femme qui reproche à son mari le suicide de leur fille. Le reste fera très bien une adaptation télévisée.

Au delà d'un certain niveau de dégoût dans la réalité faut-il écrire encore ou plutôt se taire et passer à autre chose ?

Avec ce roman, Marc Dugain répond à cette question. C'est déjà ça, même lui semble mélancolique quand il parle de la politique comme on parle d'une maîtresse que l'on a aimé.
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