undrgrnd Cliquez ici RentreeLitteraire nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos Rentrée scolaire Cliquez ici Acheter Fire Achetez Kindle Paperwhite cliquez_ici Bijoux en or rose
Commentaire client

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De beaux, de grands enregistrements, 23 août 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonies 2, 4, 7 et 9 - Das Lied von der Erde (CD)
Bien sûr, il paraît évident de noter au summum un pareil interprète. Encore faut-il montrer de quoi sont faites les perfections d'un chef si fameux, mais un peu délaissé avant cette réédition; en quoi ces perfections sont présentes, originales,et attachantes.
D'abord, cet apparent "choix" de symphonies. Il y a celles qu'il a dirigées mais n'a pas voulu, ou pu enregistrer, il y a celles qu'il n'a jamais dirigées. Bon! Cela reste étonnant pour un tel malherien, surtout en notre temps d'intégrale multiples. Mais j'aimerais voir dans ce qui tient certainement un peu des hasards des studios, une détermination de goût plus déterminante.
Je me suis fait la réflexion que devant l'obligation de choisir pour des vacances ou pour l'île déserte une symphonie de Mahler, je me trouverais très embarrassé. J'ai sans doute mes préférées, quoique mon ancienne passion pour le compositeur m'ait amené à aimer le tout, mais non sans distinctions! J'en suis ainsi venu à considérer l'œuvre entière de Mahler comme une seule symphonie, comme son unique et indivisible symphonie. Le fil de ces compositions de vacances, que Mahler compose une symphonie en un ou deux étés, même en débordant un peu, ou qu'il doive "étaler" sa composition sur plusieurs étés, montre bien la continuité tendue par dessus les mois de travail de direction, la tension unique de l'une à l'autre comme d'un mouvement à l'autre, si, se substituent à des symphonies "connexes" - si je peux dire, quand elle se suivent à un an de distance, des mouvements ( d'ailleurs gigantesques),et que parcourant ces œuvres, on semble aller de mouvements en mouvements dans une sorte de suite, constamment signifiante dans ses connexions, et qui outrepassant le terme " jouable" de chaque opus nous amène par une sorte de jet d'inspiration d'un seul tenant - ce qui ne veut pas dire non varié, du premier mouvement de la 1e symphonie au dernier lied du " Chant de la Terre", ou au 4e mouvement de sa 9e... malgré tout! unité musicale, qu'on peut si l'on veut morceler en trois époques, ou trois grands mouvements, si l'on préfère...
Ainsi considéré, les "choix" d'Otto Klemperer me semblent suivre une logique de l'achèvement ou de la synthèse. La 9e englobe la 8e; la 7e synthétise la 5e et la 6e. La 2e englobe la 1e, dans son outrepassement du signe donné par le titre de Titan, et l'inspiration qui s'y rattache. Elle est mystérieuse et violente comme la 1e, avec cette touche d'humour narquois, comme d' une fête nocturne finissante dans un roman d'Arthur Schnitzler: ce ländler calme et paysan à moins qu'il ne soit estudiantin du 2e mouvement de la 1e, joyeux, versant peu à peu vers un tragique grinçant, avant de se détendre dans une grande valse un peu alanguie et mélancolique par coutume, et de revenir en fin de course aux joyeux rythmes de fêtes. Et il enchaîne, ou plutôt s'ouvre sur le monde étrange de ce " Frère Jacques", Imagerie sonore que j'entends "répondre" aux "pendants" de la 2e: ce prêche aux poissons, creusant un havre d'interrogations bruegheliennes, après les déchaînements cosmiques du 1e mouvement de cette "Résurrection", avant ceux du début de son 5e mouvement; et le 2e mouvement commence dans l'atmosphère du milieu du lândler de la 1e, évoluant vers un drame éclatant en son milieu, pendant au revers, retournement de registres .... Mais une unité plus grande et une grandeur unique surgissent de la 2e , qui à mon sens justifient le choix de cellle qui est la plus achevée dans une même ligne.
Otto Klemperper est d'une modernité étonnante dans cette 2e symphonie. Analytique, là où tant fondent, diffusent, mettent les grandes pédales du piano géant qu'est l 'orchestre, et confondent, ou font du charme, là où le plus grand sérieux est requis, du moins dans les apparences. Quelle symhonie de Mahler est la plus jouée, battue et rebattue sinon la 2e! Et tout à coup elle apparaît nette comme un sou neuf, tranchante, comme avec toutes ses pièces détachées et remontées par un mécanicien de génie, rutilante de tous ses timbres audibles séparément et tout aussi bien assemblés, plutôt que fondus. Indépendance et rassemblement choisis, pesés, dosés, déterminés avec un art extraordinaire de la "mise en timbre" de la mélodie, une rythmique nette. Là où un Bernstein joue et gagne souvent par la Fantaisie et l'Intuition, là où un Bruno Walter compose un tableau expressionniste, un jeu de masses sonores romantique, post ou néoromantique, Klememperer annonce ceux qui "éroderont" la surface, chercheront des matières abstraites. On peut trouver la synthèse de cette expressivité walterienne et de l'analytique et subtile architecture de Klemperer avec l'extraordinaire, le " tremendous" enregistrement de la 2e par Zubin Mehta.
On opposera que les lied du Knaben Wunderhorn unissent les quatre premières symphonies. Oui bien sûr, trouver une grande ligne d'inspiration dans ses quatre oeuvres est indiscutable. Cependant il y a dans les deux première autre chose: les Fahrenden Gesellen, une taille encore humaine - si je peu dire - du caractère prométhéen.
Tout explose avec la 3e symphonie. Klemperer ne l'enregistre pas. Il interprète ce qui peut être considéré comme sa synthèse et son inversion partielle, encore une fois: la 4e.
Ce qui apparaît de nouveau avec la 3e, au delà de l'énorme, du TITANESQUE, oui,1e mouvement, ce sont deux choses: d'une part une inspiration radicalement nouvelle dans la musique, une sorte de musique 'indifférente", a sentimentale, un déroulement non pas sans émotions, mais où celles-ci sont mises à distance, pendant une grande partie du mouvement. J'en vois comme exemple, comme manifestation, j'allais dire "manifeste"... Non! le 2e et le 3e mouvement de la 3e, et plus mûri dans ce sens que j'y trouve, le 1e et le 2e mouvement de la 4e. Musique de gestes, de mouvements, d'attente, de postures dans un espace discrètement mais puissamment mis en place par l'orchestration. Ce traineau qui passe, s'en va et revient dans le 1e mvt de la 4e, ce "cornet de poste" dans lel 3e de la 3e, ce rythme un peu lent mais régulier d'où va sourdre un inquiétude et un drame vite étouffé dans cet extraordinaire 1e mouvement de la 4e. C'est ICI que tout a commencé pour moi dans ma passion pour Mahler. Là et puis ce violon du 2e mouvement qui semble jouer pour rien ni personne pendant que le reste s'agite... Cette musique a-pathétique qui laisse sourde des stress inaudibles ou inouïs! quelle tendresse n'ai-je pas pour cette 4e!
Et si un Bernstein la rate en grande partie, c 'est qu'il cherche à romantiser, à faire dans les grands sentiments..;et cela ne fait que "gros" et bourrelé de graisse sentimentale ici.
Or Klemperer, quoique on en dise ici et là dans ces critiques, a "pigé", est sur le ton, il est un peu froid, et il suit ces objets sonores mal identifiés, surprenants qui arrivent, passent, virent comme dans une chanson d 'enfant - mais si subtil, si délestement orchestré! il clarifie, il met au net et cela coule de source. On est en promenade. On regarde. On ne sait quoi; c'est à peine visuel, peu impressionniste. C'est le nouveau Mahler.
Nouveau aussi ces long mouvements lents, étirés dans le temps, magnifique , là de générosité de sentiment. Abandon doux .... Déréliction sans amertume... Mélancolie suave... et toujours ce surgissement d'un drame sous-jacent et qui s'éclipse..
J'avais connu Haitink. Voici Klemperer. royal dans l'indifférence de jugement.
Et voici un héritage du Cor enchanté, bien sûr, le 4e mouvement, si froidement loufoque, si hors d'atteinte. J'ai encore la voix pure et enfantine DE CARACTÈRE d'Elly Hameling, parfaite. Èlisabeth Schwarzkopf, pas mal. On oublie le "glaçon nazi" qu'elle nous propose parfois.
La 9e est lente à souhait, rythmée au 2e et 3e mouvements, et comme toujours, on perd la notion du temps du vite et du lent avec Klemperer, parce que chaque chose est à sa place, un peu pesant sans lourdeur, architecturé. Beau de sa masse d'instrument, physique sans psychologie.
Le Chant de la terre est peut-être e qui me va le moins. Je veux dire LE SIEN! Parce que ici il faut un lyrisme absolu! Il faut Bruno Walter! Et alors c'est la plus belle musique du monde!
M.A.B.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non

[Ajouter un commentaire]
Publier un commentaire
Pour insérer un lien produit, utilisez le format : [[ASIN:ASIN titre-produit]] (De quoi s'agit-il?)
Amazon affichera ce nom avec vos soumissions, y compris les chroniques de clients et les posts de discussion. (Plus d'informations)
Nom :
Badge :
Ce badge vous sera affecté et apparaîtra avec votre nom.
There was an error. Please try again.
Consultez lintégralité des directives ">ici.

Remarque Officielle

En tant que représentant de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quelle que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
Le nom et le badge suivants seront affichés avec ce commentaire :
Après avoir cliqué sur le bouton Publier, vous serez invité à créer votre nom public qui sera affiché avec toutes vos contributions.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.  Plus d'informations
Sinon, vous pouvez toujours publier un commentaire normal sur cette évaluation.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
 
Délai système expiré

Nous n'avons pas pu vérifier si vous représentez le produit. Veuillez réessayer ultérieurement, ou réessayez maintenant. Sinon, vous pouvez publier un commentaire normal.

Puisque vous avez déjà publié un commentaire officiel, ce commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous. Vous pouvez également modifier votre commentaire officiel.   Plus d'informations
Le nombre maximal de commentaires officiels a été atteint. Le commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous.   Plus d'informations
Aller s'identifier
  [Annuler]

Remarques

Suivre les remarques par e-mail

Trier par: Le plus ancien en premier | Le plus récent en premier
Afficher les messages 1-5 sur 5 de cette discussion.
Message initial: 22 déc. 13 00:36:13 GMT+01:00
Commentaire trop compliqué à lire pour moi!!
Attention toutefois, si je peux me permettre, d'utiliser des expressions même entre guillemets comme “glaçon nazi“!!!!! Qui est -on pour se permettre de formuler de la sorte un certain jugement? Etes-vous capable de dire en 2013 quelle aurait été votre posture en ou à partir de 1933??????

En réponse à un message antérieur du 22 déc. 13 11:41:15 GMT+01:00
Cher Débatteur,
Si c'est trop compliqué, trop long, trop personnel aussi peut-être, vous m'en voyez désolé. Mais vous semblez pourtant bien avoir tout lu! Merci! Et, ne vous déplaise, il me faudrait beaucoup plus de pages encore, non pour l'étaler, mais pour préciser ce qui me paraît extra - ordinaire dans cette musique. Que je sois un peu compliqué, je vous le concède. Mais, et seulement si vous aimez Mahler de A à Z, et le considérez très naturellement comme le plus grand symphoniste, chronologiquement, après Beethoven, à égalité, si vous voulez, avec Brahms, mais tellement plus clair, plus cosmogonique, seulement dans ce cas, peut-être pourrez-vous en vous-même faire l'expérience de ce test un peu stupide, il faut bien le dire, celui de l'île déserte. Test qui n'a d'intérêt QUE si on le subvertit et le tord et détourne à son gré, je pense...
Alors, si vous deviez emporter 3 ½uvres sur cette maudite île, sacrebleu! ne pensez-vous pas que vous voudriez dire: mais PAS UN, Non! Pas un seul mais l'ensemble des quatuors de Beethoven! C'est UNE ½uvre qui forme un tout, avec son évolution, ses moments, ses "mouvements", et qui s'impose dans son ensemble? Et de la même façon, ne réagiriez-vous pas de la même façon à l'égard de ce grand "orbe", cette grande arche musicale que forment les symphonies de Mahler? N'iriez-vous pas faire sauter les limites de ce test bidon, pour, en le forçant, en l'adaptant à vos v½ux et votre conception de ce qu'est une ½uvre, lui donner du sens, du sens pour vous, un sens plein? Que ce questionnaire limité nous serve de levier pour ériger tel piédestal ou tel abîme, telle Himalaya, ou telle fosse commune? Et vous comprendriez ainsi ma petite construction, qui n'avait pas tant l'intention de paraître tarabiscotée, mais bien de donner un fil d'audition à ma façon de ces objets sonores incomparables.
Quant à l'expression " glaçon nazi", dont je revendique et assume, la paternité, avec toute la force de provocation, je vous l'accorde, que j'ai pu y mettre, mais aussi toute ma conviction, et mes profonds dégoûts, je ne vous permets pas de me demander quelle AURAIT ÉTÉ ma posture en 1933 de façon à la mettre a priori en doute.
1°- Il n' y a aucune raison de jouer au jeu de la machine à remonter le temps. Je ne vois pas pourquoi je m'abstiendrais de porter un jugement aujourd'hui sur tel ou tel comportement humain du passé, et ne manifesterais pas mon admiration pour le courage d'un Fritz Lang, qui contacté par G½bbels, quitte aussitôt l'Allemagne pour la France puis les USA, plutôt que de collaborer; pour celui d'un Toscanini, à l'aventure semblable. mais aussi pour la POSITION de Fürtwängler ( et non la "POSTURE", comme vous l'écrivez à mon propos, et d'une façon qui me semble plutôt désobligeante ) qui me semble en l'occurrence, très nette, quoique apparemment ambiguë, tout aussi louable dans son opposition fondamentale aux nazis, que des Bruno Walter et autres Klemperer, qui ont décidé de partir en exil. Fürtwängler disait qu'il n'allait tout de même pas laisser la musique allemande aux nazis. Et il restait pour témoigner que l'Allemagne de Goethe, de Heine , de Schubert et de Schumann, en quelque sorte, celle de sa civilisation littéraire et philosophique, celle d'un goût et d'une sensibilité spécifiques existait encore, et se dressait là, face à la peste grise, bientôt noire et brune! Et l'on sait qu'il eut maille à partir avec le ministre de la propagande! En face, il y eut des arrivistes comme Karajan, et des convaincues, comme ..... Elisabeth Schwartzkopf, et d'autres, qui prirent leur carte au parti nazi. Ce sont d'excellents musiciens, sans doute, et si le premier a montré quelque distance avec le passé nazi, je ne sache pas que la seconde ait jamais désavoué, d'une façon ou d'une autre, ses ... attachements. De plus, si vous avez par hasard assisté à un cours d'interprétation donné par celle-ci, vous aurez été frappé, peut-être de la dureté, de la froideur du personnage, par une certaine forme de rigidité et d'autoritarisme. C'est ce que je voulais stigmatiser avec ma petite expression du Glaçon Nazi. J'ai aimé sa voix, son interprétation, dans les derniers lieder de Strauss, ou dans l'enregistrement du Wunderhorn de Mahler, avec Dieskau et Szell. Elle est une excellente musiciennne, oui ! mais la question n' est pas là. Je parlais de qualité humaine.
2° : Et si nous jouons au jeu de remonter le temps, voyez-vous, j'aurais été le petit fils de mon grand-père ... un peu plus tôt - amusons nous! Et sans doute influencé par son attachement de jeunesse pour Jaurès. Après avoir été pianiste puis chef d'orchestre de cinéma, de L'Étoile de Belleville au Wagram, sur l'Avenue, du même nom, il avait dû reprendre l'affaire familiale, une moyenne entrerise, qui marchait bien. En 1936, ses ouvriers affichèrent à l'entrée de l'usine: Ici on ne fait pas grève: ce que les gréviste réclament, nous l'avons déjà - congés payés, retraites, etc.
Et J'aurais suivi passionnément l'exemple de ma grand-mère, professeur de piano dans le Marais, adorée de tous ses élèves, à qui l'une d'entre elle dit un jour Madame! je voudrais vous embrasser!
- Mais oui bien sûr, ma petite .. Mais pourquoi don? - Madame! c'est que vous êtes avec nous comme avec les autres! Ma grand-mère ne comprend pas - Mais je suis juive! Madame!
et ma grand-mère de l'embrasser et de lui faire comprendre qu'effectivement, il n'y a pas de différence pour elle. C'est elle aussi qui après avoir questionné, argumenté, écouté un ami de la famille , revenu enthousiaste des "idées" nazis et qui s'emportait: " Bien! Mon petit ....., lui dit-elle en lui ouvrant grand la porte d'entrée, tu sors d'ici, et tu n'y remets plus jamais les pieds!"
Alors je SAIS très bien, sinon ce que j 'aurais fait, du moins ce que j'aurais pensé et souhaité!

En réponse à un message antérieur du 22 déc. 13 11:41:22 GMT+01:00
Cher Débatteur,
Si c'est trop compliqué, trop long, trop personnel aussi peut-être, vous m'en voyez désolé. Mais vous semblez pourtant bien avoir tout lu! Merci! Et, ne vous déplaise, il me faudrait beaucoup plus de pages encore, non pour l'étaler, mais pour préciser ce qui me paraît extra - ordinaire dans cette musique. Que je sois un peu compliqué, je vous le concède. Mais, et seulement si vous aimez Mahler de A à Z, et le considérez très naturellement comme le plus grand symphoniste, chronologiquement, après Beethoven, à égalité, si vous voulez, avec Brahms, mais tellement plus clair, plus cosmogonique, seulement dans ce cas, peut-être pourrez-vous en vous-même faire l'expérience de ce test un peu stupide, il faut bien le dire, celui de l'île déserte. Test qui n'a d'intérêt QUE si on le subvertit et le tord et détourne à son gré, je pense...
Alors, si vous deviez emporter 3 ½uvres sur cette maudite île, sacrebleu! ne pensez-vous pas que vous voudriez dire: mais PAS UN, Non! Pas un seul mais l'ensemble des quatuors de Beethoven! C'est UNE ½uvre qui forme un tout, avec son évolution, ses moments, ses "mouvements", et qui s'impose dans son ensemble? Et de la même façon, ne réagiriez-vous pas de la même façon à l'égard de ce grand "orbe", cette grande arche musicale que forment les symphonies de Mahler? N'iriez-vous pas faire sauter les limites de ce test bidon, pour, en le forçant, en l'adaptant à vos v½ux et votre conception de ce qu'est une ½uvre, lui donner du sens, du sens pour vous, un sens plein? Que ce questionnaire limité nous serve de levier pour ériger tel piédestal ou tel abîme, telle Himalaya, ou telle fosse commune? Et vous comprendriez ainsi ma petite construction, qui n'avait pas tant l'intention de paraître tarabiscotée, mais bien de donner un fil d'audition à ma façon de ces objets sonores incomparables.
Quant à l'expression " glaçon nazi", dont je revendique et assume, la paternité, avec toute la force de provocation, je vous l'accorde, que j'ai pu y mettre, mais aussi toute ma conviction, et mes profonds dégoûts, je ne vous permets pas de me demander quelle AURAIT ÉTÉ ma posture en 1933 de façon à la mettre a priori en doute.
1°- Il n' y a aucune raison de jouer au jeu de la machine à remonter le temps. Je ne vois pas pourquoi je m'abstiendrais de porter un jugement aujourd'hui sur tel ou tel comportement humain du passé, et ne manifesterais pas mon admiration pour le courage d'un Fritz Lang, qui contacté par G½bbels, quitte aussitôt l'Allemagne pour la France puis les USA, plutôt que de collaborer; pour celui d'un Toscanini, à l'aventure semblable. mais aussi pour la POSITION de Fürtwängler ( et non la "POSTURE", comme vous l'écrivez à mon propos, et d'une façon qui me semble plutôt désobligeante ) qui me semble en l'occurrence, très nette, quoique apparemment ambiguë, tout aussi louable dans son opposition fondamentale aux nazis, que des Bruno Walter et autres Klemperer, qui ont décidé de partir en exil. Fürtwängler disait qu'il n'allait tout de même pas laisser la musique allemande aux nazis. Et il restait pour témoigner que l'Allemagne de Goethe, de Heine , de Schubert et de Schumann, en quelque sorte, celle de sa civilisation littéraire et philosophique, celle d'un goût et d'une sensibilité spécifiques existait encore, et se dressait là, face à la peste grise, bientôt noire et brune! Et l'on sait qu'il eut maille à partir avec le ministre de la propagande! En face, il y eut des arrivistes comme Karajan, et des convaincues, comme ..... Elisabeth Schwartzkopf, et d'autres, qui prirent leur carte au parti nazi. Ce sont d'excellents musiciens, sans doute, et si le premier a montré quelque distance avec le passé nazi, je ne sache pas que la seconde ait jamais désavoué, d'une façon ou d'une autre, ses ... attachements. De plus, si vous avez par hasard assisté à un cours d'interprétation donné par celle-ci, vous aurez été frappé, peut-être de la dureté, de la froideur du personnage, par une certaine forme de rigidité et d'autoritarisme. C'est ce que je voulais stigmatiser avec ma petite expression du Glaçon Nazi. J'ai aimé sa voix, son interprétation, dans les derniers lieder de Strauss, ou dans l'enregistrement du Wunderhorn de Mahler, avec Dieskau et Szell. Elle est une excellente musiciennne, oui ! mais la question n' est pas là. Je parlais de qualité humaine.
2° : Et si nous jouons au jeu de remonter le temps, voyez-vous, j'aurais été le petit fils de mon grand-père ... un peu plus tôt - amusons nous! Et sans doute influencé par son attachement de jeunesse pour Jaurès. Après avoir été pianiste puis chef d'orchestre de cinéma, de L'Étoile de Belleville au Wagram, sur l'Avenue, du même nom, il avait dû reprendre l'affaire familiale, une moyenne entrerise, qui marchait bien. En 1936, ses ouvriers affichèrent à l'entrée de l'usine: Ici on ne fait pas grève: ce que les gréviste réclament, nous l'avons déjà - congés payés, retraites, etc.
Et J'aurais suivi passionnément l'exemple de ma grand-mère, professeur de piano dans le Marais, adorée de tous ses élèves, à qui l'une d'entre elle dit un jour Madame! je voudrais vous embrasser!
- Mais oui bien sûr, ma petite .. Mais pourquoi don? - Madame! c'est que vous êtes avec nous comme avec les autres! Ma grand-mère ne comprend pas - Mais je suis juive! Madame!
et ma grand-mère de l'embrasser et de lui faire comprendre qu'effectivement, il n'y a pas de différence pour elle. C'est elle aussi qui après avoir questionné, argumenté, écouté un ami de la famille , revenu enthousiaste des "idées" nazis et qui s'emportait: " Bien! Mon petit ....., lui dit-elle en lui ouvrant grand la porte d'entrée, tu sors d'ici, et tu n'y remets plus jamais les pieds!"
Alors je SAIS très bien, sinon ce que j 'aurais fait, du moins ce que j'aurais pensé et souhaité!

En réponse à un message antérieur du 24 janv. 14 21:18:15 GMT+01:00
Henri dit:
Bravo pour vos commentaires ! Si vous permettez la comparaison, ils sont longs comme une symphonie de Mahler, c'est vrai. Mais, lorsque la qualité est là, on en redemande ... comme une symphonie de Mahler !
A propos de Furt, j'ajouterai qu'il n'a jamais été membre du NSDAP et refusait de jouer l'hymne Nazi en ouverture de concert. A ce sujet, le livre de Audrey Roncigli sur le cas Furtwängler est recommandable.
Klemperer est depuis toujours mon chef préféré. Nombre de se ses interprétations sonnent vrai, elles sont le reflet de l'expérience de sa vie, de son temps tourmenté par la barbarie. Un film existe, jamais remastérisé en DVD (hélas), sur le net :
"Otto Klemperer's Long Journey Through His Times"
Bonnes salutations.

En réponse à un message antérieur du 6 févr. 14 10:47:32 GMT+01:00
Merci, Cher Henri inconnu, pour l'aimable compliment et surtout pour la précision du rappel et les deux références utiles.
Au risque de vous choquer, je préfère de beaucoup Bruno Walter dans "Le Chant de la Terre". Il y faut, à mon goût une espèce de folie éthérée - très contrôlée- qui me semble réalisé de la façon la plus extatique et émouvante dans l 'enregistrement que j'ai commenté ici, avec Mildred Miller et Ernst Haëfliger. À bientôt peut-être!
‹ Précédent 1 Suivant ›

Détails de l'évaluation

Article

Commentateur


Classement des meilleurs critiques: 53.131