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94 internautes sur 117 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très intéressant et visuellement bluffant, mais à décrypter avec certaines clefs de lecture car idéologiquement marqué., 30 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cloud Atlas - Ultimate Edition Limitée DVD + Blu-Ray + Nouvelle Copie Digitale [Blu-ray] - Par les réalisateurs de Matrix [Ultimate Edition - Blu-ray + DVD + Copie digitale] (Blu-ray)
En préambule, il faut vous avertir que je livre ici plus une analyse du film qu'un réel commentaire, sans pour autant dévoiler vraiment l'intrigue (qui est impossible à raconter en soi, en fait). Cela devrait vous permettre de savoir si vous aurez envie ou non de voir/acheter ce film.

Cloud Atlas est sans conteste un film très ambitieux. On n’en attendait pas moins de la part des créateurs de Matrix, après une longue parenthèse où ils se sont limités à leur casquette de producteurs et si l’on veut bien leur faire la charité d’oublier leur pathétique Speed Racer. Il y a très clairement deux niveaux de lecture pour ce film. Le premier est celui d’un grand spectacle de science-fiction, une sorte de fresque romantique et révolutionnaire à l’imagerie spectaculaire (effets spéciaux magnifiques à tous points de vue), à l’action bien dosée et excellemment monté. Le second niveau de lecture, quand on l’approfondit un peu avec les bonnes clefs de compréhension se révèle idéologique, beaucoup moins consensuel voire franchement tendancieux.

Pris au premier degré, le film est l’adaptation d’un roman qui déploie 6 histoires situées à 6 époques très différentes allant du XIXème au XXIVème siècle. Chaque histoire est traitée selon un genre spécifique (aventure historique, drame, film noir, comédie burlesque, science-fiction pure et dure, fantasy post-apocalyptique) et décrit l’aventure d’un personnage principal confronté à une oppression quelconque (allant des mauvais traitements médicaux à l’esclavage par une société robotisée). En étant un peu attentif, on remarquera que chaque histoire est en fait relatée d’une manière ou d’une autre dans l’histoire de l’époque qui la suit chronologiquement, de façon à ce que les 6 récits soit tous enchâssés les uns dans les autres. Le personnage principal (que je nomme ici la victime) de chaque époque est identifiable à l’aide d’un curieux tatouage en forme de comète, dont on ne tarde à pas à nous faire comprendre qu’il s’agit d’une sorte de « marqueur » de réincarnation : les 6 personnages principaux sont en réalité une seule et même âme présente dans un corps différent à chaque époque. Et chaque personnage se retrouve en conflit avec une autorité supérieure quelconque, une oppression qu’il va falloir renverser ou dont il va falloir s’affranchir, et qui sera identifiée par un bourreau. Enfin, dans chaque histoire, la victoire aura lieu grâce à l’intervention d’un tiers, le sauveur de la victime. De nombreuses critiques ont parlé d’amour dans ce film, mais c’est totalement inexact : il s’agit en réalité du classique triangle victime-bourreau-sauveur. Il faut admirer la maëstria avec laquelle les trois réalisateurs sont parvenus à raconter, de façon très cohérente et sans qu’on s’y perde jamais, 6 histoires dans 6 genres différents, en multipliant d’autant les héros et les antagonistes. Pour cela, en plus d’une photographie adaptée à chaque sous-intrigue, ils se sont appuyés sur un montage très intelligent et un jeu de répliques entre les époques remarquablement écrites. Un tel travail technique ne peut que susciter respect et admiration chez le cinéphile averti, tandis que les autres spectateurs seront tout simplement emportés par le souffle de cette fresque qui se déploie magistralement devant leurs yeux.

Pour aborder le second degré du film, il est absolument nécessaire de savoir que l’un des réalisateurs sort d’un processus dit « de transition sexuelle » : Larry Wachowski est « devenu » Lana. Je n’évoquerais pas ce point d’ordre privé si cela n’était pas essentiel dans l’analyse du contenu idéologique du film. En effet, il y a chez tous les personnages positifs du film un désir profond de se réapproprier leur vie, d’en être le maître absolu, et cela passe par un rejet de conventions sociales ou un désir de révolution, qui s’apparente à un refus de la nature. Leur orgueil les rend victimes de leur environnement (milieu, société, entreprise, tribu). « From womb to tomb, our lives are not our own » (Sonmi-451). « All boundaries are conventions, waiting to be transcended. » (Frobisher). De plus, les principaux héros mais aussi quelques rôles secondaires sont campés tour à tour par une floppée d’acteurs bien différents (Jim Strugess, Ben Wishaw, Halle Berry, Jim Broadbent, Doona Bae, James D’Arcy, Keith David, David Gyasi) et très doués. Les personnages correspondants sont tour à tour jeunes ou vieux, hommes ou femmes. Outre la performance (réellement impressionnante) des maquillages, le plus intéressant réside dans la volonté avec laquelle les réalisateurs ont voulu que la victime et le sauveur (les personnages positifs) soient personnifiés par des acteurs différents à chaque époque, au contraire des incarnations du mal qui, elles, sont (presque) à chaque fois campées par les mêmes Hugh Grant (absolument bluffant) et Hugo Weaving (parfaitement savoureux). Un peu comme si la chair incarnée était le mal, et l’âme vagabonde, libre de passer d’un corps à un autre avec les époques, était le bien. Les acteurs sont icic utilisés pour leur capacité de transformation, mais non pas d’incarnation. Nous sommes donc à l’exact opposé (par exemple) d’un Tarantino qui, lui, aime ses acteurs et les choisis soigneusement en fonction du personnage à incarner ; chez Tarantino, deux acteurs ne sont pas interchangeables, tant ils font corps avec leur personnage. Dans Cloud Atlas, l’humain est un être si réincarné qu’il en est désincarné : des acteurs très différents peuvent, dans le plus parfait mépris de leur nature, camper le même personnage au cours des siècles. Une même âme n’est donc ni homme ni femme, seul demeure son statut de victime au fur et à mesure de ses réincarnations. Nous assistons en réalité à une véritable application pratique de la théorie du genre, à un niveau si élaboré que cela ne peut être inconscient, surtout venant de réalisateurs chevronnés comme les Wachowski et Tykwer. Le lien avec la vie privée de Larry ne peut être ignoré. Enfin, il est à noter que le rapport à la chair est teinté de dégoût et associé à une exploitation sans pitié de l’homme par l’homme. Dans chaque sous-intrigue revient la réplique suivante : « The weak are meat, the strong do eat. », dans chacune d’elle est présente une allusion plus ou moins voilée au cannibalisme, allant d’une discrète citation du film Soleil vert à la lutte contre une véritable tribu anthropophage. Ce n’est probablement pas un hasard non plus (même si cela est, pour le coup, probablement subconscient) si les histoires s’articulent toutes autour des rapports triangulaires victime-bourreau-sauveur, mais que, malgré six intrigues, on n’y trouve pas une seule véritable histoire d’amour ; (Frobisher est trop volage pour qu’on prenne au sérieux sa relation avec Sixsmith, et le couple Hanks-Berry n’est que le fruit d’une ellipse, déductible à la toute fin du film). L’amour est en réalité le grand absent de ce film.

Cloud Atlas est donc un film ambitieux, prenant, et techniquement admirable, que ce soit visuellement, artistiquement et scénaristiquement. Il est facile de se laisser emporter par son souffle épique, tout à fait réel. Il faut cependant tenir compte d’un second niveau de lecture, tout aussi cohérent, maîtrisé et passionnant à décrypter qu’il est malsain dans son contenu. Cela n’empêche pas d’apprécier le film pour ce qu’il est, mais mieux vaut être averti de ce qu’on regarde.
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Message initial: 31 mai 13 20:46:14 GMT+02:00
Je ne peux que adhérer à cette analyse qui met parfaitement en lumière la richesse et le travail apporté sur ce film.
Cependant, je ne suis pas d'accord avec l'idée d'un contenu malsain qui serait négation de l'individu, de l'humain. Bien au contraire, à mes yeux, le film est porteur d'un message positif fort d'espoir et d'anti-déterminisme. En effet, si les figures du mal restent en effet les mêmes (et encore, pas tout à fait puisque Tom Hanks, par exemple change radicalement entre l'histoire sur le navire et celle dans le futur-fantasy), les personnages sont justement caractérisés pas une possibilité d'évolution, de changement. Les limites en sont que des conventions qu'on peut briser et rien ne nous condamne à l'immobilisme, en témoignent les transformations physiques mais surtout psychologiques des personnages. Vous le dites vous-mêmes : celui qui est victime à une époque ne l'est pas forcément à l'autre. Cela montre que le destin des individus n'est pas écrit. Le schéma général (votre triangle) peut-être mais pas le rôle joué par chacun dans celui-ci.
Je ne nie pas la présence d'un discours "malsain" autour du « The weak are meat, the strong do eat. ». Cependant, il n'est pas le message porté mais celui qui justement mis à mal et démonté comme en témoigne l'ingénieux effet de mise en scène à la fin où les paroles de Weaving utilisant ces mots pour expliquer que l’abolitionnisme est voué à l'échec répondent aux images de l'exécution de -----. Je comprends cela comme une façon de montrer que Weaving, à toute les époques, se trompe avec son discours pré-cité : tout comme l'abolitionnisme semblait cause perdue alors que non, le mouvement séoulien peut sembler disparaître lors de cette scène mais il n'en est rien. L'espoir demeure. Dès lors, le second niveau de lecture n'est en rien malsain car il affirme une profonde liberté de l'homme.

En réponse à un message antérieur du 27 juin 13 22:50:06 GMT+02:00
Valléria dit:
Je suis entièrement d'accord avec la remarque ci dessus, et je vous remercie tous les deux de parler aussi positivement de ce film. J'ai eu la bonne idée de le voir sur grand écran, et donc de prendre cette claque au cinéma, je n'ai qu'une seule attente, l'avoir chez moi pour le revoir, encore, encore encore.

Car c'est un film qui peut se revoir sans lassitude. il y a tellement de détails sur lesquels on passe, car absorbé par le film, qu'il ne faut pas hésiter. J'ai lu le livre, ils sont un peu comme Games Of Throne, terriblement fidèle aux histoires, mais les remanies simplement pour mieux les coller en film, c'est tout. Celle qui a le plus de changements, c'est la futuriste en fait, mais c'est la griffe Washowsky qui ressort.

Pour moi, c'est un film très très positif, qui fait réfléchir, nous remets en question mais avec lequel on peut passer un très bon moment. Et réunir ces 4 choses en même temps dans un film, ça s'appelle une pépite ...

Publié le 3 juil. 13 02:56:35 GMT+02:00
Beck Remi dit:
Très bonne analyse, sauf que pour moi, on ne peut pas parler du film sans parler du livre, car pour moi, le véritable bijou, c'est le scénario, et le scénariste, c'est l'auteur. Le film aurait pu être un navet, ce n'est pas le cas, fort heureusement, mais même s'il est excellent, il reste un complément, certes, d'une beauté stupéfiante, d'un rythme haletant, mais sur l'idéologie, ce n'est qu'une des nombreuses interprétations que l'on peut faire du livre. Un seul défaut pour moi, mais de taille, et qui selon moi était inévitable; aucun personnage n'est assez mis en valeur, pour que l'on s'attache vraiment à lui. Il n'y a pas d'héros dans le film, à tel point que la fin, qui se veut larmoyante, ne l'est pas du tout (en tout cas, c'est mon impression), certaines répliques de la fin tombent à plat. Pour moi, dans le livre, on peut clairement identifier plusieurs héros, mais cela est dû forcément au temps passé avec chacun des personnages, on s'y attache forcément. Dans le film, le rythme, est une qualité indéniable, mais est à l'origine du défaut, nous n'avons pas le temps de nous attacher aux personnages, même pas sonmi. D'ailleurs par soucis de clarté, le fait le plus marquant du livre, est éludé dans le film (ce qui concerne sonmi, je n'en dirai pas plus pour ceux qui voudraient lire le livre). Mais bien sûr, jetez vous sur le film, jetez vous sur le livre, les deux sont des chefs d'oeuvres!

Publié le 16 juil. 13 16:04:40 GMT+02:00
G.O. Vah dit:
Dire que Speed racer est pathétique montre que vous êtes passé à côté. Comment penser que les frangin(e)s puissent se rater de la sorte ? Speed racer est une adaptation cartoonesque d'un manga des années 60-70. L'aspect "bebete" et simpliste vient de son matériau d'origine : c'est pour les ENFANTS ! est ce donc pathétique de s'adresser à ce public ? pour les amateurs de cinéma, ce film est un pur bijou. Il suffit d'observer, par exemple, la façon dont sont enchaînés les plans, la nature des fondus ou des transitions, de porter un oeil sur les trajectoires de caméra. je vous invite donc à revoir ce film, en essayant de laisser votre sérieux (votre rigidité ?) de côté. Il s'agit d'un spectacle incroyable pour qui peut encore voir dans des couleurs chatoyantes de la joie et non de la mièvrerie.

Publié le 20 juil. 13 02:12:39 GMT+02:00
jarode dit:
Tu bosses pour la warner c'est pas possible !!! Pas besoin de grand discours pour voir l'absence de points commun entre les histoires ... ( pas contre cloud atlas visuellement est très beau ) .
Ils ont tout simplement tombé le piège de vouloir faire un deuxième Matrix avec sa complexité dommage .... Faute graaaave :)
Bonne soirée à tous ....

En réponse à un message antérieur du 22 juil. 13 17:50:53 GMT+02:00
@Jarode : apprécier un film pour ce qu'il est n'implique pas qu'on soit à la botte d'une quelconque firme ! Quant au désir des Wachowski de vouloir continuer à faire des films ambitieux, c'est tout à fait respectable (indépendamment du résultat): au moins, ils prennent des risques, eux (Michael Bay, suivez mon regard...).

@G.O. Van : ce qui passe très bien en animation n'est pas forcément transposable tel quel en live; regardez les déplorables Scooby-Doo (je suis fan des anims mais quelles misères que ces films) ou The last airbender de très triste mémoire. Je n'ai pas vu les dessins animés Speed Racer, mais franchement le film aurait très bien pu se passer des gags lourdingues et pas drôles avec le singe, et essayer de varier un peu les plans des courses de voitures : c'était très répétitif. Quant aux acteurs, j'ai beau apprécier Emile Hirsch, il n'était pas du tout bien dirigé dans ce film. Je maintiens que Speed Racer reste un ratage magistral. Pour le coup, Transformers était une adaptation fort respectable, en comparaison !
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