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Commentaire client

le 3 août 2009
Si je dis que j'ai dévoré ce bouquin, c'est un bien faible mot. Je m'en lèche encore les doigts. Avant que l'impermanence ne l'emporte sur eux comme sur l'objet livre et le reste.

Quand on parcourt les premières pages de Dzongsar Jamyang Khyentse, le bonhomme donne vraiment l'impression qu'il vient de s'assoir à côté de vous. Tout naturellement, avec un grand sourire, en vous regardant droit dans les yeux, il vous lâche un : « allez, cette fois, on n'y va pas par quatre chemins et on ne va pas s'ennuyer. ». Et franchement, il a l'air de le penser. De toute façon, on attaque directement par le plat de résistance (pas forcement végétarien). La suite confirme.

Nous ne nous trouvons pas en présence d'un énième titre, conçu façon manuel d'apprentissage. Ce genre de bouquins qui énonce la théorie puis des méthodes pratiques, propre à telles ou telles écoles. Ce n'est pas non plus le genre de traités qui nous assène des concepts abstraits et complexes, en guise de préambule, accessibles uniquement après de longues et fastidieuses analyses et auto-tortures mentale (sans compter la masse de documentation nécessaire). Ce n'est pas un enseignement figé, une culture de musée qui est transmise, froide, certes savante, mais vide de vie.

Attention, ce n'est pas non plus le nouveau « manuel du bouddhisme pratique illustré en cinq leçons » ni le « bouddhisme facile et sans effort ». Ceci dit pour moi, il peut permettre une première approche sans se faire mal. Un bon repère dans le fatras des titres ésotérico-spirito-bienêtro-spirito-bouddhistes de la grande (ou petite, c'est quand même mieux) enseigne libraire près de chez vous.

L'auteur affirme dès le départ une volonté de partager, sans imposer, et d'expliquer sa vision des choses, issue de sa propre expérience. Résolument, il s'éloigne du sentencieux, préférant un pragmatisme certain, illustré par de nombreux exemples concrets, présentés avec beaucoup d'humour (et d'irrévérence). Sans nous vendre son école, ceci dit en passant.

C'est justement la force de l'exemple qui l'emporte. Le propos tient d'une explication du fond, sous un éclairage contemporain, débarrassé des accessoires exotiques (sans toutefois les condamner absolument, il suffit de les considérer uniquement comme un bon moyen de transport, sans les accepter comme l'aboutissement du voyage). S'il fait appel parfois à l'histoire (ou au mythe, selon la perception de chacun) de l'Éveillé, ce sera systématiquement pour en donner l'interprétation, la projection dans un sens accessible à tous, et surtout utile, vivant, en accord avec la « modernité » de nos acquis. Voir de nos perceptions fruit de notre culture et éducation. Bref il essaie de projeter l'empreinte de Gautama sur notre carte du monde individuel, sans jamais dénaturer ni l'empreinte, ni la carte.

Simplement, l'ouvrage s'articule autour des Quatre Sceaux (et comme le souligne l'auteur, à ne pas confondre avec les Quatre Noble Vérités, centrées autour de la souffrance et de la libération de celle-ci').

Pour rappel, les Quatre Sceaux:

Toute chose composée est impermanente.

Toute émotion est douleur.

Aucune chose n'existe en et par elle-même.

Le Nirvana est au-delà des concepts.

Pour revenir à « N'est pas bouddhiste qui veut», Il y a dans cette présentation quelque chose de drôle, non pas dans le sens étrange, mais amusant, capable de déclencher le sourire, ou le rire franc, un outil, ô combien pédagogique ! Il est difficile de passer à côté de la compréhension pratique (nous ne sommes pas là pour disserter sur l'interprétation métaphysique) de ces concepts complexes, tant la volonté de simplification, sans les vider de leur sens, permet une appréhension et appréciation directe, quasi instinctive. Dzongsar Jamyang Khyentse parle à notre vécu, celui de tous les jours. C'est sans doute parce qu'il est aussi réalisateur de cinéma, mais aussi parce qu'il vit parmi nos semblables, qu'il a une excellente perception des contraintes de notre monde, de ses turpitudes, ses paradoxes. S'il est souvent critique, sans être sarcastique, je pense que l'on peut ressentir chez lui un réel sentiment de compassion, sans qu'il ne tombe jamais dans un paternalisme facile.

Dans son approche, son parti pris, il énonce ce qu'est « ne pas être bouddhiste ». En effet, les choses sont clairement posées dès l'introduction. Cela implique pour certain, une sorte de description inattendue et instructive de la chose, pour d'autre une remise en question immédiate. Très vite nous ne pouvons que penser à nos propres comportements ou pratiques, à notre « bouddhisme personnel » (peut-il être autre que personnel?), si nous prétendons suivre cet enseignement (et non pas croyance !). Pour ceux qui ne le suivent pas, c'est une façon assez ludique de le découvrir. La question est simple, mais primordiale : Tentons-nous, au mieux, de marcher dans les pas du Bouddha Sakyamuni, ou cherchons-nous désespérément à transférer au « bouddhisme », souvent stéréotypé à la mode occidentale, fantasmé, perçu d'une manière un peu distordue, par une simple volonté d'évasion de cette existence que nous avons finalement une fâcheuse tendance à trouver misérable (si, si, quand on cherche on trouve toujours), un prés-vécu issu de traditions religieuses dont nous pouvons être déçus?

Plus simplement, voulons-nous être « bouddhistes », ou simplement nous parer de ses attributs supposés?

Parce que, oui, clairement, c'est aussi un des propos de l'auteur. Quoi de plus aisé et naturel que de projeter sur des rites exotiques, nos propres traditions rituelles. Les religions occidentales sont très éprises du geste. Ce transfert est compréhensible, et quasi naturel, nous trainons aussi un héritage culturel et religieux deux fois millénaire' Je n'arrive déjà pas à arrêter de fumer, alors me débarrasser d'aussi vieilles habitudes, qui tiennent littéralement de l'atavisme, pensez donc !...

La question personnelle devrait, peut-être, devenir : "dois-je chercher aussi l'oublie ailleurs sans sortir des sentiers battus rassurants, ou dois-je devenir mon propre chercheur, et comprendre la proposition de l'ailleurs plutôt que de la singer?".

Cependant, là encore, le propos n'est pas de pointer un doigt accusateur, sur ces comportements, ni de porter un docte jugement, ou un quelconque anathème, mais bien d'expliquer, d'offrir une autre manière de penser cette spiritualité, en s'attachant foncièrement à la source, et non pas à la nature profondément protéiforme des pratiques bouddhiques de par le monde, liées au syncrétisme inhérent de l'enseignement, statuées en fonction de ses ères ethniques et géographiques de développement ou re-développement.

Ce n'est pas parce que nous nous parerions des plus belles plumes de l'albatros, si fonctionnelles soit-elles, que nous serions capables de traverser les océans en volant. C'est en comprenant l'idée même de voler que nous avons su nous adapter et établir le moyen.

Patiemment, Dzongsar Jamyang Khyentse recentre son enseignement sur le fond, parce que c'est le seul mètre-étalon de cette pratique. Comprendre le fond. Un basique, mais pour l'acquérir, il ne faut être patient à oublier un certain nombre de reflexes, comme appliquer docilement ce qui pourrait-être une règle absolue, en pensant que seul le rite, exécuté à la perfection est la panacée qui conduit à l'éveil. Nous devons nous garder de prendre pour argent comptent les formes du culte, issues de lointaines traditions, ou de maîtres obscures tenants en titre, c'est sur le diplôme, de la tradition plus vraie que vraie et encore une fois tacher de juger ce qui est bon pour nous, à l'aune de notre propre bon sens et sensibilité, de notre propre expérience. Nous garder aussi de l'écho en nous qui ne serait autre qu'une répétition un peu mécanique d'un folklore, vide de sens pour nous-mêmes, mais très joli à regarder. Ce n'est pas parce que l'on récite 108 fois « Om Mani Padme Hung », douze fois par jour, 365 jours et quart par an, que nous accéderons plus vite à la nature du Bouddha, dont nous sommes pourtant, selon l'approche spirituelle bouddhique, tous dépositaires, à titre individuel, au plus profond de notre être.
Oui, j'oubliais, il nous est rappelé, que c'est en nous que nous devons chercher, et pas ailleurs. L'éveil n'est pas le fruit d'une volonté extérieure ou divine. Nous sommes notre propre île.

Son enseignement n'est pas une sorte de leçon tenant du « par cœur », un simple truc technico-théorico-spirituel de plus, mais un apprentissage qui ne se vit que par l'observation de notre propre comportement, en veillant à la bienveillance du regard (qu'il faut aussi se laisser amuser gentiment de nous-mêmes) que nous nous portons. Il se vit via l'expérience directe, la mise en œuvre. Il est vrai, à mon sens, que lorsque nous progressons dans la lecture, cela devient plus simple, plus naturel. C'est comme si nous pouvions ressentir qu'il n'est plus question de grandes vérités, ou d'enseignements sacrés, mais clairement de bon sens.

Je ne dis pas que je suis sorti grandi de la lecture de cet ouvrage, je ne dis pas que je maîtrise désormais les subtilités des Quatre Sceaux, il y a encore (et aura encore pour un bon moment !) beaucoup de travail de ma part en ce domaine. Cependant, J'adhère à cette forme d'enseignement vivant, même si Dzongsar Jamyang Khyentse tente de nous faire croire que, si dans son livre il y a enseignement, il est purement informel. Je crois que le rire est un excellent vecteur d'apprentissage, et que tous les chemins sont bons pour transmettre une idée, surtout quand celle-ci vise à ouvrir sur la possibilité d'une meilleure compréhension de nous-mêmes, nos semblables, notre monde. J y adhère parce qu'il me parle sans détour et surtout sans condescendance.

Une fois le livre fermé, nous sommes absolument libres de poursuivre une activité normale, ou de nous asseoir cinq minutes sur une pierre plate, un peu d'herbe sous les fesses, un ficus au-dessus de la tête, en se disant : « bon, après tout, pourquoi pas.». Cependant, il est plutôt conseillé de laisser tomber les accessoires pittoresques et déjà commencer par appliquer éthique et compassion envers soi-même et envers son prochain, c'est déjà tout un programme.
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