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18 octobre 2018
Philosophie de la folie (1860)
James Frame (EPEL, ESSAIS, 2018)

Traduit de l’anglais par D.F Allen, M-H. Brunet, F. Hercouët et Ch. Tanguy.
Voilà une importante rencontre avec un bel ouvrage ; car c’en est un : de belle façon, la sobriété de la couverture rime avec le sérieux du sujet. Un bouquet de psychanalystes courageux et un éditeur audacieux pour un projet qui nous espérons séduira et enseignera le plus grand nombre. Le titre à lui seul est déjà un défi ; 175 pages traduites de l’Anglais par les membres du Groupe de Recherche « James Frame » invitent le lecteur à entrer dans l’univers de l’asile de Gartnavel du 19ème siècle à Glasgow en Écosse. Cette traduction est un acte de renaissance pour cet auteur prodigieux qui sait de quoi il parle. 10 chapitres que nous pourrions répartir en trois mouvements qui ne cessent de valser ensemble : celui de la mélancolie, celui de la tentative de guérison et celui de la vie asilaire.
James Frame
Il se présente lui-même comme un « ancien pensionnaire de l’asile royal pour les aliénés de Glasgow à Gartnavel ». Comme l’ont bien pointé les traducteurs qui ont introduit l’écrit, James Frame ne signera pas de son nom ni même d’un pseudonyme ; il signe et écrit, du lieu d’où il vit, nous avertissant ainsi dès le départ que le nom-du-père fait trou. Grand lecteur autodidacte, James Frame est un fin et acerbe observateur de son être, de son institution et du désastre du monde dans lequel il vit.
Frame et l’asile
Il était très lucide de son état psychique et convenait facilement que l’Internement à Gartnavel a eu un effet pacifiant sur ses pulsions de destruction. Son délire se logeait dans l’angoisse de détruire sa famille aussi le seul moyen de protéger tout le monde était l’asile de Gartnavel qui avait sur lui un effet apaisant .
Frame et le temps
Je me demandais en silence combien de temps j’avais été là, lorsque, instantanément, une voix me répondit « Mille ans ». Impossible, je n’avais pas pu vivre aussi longtemps. Je réfléchissais quand la voix en moi répondit encore « Tu ne mourras point ». L’idée de ne jamais mourir frappa plus mon âme de terreur que ne l’eut fait une condamnation à mort sur le plus couard des hommes […] . Tout ce que le clinicien pourra dire ici ne sera que redite tant c’est clairvoyant, précis et clinique. Cela n’évoque-t-il pas le fameux L’avenir dure longtemps d’Althusser ? Cette phrase est saisissante d’intelligence et de discernement. La folie, si folie il y a, est à distinguer de confusion ; l’intelligence qui brille dans cette réflexion n’a d’égale que le sérieux et la profondeur de la souffrance qui la soutient. Le sujet mélancolique souffre d’être lâché par son corps d’autant plus qu’il voit ce corps se liquéfier. James Frame parle et parle bien ; son projet est de s’adresser à nous et il sait ce qu’il fait. De toutes les psychoses, le rapport au temps du sujet mélancolique est probablement le chemin singulier et négatif qu’il faut repérer. Pour une clinique différentielle cela est précieux !
Afin de donner à cette traduction toute son importance, il ne faudrait pas oublier que le travail des traducteurs a d’autant plus de mérite que le texte source est un texte écrit par un sujet psychotique dans un anglais ancien, celui du 19ème.
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